TEST – Eastward : The Last of Them

Rétro mais pas trop

Développeur : Pixpil
Éditeur : Chucklefish
Genre : Action RPG
Plateformes : PC, Switch
Date de sortie : 16 Septembre 2021
Support de test : PC (version fournie par l’éditeur)

Précédemment dans l’abri 13.

Dans un futur proche, la société s’est gentiment effondrée, sans avoir tenu compte des rapports du GIEC et vous êtes cantonnés dans un village souterrain entouré de monstres et d’une nature mortelle. Dans ce contexte joyeux vous incarnez John un mineur muet et Sam une jeune fille trouvée par celui-ci. Bien évidemment vous allez vous retrouver embarqués dans une série de péripéties qui vous fera prendre routes et rails toujours plus vers l’est.

Le voyage entrepris par John et Sam ne sera pas sans rappeler certains binômes « père »-« fille ». A ceci près qu’il ne verse jamais dans le drama. Sam est une source éternelle de joie de vivre. Une pile de bonheur sur pattes, toujours prête à partir à l’aventure. John, la figure paternelle, rejoint le club, déjà bien fourni, des héros silencieux et leur relation ne tombe jamais dans le mélo et ce malgré les épreuves bien tristes que vous allez traverser ensemble. Épreuves qui vous feront rencontrer des individus hauts en couleurs et toujours intéressants mais dont les relations auraient mérité d’être plus creusées, le tout prenant place dans des lieux qu’on aimerait explorer plus. C’est coloré en mode post-apo retro-futuriste, comme avec des frigo métaphysiques qui vous permettent de sauvegarder. C’est juste parfait sur l’ambiance et la bande-son.

Que ce soit pour sa narration ou son univers, Eastward pioche dans beaucoup de titres mais il le fait bien, tout comme pour son gameplay.

Un gameplay simple et efficace.

Magnifique transition pour écrire qu’Eastward utilise des mécaniques déjà vues aussi. Combat à la Zelda, action-rpg oblige, le jeu inclut des mécaniques d’énigmes qui devront vous faire séparer momentanément le binôme. John a les armes, Sam la manipulation d’énergies. Chacun peut retirer des obstacles différents et il faudra parfois utiliser un personnage pour faire contrepoids pour l’autre. Leurs spécificités les rendront plus efficaces sur certains types d’adversaires et à mesure que vous avancerez dans l’histoire, vous devrez de plus en plus jongler entre les deux, ce qui énervera un peu le gameplay. Ajoutons à cela quelques phases spéciales ou mini jeux (vous avez rêvé d’être un acteur ?) et nous avons là un menu fort bien fourni.

Eastward a tout pour vous charmer à ceci près qu’il est un peu linéaire (budget indé oblige ?) : un seul chemin pour arriver à l’objectif, un seul objectif à la fois. Par contre les combats peuvent vous faire grogner. A l’écran le personnage passif suit le meneur mais il fait bien partie de la hit box, ajoutons à cela des ennemis aux patterns « jtesautedansledos » ou j »metéléportesoustoi » et vous voilà devoir répondre à vos voisins qui tapent à votre porte pour décibels élevés. Rassurez-vous, rien d’insurmontable, sans être facile Eastward n’est pas non plus un soul-like. Et puis si les monstres sur le chemin vous embêtent trop, pas grand chose vous empêchera de les esquiver et de continuer votre route. D’autant que la progression de vos armements se fera par marchand ou via l’histoire et que seuls vos points de vies sont augmentables via l’histoire ou des coffres à trouver.

Et si vous aimez les jeux narratifs, Eastward saura aussi vous porter dans son univers, un peu trop peut-être. Eastward est verbeux, à quel point ? Au point de passer des séquences de près d’une heure à juste lire les dialogues. Dialogues bien écrits certes, de quoi en être fier et de vouloir les partager au monde, mais plus le jeu avance et plus il voit envoie faire des aller-retours évitables. Pour vous donner une idée, Eastward m’a pris autant de temps que FFVI mais j’ai l’impression d’avoir fait 10 000 choses de moins.

Une histoire de goût et de couleurs dont chacun s’accommodera comme il l’entend.

Eastward Top Chef Fantasy Go édition

Linéaire mais avec des à-côtés : dans Eastward pas de potion de vie ou de medikit. Ici on cuisine. Vous trouverez des ingrédients, à vous de les mélanger et de découvrir des recettes donnant des effets spéciaux. Vous pourrez même les renforcer en alignant les bons symboles via une interface de machines à sous.  A vous de fouiller pour trouver des ingrédients et recettes rares.

Reste East Born, le jeu dans le jeu, auquel tous les enfants du monde d’EastWard jouent. JRPG du début des années 80 pur jus, il vous invitera à vous défaire du roi démon et de monstres spéciaux en vous donnant le commandement d’un chevalier, d’une mage, d’un prêtre, d’un moine, d’un chasseur, d’un marchand et d’un singe. Ce jeu dans le jeu est en fait un die & retry où les pouvoirs de vos héros changent aléatoirement de même que les items à acheter. Évitez d’attendre le dernier chapitre du jeu pour terminer East Born, les stations de jeu ne seront plus présentes après la dernière ville.

Et en parcourant le monde vous pourrez trouver des figurines vous donnant des bonus dans le dit jeu. De quoi bien augmenter la durée de vie d’un jeu, qui, bien heureusement, n’en avait pas besoin.

Eastward a tout pour plaire mais aurait pu être plébiscité, des personnages attachants mais trop souvent au second plan, un univers fouillé mais parfois fouillis, une histoire profonde mais qui aime s’entendre parler, un gameplay sympa mais parfois frustrant. Il n’en restera pas moins qu’Eastward restera une des bonnes expériences dont on se souviendra tout en espérant une suite ou un spin-off qui gommerait ses défauts.

Points forts

  • L'univers Patchwork
  • L'ensemble des personnages
  • L'ensemble de la direction artistique
  • Les mini jeux et phases spéciales

Points faibles

  • Linéaire
  • Un manque de précision dans les combats
  • Verbeux
7

Good

Personne ne lis jamais ces encarts (mais tu peux cliquer sur les liens)

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