TEST – Rhythm Paradise Groove

Rhythm Paradise Groove : c’est en donnant du rythme à n’importe quoi qu’on offre un excellent jeu à n’importe qui…

Développeur : Tsunku, TNX, Nintendo
Éditeur : Nintendo
Support : Switch, Switch 2
Version pour le test : Nintendo Switch 2
Genre : jeu de rythme
Date de sortie : 2 juillet 2026

 

Rhythm Paradise Groove multiplie les jeux rythmiques, entre absurde et exigence, et offre une expérience de jeu unique et en total décalage avec les autres jeux du genre. S’il se rapproche d’un WarioWare dans le concept, il offre une expérience de jeu bien meilleure selon moi. Bien sûr, ce n’est pas un titre fait pour tout le monde, et je ne peux que vous conseiller de télécharger la démo afin de savoir si vous adhérez au concept.

Oubliez Hatsune Miku, Guitar Hero, Theatrhytm Final Fantasy, Beat Saber ou Parappa The Rapper puisque la licence Rhythm Paradise est de retour. Cela fait 10 ans que la série était au frigo, après un Rhythm Paradise Megamix sur N3DS. On retient que la franchise, avec ce cinquième volet prévu pour le 2 juillet 2026 sur Nintendo Switch 1 et 2, va célébrer ses 20 ans. Pour ceux qui en doutaient, Tsunku est encore et toujours le compositeur historique de la musique.

1, 2, 3, 4… à vous !

Un simple menu nous invite alors à découvrir le jeu en solo ou en multi. Pour le reste des onglets, on s’y attardera plus tard. Lorsqu’on lance l’aventure en solo, commencent sans plus tarder les mini-jeux. On est lancé dans une série de 4 mini-jeux au cours desquels il sera obligatoire de réussir pour passer au mini-jeu suivant.

De ce fait, on retrouve un schéma classique et répété : je lance tour à tour les 4 mini-jeux, et en cas de succès, je dois réussir le mix des 4 en guise de conclusion. En parallèle, au fur et à mesure de notre progression, d’autres onglets seront débloqués, d’autres mini-jeux seront proposés, certains en continu, proposant un fil rouge intéressant.

Globalement, le principe de Rhythm Paradise Groove reste le même, réaliser des minis-jeux rythmiques à partir de séquences anodines, scénarisées et somme toute décalées. Dans cet opus, le gameplay repose sur un gameplay au bouton, souvent à 2 boutons. Si on déplore la présence de mécanismes qui se répètent sur différents jeux, on reste souvent amusé par l’habillage et les directions artistique et sonore offertes.

Ainsi, l’enjeu de chaque épreuve sera d’assimiler le rythme d’une action, et de la répéter parfaitement pendant 2 minutes. Et contrairement à ce que vous pourriez penser, si vous n’êtes pas du tout habitué au jeu de la franchise, ce n’est pas du tout répétitif ni monotone. Les développeurs jouent avec le rythme et s’amusent à nous mettre en difficulté.

Ainsi, ils nous proposent un tutoriel en deux temps pour que l’on assimile la mécanique du mini-jeu et comment elle va évoluer. La particularité de ce tutoriel, c’est qu’il est déconseillé de le passer tant qu’on n’a pas acquis le timing de l’action. Ce que l’on comprend rapidement, c’est que ce tutoriel ne révèle jamais le jeu dans son entièreté puisqu’il existe toujours un moment où l’on doit passer à la vitesse supérieure…

Absolute Cinema !

On retrouve plusieurs techniques pour réussir chaque mini-jeu, et elles reposent toutes sur nos sens. Et on ne parle pas forcément du toucher malgré le timing que ça nécessite, le moment où il faut toucher le bouton d’action. Vu que c’est un jeu de rythme, il sera indispensable de se fier à son ouïe, et les développeurs ont largement investi dans la direction sonore. On retrouve souvent un PNJ qui nous accompagne dans les épreuves, qui donnent le rythme, qui pousse un petit cri, un signal sonore afin de vous communiquer un repère qui nous aidera à réussir l’action dans le bon timing.

Il faut souligner et féliciter l’inspiration des développeurs dans ce domaine, puisque les signaux sonores révèlent une grande variété dans les mécaniques, dans le tempo, dans la façon dont l’information nous est communiquée. Mais ce n’est pas tout, l’information est souvent visuelle. Et cela révèle aussi tout le travail réalisé dans la direction artistique, dans la mise en scène et leur composition, des chorégraphies. D’ailleurs, les créateurs du jeu mettent des bâtons dans les roues des joueurs sur cet aspect-là. On aurait tendance à chercher le timing dans le mouvement des personnages qui participent à l’épreuve, nous livrant de précieux repères visuels. Là où le studio a été malin, c’est qu’il nous cache parfois partiellement ou intégralement la scène, augmentant le niveau de difficulté, et nous invitant à nous fier, une nouvelle fois, à notre ouïe.

Cela s’intègre dans une volonté d’approfondir les mécaniques de l’épreuve, d’apporter une sorte de « climax » qui sera toujours présent dans chaque épreuve. Parfois, ce seront des changements de rythme soudains, soit une alternance dans les repères visuels et sonores, soit des changements de caméra brusques, soit le camouflage du décor, et bien d’autres techniques de ninja, tout cela pour nous faire sortir de notre bulle de confort.

Le perfect sera ainsi difficile à accomplir. D’ailleurs, quand on parle d’échec, c’est bien au niveau du score. Le jeu ne pousse pas la frustration trop loin et n’impose pas de Game Over. Comme une volonté de parfaire nos performances, il n’interrompt pas le mini-jeu et nous laisse le terminer jusqu’au bout, même quand on sait qu’on a été à la ramasse. Il nous délivre un encouragement quand on a échoué, nous félicite d’un « Pas mal » quand on a été dans la moyenne, et ajoute une nouvelle couche de « Vraiment pas mal !! » lorsqu’on est bien au-dessus de la moyenne.

Qui sème du rythme récolte du tempo

Ce système de notation est le même lorsque l’on joue en multijoueur. En local, on peut ainsi partager les sessions à 2, à 3 ou à 4 joueurs. Les parties deviennent souvent coopératives, par exemple lorsque l’on combat des monstres à coups de smash (à partir de raquettes de tennis), mais aussi compétitives avec des courses de catcheurs qui met à l’épreuve notre timing et endurance, ou en rapidité lorsque l’on doit piquer la part du gâteau dans un timing parfait… mais aussi notre dextérité quand on détruit petit à petit des blocs pour atteindre le premier un objectif. Bref, les développeurs ont su varier la nature et les contours de chaque épreuve.

Encore une fois, on baigne souvent dans l’absurde avec des épreuves aussi originales que loufoques. On se plait à enchainer les épreuves, même si on évitera les sessions de jeu de plus d’une heure. Même si la variété des mini-jeu est louable et amusante, pour nous, les sessions de jeu ne sont pas assez entraînantes sur la durée.

Même si les épreuves s’avèrent exigeantes, car il n’est pas aussi simple que cela d’assimiler la notion de timing, enfant ou adulte, ma fille de 7 ans a pu se débrouiller sur certaines épreuves pour s’amuser et insister pour que ce soit elle qui réalise le mini-jeu ! C’est là que le tutoriel proposé pour chaque épreuve se montre très utile, cela permet à tout le monde de comprendre ce qui est demandé, et de s’entraîner avant l’épreuve ultime. Cela dit, il est tout de même difficile de recommander Rhythm Paradise Groove à tous les publics. Raison de plus de s’y essayer en premier lieu grâce à la démo, et de passer à la caisse si le titre convainc.

rhythm paradise groove

Rhythm Paradise Groove s’inscrit encore dans la veine de ce que la franchise propose depuis 20 ans : une expérience de jeu entre WarioWare et Mario Party en matière de mini-jeux. La grande plus-value du titre lévite autour du caractère burlesque des épreuves, de la qualité de la chorégraphie consacrée à chaque action à laquelle le jeu donne du tempo, ce qui en fait un des meilleurs jeux de rythme du marché.

Retrouvez aussi nos tests sur OpenCritic.

Points forts

  • Rafraichissant pour un jeu de rythme
  • Des chorégraphies inspirées
  • Le juste milieu entre accessible et exigeant

Points faibles

  • La base du gameplay se répète sur certains jeux
8

Great

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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