Genre : simulation de cyclisme
Le Tour de France bénéficiait d’un nouveau moteur de jeu l’an dernier. On espérait que le studio allait s’attaquer au contenu, insuffler quelques idées pour rendre l’expérience de jeu différente, gommer certains défauts qui provoquent de la frustration chez le joueur. Malheureusement, il faut croire qu’on en attendait trop.
Une licence qui tourne en boucle
Vous connaissez souvent les craintes de la communauté vis-à-vis des licences annuelles, et encore plus quand ça concerne les licences sportives. La crainte de payer un jeu qui n’est pas différent du précédent, d’assister à une simple mise à jour des effectifs et ne pas apercevoir énormément de nouveautés. Bravo Cyanide ! L’équipe propose quasiment la même expérience et ne déjoue pas les pronostics de sa communauté…
On démarre le mode Pro Joueur de la même façon, avec les mêmes galères, sans amélioration, sans contenu supplémentaire ni idées pour gommer les défauts du précédent Tour de France. On lance la Carrière du cycliste en solo, nos statistiques sont catastrophiques, notre équipe n’est pas qualifiée pour la majorité des courses. Résultat, lors de notre première saison, on ne peut « concourir » qu’à 3 ou 4 compétitions dans l’année, nous forçant ainsi à simuler le reste des compétitions… On galère, une nouvelle fois, dans les premières sessions de jeu.
Il aurait fallu que le studio innove, sorte du format des courses classiques, invente quelque chose, mais non… Pas de courses secondaires supplémentaires, pas de mini-jeux ou autre entraînements pour mieux passer le temps, pas d’immersion dans un stage pour nous offrir une plus-value dans notre expérience de jeu, pas d’infos ni d’anecdotes croustillantes pour nourrir les fans ou les curieux… Bref, encore des débuts pénibles au cours desquels il faudra performer pour sortir de cette boucle de frustration. Pour cela, il faudra penser la course avec l’intégralité de votre équipe, et pas question de faire briller tout de suite votre coureur aux statistiques cataclysmiques. Vous n’avez pas le choix, l’étiquette de prodige n’existe pas dans Tour de France 2026. Vous démarrez nul quoiqu’il en coûte, et seul le mode Facile pourrait vous permettre quelques espoirs…
D’ailleurs, c’est limite ce qui est conseillé. Débuter le jeu en mode Facile pour performer, débloquer toutes les courses, dont le grand Tour, principal intérêt du jeu (avec les autres grandes courses hexagonales et chez nos voisins), puis augmenter la difficulté une fois que le calendrier est complété, et que notre Pro a haussé considérablement sa note générale. D’ailleurs, on regrette le manque de lisibilité autour des défis à compléter, qui devraient être consultables à tout moment ; ces défis permettant de faire progresser les statistiques de notre coureur… Mais ces défis sont les mêmes que les précédents, invitant à jouer le classement grimpeur ou sprinteur, à prendre les échappées le plus possible, à simplement gagner des courses…
I’m singing Indurain
Et au bout de quelques saisons, c’est tout de même gratifiant de défier les plus grands coureurs : Pogacar, Vingegaard et notre français qui complète désormais le podium (on l’espère, en juillet) Paul Seixas ! C’est donc sans aucun doute que l’on s’est dirigé vers son équipe pour le mode de jeu Pro Team. On rappelle cette fois que l’on doit gérer toute une équipe et la mener vers la victoire. En vrai, on le fait déjà un peu en solo, mais on le fait avec moins de contraintes ici… On peut jouer la gagne plus rapidement, et surtout toutes les courses ! Malheureusement, les coureurs, quant à eux, ne progressent pas ni ne vieillissent pas.
Vous vous demandez peut-être quelles sont les grandes nouveautés de ce Tour de France 2026. Oui, on se l’est aussi demandé à l’écriture de ce test tant les apports ne sont pas impactants sur l’expérience de jeu. Non, on ne sort pas du peloton plus facilement que les années précédentes, on galère encore en vue d’une échappée matinale ou plus tardive… Par contre, Cyanide a fait en sorte que la météo soit un peu plus redoutable pour les coureurs, plus imprévisible et plus décisive sur le film de la course.
La météo est ainsi dynamique et peut provoquer de multiples chutes qui condamneront les coureurs. N’hésitez pas à paramétrer les options du jeu pour rendre les courses plus exigeantes pour le réaliser entièrement. Il nous est arrivé de creuser des écarts plus conséquents en prenant des risques sous la pluie, grâce à une chute générale du peloton. Il n’est pas pour autant possible de changer de vélo, de réaliser des choix tactiques avec son équipe en matière de vélo. Là aussi, on partira à armes égales et seule vos choix en course décideront du résultat. Le jeu semble le même, et toujours pas de grande évolution, encore une routine de course qui manque de folie d’un côté, de réalisme de l’autre. Il serait agréable d’entendre à l’oreillette des consignes de notre directeur de course en direct, de simples conseils qui ne résultent pas de nos choix à nous, ressentir un teamplay plus prononcé, et non pas le simple commentateur répéter les mêmes phrases génériques.
Autre nouveauté ? En lien avec cette gestion météo, il apparait la note d’agilité et les coureurs les plus agiles tiendront mieux leur guidon sous la pluie. Sinon, de nouvelles courses comme Paris-Tours et le Muscat Classic, première du calendrier, font leur apparition, sans oublier les nouveaux tracés du Tour de France. C’est léger et ça ne permet pas de différencier énormément le TdF 2026 du TdF 2025. Si le studio met en avant la modélisation des lieux iconiques de Barcelone ou de Montmartre, qu’en est-il des coureurs ? On a tout de même l’impression de voir des visages qui ne feraient même pas pâlir des figurines de baby-foot.
Malgré tout, si vous débutez et découvrez pour la première fois le jeu Tour de France 2026. Vous y trouverez du plaisir. La simulation est bien pensée, exigeante, on ressent une courbe de progression qui est captivante pour le joueur manette en mains. Vous pouvez ainsi vous référer à notre test du jeu Tour de France 2025 où l’on détaillait davantage toutes les qualités de la simulation de Cyanide. Elles sont les mêmes cette année, et je préfère alerter le manque d’innovations dans cet épisode plutôt que retranscrire tout ce que j’ai déjà dit l’an dernier…
Bien sûr, Tour de France 2026 est une simulation qui a de quoi séduire les amateurs de cyclisme qui voudraient découvrir le plaisir de rouler à vélo sur le Tour une première fois. Les mécaniques sont simples, mais efficaces. On se plait forcément à emmener son équipe le plus haut possible, à développer son Pro lentement mais sûrement… Bien sûr, si ce n’était que le premier essai de Cyanide et Nacon, je dirais Bravo ! Malheureusement, ce n’est pas le cas. Le titre s’inscrit dans la continuité du précédent et n’offre que trop peu de nouveautés ni de corrections des défauts que la communauté souligne chaque année. Il est temps de parfaire son jeu, pas de le reproduire quasi à l’identique année après année !
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