Genre : RPG, combat au tour par tour, capture de monstres
Des monstres à capturer afin de composer des équipes et vaincre d’autres créatures hostiles, LumenTale : Memories of Trey rappellera Pokémon aux uns, peut-être Dragon Quest, Octopath Traveler voire Eiyuden Chronicles aux autres. C’est toute la réussite qu’on lui souhaite pour sa sortie fin mai sur consoles et PC. Néanmoins, on s’aperçoit rapidement qu’il se démarque de ses potentielles inspirations par ses mécaniques, son scénario et le monde qu’il nous propose.
Pour des raisons techniques, nous n’avons pas encore pu récupérer nos screenshots du jeu, nous les intégrerons au plus vite… En attendant, on s’est permis d’utiliser ceux du presskit.
Et le Lumen fut
Dans Lumentale : Memories of Trey, on incarne Trey, un jeune homme qui a perdu la mémoire, mais pas son devoir de Lumen. Lorsque l’on est Lumen, on assure la sécurité des habitants de la région, autant les humains que les Animon. Dis donc, des créatures que l’on croise dans des terres sauvages, dans des prairies, des marécages ou des plaines qui séparent deux villes, cela nous rappelle quelque chose, non ? Et oui, ces Animon riment correctement avec les Pokémon !
Cela tombe bien, il en reprend les mécaniques principales. On reçoit un Animon en début de partie, on pourra ainsi en capturer par la suite, en intégrer dans notre équipe de 6, et les employer pour gagner des combats contre d’autres Animon ou contre des escouades d’humains que l’on rencontrera au cours de notre aventure. De même, ils gagneront de l’expérience, pourront ainsi monter de niveau, apprendre des compétences et évoluer et adopter des formes plus impressionnantes avec de meilleures stats.
On pourrait poursuivre quelque peu la comparaison, se dire que s’inscrire pour des matchs dans les villes peut facilement rappeler les maîtres d’arènes, surtout que le duel contre ces boss est précédé de combats contre des PNJ à notre portée. On retrouve logiquement un tableau de types avec forces et faiblesses selon les créatures. Néanmoins, on peut arrêter dès maintenant la comparaison, car Beehive Studios s’émancipe drastiquement de ses inspirations pour proposer autre chose.
Watt, la formule évolue ?
Ce qui est agréable avec Lumentale : Memories of Trey, c’est que les développeurs ont implanté un tas d’idées dans chaque compartiment du jeu. En première ligne, la capture des Animon. En seconde ligne, leur utilité élémentaire qui va nous faire progresser dans les environnements. Les bribes scénaristiques et la personnalité de Trey que l’on découvre au gré de notre périple en troisième ligne, et bien d’autres éléments ici et là.
Les mécaniques de capture sont exigeantes. Le héros est équipé d’un Holoken qu’il peut lancer tel un yo-yo sur les créatures afin de les capturer (avec des Bilia, l’équivalent des Pokéball) ou les affaiblir avant de les combattre. Et la réussite de cette action dépend d’un QTE qui se déclenche à la suite du lancer de Holoken. Celui-ci consiste en une succession rapide de touches à appuyer. Autant dire que vous devez être au taquet dès que vous lancez votre Bilia, puisque ce sera rapide et intransigeant. Une erreur et vous loupez votre capture dans la majeure partie des cas, peut-être pas en fin de partie sur des créatures faibles (à vérifier…).
Quoiqu’il en soit, en cas de réussite au défi QTE, il y a de grandes chances que l’Animon rejoigne votre équipe, voire votre boîte qui est accessible à tout moment de la partie. Vous pouvez ainsi composer et changer votre équipe selon vos récentes captures ou l’état de forme de votre équipe. Selon les zones parcourues, vos Animon pourraient être empruntés même si les fontaines, qui permettent de soigner votre équipe, se situent aux quatre coins de chaque région.
La particularité de Lumentale MoT lévite également autour de votre Holoken. S’il représente votre outil de capture, il sera aussi indispensable pour progresser dans l’aventure. Beehive Studios vous oblige à capturer absolument certains types d’Animon en ce sens. L’énergie que les Animon drainent est différente selon leur nature élémentaire. En plus d’impacter les combats avec des forces et des faiblesses (cf. tableau des types classique), la nature élémentaire va ainsi fusionner avec le Holoken pour activer des interrupteurs et permettre de progresser dans l’environnement.
Donjons et Dragons
Nous remarquerons rapidement que Lumentale regorge de défis, que ce soit pour les combats, mais aussi pour l’exploration. En cela, le titre est une franche réussite car il parvient à nous emmener dans des lieux marquants, dans lesquels on va se perdre, réfléchir, réaliser des allers et retours qui mettront notre patience à rude épreuve. Comment ne pas mettre en avant le travail remarquable effectué pour rendre chaque ville unique. Toutes présentent des caractéristiques différentes, et une architecture unique… sans oublier les bâtiments qui les composent.
Le plus valorisant dans tout cela, c’est que le design de chaque ville n’est pas seulement décoratif. On explore souvent des points d’intérêt qui nous donnent du fil à retordre. Sans énormément divulgâcher la découverte, on retiendra pour un long moment le cheminement que l’on nous force à réaliser pour sauver un habitant d’une décision de justice. On démêlera les nœuds d’une ville haute en couleur blindée de mini-jeux. Et si ce n’était que cela… Les expéditions en dehors des villes sont parsemées d’embûches, entre les créatures et les voies adéquates à enjamber.
Si on peut « enduire » notre Holoken d’énergie (Anivis) qui varie selon les créatures, on débute avec un outil vierge. En progressant dans l’histoire, on débloque ainsi les possibilités de l’équiper d’une aura particulière. Mais si vous êtes fanatiques d’exploration, vous vous apercevez vite que les chemins sont bloqués par ces interrupteurs à activer ou désactiver selon votre destination. Beehive Studios a pris la peine de rendre notre voyage périlleux, et pas par la simple présence d’un membre d’une escouade à combattre, ou d’Animon qui vous pourchassent à vue pour la plupart d’entre eux.
Parlons d’ailleurs des combats. Vous débutez avec un starter qui se fera vite rejoindre par les Animon que vous réussirez à vaincre. Cela tombe bien, ce seront au maximum 4 créatures qui composeront votre première ligne de combat. On se retrouve alors souvent avec des combats à 4 contre 4 au tour par tour, pas question ici de proposer du 1v1. De même, si on retrouve des combats contre d’autres Lumen et escouades, on ne peut oublier aussi les affrontements épiques contre des sortes de créatures légendaires du jeu ! Il faudra se creuser la tête, composer la bonne équipe pour avoir des chances de s’en sortir. Quand on voit que le méga-monstre attaque fort, que c’est un gros sac à PV, il ne reste plus qu’à réfléchir ou farmer… Et ces Boss Animon seront présents tout au long de la partie, et intégreront logiquement le scénario du jeu que l’on n’a toujours pas envie de vous spoiler !
Si on doit encore fournir quelques détails du jeu, on pourrait préciser que lorsqu’on enchaîne 4 offensives efficaces (vis-à-vis des faiblesses de types), on gagne 1 tour d’attaque supplémentaire, mais l’adversaire peut très bien glaner ce bonus s’il réalise le même combo ! Lorsqu’un Animon apprend une attaque, il n’est pas question encore d’en oublier, ils peuvent empiler bien plus de 4 compétences ; ce qui reste plutôt agréable. Attention, toutes les créatures ne partagent pas les mêmes faiblesses de types, chacun disposant de ses propres particularités bien visibles dans les menus du jeu. Plus on progresse, plus les environnements seront habités, et plus on sera tenté d’esquiver les affrontements ou, au contraire, les enchaîner afin de gagner en expérience. D’ailleurs, on apprécie le cycle jour et nuit qui révèlent aussi des chemins cachés selon votre timing d’exploration.
Qu’est-ce qui se passe dans l’Anispace ?
L’une des grandes particularités de Lumentale : Memories of Trey subsiste aussi autour de son Anispace, et d’une autre fonctionnalité propre aux RPG : la cuisine.
L’Anispace est un lieu parallèle que l’on peut rejoindre à tout moment en tant que Lumen. On va dire que c’est principalement de la décoration, et qu’il sera possible de personnaliser cette « chambre » avec près de 800 objets, trouvables en magasin ou au cours de vos expéditions. Personnellement, il m’est même arrivé de tomber sur des Animon dans mon propre espace. C’est donc un lieu de vie pour vous et vos Animon, un lieu dans lequel il sera même possible de les entraîner.
Quant à la cuisine, on se doute bien qu’il est difficile de passer à côté lorsque l’on crée aujourd’hui un jeu vidéo RPG. On vous a parlé des fontaines devant lesquels vous pouvez vous reposer, soignant par la même occasion toute votre équipe. Oui, on s’habituera à y retourner souvent. Et dans les options proposées par le jeu lorsque l’on interagit avec la fontaine, on retrouve donc le craft et la cuisine. Au vu de la pénurie de Bilia au début du jeu, ou lorsque l’on démarre une grande phase d’exploration en dehors des villes, on sera bien content de pouvoir fabriquer des objets qui nous aident à attraper des Animon. Bien sûr, on pourra aussi créer des plats et autres recettes qu’il sera possible d’acquérir en ville.
De mon côté, j’ai ce petit regret que certaines de mes tentatives se soldaient par des échecs. Mais peut-être ai-je trop été biberonné dans ma vie… Et on mettra ce test à jour dans les semaines à venir pour vous parler des fonctionnalités en ligne, échanges et combat, car on ne les a pas encore expérimentées !
Lumentale : Memories of Trey représente une très bonne surprise. Bien sûr, la production signée Beehive Studios n’échappera pas aux comparaisons avec la célèbre licence Pokémon. On y retrouve de la capture et des combats de monstres. Mais il se libère remarquablement de ses inspirations pour proposer une expérience bien plus exigeante, que ce soit dans les affrontements (il y a un « Easy Mode » sinon) ou dans l’exploration qui fourmille de bonnes idées. Quel plaisir de découvrir un jeu vidéo avec du corps et du cœur.
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