Test – Perception : une aventure sensorielle

Plongez-vous dans la pénombre et ouvrez vos sens car aujourd'hui, voici le test de Perception

Perception est un jeu sorti un peu incognito. Volant en dessous des radars, notamment à cause d’une couverture presse proche du néant, le jeu a débarqué dans ma console, presque un mois après sa sortie, par le plus grand des hasards. Expérience narrative saupoudrée d’une petite touche d’horreur, Perception est donc un titre à part qui vous place dans la peau d’une personne non-voyante. Proche du jeu expérimental et possédant un gameplay, ainsi qu’une direction artistique plus qu’originale, est-ce que je peux vous recommander l’aventure ? Réponse dans les lignes suivantes.

Testé à partir d’une version PlayStation 4 fournie par l’éditeur.

Perception

Ferme les yeux et écoute.

Qui n’a jamais rêvé d’incarner un personnage de jeu vidéo aveugle ? Personne ? Logique. Pourtant, c’est bien ce que The Deep End Game, petit studio indépendant, nous propose avec son premier bébé, Perception. Notez qu’il est ironique de dire « petit studio indépendant », quand ce dernier est composé de personnes ayant bossé sur des séries comme BioShock ou encore Dead Space… Enfin passons.

Perception, donc, est un jeu qui vous plonge dans la peau de Camille, une jeune aveugle hantée par de nombreux cauchemars. Point récurent de ceux-ci ? Un manoir, que cette dernière va s’empresser d’aller visiter pour connaître la raison de ses mauvais rêves qui la hantent depuis maintenant quelque temps. Très vite, notre héroïne va comprendre qu’elle n’est pas la bienvenue dans la bâtisse et qu’un esprit, loin d’être amical, la pourchasse en ces murs. Pourtant, la jeune fille va rapidement réaliser que le manoir ne la laissera pas partir avant de lui avoir raconté et fait vivre les tragiques événements ayant eu lieu bien des années auparavant.

L’histoire du soft est donc assez intéressante et mérite qu’on s’y attarde, afin de découvrir les secrets de la maison. Cependant, celui-ci pèche par une narration assez fouillis et mal équilibrée, qui rend les événements difficiles à comprendre. De plus, la grande majorité du développement narratif se fait via des flashbacks, qui se déclenchent après avoir analysé des objets disséminés aux quatre coins du manoir. De ce fait, il est récurrent de passer à côté de certains éléments, surtout avec l’omniprésence de l’entité maléfique. Dommage, surtout quand on réalise la qualité des histoires – car oui, il y en a plusieurs – contées par Perception.

Heureusement, le soft contient de nombreuses qualités, qui commencent par son idée de game design principale, à savoir l’orientation grâce aux bruits et aux sons.

Perception

Attention, un mur !

Comme je vous le disais précédemment, le jeu nous donne le contrôle d’une jeune fille aveugle. Cependant, il faut bien que des informations apparaissent à l’écran, si on veut éviter de taper les murs et de se briser le petit orteil à chaque coin de meuble. Eh bien, pour répondre à cette problématique, les développeurs ont eu la bonne idée de mettre en place un système que l’on pourrait comparer à de l’écholocalisation. Oui, comme les dauphins. Alors certes, les plus sceptiques diront que ce n’est pas réaliste, mais là n’est pas la question, tant l’idée de base relève presque du génie.

Pas de décors réalistes donc, mais seulement une vue très schématique de ce qui vous entoure. Vous devrez vous repérer à l’aide de sons qui créeront donc une vision, certes peu précise, mais qui vous permettra de vous déplacer et d’appréhender l’environnement sans encombres. Une simple musique, le bruit du vent, un chauffage qui siffle au loin ou les bruits de vos pas seront donc vos meilleurs alliés pour arriver à vous orienter dans l’immense manoir, qui vous servira de terrain de jeux pendant toute la durée de l’aventure.

Mais le petit quelque chose en plus qui s’ajoute au gameplay, déjà bien original de Perception, c’est votre canne. Car oui, en bonne aveugle qu’elle est, Camille a eu la présence d’esprit d’emmener sa canne blanche – ou noire, on ne sait pas – avant de plonger dans ce bourbier. Cet outil, qui certes, n’est pas le meilleur moyen de défense en cas de présence démoniaque, vous permettra cependant de produire des sons « artificiels », en tapant contre le sol ou les murs. Ces chocs créeront logiquement des bruits qui vont vous donner l’occasion de vous repérer un bref instant. Là où le bât blesse, c’est que la présence qui erre dans la maison n’aime pas vraiment le bruit – oui comme votre vieille voisine du dessous – et se servira de ces sons pour vous repérer et vous réduire au silence. Il faudra donc sans cesse trouver le juste milieu pour taper avec votre canne afin de vous orienter, mais sans en abuser pour ne pas vous faire repérer.

Alors ici, j’exagère un peu. La présence qui hante les lieux ne vous attendra pas à chaque coin de couloirs pour vous enlacer tendrement, et vous serez relativement tranquille une bonne partie du jeu pour vous mouvoir et essayer de comprendre les événements. Par contre, si votre vision – qui est en temps normal bleue – vire à l’orange, puis au rouge, je n’ai qu’un conseil, cachez-vous. En effet, le fantôme est assez tenace et peut très vite vous repérer, vous obligeant à recommencer au dernier checkpoint. Et croyez-moi, pour le bien de votre santé mentale, moins de temps vous passerez entre les murs du manoir, mieux vous vous porterez.

Perception

Daredevil, c’est toi ?

Car oui, malgré un gameplay que l’on pourra trouver assez vite répétitif et peu diversifié, s’il y a bien un élément qui est exempt de défauts, c’est l’ambiance mise en place par l’équipe de The Deep End Game. Et cette dernière repose principalement sur un seul élément, une seule peur primaire. Celle du noir. Combinez cela à un sound design de haute volée, extrêmement malsain, et vous obtenez des moments de pure angoisse où vous serez plongé dans la pénombre, hésitant à taper votre canne par peur de faire trop de bruit et d’attirer le monstre.

De son côté, la direction artistique est globalement une réussite. Le seul défaut que l’on pourrait lui reprocher est l’impression de voir encore et encore les mêmes environnements. Malheureusement, c’est quelque chose qui est inhérent au soft, et on imagine mal comment les développeurs auraient pu faire autrement. Logiquement, Perception est techniquement agréable et aucun ralentissement n’est à noter. Encore heureux.

Enfin, on pourra malheureusement regretter l’absence de thèmes musicaux marquants, les développeurs ayant légitimement préféré mettre l’accent sur le sound design qui est, comme je vous le disais précédemment, tout à fait saisissant. N’empêche qu’un thème musical principal n’aurait pas été de trop, mais c’est de l’ordre du chipotage.

Perception, de part sa principale idée de game design, n’est pas à mettre entre toutes les mains. Aidé par une ambiance de haute volée et une histoire intéressante – bien que racontée bizarrement –, le soft a tout ce qu’il faut pour gagner le cœur de certains joueurs. D’autres, au contraire, resteront de marbre face à la direction artistique et la lenteur omniprésente du gameplay. Enfin, on dénotera malheureusement un tarif plutôt salé (environ 20 €) pour 5-6 heures de jeu, et une rejouabilité plutôt faiblarde. Pari gagnant pour The Deep End Games ? Je vous laisserai juger, mais de mon côté, je suis plutôt emballé.

Points forts

  • Ambiance folle
  • Histoire intéressante...
  • Concept de base hyper original
  • Sound Design de qualité

Points faibles

  • Durée de vie plutôt faible (5-6 heures)
  • ... mais assez mal racontée
  • ... mais un poil répétitif
  • Les sous-titres, complètement ratés
6.5

Fair

Histoire - 6
Gameplay - 5
Graphismes - 6
Ambiance - 9
"The heart may be weak. And sometimes it may even give in. But I've learned that deep down, there's a light that never goes out !"

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