TEST – Shadow Tactics: Blades of the Shogun, Commandos sauce samouraï

Des ninjas, des samouraïs, des geishas... c'est bel et bien au Japon que je vous embarque pour le test de Shadow Tactics: Blade of the Shogun !

Shadow Tactics : Blades of the Shogun

(testé à partir d’une version PS4 fournie par l’éditeur)

Shadow Tactics artIl y a des licences qui ont disparu du jour au lendemain sans vraiment donner de nouvelles. Parfois ces licences ont défini à elles seules et avec brio un genre bien spécifique de jeu. En l’occurrence, ce genre c’est l’infiltration tactique en temps réel et la licence que j’ai en tête c’est celle des Commandos. A titre personnel, j’ai toujours été un grand fan de cette saga sur laquelle j’ai passé de nombreuses heures et sa disparition soudaine laissa forcement un grand vide. Une petite poignée de titres ont tenté d’imiter le maître sans pour autant parvenir à l’égaler. Je pense notamment à Desperados : Wanted Dead or Alive, un titre pourtant honnête mais qui avait fait le choix de s’éloigner un peu du genre pour le deuxième opus avant de sombrer à son tour dans l’oubli. Je m’étais donc résigné à ne vivre des aventures d’infiltration en temps réel que dans mes souvenirs, d’autant plus que Pyro Studios, qui développait la licence des Commandos, s’est tourné aujourd’hui vers le jeu mobile. C’est alors que débarque Shadow Tactics : Blades of the Shogun pour tenter de faire renaître un genre qui s’était éteint depuis presque une décennie. Alors tentative réussie ? Je vous emmène avec moi pour le découvrir au travers de ces quelques lignes.

Destination Edo

Après mon test de Cladun returns : This is Sengoku (que je vous invite à lire par ici), me revoilà de nouveau plongé au cœur du Japon, cette fois-ci à l’époque Edo. Une période qui s’étend d’environ 1600 à 1868 et qui fut dominée par le shogunat Tokugama comme nous le dit si bien notre ami Wikipédia. La trame principale de Shadow Tactics se déroule au début de cet ère, en 1615 pour être précis. Pas de seconde Guerre mondiale donc comme pour la série Commandos, ce qui marque au passage l’une des seules grandes différences notables entre les deux licences. Alors que le shogun (sorte de mix entre un empereur et un général) vient d’assoir sa suprématie sur le Japon et d’instaurer une période de paix, il apprend qu’une rébellion visant à le renverser est en train de fomenter sous la houlette du mystérieux Kage-sama. Bien entendu, tout cela ne l’enchante guère et il envoie une valeureuse petite équipe de combattants pour enquêter sur cet infâme comploteur. Vous l’avez compris, c’est nous qui nous chargerons de prendre le contrôle de cette équipe sur les champs de bataille. Si les bases du scénario ne sont pas criantes d’originalité, il demeure toutefois plaisant à suivre et proposera quelques moments forts en émotions. D’autant plus que les interactions entre les différents protagonistes les rendent extrêmement attachants.

Des hommes et femmes de courage

En effet, au cours de nos pérégrinations pour la découverte de l’identité de Kage-sama, nous dirigerons (et apprendrons à connaitre) 5 personnages, laissez-moi vous les présenter. Tout d’abord, Mugen, le fier samouraï au service du Shogun auquel il voue une fidélité sans faille. D’une puissance physique hors du commun, Mugen peut notamment découper plusieurs ennemis à la fois, soulever des rochers ou encore porter deux corps inertes sans sourciller. Cette force ne sera pas sans rappeler celle d’un certain Jack O’hara, le célèbre béret vert de la licence Commandos. Les ressemblances ne s’arrêtent pas là. Autre exemple avec notre héros suivant, Takuma, un grand-père unijambiste maitrisant à la perfection le maniement du fusil sniper. Là encore comment ne pas penser à Sir Francis T. Woolridge, dit The Duke, le tireur d’élite de la bande des Commandos ? Ensuite, l’agile petite Yuki, capable de poser des pièges pour se débarrasser des ennemis ne sera pas sans rappeler Paul Toledo et la passion du déguisement et de la séduction d’Aiko rappellera celle de Natasha ou de René Duchamps, l’espion de la franchise de Pyro Studio. Seul Hayato, le shinobi mercenaire au profil très équilibré ne fera pas vraiment remonter de souvenirs.

Au-delà de ces similitudes qui ne marqueront que les vieux de la vieille, on s’aperçoit rapidement que c’est une équipe parfaitement complémentaire qui nous est proposée. Chacun des personnages ayant à sa disposition son propre arsenal et ses propres caractéristiques. Il nous reviendra alors de bien combiner le tout pour faire traverser discrètement les lignes adverses toujours très denses. Et ça ne sera pas mince affaire.

Derrière les lignes ennemies

Abordons donc le jeu en lui même. Là encore, impossible de commencer sans faire le lien avec Commandos. Shadow Tactics décorLes bases posées par Shadow Tactics sont en effet calquées sur celles du maître, à tel point qu’après quelques minutes, tous mes réflexes d’antan me sont revenus. La modélisation des environnements d’abord rappellera des souvenirs. L’utilisation d’une 3D complète permet de faire pivoter la vue entièrement, nous permettant d’orienter la caméra comme bon nous semble pour aborder les différentes situations du mieux possible. L’occasion aussi d’admirer les superbes décors composés entre autres de châteaux médiévaux japonais très finement modélisés. Disons le, la touche graphique de ce Shadow Tactics est une incontestable réussite et on se surprend parois à contempler les décors impressionnants proposés par chacun des niveaux.

Attention toutefois, nous ne sommes pas là pour faire du tourisme et une horde d’ennemis nous séparent de nos différents objectifs. Il faudra alors faire preuve de minutie et de patience comme il est de coutume dans ce genre de jeux. Pour nous aider dans notre tache, il faudra donc miser sur la complémentarité de nos personnages car inutile d’espérer prendre l’un d’entre eux et foncer dans le tas, cela serait peine perdue. Il nous reviendra de tirer partie des particularités, de l’arsenal et des compétences de chacun. L’un peut déposer une bouteille de saké pour attirer un garde, l’autre grimper sur un toit pour tomber sur le râble du-dit garde et le mettre hors d’état de nuire. Il est jouissif de chercher la façon dont on procédera pour notre prochain mouvement d’autant qu’il n’y a jamais une seule et unique façon de faire. Le jeu nous laisse une totale liberté sur notre manière de procéder.

Comme je l’ai dit plus haut, notre progression ne sera pas non plus chose aisée. Les ennemis sont en large surnombre et leur IA est très développée. Ainsi, ils n’hésiteront pas à enquêter à la moindre chose suspecte (un collègue qui manque à son poste, un cadavre…) et si jamais ce qu’ils découvrent ne leur convient pas, ils appelleront des renforts ce qui aura pour conséquence de remplir la carte de nouveaux gardes. Il faudra donc éviter de rentrer dans leur champ de vision, symbolisé par le même cône vert que dans la série des Commandos, sous peine de se compliquer encore plus la tache.

Trois types de gardes sont au menu. Ceux de base, simples à berner et qui tomberont le plus facilement dans le panneau de vos diversions. Les « Chapeaux de paille », eux, ne quitteront pas leur poste sous les effets du contenu de votre sac à malices, ils sont donc déjà un peu plus ardus à éliminer. Pas autant que le dernier type d’ennemis, les samouraïs, qui non contents d’être imperturbables à vos ruses, ne pourront tomber que sous les coups de Mugen en un contre un. Les autres se feront instantanément dépecer, à moins d’avoir affaibli votre redoutable adversaire au préalable mais je vous laisse découvrir comment. Tous ces ennemis vous feront échouer au moindre faux pas. Heureusement, le jeu permet de faire des sauvegardes rapides avec la simple pression d’un bouton pour pouvoir ensuite recharger la partie en cas d’erreur. L’abondance de renforts lors des alertes se révélant très, voire trop, punitive, il sera quasi impossible de faire autrement pour continuer sereinement. Heureusement les chargements ne sont pas trop longs ce qui aurait pu se révéler problématique tant on est amenés souvent à recharger notre partie. Signalons tout de même que le chargement initial est en revanche toujours un tantinet longuet. Pour résumer, la difficulté de Shadow Tactics est élevée même en mode normal mais c’était également le cas pour Commandos et à vrai dire dans ce genre de jeux, c’est même une qualité.

Le sens du devoir… accompli

L’une de mes inquiétudes en abordant ce jeu était le contrôle à la manette. Le soft a en effet brillamment fait ses armes sur PC à la fin de l’année 2016. Ne nous leurrons pas, ce genre est taillé pour le PC et le combo clavier/souris qui offre une grande précision à haute vitesse. Commandos 2 avait d’ailleurs, en son temps, tenté une sortie sur consoles pour un résultat plus que mitigé alors que la mouture PC était excellente. Très rapidement Shadow Tactics a calmé mes inquiétudes. La manette se révèle ainsi un bon outil pour manier nos personnages et contrôler leurs actions avec dextérité. La raison à cela est simple : le déplacement des personnages se fait à l’aide des sticks et non pas avec un curseur nous imposant de cliquer là où l’on souhaite que notre personnage se rende. Rapidité, fluidité, précision, ce mode de déplacement donne à la manette toutes ses lettres de noblesse. Pour autant, tout n’est pas parfait. La navigation dans les inventaires est certes bien pensée, mais frustrera les adeptes des raccourcis clavier. Certaines actions manqueront parfois de précision. Je suis cependant là dans le pinaillage, à aucun moment je n’ai pesté contre ma manette, c’est dire !

Le gameplay est donc jouissif et le jeu est également pleinement immersif. J’ai parlé de l’aspect visuel avec les très beaux environnements. L’aspect sonore n’est pas en reste. Les sons des champs de bataille sont un régal pour nos oreilles, les bruits des fusils, ceux des lames, du vent, tout est propice à nous plonger pleinement dans l’action. Les musiques sont discrètes afin de laisser place à la concentration, mais les quelques touches musicales feront mouche et ne paraitront jamais en décalage avec l’univers du jeu. A noter également que l’on nous laisse le choix entre le doublage japonais ou anglais, tous deux réussis, et que les sous-titres français sont disponibles. Allez, je n’ai pas peur de le dire, Shadow Tactics: Blade of the Shogun est maitrisé tant sur le plan tactique que technique.

Une bonne trentaine d’heures de jeu pour le premier run, une rejouabilité énorme, une modélisation des environnements impeccable, un gameplay calqué à la perfection sur le maître Commandos, des personnages attachants et un atterrissage sur consoles presque en douceur. Voilà avec quels ingrédients les gars de Mimimi Productions ont réussi leur pari en égalant la référence d’un genre laissé à l’abandon depuis plus de dix ans. Si vous étiez fans de la licence de Pyro Studios, foncez les yeux fermés sur Shadow Tactics. Si vous voulez découvrir l’infiltration tactique en temps réel, foncez ! Si vous aimez l’infiltration tout court, foncez ! Une véritable réussite incontestable.

Points forts

  • Durée de vie et réjouabilité excellentes
  • Un gameplay bien huilé
  • Réussite visuelle et sonore
  • Des personnages attachants
  • Le contrôle à la manette très correct

Points faibles

  • Le premier temps de chargement un peu long
9

Amazing

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