TEST – BattleTech

Battletech 2018 paradox harebrained schemes

Dernier-né d’une longue lignée de jeux vidéo dérivés de l’univers du jeu de plateau éponyme, BattleTech vous propose de prendre le contrôle d’un groupe de mercenaires doté d’armures mobiles nommées « Mechs ». Alors que la guerre gronde dans votre coin de galaxie, vous serez alors amenés à vendre vos services au plus offrant afin de sauver la veuve et l’orphelin, défendre les intérêts des grandes puissances à l’œuvre, ou tout simplement pour améliorer votre puissance de feu ainsi que votre réputation de mercenaire.

Support de test : PC (i5 2500K – GTX 1060 6G – 8Go RAM).
Version du jeu utilisée : version commerciale (Steam) fournie par l’agence de com’ de l’éditeur + mises à jour 1.02 et 1.03.

Adopte un mech

Dès le début du jeu, BattleTech nous propose de créer ce qui s’apparente à une feuille de personnage de jeu de rôle – bien qu’en en version allégée. Avatar, origines du personnages, bonus associés, … le joueur a ainsi la possibilité de s’approprier le héros du jeu en quelques minutes, sans pour autant tomber dans la complexité d’une véritable feuille de personnage. Cette volonté de permettre au joueur de personnaliser sa partie (ou du moins de lui en donner l’illusion) se retrouvera également dans les dialogues du jeu à choix multiples qui, s’ils n’influeront en rien sur le déroulement du scénario, donnent tout de même l’agréable impression d’être au centre de l’histoire.

Les bases de l’histoire se posent ensuite assez sommairement, avec une mission d’introduction qui vous met aux manettes de votre premier Mech, un BlackJack un peu à la traîne qui accompagnera une princesse le jour de son couronnement, elle-même accompagnée par son garde du corps et mentor. Assez rapidement, comme dans toute bonne tragédie grecque, la princesse se fait voler son trône, le mentor meurt, et c’est au protagoniste que revient la charge d’aider la prétendante en exil. Ainsi commence l’intrigue de BattleTech, avec votre personnage intégrant et dirigeant une compagnie de mercenaires qui aura pour objectif d’aider la princesse Kamea Arano a récupérer ce qui lui revient de droit… tout en essayant de ne pas crouler sous les dettes au risque de connaître la banqueroute, la vie de mercenaire étant bien plus compliquée que ce que l’idéal romantique voudrait bien nous faire croire.

Battletech 2018 paradox harebrained schemes

Laisse-moi kiffer la vibe avec mon mech

La gestion de la compagnie de mercenaire est d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants de ce BattleTech. A l’instar d’un XCOM / XCOM 2, le jeu vous impose de gérer efficacement les finances de votre groupe de combattants. Au fil du jeu, entre chaque mission, le temps défilera jour par jour, vous rapprochant toujours un peu plus du prochain bilan mensuel. A vous de gérer les salaires, les coûts d’entretien de vos mechs, mis également le temps de récupération de vos pilotes qui pourront être blessés en plein combat.

On regrette toutefois que, passé le temps de la découverte, cette gestion du temps devient un peu trop mécanique et répétitive. Contrairement à un XCOM 2 qui agrémentait efficacement les pauses entre chaque mission avec des phases de gestion de type recherche scientifique ou achat de compétences, BattleTech se contente de proposer un système d’upgrade du vaisseau assez basique. Malgré tout, on prend tout de même du plaisir à bricoler son vaisseau, à personnaliser sa compagnie, ainsi qu’à gérer les compétences et la montée en niveau des pilotes. D’autant plus que la partie hangar permet de personnaliser ses mechs de manière très complète.

Et cette gestion poussée des mechs constitue d’ailleurs la clé de voûte du jeu. Répartis en quatre catégories (légère, moyenne, lourde et assaut), les méchs possèdent tous un tonnage qui lui est propre, ainsi que des slots plus ou moins différents selon les modèles. Au joueur, donc, de répartir le poids des éléments en fonction du maximum toléré, en prenant également en compte le poids que nécessite l’armure du mech. Est-ce qu’une arme supplémentaire vaut le coup de perdre 1/4 de la valeur d’armure sur les bras et les jambes ? Est-ce que mettre trop d’armes à énergie n’est pas trop dangereux en terme de surchauffe ? Tel est le genre de question chronique qui habitera l’esprit du joueur lors de la personnalisation de ses modèles de mechs.

Battletech 2018 paradox harebrained schemes

Mecha upload

Sur le terrain, le gestion des mechs apporte également son lot de problématiques. Le jeu se déroulant par phases et en tour par tour, celui-ci impose un ordre de jeu basé sur l’initiative de chaque mechs et de son pilote. Ensuite, entrent en jeu plusieurs jauges : le moral et la surchauffe. Le moral, qui peut également être géré à partir du vaisseau, représente une forme de réserve d’énergie capable de déclencher des capacités spéciales. Quant à la jauge de surchauffe, celle-ci se base sur l’utilisation des armes, et tout particulièrement sur celle des armes à énergie. Un mech étant généralement équipé de plusieurs armes, il sera alors parfois judicieux de ne pas balancer toute la purée dans la tête de l’ennemi et de se restreindre à l’activation de quelques armes pour éviter la surchauffe, synonyme de dégâts continus pour votre mech (voire d’extinction du système, ce qui revient à faire perdre un tour au mech concerné)

Chaque mech est constitué de plusieurs pièces qu’il sera, selon les cas, possible de cibler ou de protéger : tête, torse avant, torse arrière, torse droite et torse gauche avant, torse droit et torse gauche arrière, bras droit et bras gauche, et enfin, jambe droite et jambe gauche. Si les éléments ciblés peuvent paraître aléatoire, ils ne le sont en fait qu’en partie : chaque tir d’arme va d’abord prendre en considération l’orientation de la cible avant de déterminer quelles parties seront touchées. Ainsi, si le mech ennemi vous expose son flanc droit, vos tirs ne pourront toucher que les bras, la tête ou le torse droit avant. L’objectif sera ainsi, à l’instar du jeu de plateau, de savoir placer efficacement vos mechs afin de leur donner le meilleur angle de tir possible, sans pour autant exposer vos propres points faibles (généralement le dos, mais également les parties touchées trop grièvement et qui pourraient être détruites). En certaines occasions, l’un de vos mechs pourra effectuer des tirs de précision afin de cibler avec plus de probabilité une partie bien précise de l’adversaire. Cela permettra, par exemple, de mettre plus rapidement hors jeu un mech dont l’une des pièces a déjà été fragilisée, ou afin de mettre hors d’état de nuire un ennemi dont vous souhaitez récupérer des pièces du mech sans trop abîmer celui-ci (détruire telle ou telle partie influe sur le butin en fin de mission).

Battletech 2018 paradox harebrained schemesLe mecha hèle, Jacques sonne

Vous l’aurez compris, les phases de combat sont extrêmement pointues et nécessiteront une maîtrise précise des mécanismes de jeu afin de réussir à passer outre la difficulté de BattleTech. Pour le néophyte, à l’instar de votre serviteur, qui n’a jamais eu l’occasion d’expérimenter le jeu de plateau, les débuts sont parfois très durs et souvent punitifs. On perd parfois un pilote sur un headshot adverse, on ignore comment optimiser le recyclage des pièces de mechs adverses, on revient d’une mission d’apparence simple avec 3 bras en moins et plusieurs jambes détruites, et on se retrouve finalement à ne pas comprendre comment faire pour boucler les fins de mois avec autant d’argent qui disparaît dans les réparations et aussi peu de pilotes disponibles pour participer aux missions nécessaires au paiement des factures.

Pourtant, à force de persévérance, BattleTech sait récompenser le joueur qui aura eu la patience d’observer et de faire quelques recherches sur Internet pour mieux comprendre certaines finesses de jeu. On en vient ensuite à tester différentes approches, on se surprend à être plus efficace et à éviter certaines erreurs, puis on prend enfin notre rythme de croisière au fur et à mesure que les finances remontent un peu et que les mechs de meilleure qualité s’alignent dans le hangar. Il est cependant dommage que BattleTech échoue à se suffire à lui-même au niveau de l’apprentissage de ces mécaniques indispensables. Mis à part le tutorial en début de jeu qui enseigne les bases des contrôles, rien ne vient renseigner le nouveau venu sur ces petits détails qui indiquent au joueur comment prendre la bonne direction. Le forum BattleTech de Reddit ainsi que les Wiki dédiés deviennent alors indispensables, ce qui est un aveu de faiblesse en terme d’accessibilité, suffisamment pour rebuter une frange de joueurs qui auront été séduit par le concept mais déçus par le manque d’explications.

Info technique : à l’heure où est écrit ce test, le dernier patch en date sorti pour BattleTech est le 1.03. Celui-ci corrige certains bugs très agaçants comme la perte de sauvegarde ou l’impossibilité de sauvegarder qui frappait certains joueurs (spécialement ceux ayant acheté le jeu sur GoG.com). Au niveau optimisation, toutefois, si ce dernier patch corrige également certaines lenteurs auparavant constatées dans les menus et optimise un peu mieux la gestion des ressources de manière générale, le polissage technique de BattleTech demeure encore imparfait. Par exemple, la GTX 1060 utilisée pour ce test et qui se plaçait bien au-dessus des configurations recommandées était constamment à 99% d’usage, et quelques chutes de FPS se faisaient encore sentir dans les menus du vaisseau. Rien de dramatique, néanmoins, au vu de la gravité des bugs constatés day-one en version 1.0 et qui ont été corrigés depuis.

 

Redoutable de précision dans son portage des mécaniques du jeu de plateau, Battletech ravira à coup sûr les férus de la licence dont le jeu est issu. Les autres, quant à eux, auront besoin d’un peu de temps avant d’espérer en apprivoiser toutes les subtilités nécessaires afin de ne pas décrocher face à la difficulté implacable du titre. BattleTech est un jeu exigeant, assez brut dans son aspect, qui s’adresse avant tout aux aficionados de la tactique et aux joueurs patients. On regrettera finalement son manque de pédagogie et d’accessibilité, deux qualités qui aurait pu élargir son public, ainsi qu’un manque de finition au niveau technique.

Points forts

  • Une bande-son superbe
  • Des mécaniques stratégiques complexes, efficaces, et précises
  • Un grand choix de mechs
  • Une durée de vie conséquente

Points faibles

  • Uniquement en anglais
  • Un peu répétitif sur la longueur
  • Une carte qui ne se débloque totalement qu'après le scénario principal
  • Un manque d'évolution du loot et de l'équipement au fil du jeu
7

Good

Co-fondateur de Try aGame, Søren est également le papa de cette espiègle mascotte qui squatte chaque page du site.Quand il ne râle pas pour tout et n'importe quoi, il médite sous une cascade pour réfléchir aux idées de ses camarades.

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