TEST – Beyond Blue : un docu-interactif qui sensibilise

Beyond Blue est le nouveau titre de E-Line Media (Never Alone), un studio américain qui utilise le support vidéoludique pour sensibiliser sur l’écologie.

Développeur : E-line Media
Éditeur : E-line Media
Genre : Exploration sous-marine
Prix : 19,99 €
Version pour le test : PS4
Date de sortie : 11 juin 2020

Pour Beyond Blue, E-line Media a collaboré avec les équipes du documentaire Blue Planet II produit par la BBC. Une collaboration dans le but de proposer une oeuvre hybride entre un jeu vidéo et un documentaire animalier. Une recette novatrice qui mérite une attention particulière au vu de l’état actuel de notre belle vieille Terre. Si Never Alone nous invitait à découvrir les traditions de l’Inupiat et de l’impact du réchauffement climatique sur celles-ci, Beyond Blue nous plonge au cœur de la vie océanique. L’histoire se focalisera sur le suivi d’une famille de cachalots qui vient tout juste de s’agrandir. Une immersion dans un pseudo open-world sous-marin qui nous invite à découvrir des dizaines d’espèces animales. La question est de savoir si cette recette hybride est convaincante ? Notre réponse dans ce test.

Andrea… mio palmo

Beyond-blueBeyond Blue nous emmène dans les profondeurs de l’océan et de sa vie passionnante. Le jeu se déroule dans un futur proche dans lequel on incarne Mirai, jeune plongeuse amoureuse des êtres marins. Elle est équipée d’une combinaison dernier cri permettant de rester sous l’eau de longues heures et d’un drone en forme de raie qui fera des prélèvements sur les cachalots et autres créatures. Le but est simple, Mirai diffusera en direct les images de ses plongées, en quête de nouvelles informations concernant sa famille de cachalots préférée et leur dernier née Andréa. Le jeu alternera recherche sous-marine et dialogues entre scientifiques dans le super sous-marin de Mirai. N’espérez pas voir la terre ferme ni même prendre une bouffée d’air frais, l’intégralité du jeu se passe sous l’eau, vous êtes prévenus. Graphiquement, ce n’est pas la claque visuelle mais ça reste très propre, heureusement au vu de la taille restreinte de la map. Mettez vos palmes et laissez-vous bercer par le balai que vous offriront les nombreuses espèces marines présentes dans le jeu.

Mais comment elle fait pour respirer, là-dessous ?

beyond-blueDurant votre aventure, vous serez guidé par votre collègue vers des balises permettant de détecter les sons des cachalots, dauphins, baleines, etc. Une fois détectés, les lieux s’afficheront tels des petits marqueurs d’objectifs à atteindre. Et sur votre trajet, vous pourrez scanner toutes les espèces que vous croiserez : poissons pilotes, requins, poissons lune, méduses, tortues, etc. Plus vous scannerez la même espèce, plus vous aurez d’informations sur leur mode de vie. Malheureusement, le gameplay s’arrête là : nager, baliser, scanner. Sachant que vous ne serez ni en manque d’oxygène ni menacé par un prédateur, les plongées perdent de leur intérêt après les deux premières heures de jeu. Le scénario n’est pas assez palpitant pour tenir en haleine le joueur et les discussions entre chaque plongée n’amènent pas grand chose malgré l’initiative de réponses à choix multiples. Nous regrettons vraiment le manque de tension dans ce jeu comme se faire traquer par un grand requin blanc ou même avoir un temps limité pour chaque plongée faute d’oxygène. Si l’exploration et la contemplation sont les concepts majeurs du jeu, cela manque cruellement de contenu pour que le soufflé ne retombe pas rapidement.

Mirai ? Elle respire pas…

Beyond-blueBon, vous l’aurez compris, Beyond Blue n’est pas un jeu ultra fun. Si sa visée ludique nous laisse sur notre faim, il y a une vraie visée pédagogique. Tout d’abord, se retrouver sous l’eau et observer la vie animale telle qu’elle est, c’est toujours sympa. Ensuite, le studio a eu la bonne idée de mettre de la pollution dans le jeu. On verra donc des sacs et bouteilles plastiques, ainsi que d’autres déchets issus de notre quotidien. Bien vu, car dans un jeu on a tendance à lisser la réalité et la rendre plus jolie. Puis on découvre les vrais noms des poissons, on en découvre des nouveaux, on les scanne, on va lire leur fiche sur leur habitat, leur alimentation etc. Enfin, chaque plongée terminée déverrouillera une petite vidéo live documentaire très intéressante en lien avec le jeu. C’est en ce sens, qu’il faut considérer ce jeu comme un documentaire interactif pour les petits et grands. C’est toujours mieux que d’aller voir des orques et des dauphins emprisonnés toute leur vie dans un petit bassin pour nous distraire quelques dizaines de minutes par jour…

Beyond Blue fait partie de ces jeux qui proposent une expérience différente. Sans être vraiment un serious game, il se veut éducatif et pédagogique dans une approche au gameplay simplifié. Loin d’être parfait, il offre tout de même des sessions de jeu qui devraient en émerveiller plus d’un. Et si la curiosité est votre vilain défaut, vous devrez être comblé de plonger dans les abysses et découvrir une vie jusque là inconnue. Là où il pêche vraiment, c’est sans doute le manque d’interactions réelles (dangers présents, jouer avec les dauphins, capturer un animal pour l’étudier, etc.) et d’un scénario un peu plus poussé.  En tout cas, ce jeu est plaisant si l’on s’intéresse à cet univers souvent méconnu et vous permettra d’être incollable sur les cachalots en huit heures de jeu grand maximum. Nous pouvons qu’encourager ce genre de jeu indépendant malgré ses nombreux défauts.

Points forts

  • Immersion dans l'océan
  • Educatif et instructif
  • Un jeu d'actualité qui sensibilise
  • Une bonne diversité d'espèces marines à scanner
  • Le support vidéoludique bien exploité
  • Les vidéos documentaires
  • La bande-son qui colle bien à l'atmosphère
  • La présence de pollution

Points faibles

  • Plus un docu-interactif qu'un jeu
  • Un rythme trop plat
  • Des choix de dialogues inutiles
  • Un gameplay réduit
  • De fausses interactions avec des objets
  • Aucun danger présent
  • Quelques soucis de traduction
7

Good

Grand aventurier, Gabs consacre sa vie a la recherche d'OST en tout genre en jouant à différents jeux. La légende raconte que c'est lui qui aurait appris à Link comment jouer de l'ocarina...

Mot de passe oublié

mi, mattis sem, leo. Lorem felis