TEST – Captain Tsubasa: Rise of New Champions, terrain conquis ?

Encore sur le terrain à presque 40 ans, la classe… mais toujours en forme ?

Captain Tsubasa: Rise of New Champions

Développeur : Tamsoft
Éditeur : Bandai Namco
Genre : Sports (Arcade)
Supports : PS4, Switch, PC
Support de test : PS4 (version fournie par l’éditeur)
Date de sortie : 27 août 2020

Captain Tsubasa Rise Of New ChampionsCaptain Tsubasa c’est d’abord un manga créé en 1981 et qui gagna une réputation mondiale grâce à son adaptation en anime. En France, c’est sous le nom d’Olive et Tom que débarquera la série, avec chose habituelle pour l’époque, toute une débaptisation des personnages. Exit Tsubasa Osara et Genzo Wakabayashi, bonjour Olivier Atton et Thomas Price. Pour toute une génération, ce sont donc d’ailleurs les noms qui resteront, n’en déplaisent aux puristes.

En tout cas, Captain Tsubasa plaisait par son esprit shonen poussé à l’extrême dans le monde du sport. De l’esprit d’équipe à ne plus savoir qu’en faire, des personnages prêts à tout pour repousser leurs limites et progresser, des acrobaties et tirs improbables à tout va. On est loin du foot traditionnel et l’anime a toujours eu ce côté très spectaculaire. Sa nouvelle adaptation en jeu vidéo sous le nom de Captain Tsubasa: Rise of New Champions se devait d’être très arcade. Alors réussi ou pas ? Réponse dans ce test.

WWE x FIFA

Autant être clair d’entrée, Captain Tsubasa : Rise of New Champions est effectivement un jeu arcade. Extrêmement arcade même et ce dans toutes les composantes de son gameplay en match. Ce qui sautera en premier lieu aux yeux, c’est l’absence total d’arbitrage. Les tacles par derrière ou les coups d’épaules de déménageur ne feront même pas sourciller l’homme en noir qui se contentera simplement de siffler les sorties de balle et les fins de match. On a vite l’impression de se retrouver devant une version actuelle du jeu World Cup sur Nes. Dans ces conditions, difficile de se sentir en sécurité sur le terrain car même un adversaire dans notre dos peut à tout moment dégainer un tacle glissé pour nous déposséder du ballon.

Ensuite, il n’est pas souvent utile d’être bien placé pour décocher un frappe au but. Les meilleurs joueurs pourront tirer quasiment de la moitié du terrain avec une puissance capable d’envoyer le gardien adverse au fond de ses propres filets. Comme dans l’œuvre original en fait. Il faut dire que l’ambiance est très bien retranscrite dans le jeu. On parlait des tirs, des tacles mais il y a aussi les traversées folles du terrain par un joueur dribblant toute une équipe, des face à face aériens à 3 mètres du sol, des retournés multi-acrobatiques et les animations des joueurs sont fidèles à celle de l’anime. Beaucoup de spectacle et donc beaucoup de fun à vivre en match.

Malheureusement, cette volonté de trop coller à l’œuvre originale entraine plusieurs imperfections de gameplay. En tout premier lieu, l’absence de stratégie et de tactique. Faire des passes pour tenter de prendre l’équipe adverse à défaut ne sera que très rarement efficace. En effet, même si après une séance de tiki-taka à la barcelonaise on arrive à prendre à revers la défense, le simple fait de pouvoir être taclé par derrière annihile tout avantage pris. Et encore mettre en place un jeu de passe efficace est très compliqué. Tout d’abord la précision des passes est très aléatoire et surtout la position de la caméra, beaucoup trop rapprochée du terrain n’aide pas à avoir une véritable vision de l’action. Il n’est d’ailleurs pas rare de se faire tacler par un joueur qui glisse sur 5 mètres et qui n’était pas sur l’écran à la fraction de seconde d’avant, parfois caché dans l’interface qui prend énormément de place.

En fait la meilleure façon de progresser sur le terrain sera de dribbler un à un les adversaires. Cela se fait par la simple pression d’une touche au bon moment à condition d’avoir assez d’énergie pour le faire. Une fois le timing plus ou moins maitrisé, Captain Tsubasa: Rise of New Champions devient beaucoup plus simple.

Un crochet et une frappe

Une fois le terrain traversé, il reste encore à battre le goal. Là encore, le système ne s’embarrasse que de peu de stratégie. Oubliez tout de suite les petits ballons piqués par dessus le gardien ou autres frappes enroulées dans la lucarne opposée. Ici, c’est le bourrinage intensif qui prime. En fait, les gardiens ont une jauge d’énergie qui se vide à chaque tir que l’on effectue. Tant qu’il leur restera assez d’énergie, il bloqueront tous les tirs, quelles que soit la situation et votre position sur le terrain. La barre se vide plus ou moins vite en fonction de la puissance du tir et des éventuelles techniques spéciales du tireur.

La puissance du tir évolue en fonction de la charge que l’on y met. Le problème c’est que pendant que l’on charge, notre joueur ralentit et devient encore plus vulnérable aux tacles. Seulement si l’on a suffisamment de temps, on peut charger assez la barre pour déclencher les techniques spéciales si le joueur en possède une. Et là ça peut vite devenir la foire au n’importe quoi. Certains joueurs comme Mark Landers (oui j’utilise les noms VF d’antan) ou Karl Heinz Schneider peuvent faire sauter un gardien en un tir créant ainsi un déséquilibre abyssale puisque des joueurs moins puissants doivent s’y reprendre à trois ou quatre fois pour marquer. Très frustrant quand on est en face de grands champions même si le manga fonctionne effectivement ainsi.

La dernière option notable de gameplay notable c’est la Zone V. Au fur et à mesure de vos exploits sur le terrain, une jauge se remplit en bas de l’écran. Une fois pleine, on active un bonus temporaire qui bénéficiera à toute l’équipe octroyant divers bonus et notamment un gain d’énergie et de vitesse de tir. On peut également sacrifier cette Zone V pour faire un arrêt miracle avec notre gardien. Une notion de choix stratégique enfin.

Avec tout ce constat, Captain Tsubasa: Rise of New Champions en devient assez rapide à prendre en main et constitue notamment un excellent titre à dégainer pour une soirée entre amis. Un mode en multi local étant disponible jusqu’à 4 joueurs. Très appréciable.

Ils sont super-entrainés

Penchons nous d’ailleurs sur les modes de jeu qui retiendront l’attention des joueurs. Tout d’abord deux modes histoire intitulés « Tsubasa » et « Nouveau héros ». Le premier reprend l’arc du troisième championnat des collèges où l’on prend le contrôle de la New Team (Nankatsu en VO) pour la mener vers la finale. C’est avant tout un mode qui permettra de se familiariser avec le gameplay, une sorte de didacticiel grandeur nature.

Le deuxième est bien plus intéressant. Il nous propose de créer notre avatar personnalisé. On lui choisit son collège, son poste, son physique et on le lance dans le grand bain. On va suivre le début de sa carrière de la ligue des nouveaux héros jusqu’à la grande compétition internationale qui réunit les meilleurs équipes juniors du monde. L’aventure dure en tout et pour tout une petite dizaine de matchs au cours desquels il faudra faire progresser au maximum notre protégé.

Pour ce faire, de bonnes performances sur le terrain pour faire monter les points de compétences ont indispensables. Ensuite différents objectifs à remplir au cours des matchs nous récompensent de quelques points bonus. Enfin, si le ballon est notre ami, les autres joueurs devront le devenir aussi. En effet, vous pouvez améliorer vos liens avec des équipiers mais aussi vos adversaires pour apprendre leur techniques et compétences spéciales et ainsi étoffer votre palette.

Ce système d’amitié s’articule autour de cartes à débloquer. A travers tous les modes de jeu, on glane des PJ que l’on peut dépenser contre des packs de cartes représentant les amis potentiels. Plus on loote un personnage, plus le niveau de sa carte augmente et plus le lien avec lui sera facile à monter lors de notre partie dans le mode histoire. Il faudra alors enchainer de très nombreuses parties pour améliorer toutes les cartes. Il n’y a pas de microtransactions pour acheter plus de packs (pour le moment), ce qui n’est pas une mauvaise chose. Les paquets contiennent en plus des items qui facilitent la progression de notre avatar.

Dans ces conditions, l’avatar de notre première partie ne sera pas le meilleur que l’on fera. Il faudra faire et refaire ce mode pour finir par créer le joueur ultime. D’ailleurs chaque avatar peut ensuite être placé dans une équipe personnalisée dont on peut se servir pour le mode en ligne. De nombreux joueurs trouveront cela grisant d’emmener en ligne l’équipe qu’ils auront bâtie de leur propre main, surtout que pour avoir un onze compétitif, il aura fallu y passer de très nombreuses heures.

Comme dans un anime

Il faudra aussi s’assurer de bien cerner l’ensemble du système de progression dont le tutoriel souffre de quelques approximations dans la traduction. En revanche les nombreux dialogues sont pour leur part plutôt bien traduits et entièrement doublés par de nombreuses voix… de la VO de l’anime. Hé non, même s’il ne fallait pas trop y compter, la mythique VF n’a pas été retenue. D’ailleurs, j’en parlais plus haut, mais les noms japonais restent aussi ce qui est très déroutant pour ceux qui ont grandi avec des Ben Becker et autres Danny Melo.

Hormis ce détail, il est très facile de se sentir transporté dans l’anime. Le coup de crayon très caractéristique de Yōichi Takahashi est parfaitement retranscrit. Durant les matchs les animations qui se déclenchent lors des tirs, des tacles ou des arrêts sont très fidèles comme on le disait plu haut et dans les deux modes histoires, il y a même des passages où les personnages discutent plus qu’ils ne jouent. Typique de la licence. Il y a de plus quelques cinématiques issues du reboot même si on aurait aimé qu’elles soient plus nombreuses car la narration est assez statique avec ses incessants champ-contrechamp.

Si Captain Tsubasa: Rise of New Champions est graphiquement très correct, il manquera en revanche le côté épique des musiques. La bande son du jeu est très discrète voire minimaliste. De même que le commentateur qui répète très souvent les mêmes choses… On ne sent pas emporté comme souvent dans l’animé. Dommage.

 

Malgré un gameplay qui manque clairement d’aspect tactique pour s’imposer sur le long terme, Captain Tsubasa: Rise of New Champions reste un titre assez fun et sans prise de tête. Son aspect fidèle à l’œuvre d’origine contentera sans aucun doute les fans. Les différents modes de jeu assurent plusieurs dizaines d’heures de durée de vie surtout pour les plus acharnés qui voudront monter une Dream Team pour leurs parties en ligne. On reste tout de même loin d’un GOTY et surtout il y avait moyen de faire mieux.

 

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Évaluation de l'article

Points forts

  • Facile à prendre en main
  • Tout pour le fun...
  • L'univers fidèle à l'oeuvre originale

Points faibles

  • Gameplay perfectible
  • ... et presque rien pour la tactique
  • Une horreur de caméra terrain
7

Good

Ma devise : "Raler, c'est utile uniquement si tu en profites pour apporter une solution... sinon ça reste juste un plaisir".
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