Genre : Simulateur de rencontres.
Team 17 est un grand nom de l’édition jeu vidéo, notamment avec les Worms, Overcooked, Golf With Your Friends, Hell Let Loose, Moving Out, Blasphemous, Hokko Life, The Escapists, bref en général, leurs choix d’édition et de développement camouflent des concepts intéressants et qui ont de quoi convaincre la communauté de joueurs. Quand on a découvert en vidéo le jeu Date Everything!, il demeurait très difficile de ne pas être intrigué par l’expérience de jeu fournie.
Home, Sweet Home…
Le quotidien de notre cher avatar n’a pas épanouissant, et comme si ça ne suffisait pas, le licenciement frappe à la porte. On aurait pu croire qu’un malheur n’arrive jamais seul et pourtant, cette mauvaise nouvelle ne s’accompagne pas d’une infortune supplémentaire. Au contraire, à travers votre fenêtre, ce qui semblait être un bourdonnement d’une abeille géante va marquer un bouleversement dans notre quotidien. Un objet volant non-identifié, en vérité un drone difficilement piloté, vient poser au sein de notre maison une véritable boîte de Pandore : des lunettes de soleil.
Ce n’est pas du tout ce que vous croyez. L’idée n’est pas de sortir de sa déprime pour aller au bord de l’océan Atlantique, ou faire une virée sur le lac Michigan voire le lac Huron, même si les lunettes de soleil ne sont pas la première chose à laquelle je penserai pour y planifier mes vacances. Bref, ces fantastiques lunettes se révèlent magiques, ce sont les « Dateviators ». Et elles vont permettre à notre gus de donner un but à sa vie, et quel but ! Il va « date » chaque objet de sa maison. Oui, dans Date Everything!, il fallait bien sûr retenir ce « everything » qui précise donc que ce ne seront pas des personnes, mais des objets avec qui vous allez interagir !
Popopop ! Je ne suis pas tout à fait honnête avec vous. Car si ce sont bien des objets à première vue, ils prendront bel et bien l’apparence d’être humains. Nous allons donc séduire des objets anthropomorphes. Et c’est en enfilant vos lunettes « Dateviators » que tout cela est possible. Socialiser avec tous ces éléments de votre maison débouche sur trois possibilités : l’amitié, l’amour et la haine.
Mais attention, ce seront vos choix dans les dialogues qui détermineront la nature de vos relations, et les dialogues seront nombreux. La majorité des résidents (enfin « résidents » !) ont du bagoût et de la personnalité. Bien sûr, ça vous le saurez si vous êtes à l’aise avec l’anglais, car autant les textes que les voix sont proposés en anglais et seulement en anglais ! Au vu de l’humour et des milliers de mots à lire, je ne conseillerai jamais ce jeu à un joueur ou une joueuse qui n’a pas une maîtrise de la langue de Shakespeare. Par contre, s’il est facile de franchir cette barrière pour vous, si vous appréciez le genre simulateur de rencontres, et visual novel avec un bon ton humoristique et décalé, un monde complètement fou va s’offrir à vous.
De l’inspiration à en revendre
Avec Date Everything, ça passe ou ça casse. Après tout, le concept est fou et complètement unique. Draguer des cintres, un ventilateur ou une porte, voire se faire rejeter par vos toilettes ou votre télévision, même dans une forme anthropomorphe, je comprends que cela puisse laisser certains joueurs de marbre. Par contre, si vous acceptez de vous plonger littéralement dans les bras de votre lit et par la même occasion dans cet univers complètement loufoque, vous risquez bien de vous y ennivrer de nombreuses heures.
Chaque jour, on nous permet 5 rencontres à activer avec ses lunettes et en maintenant la touche R2. Certaines interactions sont complètement fantasques, rares sont terre à terre ou sérieuses. Sérieusement, qui serait intéressé par les conseils de l’expert en séduction a.k.a la cheminée ? Sur le papier, absolument personne ! Mais dans le jeu… à force de discuter avec elle, la curiosité se crée et on se plait même à revenir le voir pour écouter tout ce qu’il a à dire…
Et il est là l’énorme tour de force de Date Everything!. La majorité des conversations sont ridicules, versent dans l’absurde mais la magie opère rapidement. Même si le rythme du jeu, à coup de 5 rencontres par jour et une marche qu’on peut trouver un peu lente, peut rendre les choses un peu moins entraînantes. Au final, toutes ces discussions farfelues, tous ces rendez-vous extravagants à enchaîner deviennent de plus en plus passionnants. La curiosité est piquée, et on veut savoir où chaque rencontre va nous mener.
A côté de cela, on retrouve tout de même un petit fil conducteur concernant ces lunettes, un prototype classé secret défense, qui sont tombées entre nos mains. Encore une fois, cela renforce l’ambiance insensée de cette maison, qui réunit un peu toute la folie des développeurs. Comment cette idée de « date » tout et n’importe quoi est venue dans leur esprit ? Quoiqu’il en soit, on félicitera les designers tant l’ensemble des PNJ sont ingénieusement dessinés, superbement doublés (en anglais, on le rappelle), avec des voix que l’on a déjà entendues dans le monde du jeu vidéo.
Avec toutes ces discussions à enchaîner, on en oublie parfois l’objectif du jeu, à savoir de séduire tout le monde pour augmenter nos stats. On se plait juste à découvrir les univers et les conversations loufoques que ça va entraîner.
Date Everything! est un véritable ovni, porté par un concept aussi fou que loufoque. Rencontrer tous les objets d’une maison sous une forme anthropomorphe, ça aurait pu être un four complet. Néanmoins, le studio américain Sassy Chap Games n’a pas fait les choses à moitié. Chaque personnage est doublé par des grandes voix (anglophones) qui donnent véritablement vie à cette maison et leurs satanés résidents. Leur design est réussi et on se plaît étrangement à discuter, draguer voire narguer ses WC, sa baignoire, ses appareils de musculation, sa lampe, ou son horloge… Bref, une fois entré véritablement dans cette maison, vous mettrez du temps à en sortir.












