TEST – Desperados III, le Western comme on l’aime

On tient notre tube de l’été ?

Desperados III

Développeur : Mimimi Games
Éditeur : THQ Nordic
Genre : Infiltration tactique en temps réel
Supports : PS4, Xbox One, PC
Support de test : PS4 (version fournie par l’éditeur)
Date de sortie : 16 juin 2020

 

Au tout début des années 2000, suivant les traces de la licence Commandos, Desperados venait trottiner sur les vertes contrées de l’infiltration tactique en temps réel. Sans arriver à égaler le maitre, la franchise développée à l’époque par Spellbound Interactive proposa tout de même aux joueurs trois jeux de bonne facture avant de disparaitre. Commandos et Desperados enterrés à peu près en même temps, les fans du genre sont longtemps restés sevrés et ce, jusqu’en 2016 lorsque le studio Mimimi Productions a sorti la pépite Shadow Tactics: Blade of The Shogun (lire notre test) largement inspiré de Commandos. Aujourd’hui rebaptisé Mimimi Games, le développeur allemand débarque avec Desperados III pour rebooter la franchise. Ce second tir fait-il autant mouche que le premier ? Je vous retranscris mon avis dans ces quelques lignes.

Desperados III, aux origines

Malgré le titre Desperados III n’est pas une suite mais un préquel. L’occasion de découvrir comment notre bon vieux John Cooper a rencontré certains des membres de sa petite bande. La trame de cet opus fleure bon les films de Western avec des thèmes habituels : vengeance, règlements de compte, bande de malfrats, magouilles, etc. La narration est agrémentée de flashbacks pour mettre en perspective les événements auxquels on prend part. Pour autant le scénario n’a rien d’extraordinaire, il est demeure tout de même un fil rouge qui se laisse agréablement suivre avec quelques rebondissements.

desperados 3Je n’ai en revanche pas été très convaincu par le doublage anglais assez monotone. On peut d’ailleurs switcher avec les voix en allemand ou en chinois mais pas en français. Heureusement les textes sont eux disponibles dans la langue de ce bon vieux Molière. Côté musiques, elles sont adaptées au jeu et à son univers. En effet, Desperados III faisant la part belle à la réflexion, il fallait des pistes sonores qui ne la perturbent pas. C’est plutôt réussi et la touche Western est bien présente.

Après le son, on passe à l’image. Visuellement, le jeu est assez joli. Les environnements sont bien fournis et fourmillent de petits détails destinés à donner plus de réalisme aux cartes. Des serpents dans le bayou ou le vent dans les branchages des arbres figurent parmi ces petits plus. Il y a bien quelques rares bugs dans certaines animations mais rien de grave. J’en profite en revanche pour déplorer l’absence de vrais cinématiques. Alors oui, les cut-scenes avec le moteur du jeu c’est un peu la norme pour les jeux de tactique en temps réel mais les codes sont faits pour être cassés si l’on veut un peu innover.

La recette ou la vie

C’est là le seul reproche global que je ferai à ce Desperados III : ne pas avoir pris de risques notamment pour le gameplay. Alors je le dis tout de suite, c’est pourtant une réussite car évidemment il applique à la lettre ce qu’on avait pu trouver dans l’excellent Shadow Tactics qui reprenait déjà lui les bases des excellents Commandos. Cependant je me dois de pointer les petites facilités auxquelles les développeurs ont cédé. Prenons par exemple les personnages et leurs capacités. On va retrouver les profils de la brute épaisse avec Hector, du sniper roublard avec Doc McCoy, de la femme séductrice avec Kate, du personnage rapide et habile avec Isabelle et de celui assez équilibré avec Cooper. Si vous avez joué à Shadow Tactics vous ferez très vite le rapprochement avec respectivement Mugen, Takuma, Aiko, Yuki et Hayato.

L’arsenal et les compétences à notre disposition sont assez similaires également. On peut siffler pour attirer des gardes, les distraire avec un objet lancé au sol ou détourner leur attention avec une bestiole (ici un chat), les tuer avec un piège déposé par terre… Beaucoup de choses déjà ancrés chez les fans du genre mais assez peu de nouveautés. Des nouveautés quasiment toutes regroupées chez le personnage d’Isabelle qui se révèle très jouissive à jouer. Sorte de sorcière vaudou, elle peut par exemple prendre le contrôle mental d’un ennemi ou lier le destin de deux gardes. Tuez en un, vous tuerez l’autre.

Les ennemis de Desperados III partagent d’ailleurs beaucoup de similarités avec leurs compères de Shadow Tactics. Il existent en effet 3 types de gardes. Ceux de base, faciles à berner par un sifflement, des traces au sol ou tout autre subterfuge. Viennent ensuite les « ponchos » qui portent des ponchos et qui ne bougeront pas d’un iota malgré tous les trésors d’ingéniosité que vous déploierez. Enfin les longs manteaux qui portent… des longs manteaux oui. Ceux-là sont extrêmement redoutables, ils tueront instantanément  la plupart de nos personnages qui les attaqueront au corps à corps et ils ne céderont que sous plusieurs balles. Ces types de garde se sont exactement les mêmes que dans la précédente œuvre de Mimimi Games. L’unique nouveauté c’est que les gardes peuvent être des hommes ou des femmes. Les femmes ne pouvant être séduite par la capacité de Kate. Dommage de ne pas avoir cherché à amener encore plus de diversité.

Malgré tout, je le répète, le gameplay demeure un pur régal car la recette miracle a été reprise à la perfection. On prend un plaisir fou à se triturer les méninges sur chacune des maps.

Pas vu, pas pris

Le sel de l’infiltration tactique en temps réel, c’est en effet de proposer de progresser avec une poignée de héros au cœur d’une horde d’ennemis sans devoir donner l’alerte. Pour cela, il faut être constamment en train de réfléchir à la meilleure approche et de calculer les risques. Desperados III parvient à poser parfaitement des casse-têtes aux joueurs grâce à son level design intelligent. Il n’y a jamais une seule solution pour les résoudre, la liberté totale est laissée aux joueurs. On peut par exemple jouer de façon létale ou non, sachant que si l’on préfère assommer les gardes, on devra alors perdre du temps à les ligoter, au risque de se faire prendre. On peut aussi parfois décider d’utiliser nos armes à feu, quitte à faire plus de bruit et à gaspiller nos rares munitions. Des élèvements du décor peuvent se transformer en arrmes. Le joueur a vraiment la main sur ce qu’il veut faire.

Bien entendu, toutes nos tentatives ne sont pas couronnées de succès et l’échec étant très punitif, il faudra souvent penser à sauvegarder parce qu’il faudra souvent recharger. Un petit timer peut même être ajouté dans les options pour ne pas oublier, et croyez-moi, vous ne voulez pas oublier de sauvegarder régulièrement. Sur PS4, plateforme pour ce test, les temps de chargement sont assez raisonnables. Ce qui aurait pu se révéler extrêmement frustrant dans le cas contraire.

D’ailleurs, pour les versions consoles, pas de clic à la souris bien entendu, mais on déplace nos personnages à la manette de manière très fluide. Petit bémol tout de même, c’est qu’il n’est pas possible dans ces conditions d’ordonner à un personnage à un point précis pendant que l’on en contrôle un autre. Il aurait été pratique d’avoir comme outil un mode curseur pour ce cas de figure. Du coup, certaines de nos actions se voient ralenties car on doit déplacer nos héros un à un.

Oui, comme pour tout bon jeu d’infiltration tactique, le timing est essentiel. Il faut souvent choisir dans le cycle des rondes des gardes, le bon moment pour attaquer. Desperados III propose d’ailleurs une fonctionnalité « Avance rapide » qui permet d’accélérer la cadence du jeu. Très pratique quand on ne veut pas attendre que le garde arrive au bon endroit à son rythme par défaut.

On voit dans ces petits détails que Mimimi Games a une vraie maitrise du genre. Tous les fans d’infiltration tactique en temps réel retrouveront une nouvelle fois de superbes sensations. De nombreuses heures de jeux sont d’ailleurs à prévoir entre le premier run et la rejouabilité incontestable. De nombreux challenges peuvent être remplis pour chacune des missions et des défis spéciaux proposent de revisiter certains niveaux dans des configurations différentes et avec des stipulations bien précises. Ceux qui aiment tout compléter s’en donneront à cœur joie et la difficulté sera au rendez-vous.

 

Le bilan de Desperados III est vite tiré. Même s’il manque une petite dose de nouveautés au genre, surtout comparé à son précédent jeu, le studio Mimimi Games parvient à nous servir un excellent titre. Le cahier des charges pour un bon Commandos-like est rempli et si vous en êtes fan, vous pouvez y aller les yeux fermés. La durée de vie est en plus impeccable, même si vous vous contentez d’un seul run… ce qui serait tout de même un peu du gâchis. Desperados III fait clairement honneur aux ainés de sa licence. Il n’a pas à rougir du tout, bien au contraire.

 

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Points forts

  • Le gameplay modèle du genre
  • Des environnements riches
  • Une excellente durée de vie
  • Les défis qui assurent une rejouabilité
  • Un gameplay à la manette quasi-parfait

Points faibles

  • Peu de réelles nouveautés
  • Un doublage fade
8.5

Great

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