Nous nous sommes lancés dans le test du très inspiré Enter The Gungeon, une solution rapide pour lâcher ses nerfs contre son PC ou sa console.
Dodge Roll n’avait jusqu’ici développé que le modeste mais très apprécié free to play indépendant Fork Parker’s Holiday Profit Hike. Quand les développeurs sont venus de Washington DC pour présenter leur nouveau projet à Paris, nous avions été conquis par l’univers du jeu. Un petit mois est passé et nous avons pu nous plonger pleinement dans ce Rogue-Like qui cache bien des mystères. Retour sur ce petit phénomène que représente Enter the Gungeon, un titre qui ne demande que vos nerfs, votre réflexion et surtout, votre temps.
Un gameplay rétro bien nerveux
Dès nos premiers pas dans l’aventure, nous sommes invités à passer par l’initiation qui nous aidera à maîtriser les mécaniques du gameplay. Rappelons que les développeurs nous ont confié lors de notre preview que le titre, sur PC ou PlayStation 4, bénéficiait d’une meilleure prise en main avec une manette. Alors, il est accompagné de quelques indications de touches Xbox ou PlayStation sur les conseils distillés sur l’écran de jeu.
Les fonctionnalités demeurent assez simples mais exigeront tout de même un temps d’adaptation.Le stick gauche pour se déplacer, le joystick droit pour viser, la gâchette pour tirer, l’autre pour utiliser des objets. Pour interagir, le bouton X ou A (sur Xbox), et l’esquive – primordiale – s’activera avec O ou B (selon la manette). Une fois que vous aurez éliminé quelques ennemis et un boss assez faiblard dans le tutoriel, vous pourrez vous lancer dans les moindres recoins du donjon. Mais avec quel personnage ? Quatre valeureux soldats sont à votre disposition et un cinquième vous proposera même d’activer le mode Coopérationafin d’embarquer un de vos amis dans l’aventure. Nous en reparlerons ensuite.
Quoiqu’il en soit, chaque personnage possède ses propres bonus, ses propres armes, alors si vous souhaitez emmener une demoiselle avec son arbalète et son hamster, vous le pouvez. Si vous préférez un profil plus masculin avec une armure et son flingue, vous le pouvez également. Dans tous les cas, il sera indispensable de faire preuve d’une grande mobilité et d’être attentif aux offensives ennemies. Il se peut qu’ils soient nombreux à vous tirer des balles en même temps, et l’esquive ainsi que des déplacements justes vous porteront donc au rang de bon survivant. Pour vous aider, en plus des esquives, quelques objets sont placés ça ou là afin de vous protéger ou de vous débarrasser des adversaires. Vous pouvez ainsi renverser des tables et les transformer en rempart, mais aussi déclencher des interrupteurs pour activer des pièges.
Du coup, l’objectif sera d’esquiver et se déplacer tout en tirant sans cesse, ça en devient légèrement répétitif mais considérablement addictif.
Du challenge dans les veines

Pour vous éviter une déconvenue automatique, Dodge Roll a inséré dans Enter the Gungeon un grand inventaire d’armes. Par contre, ne vous attendez pas à dégommer les ennemis avec dès les premières salles. Pour y avoir accès, il faudra les débloquer et ouvrir de nombreux coffres qui peuvent contenir aussi des objets boostant vos statistiques. Autre moyen pour employer un armement dévastateur, trouver la salle dans lequel un PNJ fait office de marchand d’armes. S’il fut assez drôle de le braquer et d’en faire un ennemi, ce fut moins drôle quand il nous a très vite mis K.O. La monnaie s’accumule en éliminant des ennemis, n’hésitez alors pas à explorer toute la map et à vider les lieux de leurs envahisseurs afin de pouvoir bénéficier d’un meilleur équipement. En plus, une fois que vous avez libéré quelques salles, des téléporteurs apparaissent et favorisent vos déplacements. Une fonctionnalité qui s’avère très vite utile dans l’avancée de votre personnage, puisqu’il sera coutume de trouver les clés après les coffres, le boss avant les autres salles, du coup se téléporter devient monnaie courante.
Les développeurs sont conscients de la difficulté de leur jeu, cela se retrouve dans les succès qui vous demandent notamment de venir à bout du premier niveau une centaine de fois. Passons par ailleurs aux boss de chaque niveau. Ils vous donneront du fil à retordre lors des premières rencontres, mais une fois que vous avez analysé leurs déplacements et leurs attaques, il ne sera pas difficile de mettre en œuvre une stratégie afin de s’en défaire. En somme, leurs attaques sont différentes d’un boss à un autre et il en va de même pour leurs faiblesses. Par contre, leur animation introductive est généralement bien sympathique et parfois loufoque mais toujours plaisante à regarder. Autre chose, vous ne récupérez pas votre vie après un boss, il vous faudra enchaîner directement et vous serez chanceux de trouver plus d’un demi-cœur après avoir tué le Boss, la difficulté reste donc au centre du jeu qui se présente d’ailleurs comme un Die and Retry.
Néanmoins, dans Enter The Gungeon, quelques éléments supplémentaires viennent agrémenter l’expérience de jeu. Quelques raccourcis, une recycleuse d’armes, des pièces secrètes qui vous demanderont une once de réflexion pour les trouver (n’hésitez pas à éteindre un feu de cheminée avec un bidon d’eau), des cellules à ouvrir avec des clés spéciales pour repeupler la brèche et permettre l’ouverture d’une nouvelle boutique vous donnant de nouvelles possibilités de débloquer des armes. En plus de cela, des minis-jeux ont été intégrés et nous ont agréablement surpris durant notre exploration, comme par exemple le jeu de Winchester. Et quelle surprise de se réjouir de la découverte d’un coffre avant qu’il ne se transforme en ennemi !
L’enchaînement des salles et des étages n’amènent que la seule volonté de venir à bout des labyrinthes et des boss que nous rencontrons.
Détermination scénarisée

Nous regretterons cependant l’absence d’un mode en ligne qui permettrait à de nombreux joueurs de s’allier afin de venir à bout du Gungeon. Néanmoins, nous accueillons avec satisfaction le mode Coopération qui nous permet de jouer avec un ami, les sessions en deviennent alors plus captivantes. Quelques changements légers par rapport à l’aventure en solo. Dans les malus, on notera l’impossibilité de choisir le perso de son choix pour le second joueur. De plus, n’allez pas penser que les parties deviennent plus facile. Nous avons été accompagnés de cette impression que nous cueillons encore moins d’éléments sur les ennemis, ce qui ne nous permettait pas de faire de grandes folies chez le marchand. D’ailleurs, parlons-en du loot. Il demeure tout de même dommage que l’on ne puisse en trouver qu’assez peu malgré le grand bordel qu’on retrouve sur la carte avec des livres, globes et autres objets à renverser ou écraser. Ce qui reste malgré tout plaisant, c’est la possibilité de ramasser les armes de votre coéquipier mort au combat qui, d’ailleurs, se transforme en fantôme et se voit attribuer la capacité de vous aider à accomplir votre quête. De ce fait, nulle raison de jeter la manette après avoir perdu et de laisser votre ami seul.
Par contre, la présence de votre ami vous accorde une vie supplémentaire, à activer avec la gâchette arrière de votre manette. Ainsi, un des deux joueurs peut être ressuscité, ce qui se présente comme un avantage considérable pour la suite, un bonus à employer à bon escient. Cela dit, notre manie à observer le comportement de notre allié nous a souvent poussé à la faute, l’écran n’est pas splitté alors il faudra coordonner un minimum vos mouvements.
Un Gungeon très inspiré

Au final, difficile de ne pas conseiller l’achat de Enter The Gungeon tant son gameplay nous a paru terriblement addictif. L’exploration du Gungeon fait rapidement naître l’envie de découvrir tous les secrets cachés dans une forteresse qui ne nous laissera pas facilement les trouver. Rares sont les titres à nous avoir bluffés autant, et nul doute que Enter the Gungeon nous occupera encore de longues heures.
