TEST – FIFA 19 mérite t-il le succès qui lui est promis ?

Electronic Arts entre à son tour dans l’arène du football avec FIFA 19. Autant se l’avouer d’entrée, les nouveautés peinent à se montrer mais l’expérience de jeu devrait ravir les fans de la première heure. Quant à ceux qui affichaient un peu de lassitude avec le précédent opus, ils ne devraient pas renouveler l’expérience. Explications.

TEST – FIFA 19

Développeur : EA Sports
Editeur : Electronic Arts
Genre : Simulation de Football
Date de sortie initiale : 27 septembre 2018
Support : PS4, Xbox One, PC, Nintendo Switch
Version pour le test : code PS4 fourni par l’éditeur

 

FIFA 19 domine le marché depuis quelques années maintenant même si la concurrence, que l’on nomme PES 2019, ne démérite pas. Néanmoins, un constat alarmant apparaît dans les états d’âme de nombreux joueurs au sein de la communauté, le titre n’évolue pas. Si la machine marketing et la passion des fans lui promettent encore un bel avenir devant lui, la licence stagne dans ses mécaniques de jeu et le contenu de son mode Carrière. Qu’en est-il pour FIFA 19 ? Connaît-il les évolutions nécessaires pour insuffler un air frais à la licence ? Cet épisode représente-t-il plus qu’une simple mise à jour des effectifs ? Globalement, il ne présente pas masse de changements et devrait frustrer certains joueurs qui ont souffert d’une certaine lassitude dans les précédentes simulations de football d’Electronic Arts. Mais sur certains points, il pourrait encore impressionner et garder en son sein certains fanatiques.

Un contenu pléthorique

Si FIFA 19 se démarque sur un point, c’est sur son contenu. Il présente des modes de jeux, que ce soit hors-ligne ou en ligne, promettant des dizaines d’heures de jeu. Pour ce qui est du jeu solo, on peut s’aventurer dans le mode Histoire – The Journey – avec trois scénarios à découvrir, avec chacun leurs choix et un destin que vous contrôlez avec vos performances sur le terrain, vos décisions en dehors. Si le rythme se montrait un peu trop répétitif dans les précédents titres, il demeure bien plus prenant pour ce troisième volet. La saison tournera autour de la Ligue des Champions pour les deux sportifs professionnels, autour de la Coupe du Monde en France pour la jeune Kim Hunter.

L’immersion dans les vies de ces trois superstars reste incroyable, les différentes mises en scène gagnent en qualité et nous assistons à de réels rebondissements qui nous tiennent en haleine. En ce qui concerne Alex Hunter, il sera de question de gérer sa vie entre ses obligations marketing et ses devoirs familiaux, avec des choix qui comptent dans la vie d’un homme. Évidemment, il souhaite rafler les titres et se faire une place parmi les plus grands d’Europe, avec un objectif en vue : la Ligue des Champions. Le trophée aux grandes oreilles, il est aussi convoité par Danny Williams qui veut redorer son blason et devra prouver à son frère qu’il est un joueur à part entière. Enfin, Kim Hunter cherchera, à 17 ans, à gagner une place de titulaire dans la sélection des États-Unis et s’offrir la Coupe du Monde.

En plus de la scénarisation, c’est encore cette immersion qui met en scène certaines séquences vraiment agréables que l’on retient. Les interventions de superstars comme De Bruyne ou Neymar sur le terrain, avec de réelles cinématiques, des mini-jeux d’entraînement avec les coéquipiers dans le vestiaire ou des couloirs d’hôtel, des matchs improvisés. Le dernier volet de la trilogie du mode Aventure dans FIFA 19 demeure passionnant grâce à un rythme et une mise en scène de haut niveau.

Le jeu en local gagne quelques nouveautés sympathiques que l’on s’empressera de citer. Elles ont été annoncées, les nouvelles règles permettent de sortir des matchs habituels et donneront davantage de relief à votre expérience de jeu. Seul contre l’I.A ou entre amis, vous pouvez pimenter vos parties en lançant un match « sans règle » qui porte bien son nom (pas de hors-jeu, pas de faute…), un match Survie où l’un de vos joueurs quitte le terrain chaque fois que vous marquez un but. D’autres spécificités exigent des buts seulement de la tête et en volée ou font varier le score selon l’endroit où vous marquez. Bref, ces nouvelles options restent bien pensées et trouvent leur sens en local avec des amis car il existe une certaine pénibilité à jouer contre l’IA mais nous en parlerons plus tard.

FIFA Ultimate Team reste l’attraction principale de ce FIFA 19 et Electronic Arts l’a bien compris. En effet, l’éditeur mise tellement sur sa rentabilité qu’il blinde le mode de jeu de micros-transactions permettant de construire et conserver la meilleure équipe possible. Néanmoins, il n’en demeure pas moins jouable autant en solo qu’en multijoueur sans dépenser un sou. Les fonctionnalités classiques sont de retour avec le marché des transferts dont l’activité est déjà ahurissante, réduisant le nombre de bonnes affaires. Des compétitions provisoires, des clashs d’équipe vous léguant des grades et des classements ainsi que des récompenses, les Saisons, la Co-Op. Il existe tellement de quoi faire que l’on ne sait plus où donner de la tête. Il reste qu’il est prenant d’enchaîner les matchs, de chercher les meilleurs joueurs à recruter, de fonder plusieurs teams… Ce mode de jeu FUT demeure bien rôdé et l’on comprend pourquoi la communauté se rue dessus.

D’ailleurs, les saisons restent encore bien au rendez-vous (avec un mode spécialement pensé pour la Co-Op) et vous permettent de viser la première division au prix de nombreuses heures de jeu, à exulter ou rager devant son écran. Les Clubs Pro vous permettent de rejoindre ou créer un club avec des amis et de jouer à 11 contre 11, pour des parties toujours indécises et dépendantes de vos coéquipiers. On ne se mentira pas, le contenu est dantesque, en solo ou en ligne, avec des modes de jeu divers et variés.

Une immersion au-delà des limites

Une architecture maîtrisée, une ambiance soignée, un public en liesse, l’immersion dans un stade dans FIFA 19 reste remarquable, tellement que l’on prend parfois le temps de regarder chaque détail. Il est particulièrement impressionnant de noter le travail réalisé sur la foule, souvent en mouvement, jamais silencieuse, parfois en train de s’enflammer. Certes elle manque parfois de timing mais lorsque les hurlements accompagnent vos actions, l’effet demeure très efficace en matière de sensation. On se croit souvent dans l’action, comme si l’on était un joueur dans l’arène. Ajoutons cela à la présence de tifos, certes parfois classiques et pas des plus historiques, nous sommes dans le spectacle organisé par EA et on s’en réjouit.

Cela reste toujours le cas dans l’Aventure où l’immersion est bluffante. Lorsque Hunter et Williams sont dans le stade, proches du public ou du terrain on plonge sans hésiter dedans. Mais les développeurs ne se sont pas arrêtés là, ils nous donnent parfois un aperçu du vestiaire et des coulisses avec des interviews. Il ne manquait plus que la présence des joueurs au Canal Football Club avec des choix de réponse et on bénéficierait de toute la panoplie.

D’ailleurs, ce n’est pas passé inaperçu, la Ligue des Champions et l’Europa League sont passées du côté d’EA Sports et bénéficient aussi d’un joli travail de réalisation et de mise en scène. La musique, les objets, la petite présentation traditionnelle d’avant-match. Rien d’exceptionnel par rapport au boulot effectué par la concurrence les années précédentes.

Néanmoins, on pourrait se plaindre de quelques détails, plus ou moins frustrants. Le moins important concerne un effet de lumière un peu dégueulasse, une question de soleil et d’ombre avec un ballon qui circule et une interface qui devient à peine visible. On a fermé les yeux une ou deux fois mais rien de trop énervant. Par contre, on aura la grande tentation de se passer des commentaires en français de Pierre Ménès et Hervé Mathoux. Si certaines remarques sont pertinentes, des sorties peu appréciées de Pierrot font parfois de l’analyse des matchs une conversation dignes de bistrots PMU.

Malheureusement, ce n’est pas le seul défaut ou plutôt les points négatifs les plus handicapants que contient ce FIFA 19.

Des mécaniques vues et revues

Les simulations de football se jouent parfois à de simples sensations manette en mains et FIFA 19 se montre bien trop frustrant parfois. Certes, les animations des joueurs, la réalisation esthétique de leurs gestes restent parfois idéalement retranscrite mais cela ne suffit pas pour faire le jeu de football le plus plaisant au monde. Autant vous le dire, les mécaniques conservent les mêmes fondamentaux que celles de FIFA 18, mais là n’est pas le problème. Il reste toujours plus difficile de défendre et les schémas de jeu ne permettent pas une grande variété dans l’animation des offensives. Pour tourner autour d’exemples concrets, on remarquera que certains mécanismes sont encore ultra-efficaces. Vous souhaitez déborder l’adversaire ? Faites un une-deux, le défenseur est pris 9 fois sur 10, même lorsqu’il suit le joueur. Le gardien de but reste aux abois sur les reprises de la tête, reprises dans la surface venant de centres, lobs lors de ses sorties… On déplore qu’une bonne intervention ne soit que trop rarement synonyme de récupération, même si cela renforce la combativité d’un duel.

De même, la défense est apocalyptique sur les enchaînements adversaires, débordantes de passivité au point que l’impuissance se fait grandement sentir. On assiste souvent à des buts sortis de nul part, des enchaînements de passes où l’on à peine le temps de changer de joueur que le ballon est déjà parti ailleurs, parfois dans nos filets. Les joueurs manquent clairement de réactivité et il existe bien trop de raisons d’accumuler de la frustration dans une seule session de jeu. Je comprends que le public apprécie le spectacle mais une partie de FIFA s’apparente à un mix entre Olive & Tom et une partie de baby-foot. Le score de 0-0 sera aussi rare qu’un jeu sans micro-transaction d’Electronic Arts sur le marché.

Après tout n’est pas à jeter dans ce FIFA 19, on n’oublie pas toutes ses qualités et la fluidité de ses mécaniques. Même s’il ne laisse que trop peu de place à la construction, on passe très vite d’un camp à un autre mais cela a ses côtés positifs, cela donne plus de rythme, plus de spectacle et met beaucoup plus d’intensité dans une partie. Le contenu reste similaire dans ses grandes lignes au précédent opus avec quelques fonctionnalités complémentaires. En solo, il faudra encore suivre les objectifs que vous donne le coach au risque d’être mis sur le banc. A côté de cela, le système de mentor vous permet de soigner votre complicité avec vos coéquipiers et d’obtenir des objectifs supplémentaires. Si vous parvenez à compléter ces petites missions, vous aurez des défis plutôt coriaces avec des récompenses à la clé. Un système qui est le bienvenu et qui apporte une petite dose de challenge dans vos séances d’entraînement.

FIFA 19 se montre exceptionnel à bien des égards, de son contenu dantesque à son immense travail d’immersion. Les sensations de jeu sont au rendez-vous mais elles ne nous privent pas de la frustration qui découle de diverses mécaniques. Electronic Arts soigne son addiction mais ne révolutionne pas son jeu, il reste dans la lignée de son prédécesseur autant dans ses qualités que ses défauts. Idéal pour les inconditionnels de FIFA, dispensable pour ceux qui se sont lassés rapidement du précédent opus, le titre d’EA reste une référence pour son public mais son manque d’évolution et de nouveautés ne jouent pas en sa faveur.

Points forts

  • Toujours plus immersif sur le terrain
  • Toujours plus immersif en dehors du terrain
  • Des bonnes idées pour le mode Aventure
  • Un contenu immense
  • Les animations des joueurs bluffantes

Points faibles

  • Peu d'évolution vis à vis de FIFA 18
  • Une grande tendance vers la microtransaction
  • Une IA peu passionnante à jouer
  • Ce sentiment d'impuissance en défense
7.5

Good

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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