Support : PC
Genre : simulation de management footballistique
Lorsque Sports Interactive n’a pas fourni au peuple sa ration de drogue footballistique (FM25 absent), la communauté était sceptique, mais comprenait le choix de bosser des mois supplémentaires sur un projet totalement neuf. Changement de moteur pour la simulation des matchs, refonte de l’interface, intégration des clubs féminins et bien d’autres nouveautés qui font de ce Football Manager 26 l’objet de toutes les discussions depuis la sortie de sa bêta. Maintenant que le jeu est sorti officiellement ce 4 novembre 2025, on peut faire un premier état des lieux. Premier puisque le jeu demandera encore quelques patchs pour gommer quelques défauts qui sont pointés du doigt par les joueurs depuis quelques jours.
Une interface à digérer
La première session de Football Manager 26 risque d’être difficile. Le premier contact avec le jeu, c’est le premier coup d’œil, et celui-ci risque d’être désarçonnant. Comparé à FM24, ça n’a rien à voir. L’objectif était sûrement de moderniser, de le rendre plus limpide pour les joueurs consoles et mobiles (?), mais en vérité, rien n’a l’air d’être simplifié, au contraire. On perd forcément nos repères avec cet amas d’onglets qui se chevauchent les uns sur les autres.
Tout a l’air plus lourd. Et on se demande pourquoi certains boutons sont minuscules, pourquoi certains messages nécessitent un clic supplémentaire pour afficher une information. C’est comme si toutes les infos offraient un petit aperçu, mais demandaient une touche supplémentaire pour en « voir plus » tandis qu’on avait toute l’information dans le précédent jeu. Par exemple, le XI de l’année ou d’autres récompenses annuelles, entre autres. Et pour moi, habitué de la série, c’est un manque.
De même, le studio a modifié la forme de certaines options (base de données, etc.) sans forcément approfondir le fond. Pire, certaines fonctionnalités n’existent plus alors qu’elles apportaient un vrai plus, à l’instar du dernier jour du mercato qui nous plaçait dans un décompte heure par heure. Même en match, les consignes de coaching au bord du terrain ont disparu, on ne peut plus motiver ses troupes en direct. D’ailleurs, ça nous amène à la grande nouveauté qui a justifié le report de FM25 en FM26, le moteur de jeu.
De meilleurs graphismes, mais une simulation de match encore perfectible
Honnêtement, il était temps que Sports Interactive mette à jour son moteur de match qui ressemblait plus à ISS Pro Soccer 98 qu’à un jeu de la décennie. Bon j’exagère un peu, mais on ne dépassait pas la PS1 en matière d’immersion. Une véritable étape a été franchie de ce point de vue là. Sans exclure les plus petites configs, et en nous laissant même paramétrer la qualité des graphismes selon notre PC, Football Manager 26 bénéficie de bien meilleurs graphismes que son prédécesseur. Le passage au moteur Unity fait beaucoup de bien visuellement parlant. Il en devient donc plus immersif, mais ne vous attendez pas non plus à des graphismes PS4/PS5 générationnellement parlant.
Par contre, si le jeu profite aussi de meilleures animations sur certaines situations de jeu, on ne peut ignorer que d’autres animations se montrent moins crédibles. Bon nombre de débordements sur les flancs aboutissent à des buts sans qu’un défenseur intervienne, sans qu’un centre soit coupé alors que le ballon passe impunément devant le GK ou les défenseurs. On a bien assimilé la définition de défense gruyère. On va même un peu rouspéter pour des soucis moins accablants, à savoir les incohérences gestuelles qui nous montrent un footballeur tirer sur le côté droit du gardien, alors que son pied nous montrait l’inverse. FM26 a les meilleurs feinteurs du monde… Mais c’est une broutille.
Ce qui l’est moins, c’est la gestion de la VAR qui ferait sortir n’importe quel coach de ses gonds. Parfois les hors-jeu ne sont pas du tout flagrants. Pire, on ne peut pas les vérifier car il apparaît sur nos écrans un méga panneau « VERIFICATION EN COURS », nous empêchant d’y voir quoique ce soit. Quoiqu’il en soit, SI multiplie les patchs correctifs que ce soit au niveau de l’interface, du moteur de jeu et des bugs bien nombreux, et on s’imagine que bien des soucis seront réglés dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, admettant indirectement que la version finale n’est pas tellement une version finale…
Simulation au féminin et fins stratèges !
Parmi les nouveautés de cet opus, on retrouve forcément l’intégration du football féminin, annoncé depuis bien des années. Et les développeurs n’ont pas tout calqué sur le modèle masculin, et n’ont pas fait les choses à moitié. Ce sont 14 ligues qui sont jouables (11 nations) et une base de données à plus de 40000 personnes entre joueuses et membres du staff. Forcément, il y a des choses qui changent à l’instar des animations des athlètes féminins, le rythme de la saison, les clauses de transfert et la façon de penser le mercato.
Au niveau des fonctionnalités tactiques, chez les femmes comme chez les hommes, on retrouve de nouveaux éléments. Le plus visible lorsque vous démarrez une partie de Football Manager 26 reste cette obligation de penser sa tactique avec le ballon et sans le ballon. Vos joueurs ont désormais des rôles à tenir lorsque vous avez la possession et quand c’est l’adversaire qui est en phase offensive. Forcément, cela impacte grandement le gameplay. Si vos joueurs affichent un bloc haut, autant à la récupération qu’à la possession, le risque de se faire contrer est plus élevé.
Sports Interactive est intelligent dans sa façon de concevoir son système de jeu, et de ne pas perdre les joueurs et les joueuses route. Une explication de chaque rôle, en plus des tutos habituels, est offerte, avec les attributs les plus importants pour chaque rôle, de quoi vous aider à construire votre équipe selon les forces et les faiblesses des joueurs. La mise en place du staff sera ainsi fondamentale. Néanmoins, la prise en main du jeu sera peut-être longue et le jeu vous propose de déléguer la gestion des entraînements à vos coachs pour vous faciliter la tâche, ce qui fait du recrutement du staff un élément très important.
On ne négligera pas les qualités de Football Manager 26, une base de données toujours aussi complète et une véritable immersion dans la vie d’un manager avec une expérience qui ratisse correctement tous les secteurs du jeu, de sorte qu’on sorte rarement notre regard de l’écran, surtout quand vient novembre dans une saison avec de grands rendez-vous et l’enchaînement des matchs jusque février, puis avril, et le dénouement tendu pour les plus heureux ou les plus doués d’entre nous.
Difficile de juger Football Manager 26 sur le court terme, le jeu ne semble pas encore offrir sa version finale. Qu’on se rassure, le studio n’abandonne pas son bébé et multiplie les patchs correctifs pour effacer les bugs et écouter sa communauté. De notre côté, on ne peut omettre la difficulté à rentrer complètement dans le jeu à cause d’une interface complètement nouvelle et déboussolante de prime abord, réduisant presque le caractère addictif comme on avait pu rapidement le connaître dans les précédents jeux. On se demande aussi pourquoi certaines fonctionnalités ont été retirées (dernier jour du mercato, consignes de bord du terrain…) mais on ne peut pas oublier des ajouts majeurs pour cette édition 2026 tels que l’intégration du foot féminin avec ses particularités, un nouveau moteur qui fait beaucoup de bien même s’il demande encore du travail, et la nouveauté tactique qui exige des plans de jeu avec et sans ballon, favorisant un peu plus d’immersion. Finalement, bien qu’il apporte une agréable expérience de jeu, on retrouve un jeu qui sera peut-être prêt comme les grandes équipes en Ligue des Champions, c’est-à-dire, en février… Wait and see.
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