TEST – Mafia Definitive Edition, un remake bien mis en scène

2K revient avec les prémices de la trilogie Mafia. Nous nous replongeons donc dans l’atmosphère de l’Illinois des années 30. On se doute que les graphismes de ce remake seront d’une meilleure qualité mais qu’en est-il de l’expérience de jeu ? Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?

Développeur : Hangar 13
Éditeur : 2K
Genre : Action
Prix : 49,99 €
Version pour le test : PlayStation 4
Date de sortie : 25 septembre 2020

Hangar 13 remet donc la franchise Mafia au goût du jour avec des remasters et un remake. C’était bien le premier épisode qui en avait le plus besoin et c’est donc celui-ci qui a demandé le plus de boulot. On s’est donc lancé dans le jeu en espérant vivre une expérience de jeu agréable et suivre une histoire palpitante. Après un second opus qui m’a bien plu personnellement, un troisième épisode qui m’a laissé un goût amer dans la bouche, je dois avouer que j’ai passé de bons moments sur ce Mafia Definitive Edition.

Au cœur de la mafia, un chauffeur !

Tommy Angelo n’est qu’un simple chauffeur de taxi, il s’était promis de ne jamais intégrer le cercle vicieux et pourtant son destin en a décidé autrement. Un simple désir de vengeance le plongera directement dans les rangs du camp Salieri. Petit à petit, il devient un homme de confiance et sera mouillé jusqu’au cou dans des affaires pas nettes. On voit qu’il n’est pas forcément dans son élément, que cette vie de gangster n’est pas pour lui mais il s’y accoutume étrangement.

À plusieurs moments du jeu, on voit clairement son cul entre deux chaises et c’est ce qui fait la force du jeu. La narration montre de la personnalité pour ses personnages. Les dialogues ne sont pas banals, ils s’inscrivent dans cette ambiance des années 30 parmi les mafias de l’époque. Les amateurs des films comme Donnie Brasco, le Parrain, les Incorruptibles ne pourront qu’apprécier l’histoire et les cinématiques du jeu de Hangar 13. On souligne d’ailleurs la qualité de la VF qui affiche un doublage cohérent pour ne pas dire excellent. Certes, on aurait aimé des animations faciales encore plus réalistes et prononcées mais c’est déjà mieux que sur le jeu original.

Quant à l’angle de scénarisation, il est aussi somme toute classique dans les films noirs du genre. L’histoire nous est donc énoncée dès le départ par le héros qui raconte tout ce qu’il a vécu à un individu en face de lui. On suit alors les événements de façon chronologique, chapitre après chapitre, notre chauffeur étant chaque fois au cœur d’un grand fait divers qui a fait prendre un nouveau tournant à cette guerre dans Lost Heaven. On nous permet de sauter les trajets, chose utile quand on fait le trajet seul, dommageable si on est accompagné par des pontes du clan Salieri tant les dialogues sont agréables à entendre. On regrettera aussi que les coupures d’info à la radio ne soient disponibles que dans la langue de Shakespeare même si cela favorise quelque peu l’immersion dans le contexte de l’époque. Des sous-titres n’auraient pas été de trop.

Un gameplay qui évolue dans une ambiance intacte

Si nous restons imprégnés dans l’ambiance noire des années 30, nous devons tout de même la vivre cette histoire de mafia. Cela comprend donc de prendre notre pied au niveau du gameplay. Dans ce domaine, Hangar 13 emprunte les mécaniques les plus simplistes. La moitié du temps vous serez en train de conduire une bagnole et l’autre moitié en pleine séquence de gunfight.

Logiquement vous avez commencé chauffeur et vous conduirez donc les pontes aux différents endroits de Lost Heaven que l’on se plaît à redécouvrir. Les sensations de conduite ne sont pas fulgurantes mais elles ne sont pas catastrophiques non plus. Cela reste du classique. On pestera chaque fois que l’on percute une autre voiture ou un élément du décor qui nous freinera sèchement, on s’amusera aussi des trajectoires des automobiles après choc, certains se lançant dans des carambolages un peu rocambolesques. Quoiqu’il en soit, on peut féliciter le studio d’avoir modélisé à la perfection les nombreuses bagnoles de l’époque.

Pour les combats, les 3/4 se disputeront avec des armes dans les mains. Les séquences ne sont pas compliquées même si elles demandent de la prudence. Foncer dans le tas risque d’entraîner assez logiquement votre mort. On constate une certaine rigidité dans les déplacements et les animations mais on s’y fait rapidement. La visée est assez simple, se mettre à couvert également et on peut varier entre la grosse artillerie et le flingue sans oublier les grenades et les cocktails Molotov. Les munitions peuvent se montrer limiter et la grande solution sera donc de ramasser les armes ou les balles de vos ennemis, policiers ou mafieux inclus. Globalement, on a ce qu’il faut pour progresser facilement et il ne faudra pas oublier de ramasser les packs de Santé distillés un peu partout.

Niveau sensations des armes, on ne ressentira pas un certain kiff manette en mains mais encore une fois, cela reste classique et on s’accoutume aisément aux mécaniques. Néanmoins, on en ressort parfois avec cette impression d’aller d’un point A à un point B en dégommant ce qui bouge sans émotion ni plaisir, juste parce que le jeu nous le demande et qu’il nous laisse peu de possibilité pour le faire. Le gros point fort de Mafia Definitive Edition demeure inscrit dans son ambiance et son histoire qui nous prennent aux tripes et qui nous immergent dans un univers que l’on adore. Autant vous dire que si vous n’appréciez pas spécialement les productions qui tournent autour de la mafia et imprégnées des films noirs, il n’existe pas vraiment de raison pour que vous craquiez pour l’achat du jeu de 2K.

Précisons enfin qu’il est possible de circuler librement dans Lost Heaven, que des collectibles sont encore distillés dans toute la ville et qu’il n’est pas fort passionnant de partir à leur recherche, et que l’on nous propose une galerie des belles bagnoles du jeu dans le menu. Si vous souhaitez donc vivre l’histoire du jeu, suivez l’histoire continuellement. Néanmoins, si vous préférez vous offrir quelques balades en pleine ville ou lancer quelques affrontements avec la Police jusqu’aux 5 étoiles, le mode libre sera peut-être un bon défouloir pour vous.

Mafia Definitive Edition offre une plongée captivante dans les années 30 marquées par une période historique déterminante aux Etats-Unis. Après le krash boursier est venue la Grande Dépression et ses problèmes: la pauvreté et l’explosion du chômage, l’apogée du Syndicat du Crime, la Prohibition et ses abus… Le premier Mafia se place brillamment dans ce contexte en nous berçant dans une ambiance explosive dans laquelle la guerre des gangs fait des ravages. En offrant un remake au premier opus, Hangar 13 nous offre une immersion parfaite avec une ville et des graphismes revisités de fond en comble. Si les mécaniques de gunfight et de conduite restent classiques et sans trop de sensations, l’histoire, quant à elle, nous fait vivre un moment délectable tant elle reste brillamment mise en scène. Chaudement recommandé à tous les amateurs de cette époque qui a fait naître des grands classiques du cinéma que ce premier opus côtoie de par sa narration et ses personnages charismatiques et attachants.

 

Points forts

  • Une ambiance exceptionnelle
  • Une narration de haute volée
  • Des personnages atypiques
  • Bien rythmé

Points faibles

  • Dénué de sensation pour les gunfights
  • Un manque d'animation faciale parfois sur des scènes cruciales
7.5

Good

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