TEST – Marvel’s Spider-Man : des ‘toiles plein les yeux

En route pour  Manhattan afin d’incarner Peter Parker dans ce Marvel’s Spider-Man, exclusif à la PlayStation 4.  

MARVEL’S SPIDER-MAN (PS4)Spider-Man PS4

Développeur : Insomniac Games
Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Support :  PlayStation 4
Version pour le test : PlayStation 4
Genre : Action
Date de sortie :
7 septembre 2018

 

C’est lors de la conférence PlayStation à l’E3 de 2016 que les premières images de ce nouveau Spider-Man enflamment les espoirs des fans de voir leur super héros préféré de nouveau à l’affiche d’un jeu digne de son nom. Et chaque année, c’est un festival lors de son annonce, que ce soit lors de l’E3 2017 ou cette année à l’occasion de l’E3 2018. A quelques mois de la sortie du jeu, l’engouement laisse place à une certaine forme d’inquiétude, à mesure que les séquences de gameplay dévoilées laissent entrevoir un open world teinté de beat them all aux mécaniques de jeu ultra-convenues. Reste à savoir si Marvel’s Spider-Man PS4 saura se tisser une place dans le cœur des joueurs ?

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 I want to be a part of it. New York, New York. ♫

Dès les premières minutes de jeu, il n’y a pas à dire, visuellement et techniquement, c’est quasi-parfait. On peut dire que le département technique d’Insomniac Games n’a pas chomé : c’est beau, c’est grand, c’est chouette. Bon, parfois on a quelques textures qui mettent un peu de temps à s’afficher correctement, on a des vilains qui restent bloqués dans les structures… Je suis même arrivée à me coincer dans un immeuble. Mais on pardonne, la grande pomme est fabuleuse, petite claque graphique dont les petits bugs ont du mal à mettre le titre en défaut. Et puis on se dit qu’ils seront corrigés dans un prochain patch. Les modèles 3D sont impeccables, les éclairages impressionnants (surtout lors du crépuscule) et les animations sont à tomber par terre. De plus, chaque déplacement, chaque saut, sont l’occasion d’admirer la qualité du boulot du groupe de chez Insomniac. On se laisse même surprendre par des mouvements uniques pour certaines situations comme lorsqu’on passe entre les fondations d’un château d’eau ou que l’on grimpe le long des escaliers de service. Un travail phénoménal, qui n’est pas innocent dans le plaisir qu’on prend à crapahuter dans la ville. Je me suis même surprise à préférer arpenter toute la longueur de la map plutôt que de faire un voyage rapide (dont les animations sont pourtant poilantes quand on voit notre Spidey en costume, en train de pianoter sur son téléphone à côté de personnes lambdas dans le métro).

Spider-Man PS4

Quant à la bande son, on est tout aussi impressionné. D’autant plus sur le doublage français, qui disons-le franchement, est en tout point excellent, mené par un Donald Reignoux en grande forme ! Ce qui permet de ne pas nous dépayser puisqu’il est également la voix d’Andrew Garfield dans les films sur le tisseur (The Amazing Spider-Man). Par contre il faudra repasser pour le doublage original, car à part en passant la console en anglais, impossible d’en profiter pour le moment.

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Une araignée…

Alors voilà, on se jette dans le vide et surtout dans la ville. Et très vite, on se familiarise facilement avec les déplacements de l’araignée. Bon, rien de bien complexe puisqu’il s’agit avant tout de garder la touche R2 enfoncée pour se balancer de fil en fil, et de sauter au bon moment en appuyant sur la croix. Mais ça reste tout de même plaisant. Et très vite, on se retrouve à faire notre première mission, qui pour le coup, sera fortement scriptée afin de vous expliquer les méandres des combats. Malheureusement, sans surprise aucune, on se retrouve avec un schéma bien connu qui nous rappelle fortement la série Batman : Arkham.

Un bouton pour les attaques classiques, un autre pour frapper de loin avec sa toile et un dernier pour l’esquive, difficile de se sentir enseveli sous les informations. Du moins au début, puisqu’à mesure de la progression de notre Spider-Man, les bastions deviennent plus amusantes et agréables. En effet, à chaque niveau pris, vous obtenez un point de compétence à dépenser dans l’un des trois arbres servant à améliorer les pouvoirs de Spidey, chacun associé à une façon de combattre et/ou de se mouvoir. Vous êtes davantage porté sur les attaques silencieuses et les projections, optez pour Innovateur ! Vous misez plutôt sur les combos et l’esquive ? Alors défenseur est fait pour vous. Vous ne manquez pas une occasion de bondir, de combattre dans les airs et d’effectuer des mouvements gracieux ? Que diriez-vous de l’arbre Tisseur ? A vous de voir même si en jouant normalement, vous devriez tout débloquer sans trop d’efforts et ainsi avoir une bonne panoplie de coups à disposition. On se retrouve donc assez vite à combattre une demi-douzaine d’adversaires, sautant de l’un à l’autre pour leur refaire la mâchoire ou leur dégotter un coup de grâce qui les enverra valser dans le décor.  On s’accroche par-ci, on s’envole  par-là, on leur envoie des éléments du décor ou on leur fait tomber un échafaudage sur le coin de la tête, on use et re-use de nos gadgets pour en ralentir quelques uns. Bref, le système de combat devient vite assez jouissif et permet de nombreuses fantaisies.

Spider-Man PS4

Je reste néanmoins sur ma faim concernant les vilains du titre. En effet, les différents super-vilains sont sous-exploités. Premièrement, ils n’ont pas de barre de vie ce qui ne nous donne pas d’indications sur la progression du combat. Deuxièmement, on rencontre la majeur partie d’entre eux par paires, ce qui enlève forcément du fun. Troisièmement, ces combats ne sont pas forcément intéressants puisqu’il suffira de répéter la même mécanique un certain nombre de fois pour en venir à bout. Et enfin quatrièmement, pour des super-vilains, ils ne sont pas d’une grande difficulté. On se retrouve donc face à des méchants assez décevants.

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…qui tisse sa toile.

C’est peut-être le moment d’évoquer le scénario. Dans ce titre, pas de Bouffon Vert pour affronter notre héros, l’histoire tisse sa toile un peu où elle veut en piochant des éléments dans les films et les comics. Notre bon Parker se retrouve donc être laborantin pour Otto Octavius pendant que Mary Jane (qui vient de rompre avec notre héros six mois auparavant) est journaliste pour le Daily Bugle. Le tout pendant que Norman Osborn est maire de New York et que notre chère Tante May bosse dans un refuge pour sans-abri : le F.E.A.S.T. Ce dernier est dirigé par Martin Li, qui deviendra vite l’un des principaux antagonistes. On prendra même sous nos pattes le jeune Miles Morales. Pour être tout à fait franche, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, mais il a le mérite de nous émouvoir plus d’une fois.

Spider-Man PS4

En bon et sympathique habitant du quartier, Spider-Man s’est branché sur la fréquence de la police de New York pour être prêt à intervenir au moindre pépin. Ce qui arrive d’ailleurs assez souvent. On se retrouve alors avec moult missions à accomplir pour remettre de l’ordre dans la ville. Ces nombreuses activités annexes vont du fun (braquage à éviter, courses-poursuites, circuits-électriques à reconstruire, monuments à prendre en photo, défi de désamorçage de bombes) au presque chiant (gérer les stations de recherche de la famille Osborn, prendre des photos du chat de Black Cat) et, malgré toute la bonne volonté du studio, elles s’avèrent lassantes à la longue et ce ne sont pas les passages avec Mary Jane ou Miles Morales qui y changeront quelque chose, ceux-ci étant trop scriptés et faciles pour vraiment plaire malgré une bonne idée de départ afin d’apporter quelques changements de ton à la progression et au récit.

Mais chaque mission où vous sortirez victorieux vous permettra d’acquérir entre un et trois jeton(s). Ces derniers peuvent être de six types : Recherche, Batiments, Bases, Crimes, Défis et Sac-à-dos. Chacun correspondant à un type précis de missions. A quoi servent-ils me direz-vous ? Et bien à être dépensés pardi ! En effet, en lançant le menu principal du titre, à côté de la carte de New York et d’un flux d’actualités style Twitter (d’ailleurs, vous pourrez retrouver le notre en suivant ce lien), on pourra acheter de nouvelles tenues (chacune offrant un pouvoir spécial), mais également des mods de tenues qui apporteront quelques avantages, de nombreux gadgets que l’on pourra faire évoluer entre quatre et cinq fois. Rien que ça.

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Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

Bien entendu, tout ceci ne serait rien sans un terrain de jeu à la hauteur. On vous rassure, Manhattan est au niveau de tout le reste. Mieux, après plus de 25 heures, on éprouve toujours du plaisir à la parcourir de long en large, sans utiliser le Fast Travel pourtant disponible assez rapidement dans le titre. Il faut dire que le système de déplacement est extrêmement souple, fluide et crédible, Spidey ne pouvant par exemple pas se servir d’un nuage pour accrocher ses toiles comme se put être le cas dans des titres précédents. On prendra même plaisir à suspendre le temps quelques instants pour se plonger dans le mode photo rempli de gadgets pour faire le cliché parfait. Et avec ces décors de cartes postales, on ne peut s’en lasser…

Spider-Man PS4.

 

Mécaniques déjà vues, gameplay plaisant mais sans grande profondeur, vilains pas si complexes, moult activités à l’intérêt parfois contestable  : on peut trouver tant et tant de raisons de dédaigner ce Spider-Man. Et autant de raisons de se laisser séduire par cette ville de New-York si plaisante à parcourir, et par ce monde respirant la tendresse pour ses personnages. Spider-Man n’a peut-être pas l’étoffe d’un grand jeu, mais il a le cœur qui lui permet.  C’est l’un des titres qui, lorsque le générique de fin se présente, m’a fait ressentir cette petite boule au ventre, ce petit vide typique des jeux dans lesquels je serais bien resté immergé encore quelques heures supplémentaires…

 

Points forts

  • Manhattan, fidèle reproduction et formidable terrain de jeu.
  • Des cinématiques sublimes.
  • Doublage français de grande qualité.
  • Le sentiment absolu d’incarner Spider-Man...
  • ... et son gameplay (déplacement et combats).
  • Système de costumes et d’évolution du personnage bien pensé.
  • Bonne durée de vie.
  • Le mode photo.

Points faibles

  • Les supers-vilains.
  • La construction du titre ne surprend pas.
  • Singé de Batman Arkham.
  • Les mini-jeux surexploités.
8

Great

Co-fondatrice de Try aGame, aventurière dans l'âme et héroïne de la prophétie à ses heures perdues, RedHo a sauvé notre monde 17 fois des forces du mal. La légende raconte qu'elle aurait un masque de Majora pour se téléporter à Hyrule.En attendant la prochaine menace, elle écrit pour Try aGame.

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