TEST – Nights of Azure

On vous embarque pour notre test de Nights of Azure, une beat-them-all développé par le studio Gust et édité par Koei Tecmo.

Nights of Azure

Support : PS4
Développeur : Gust
Éditeur : Koei Tecmo
Type : A-RPG/Beath-them-all
Date de sortie : 1er avril 2016
Test effectué d’après une version presse PS4 fournie par l’éditeur

 

Développé par le studio nippon Gust, Nights of Azure a fait sa sortie au Japon en octobre 2015 sur PlayStation 3, PlayStation 4 et PlayStation Vita. C’est donc à peine 5 mois après que le titre s’est exporté chez nous, seulement les versions PS3 et PS Vita semblent s’être perdues en chemin et seule la version PS4 est arrivée à bon port. Malheureusement, elle n’a pas pu récupérer une traduction française à la descente du bateau ce qui fait que les textes de Nights of Azure sont intégralement en anglais. Le jeu sera par conséquent très difficilement accessible pour ceux qui ont du mal avec la langue de Shakespeare d’autant que l’histoire est un rouage essentiel de cette aventure vidéoludique. À part ce problème de taille, ce Night of Azure, véritable mix entre un A-RPG et un Beat them all, a-t-il les armes nécessaires pour faire parler de lui en bien ? La réponse, vous la découvrirez en lisant notre test !

Une virée dans le monde de la nuit

Nights of Azure vous entraîne sur l’ile de Ruswall situé dans la mer du Nord… car oui, l’action se déroule sur Terre, il est fait mention de l’Allemagne, du Portugal et même de la France au détour d’une conversation. Bon, il s’agit malgré tout d’une version alternative de notre planète puisque vous verrez rapidement qu’il y a de grosses différences. En tout cas, vous voilà désormais dans les pas d’Arnice, une agente de l’énigmatique Curia, une organisation chargée de protéger la population des monstres qui errent en ce monde mais aussi d’empêcher le retour du terrible Nightlord. Arnice est ainsi envoyée sur Ruswall pour chasser du monstre et elle doit faire équipe avec une prêtresse déjà présente sur l’île et qui l’assistera dans sa tâche. Lorsque les deux jeunes femmes sont amenées à se rencontrer, il s’avèrent qu’elles se connaissent déjà. Elles étaient des amies très proches il y a quelques années de cela, avant de se perdre de vue à cause de leurs engagements respectifs. Passée la joie des retrouvailles, il ne faut pas bien longtemps pour que Lillyce, la prêtresse, se fasse (déjà) enlever par un démon. Ce rapt ne sera heureusement que très bref puisque Arnice se lance rapidement à sa rescousse et après avoir pourfendu une flopée de monstres, se débarrasse également du démon. Encore une fois, la tranquillité n’est qu’éphémère puisque contactée par la Curia, Lillyce apprend qu’elle a été choisie pour être la nouvelle Sainte, une « élue » devant être sacrifiée pour empêcher le Nightlord de revenir à la vie. Si Lillyce prend cette nouvelle comme un honneur, Arnice, elle, ne se résout pas à voir mourir celle pour qui elle nourrit des sentiments qui semblent aller au delà de l’amitié.

Et c’est là que réside la force scénaristique de ce Nights of Azure, dans l’évolution de cette relation saphique entre les deux héroïnes. Tout d’abord parce que les relations homosexuelles sont très peu représentées dans le jeu vidéo, d’autant plus de manière aussi ouverte et d’autant plus parce qu’ici, elle constitue le nœud central de l’intrigue. Voilà un petit vent de fraicheur soufflé par le titre de Gust, ce qui permet d’éviter du même coup le fameux cliché du héros masculin déterminé à protéger la frêle demoiselle. C’est d’ailleurs le petit bémol que nous apporterons, cette romance « inhabituelle » ne profite pas vraiment d’un écrin à la hauteur. Le reste du scénario manque en effet cruellement d’originalité et de rebondissement. Sans être mauvaise, la trame peinera ainsi a réellement passionner et surprendre, et Nights of Azure se reposera avant tout sur ses personnages attachants et son univers très réussi.

Un univers DANTEsque

Un univers qui semble s’être en partie inspiré d’un certain Devil May Cry. Sur l’ambiance générale tout d’abord, à la croisée du gothique et de l’apocalyptique bien que Night of Azure soit beaucoup plus épuré artistiquement. Sur la nature d’Arnice ensuite, une chasseuse de démon, elle même mi-démon et mi-humaine qui rappelle étrangement la condition de cher Dante. Les deux héros partagent de plus des similitudes d’ordre ésthétique puisqu’ils arborent tous les deux un long imper’ rouge et une chevelure qui tire sur le blanc. Toutes ces ressemblances ne pourraient être que fortuites mais le gamer averti les dénotera forcement, après tout il n’y a rien de mal à s’inspirer des grands classiques.

Pour approfondir notre tour d’horizon de l’univers de Nights of Azure, un petit mot sur l’aspect visuel et notamment sur le chara-design typé manga et qui compense allégrement la faiblesse du moteur graphique du jeu. Des graphismes bien loin de ce que la PS4 peut offrir certes, mais rappelons tout de même que le jeu est également sorti sur PS3 au Japon. Certains décors sont assez pauvres et certaines animations ratées comme celle des cheveux d’Arnice lorsqu’elle se déplace. En revanche, un soin particulier semble avoir été apporté au rebondissement des poitrines. Hé oui, Nights of Azure n’a pas emprunté au manga que sa patte graphique puisque le fameux cliché des filles « mammairement » très développées est aussi de la partie. Certes toujours agréable à l’œil, mais on ne peut s’empêcher de penser que dans ce cas précis, la taille impressionnante des bonnets peut nuire légèrement à la qualité du propos sur la romance des deux protagonistes. On pourrait finir par croire qu’il ne s’agit en fait que de fantasmes d’ados libidineux, mais fort heureusement sur le fond cette relation est beaucoup mieux traitée… que sur les formes.

Pour terminer sur l’univers du jeu, on fera mention de la bonne B.O. avec certains morceaux de grande qualité et collant à la fois à l’atmosphère du moment et à l’ambiance générale du jeu. On notera également que le doublage japonais a été conservé et qu’il est lui aussi très réussi. Dommage encore une fois que les textes n’aient pas été traduits en français.

Dans la chaleur de la nuit

Si l’enrobage est parfaitement comestible qu’en est-il du cœur du jeu, à savoir son gameplay ? Alors on vous l’a dit au début de ce test, Nights of Azure est un mix entre un A-RPG et un beat them all. En effet, avant d’être vaincu pour la première fois, le Nightlord a répandu son sang sur Terre transformant tout ce qui est entré en son contact en monstres. Il y a donc du vilain à castagner en masse sur les différentes zones du jeu qui font malheureusement un peu trop « couloirs ». Arnice va alors combattre avec les moyens offerts par tout beat’em all qui se respecte : un coup standard, un coup puissant, une attaque spéciale et une esquive. A vous ensuite d’enchainer tout ça pour créer des combos qui pourront être toujours plus élaborés au fur et au mesure de votre aventure, votre héroïne préférée acquérant progressivement de nouvelles armes et de nouvelles compétences. Cependant si effectuer des combos est plutôt simple et procure une petite sensation de frénésie, il n’y a malheureusement pas de réelle accroche sur les ennemis ciblés ce qui fait que vous aurez énormément de mal à en enchainer un correctement, chose toujours jouissive dans ce genre de jeu. Même chose avec l’absence de combos aériens, toujours eux très stylés. On prendra malgré tout du plaisir lors des phases de combats, c’est l’essentiel.

Arnice n’est en revanche pas seule dans sa chasse aux monstres, elle est accompagnée par des Servan, des petites créatures qui combattront à vos côtés à l’instar de ce que propose un Ni-No Kuni. Vous pouvez en déployer jusqu’à quatre simultanément mais il y en a bien plus à collecter au cours de votre aventure. Chacun ayant ses propres caractéristiques et ses propres compétences il vous faudra créer une équipe complémentaire pour avancer sereinement. Le seul petit point noir de cet intelligent système c’est que certains de vos Servan sont censés être largement plus efficaces dans certaines situations que d’autres mais ces avantages situationnels ne seront pas assez conséquents pour vous forcer à changer de créature. Une fois que vous aurez trouvé une combinaison équilibrée, vous zigouillerez du monstre en toute sérénité, quelles que soient les circonstances. Pour autant le système des Servan demeure une idée qui enrichit le gameplay de manière efficace. A noter également que les différents types des Servan vous permettront d’accéder temporairement à des formes ultimes qui seront disponibles une fois la jauge de transformation remplie. Vous la remplissez bien entendu à force de taper des monstres et d’enchaîner les combos. (Si vous voulez vous faire une idée plus précise des phases de combat, vous pouvez jeter un œil à notre vidéo de gameplay au début de ce test).

Qui dit RPG, dit bien évidemment gain d’expérience. Si vos Servans en gagnent bel et bien pour chaque monstre tué, Arnice, elle, se doit de récolter du sang de démon sur ces monstres. Cette récolte se fait de manière automatique et vous ne vous en préoccuperez donc jamais réellement. Une fois la quantité suffisante en votre possession, la chasseuse de démons aura la possibilité de l’échanger contre un gain de niveau dans un rituel sacrificiel se tenant dans un endroit onirique dont on ne vous parlera volontairement pas, pour ne pas trop vous spoiler et vous laisser le plaisir de la découverte. En tout cas, ce système d’évolution de votre personnage n’a en soi rien d’exceptionnel, il reste tout à fait classique, ce qui n’est pas une mauvaise chose évidemment.

Autre point de gameplay à aborder concerne l’alternance jour/nuit. En effet, les chasses à la vilaine bébête d’Arnice et donc la progression du scénario se déroulent durant les nuits (vous vous souvenez Nights of Azure, tout ça…), mais vos journées se doivent également d’être occupées. Seulement ce qui s’y passera se fera de façon simulée. C’est à dire que vous choisirez des activités diurnes (comme de la cuisine, de la pêche etc…) avant vos sorties nocturnes et après vos épurations de monstres, ces activités diurnes que vous ne ferez pas réellement, vous apporteront des points dans différents domaines selon l’activité choisi. C’est un peu un principe d’un entrainement dans un Football Manager sauf qu’ici les points vous permettront d’acheter de nouvelles compétences pour vos combats. Ce système vous demandera un petit peu de gestion puisqu’en fonction des compétences que vous allez viser en premier, il faudra choisir les bonnes activités. C’est plutôt simple, c’est de la gestion qui ne vous demandera certes pas un diplôme mais cela reste tout de même sympathique comme fonctionnalité.

Pour terminer sur le gameplay proposé par Night of Azure, citons pêle-mêle quelques points anecdotiques mais qui demeurent tout de même bon de mentionner. D’abord, sachez que vos virées nocturnes seront minutées et ne pourront (dans un premier temps) excéder les 15 minutes. Ce point peut sembler important, mais durant toute notre partie nous n’avons jamais été limités par le timer, tant et si bien que nous avions presque fini par l’oublier. Il faut vraiment se trainer pour atteindre la fin du temps imparti. Ensuite, dans l’hôtel qui vous sert de camp de base, vous aurez la possibilité de vous mesurer à l’Arène dans laquelle vous devrez accomplir une multitude de taches différentes afin de glaner argent, sang de démon ou autres objets. Sachez également que vous pourrez activer des sous-quêtes, des sortes de contrats qui vont demanderont notamment d’abattre un nombre précis de monstres d’un certain type afin de toujours grappiller quelques récompenses. L’occasion tout de même pour nous de dire que le bestiaire proposé est un peu rikiki, surtout que beaucoup de monstres ne sont en fait que des « évolutions » d’autres monstres et donc aux apparences très ressemblantes. Enfin, de véritables quêtes annexes vous proposeront de suivre des mini scénarii mettant en scène les personnages secondaires. Ces pans sont facultatifs mais vous permettront, si vous le souhaitez, d’en apprendre un peu plus sur certains protagonistes.

Vous l’avez compris, Nights of Azure a beaucoup à offrir en terme de gameplay. À tel point qu’à aucun moment le jeu ne se montrera ennuyeux, rébarbatif ou ne vous donnera l’impression de tourner en rond. Les phases de jeu et les cut-scenes s’enchainant habillement, une certaine fluidité se dégagera rapidement.

Au bout de la nuit

En conclusion, ce Nights of Azure est une réelle bonne surprise pour un jeu qui, sans vouloir lui faire offense, ne figurait pas parmi les plus attendus de l’année. Son scénario certes classique est vraiment sublimé par cette relation saphique des deux protagonistes principales, sans compter que certaines petites doses d’humour typiquement japonais viendront parsemer l’histoire. Vous passerez un agréable moment durant toute la partie qui s’étalera sur plusieurs dizaines d’heures. S’il vous faudra une vingtaine d’heures pour atteindre la fin, sachez que nous ne saurons que trop vous recommander de lancer la partie en New Game + pour prolonger encore plus l’aventure. Il est vrai cependant que le jeu ne vous proposera pas une difficulté conséquente… jusqu’au boss final qui érige un pic de difficulté incroyable. Surprenant voire frustrant quand on a passé la majeure partie tout pépère (on exagère un peu). En tout cas, si vous êtes fans d’A-RPG et que les beat’em all ne vous effraient pas. Si une touche manga dans un univers gothique vous émoustille. Alors nous vous conseillons vraiment ce Nights of Azure qui, même s’il n’est pas exempt de légers défauts, tient vraiment la route. À condition encore une fois d’être à l’aise avec l’anglais

Belle surprise que ce Nights of Azure ! Le système de jeu à la frontière entre le beat’em all et le A-RPG fait mouche. De son côté, le scénario est bien relevé par la relation homosexuelle des deux héroïnes qui parvient à ne jamais tomber dans le vulgaire ou le provoquant, rendant ainsi le propos plus mature. L’univers du jeu est également soigné avec cette touche manga qui permet de faire oublier des graphismes légèrement datés. Malgré quelques défauts (notamment l’absence de texte en français), Nights of Azure parvient à rendre une belle copie.

 

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Évaluation de l'article

Points forts

  • La relation entre les deux héroïnes
  • Un mix A-RPG/Beat’em all réussi
  • Un gameplay simple et efficace
  • Une ambiance générale réussie
  • Une jolie B.O
  • Une durée de vie très raisonnable

Points faibles

  • Pas de traduction française pour les textes
  • Une trame un peu plate
  • « L’accroche » des cibles pas au top
  • Le pic de difficulté sur le dernier boss
8

Great

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