TEST – One Piece Pirate Warriors 4

Bandai Namco revient avec One Piece Pirate Warriors 4, une franchise qui avait montré ses limites il y a quelques années. Après avoir réussi le versus fighting avec Burning Blood, s’être cassé les dents sur le RPG-Aventure avec World Seeker, on assiste au retour du Beat’em all Musou, un genre qui ne plaira jamais à tous. Mais comment s’en sort ce quatrième opus qui a la prétention de couvrir l’histoire de One Piece de Crocodile à Kaido ? Présentons-le par le biais de notre test.

Développeur : Omega Force
Éditeur : Bandai Namco
Genre : Musou, Beat’Em All
Prix : 69,99 €
Version pour le test : Nintendo Switch
Date de sortie : 27 mars 2020

Autant vous avouer qu’une nouvelle fois, One Piece Pirate Warriors 4 ne fera pas l’unanimité. Ses qualités n’effacent pas ses erreurs et celles-ci ne cachent pas non plus ses qualités. Commençons tout de suite par la narration et l’histoire et ça c’est du bon fan-service qui est proposé au public. Quel plaisir de redécouvrir l’œuvre d’Oda sous de belles couleurs.

Une revisite rythmée de l’histoire du Chapeau de Paille

Pour ce One Piece Pirate Warriors 4, on suit donc les aventures de Luffy et sa bande du début à la fin. Néanmoins, on ne combattra qu’à partir de l’arc Alabasta, le début de l’histoire étant résumé en quelques cinématiques. Ce ne sera pas la seule fois que ce procédé sera utilisé. Si l’histoire englobe tout le chemin parcouru jusqu’à l’arc Wano, de nombreux épisodes seront survolés. Vous ne combattrez ni Ener ni Moria ni Magellan ni Hody Jones ni César Clown ni Vergo, tout cela au service de la narration et du rythme.

C’est ici qu’on retrouve l’un des points positifs du titre. On ne s’attarde pas sur tous les vilains, personnages secondaires ou autres. Si on peut passer rapidement à Marineford, on le fait. De même, la réalisation est souvent au poil, avec des cinématiques affichant les moments forts avec justesse. C’est un véritable plaisir d’assister à nouveau aux événements qui ont secoué notre for intérieur, la nostalgie en est que plus forte. Comment ne pas rester dans les cordes devant l’affrontement entre Luffy et Usopp, le dénouement de l’arc Marineford, le sauvetage de Nico Robin avant cela, le combat entre Doflamingo et Luffy et bien d’autres moments épiques de One Piece. L’équipe de développement a su raviver la flamme et nous maintenir en éveil durant toute l’histoire du jeu grâce à la qualité de la mise en scène et les choix scénaristiques, ceux de se passer d’un moment au profit d’un autre. Les créateurs du jeu se permettent même d’inventer une issue à l’arc Kaido forte plaisante (mis en ligne sur YT à cette adresse).

Aussi, les niveaux ne durent pas une heure mais entre 10 et 20 minutes en général, sauf si vous jouez sans arrêt Luffy et que vous n’améliorez que son arbre de compétences à lui. Alors vous créerez un personnage invincible capable de tuer ses ennemis en moins d’une minute. Mais ce n’est pas dans votre intérêt car le jeu n’est pas vraiment difficile. La faute à une I.A à la ramasse la majeure partie du temps.

Des failles dans les mécaniques

Des simples soldats de la marine ou du camp ennemi n’osent même pas vous attaquer, ne se contentent que de lever les bras ou vous regardent lorsque vous les approchez. Pire encore, c’est aussi le cas pour les premiers grands vilains du jeu tel que Crocodile qui reste bien trop souvent passif lors de notre duel. Donc on ne peut reléguer ce beat’em all comme un bon défouloir où l’on peut s’exercer à taper du pirate par millier. D’un côté, on peut admettre la réussite dans la prise en main des personnages, chacun d’entre eux présentant une palette de techniques convaincante et à leur image dans la série. Certains reprennent simplement ce qui a été fait dans les précédents opus (coucou Franky et Brook) mais dans la grande majorité, la réalisation de leurs techniques et de leurs mouvements sont un succès.

On ne boude pas son plaisir à incarner Zorro, Luffy, Law et bien d’autres dans la mesure où cela reste plaisant d’enchaîner toutes les branches de leur pattern et de dégommer de l’ennemi à tout bout de champ. Néanmoins ce n’est pas suffisant. S’il y avait un minimum de résistance en face, ce sera déjà plus agréable. Une telle mauvaise gestion de l’ennemi, c’est assez surprenant de la part d’un studio habitué des Musou. De plus, on retrouve d’autres échecs sur le champ de bataille. Pensons à la lisibilité des affrontements qui ne bénéficient pas d’une caméra optimale, de même pour la gestion des meeples (permettez-moi le terme) lorsque vous les affrontez. Quand vous vous jetez dans la foule et que les ennemis sont nombreux à l’écran, que l’on tape en même temps, on ne distingue pas grand chose malheureusement.

Terminons encore sur une note pas très glorieuse pour ce One Piece Pirate Warriors 4 avec des hitbox imprécises et une gestion physique des personnages douteuse. Expliquons-nous avec plus de précision pour ce point-là. On navigue (sur le Sunny) entre une imperméabilité à certains coups des adversaires, nous permettant d’avancer et de taper en même temps que lui alors qu’il est en plein combo, et une trop grande vulnérabilité lorsqu’il enchaîne (bon sang ce Mihawk en mode Trésor !) les coups. Il faut dire que les caractéristiques du jeu se montrent un peu casse-cou dans ce domaine. On peut activer un mode Explosion (Musou) pour devenir presque invulnérable ou rendre l’adversaire vulnérable lorsqu’il a sa jauge de bouclier et à partir de là on enchaîne tout ce qu’il faut pour baisser sa jauge de vie. Sauf que lui aussi peut l’activer et lorsque ce sont des Logia, on se dit qu’il faudra attendre un petit bout de temps pour que ça s’arrête car le Smoker ou le Crocodile sont presque intouchables. On précisera que la verticalité des déplacements se montre parfois catastrophique en plein combo…

En clair, ce mauvais équilibre créé pas mal de frustration dans le sens où la difficulté est très mal gérée et que l’on ne se satisfait ni de la facilité de certains combats ni de la difficulté occasionnelle d’autres affrontements. On vous conseillerait presque de le faire en mode Difficile si vous souhaitez plus d’adversité. Cela dit, vous pouvez aussi vous diriger vers le mode Trésor qui montre crescendo en difficulté et devrait vous faire recommencer des niveaux surtout au 3e arc.

Du rab pour les estomacs creux

On parlera ici de contenu et des modes de jeu. Ils sont au nombre de trois et ne présentent pas un grand intérêt, enfin presque. Dans le mode Trésor, vous traversez trois épopées de One Piece (et les grands arcs) et vous pouvez rendre les affrontements un peu plus inédits. On gagne des récompenses utiles pour faire progresser nos personnages et on perce les frontières entre les différents équipages. Ici, vous pouvez faire combattre Luffy aux côtés de Katakuri et Doflamingo pour combattre Zoro et Usopp.

Niveau scénarisation, on reste au creux de la vague mais cela reste du rab pour tous ceux qui voudraient verser quelques bons coups de poing dans un défouloir tout prêt. Plus on avance plus la difficulté est grande et on sera en mesure de jouer d’autres personnages que l’équipage de Chapeau de Paille. À côté de cela, on peut refaire toutes les missions que l’on veut avec le pirate de notre choix dans le Mode Libre, un classique.

Les autres parties du menu ne sont pas synonyme de combat, on y retrouve les galeries, les musiques etc. En matière de personnages jouables, on nous a informé de plus d’une quarantaine de personnages jouables via tous ces modes de jeu, en local ou en ligne avec d’autres joueurs, dont Big Mom et Kaido pour la première fois ainsi que Katakuri. Les personnages majeurs de la série sont donc à l’honneur. On vous dressait d’ailleurs la liste entière à cette page.

One Piece Pirate Warriors 4 représente un bon défouloir pour les fans de l’œuvre incroyable d’Eiichiro Oda. D’ailleurs, le jeu rend un joli hommage à l’histoire originale avec une mise en scène d’un scénario toujours aussi émouvant et captivant dans ses moments forts. Les joueurs pourront même incarner de la plus belle des manières des pirates qui bénéficient chacun d’un pattern qui reflète bien leurs capacités, avec une prise en main agréable et fluide. Malheureusement, l’expérience de jeu est entachée de nombreux défauts gâchant à de nombreuses reprises notre plaisir. Entre une I.A plus que mal gérée, des combats qui peinent à être lisibles sur le champ de bataille et une physique des héros étranges en plein duel entre pirates puissants, le cœur des mécaniques se montre un peu trop défaillant pendant le combat. Omega Force montre une nouvelle fois ses limites dans le genre Musou.

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Points forts

  • Les grands moments de One Piece retracés à la perfection
  • Les patterns des combattants sont réussis
  • Le scénario de fin improvisé est inspiré

Points faibles

  • Une I.A aux fraises
  • Une difficulté déséquilibrée
  • Des combats pas toujours lisibles
  • Une caméra à la peine
6

Fair

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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