TEST – Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem fait renaître quelques frissons, permettant aux joueurs d’incarner deux héros, pour deux approches du jeu. Une idée qui va permettre de rythmer efficacement les sessions de jeu, sans laisser de côté une intrigue palpitante qui nous tient en haleine jusqu’au bout. Retour sur un des meilleurs jeux de l’année de ce premier trimestre !

Développeur : Capcom
Éditeur : Capcom
Support : PC, PS5, Switch 2, Xbox Series X/S
Version pour le test : code Xbox fourni par l’éditeur.
Genre : Action Survival Horreur
Date de sortie : 27 février 2026

 

Lorsque le traumatisme de Grace Ashcroft, l’héroïne du jeu, est réveillé par un enchaînement de meurtres, cette analyste de renseignements du FBI ne peut que se rendre sur les lieux. Et très vite, les événements vont s’empirer, et son destin va s’assombrir. Une seule solution : prendre les choses en main et faire face à l’horreur pour la vaincre et s’en sortir… pas du tout indemne. Heureusement, Grace Ashcroft ne sera pas seule à enquêter sur ces étranges faits divers. Le retour de Leon S. Kennedy apporte une autre dimension à Resident Evil Requiem, des sections orientées Aciton où l’on ne va pas compter les munitions, car Leon est prêt à affronter les responsables de l’épidémie.

Touchée par la grâce… à son grand désespoir !

Pas le temps de se poser des questions dans de longs discours, dans de grandes réunions entre policiers où l’on veut découvrir les origines du mal autour de la machine à café. Dans Resident Evil Requiem, Grace Ashcroft se déplace rapidement sur les lieux du crime. On retrouve rapidement les ingrédients qui font le succès de la franchise. Le danger ne s’est pas encore présenté que des objets tombent et font tomber les premières gouttes de sueur, des coups de vent à travers une fenêtre ouverte nous font nous arrêter pour un court moment, des rongeurs créent rapidement les premières angoisses par leurs déplacements, et des vers répugnants comme s’ils s’étaient approprié la cuvette de WC nous font passer le message que l’endroit reste lugubre. En gros, on se demande qu’est-ce qu’on fout là, et pourquoi on s’est embarqué dans un tel merdier. D’ailleurs, Grace Ashcroft vit le même sentiment que nous. Très rapidement, elle se le dit à haute voix, faut qu’elle se tire de là !

Mais il est déjà trop tard. On ne va pas sortir de cet hôtel. Même dans nos souvenirs qui datent de 8 ans avec notre chère maman qui avait l’air bien plus renseignée que Grace, l’histoire prend place dans cet établissement, et la menace était d’ores et déjà présente. C’est parti pour des sessions d’exploration dans des endroits bien étroits, sombres et dont la seule lumière peut représenter une issue, mais aussi l’annonce d’un danger immédiat.

On ne va pas attendre longtemps avant de changer de personnage principal puisque Leon est en pleine enquête en même temps que Grace Ashcroft. Néanmoins, lorsque l’on va incarner ce revenant, ce sera un peu plus rock n’ roll. Bien armé, il envoie valdinguer les contaminés à coup de flingues. D’ailleurs, il n’y aura pas de grand stress de munitions avec lui, il est bel et bien préparé à faire face à toute éventualité. Dès la première session, il ramasse des munitions, il change d’arme, et il envoie tout valdinguer.

Cela marque aussi une volonté de la part de Capcom de proposer deux sensations de jeu différentes selon le héros que vous incarnez. Ce n’est pas pour rien qu’il est conseillé de jouer Grace avec une caméra à la 1e personne, renforçant l’immersion dans les petits environnements et le genre horreur qui nous colle quelques frissons. Quant à Leon, on nous conseille de le jouer en caméra à la 3e personne, histoire de rendre plus lisibles et dynamiques les sessions gunfights contre les ennemis. Des gunfights mais aussi des combats rapprochés, avec tronçonneuse ou hachette. Avec Léon, il ne faut pas trop se poser de questions, il faut souvent rentrer dans le tas.

D’ailleurs, ne pensez pas que REquiem est un jeu d’infiltration où il faut faire le moins de bruit possible pour passer outre le moindre danger. Bien qu’on puisse courir à côté des infectés qui ont parfois un temps de réaction loin de la moyenne, il sera nécessaire de nettoyer une zone des simples mobs qui l’habitent. On apprécie la variété de ces infectés dont certains sont armés d’une tronçonneuse, d’autres d’une seringue ou d’une lame… Puis, on croise toujours des ennemis plus costauds au gré de notre progression, des ennemis qu’il faudra souvent fuir, ou dézinguer avec plus de précision ou simplement plus de munitions.

 

Requiem for a nightmare

Outre cette variété dans l’incarnation d’un des deux personnages, les mécaniques de gameplay ne changent pas énormément. Les objectifs provisoires restent de trouver des clés pour ouvrir des portes, rétablir du courant, crocheter des serrures, quitte à réaliser de longs voyages. Si ce n’était qu’une histoire de marcher (ou courir) d’un point A à un point B, ce ne serait qu’une partie de plaisir. Or, traverser un couloir et explorer des étages représentent ici des péripéties. On sent le danger à chaque instant, même quand il n’est pas réel, enfin dans l’immédiat. Capcom sait jouer avec nos nerfs, avec notre peur de partir à l’inconnu dans un lieu qui est loin d’être inhabité.

Capcom nous propose une direction artistique et un level design maîtrisés. Il faut dire que le studio est dans son élément, qu’il nous offre un environnement que lui-même maîtrise. On a donc l’impression de vivre une expérience de jeu que l’on connaît trop bien, habitée par des effets de peur et des moments de tension habituels. Attention, ce n’est pas le même jeu, mais dans la forme, on retrouve pas mal de similitudes.

En cela, même les joueurs seront en terrain connu et vivront des moments d’horreur, notamment avec Grace, qu’ils ont déjà apprécié auparavant. Au contraire, ceux qui n’aiment pas être mis sous pression au moindre pas que vous réalisez avec l’héroïne, ressentir le danger à chaque fenêtre ou recoin de pièce, enchaîner les allers-retours pour chercher des clés ou des outils permettant de débloquer la suite, bref les joueurs qui n’accrochent guère à tout ce qui fait le sel des derniers Resident Evil n’auront aucune raison d’apprécier l’épisode Requiem plus que les autres. Hormis l’axe Leon orienté plus « action » et chargé en munitions, les sensations proposent des similitudes. Malgré cela, le jeu propose une aide pour la visée et une option de jeu plus facile, si vous voulez suivre l’histoire… Et en parlant de ça.

They stand under an umbrella…

Dans Requiem, les pistes scénaristiques sont lancées dès le départ, entre l’enquête, l’enregistrement, les recherches de Léon… et le scénario a l’air d’être bien ficelé. Durant la première moitié du jeu, on survit autant qu’on suit l’intrigue, et les interactions avec les vilains sont bien pensées. Le studio n’a pas misé sur de grands jump scares, mais sur une situation oppressante en continu, et on ne respire presque jamais. Les cinématiques que l’on connaît empirent souvent le sentiment de danger permanent, introduisent des antagonistes qui vont accentuer l’aspect horrifique du titre, ou le côté survival/action. On ne tente pas de construire ou de planifier, on doit fuir ou survivre… Par la suite, le scénario s’épaissit, mais sans tout clarifier tant il est difficile de tout suivre, avant un dénouement final qui fera parler de lui…

Bien que le level design soit parfaitement maîtrisé tout comme le rythme, on a quand même des regrets. En premier lieu, le manque d’interaction avec le décor. On aimerait parfois profiter de plus de liberté dans le gameplay. Or on ne dispose vraiment de pas grand-chose pour notre survie, alors que les éléments sont nombreux dans l’environnement. Quand on arrive dans la salle des infirmiers, on apprécierait d’y être allée pour autre chose que la caisse à outils. Si on nous donne une tronçonneuse pour découper avec les gros muscles de Leon, on aimerait bénéficier avec Grace de simples outils pour taillader (bien que les couteaux de fortune existent). Or, on nous balade dans des couloirs conçus surtout pour se sentir à l’étroit face aux menaces, à nous faire subir ces éternels allers et retours durant lesquels, on se doute, que des apparitions pas si inattendues vont compliquer notre parcours. Puis, malgré les monstruosités qui se baladent, on est surpris d’une ampleur des dégâts si maîtrisée vis-à-vis de leurs déplacements. Les murs sont si solides ? On aurait aimé assister à bien plus de débris lors de notre parcours, cela aurait fait sens. Or tout est bien en place…

Bien sûr, on se doute que c’est volontaire, pour nous faire craindre la pénurie et le manque de défense face à un danger. Cela dit, peut-être qu’apporter un peu plus de folie et de surprises ne ferait pas de mal à la franchise qui a voulu se faire plaisir à rendre hommage à ses propres jeux dans Resident Evil Requiem.

Resident Evil Requiem réunit tous les bons ingrédients de ses prédécesseurs pour nous coller quelques frissons, dans une ambiance horrifique maîtrisée dès les premiers instants du jeu. Bien que le titre ne révolutionne rien dans ses schémas et mécaniques de jeu, il réussit avec brio à nous proposer une expérience captivante de bout en bout. 

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Points forts

  • Une atmosphère oppressante
  • Les 2 persos sont au top !
  • Une intrigue qui nous tient en haleine malgré le dénouement
  • Un jeu idéalement cadencée
  • La mutation effrayante des infectés

Points faibles

  • Pas assez d'interaction avec l'environnement
  • On débarque en terrain (trop ?) connu
8.5

Great

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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