TEST – Super Mario 3D All-Stars: la nostalgie compilée

Super Mario 3D All-Stars marque le retour tonitruant du plus connu des héros de jeux vidéo. A travers trois titres qui ont tous marqué leur époque, les joueurs de Nintendo Switch vont pouvoir se (re)plonger dans les aventures de Mario.

Développeur : Nintendo
Éditeur : Nintendo
Genre : Plates-Formes
Prix : 59,99 €
Version pour le test : Nintendo Switch
Date de sortie : 19 septembre 2020

Trois jeux incontournables dans la vie d’un joueur. Trois jeux qui ont marqué, qui nous ont procuré des souvenirs impérissables. On se souvient tous des fresques au mur de Mario 64, des courses contre Koopa, des étoiles à récupérer, de certains niveaux diaboliquement coriaces. L’aventure était longue mais elle était ô combien entraînante en 1997.

Cinq ans après, nous profitions de la console GameCube au salon ou dans nos chambres. Une autre merveille était venue au monde. Super Mario Sunshine qui passait des étoiles aux soleils à récolter. Un mystérieux peintre mettait la pagaille en dégueulassant toutes les prairies de l’île Delfino. On s’équipait alors d’une arme originale pour nettoyer les rues. Un robot arroseur qui prenait différentes formes. Là encore, il est difficile de ne pas se rappeler les environnements avec nostalgie.

Enfin, Mario prenait une autre ampleur encore une fois avec Super Mario Galaxy. Un jeu de plates-formes dans toute sa splendeur et qui fait l’unanimité de tous les joueurs ayant arpenté ses multiples niveaux. On se demande même pourquoi le second opus n’a pas atterri dans cette compile. Un retour est-il prévu plus tard ? On ne saura apporter de réponses.

Les réponses que l’on peut par contre servir sur les nouveautés affichées par ce Super Mario 3D All-Stars sont faciles. Outre la meilleure résolution sur l’écran et les graphismes en HD, les joueurs auront une petite surprise sur le menu principal du jeu. On retrouve six icônes, trois pour les jeux proposés et trois autres pour leur OST ! On profite donc de plus de 170 pistes musicales disponibles à tout moment.

Quoiqu’il en soit, c’est avec une grosse attente que l’on s’est replongé dans ce Super Mario 3D All-Stars, celle de vivre un aussi grand plaisir que lorsque nous étions que des jeunots. Attardons-nous donc sur chacun des jeux Mario présents.

Super Mario 64, de 1997 à 2020.

Super Mario 64 est probablement celui qui méritait plus qu’un simple portage. Des graphismes vieillots et des problèmes de caméra conséquents, c’est ce que l’on remarque dès les premiers instants. Néanmoins, pour le vieux bonhomme en pleine trentaine que je suis, les graphismes ne m’ont posé pas de souci. La magie de la nostalgie où l’on pardonne car on se remémore les niveaux et les grandes particularités de chaque monde.

La course contre le Pingouin, ramener son fiston auprès de sa mère, les Bob-Omb… Dès les premiers niveaux, on reste scotché devant son écran et on enchaîne assez rapidement la collecte d’étoiles. D’ailleurs, l’âge fait étrangement les choses. Si je me souviens avoir longuement arpenté les sentiers des premiers niveaux, mon retour se fait de façon expéditive. Je vais droit au but, je sais où se trouve les bestioles, les étoiles, les rouages pour activer tel ou tel élément même si certains demandent plus de temps. On traverse l’aventure beaucoup plus rapidement, l’expérience peut-être.

Avec le temps et le recul, on repart avec cette impression que la difficulté de Super Mario 64 repose sur le contrôle de Mario. Et plus difficile encore pour les joueurs aguerris, on a tendance à tomber dans la précipitation et vouloir faire les choses trop vite. C’est à ce moment que l’on risque de tomber et perdre des vies précieuses. Or, la patience est la meilleure des vertus pour ce premier jeu Mario en 3D. Je dirais même plus: patience, dextérité, concentration et précision seront vos meilleurs atouts.

On ne retrouve pas spécialement de grande progression dans la difficulté des mondes. On découvre surtout toujours plus d’environnements au fil des récoltes d’étoiles, atteindre un seuil d’étoiles débloquant des portes vers d’autres mondes. Qui dit d’autres mondes dit d’autres obstacles, d’autres ennemis et un temps d’adaptation et de compréhension pour traverser tous ces dangers sans mourir.

Quoiqu’il en soit, on se laisse porter par la vague de la nostalgie même si on espérait donc diverses améliorations bonifiant l’expérience de jeu. Une meilleure gestion de la caméra notamment.

Super Mario Sunshine en 2002, l’arroseur arrosé de HD.

C’est aussi avec grand amour que j’accueille le retour de Super Mario Sunshine sur Nintendo Switch. Tellement de bons souvenirs, si long à terminer et me lançant dans tellement d’allers-retours entre les différents coins de l’île Delfino. J’en garde des souvenirs mémorables. Nintendo a tout de même un petit boulot pour le rendre encore plus attrayant avec une meilleure résolution et des couleurs chatoyantes. Plus aucun flou sur certaines images sous l’eau par exemple. Une vidéo comparative montre d’ailleurs la différence nette entre les deux versions, vous la retrouvez à cette adresse.

Quant au scénario de Super Mario Sunshine, il reste tout en légèreté. On regrette un peu son manque de mise en scène mais les duels avec le vilain principal sont rythmés, et la musique accompagnant les course-poursuite toujours entraînante. L’histoire nous met à nouveau dans la peau de Mario, toujours accompagnée de Peach. Alors qu’ils ont posé tranquillement leur arrière-train sur les sièges d’un avion, voilà qu’ils atterrissent un peu en catastrophe sur l’île Delfino. Malheur ! L’île est inondée de crasse, les Soleils en perdition et le responsable ressemble un peu trop à Mario pour les autorités, un Mario qui termine donc sous les verrous… Vous l’aurez deviné, vous ne restez pas longtemps entre 4 murs et c’est à vous de mettre fin à cette pagaille. Mieux encore, vous êtes doté d’une toute nouvelle arme, J.E.T créée par le Professeur K.Tastroff.

C’est sur lui que repose toutes les nouvelles mécaniques de combat et d’exploration de Mario. En effet, vous aurez donc un arroseur que vous portez sur votre dos, en réalité un gadget qui sera bien utile et qui possède 4 transformations (avec des buses Turbo qui seront intéressantes). Avec le système de propulsion, il vous maintient dans les airs tout en vous permettant de nettoyer efficacement les zones de saleté. De l’autre côté, vous avez l’arroseur classique au viseur approximatif (dommage !). Un jet puissant qui vous permettra de vaincre pas mal d’ennemis (par exemple les plantes piranha en les faisant boire de l’eau et exploser de surplus).

Au fil des niveaux, vous devrez donc vous montrer adroits dans les confrontations, faire preuve de dextérité dans pas mal de situations… Les séquences de plates-formes sont multiples. Déjà, dans l’exploration citadine, il faut se montrer adroit dans les appuis et les chemins à emprunter, dans les caisses à escalader et donc dans le maniement de Mario. C’est ce qui fait aussi la force des Mario, les séquences de plates-formes en 3D sont réussies et ils mettent à l’épreuve le joueur à tous les moments. Certes le J.E.T permet de contrôler Mario d’une façon efficace à bien des occasions mais dans certains niveaux spéciaux, on vous en prive. Un bon retour aux Mario classiques dans des niveaux énigmatiques où le joueur pourra bien rager s’il se précipite ou si sa direction est défaillante.

Il en devient alors exigeant. Il demande de l’observation, de la dextérité et une concentration de tout moment pour faire progresser Mario dans le timing parfait. Parfois les prises de risque sont inutiles et pourtant on souhaite enchaîner. Parfois ça passe, souvent ça casse ! Dans Super Mario Sunshine et ses grandes séquences de plates-formes, il est nécessaire de prendre son mal en patience. Si les séquences de combat restent assez simples, les courses-poursuites basiques, l’exploration à travers les niveaux de plates-formes puisent toute votre énergie. C’est là où le jeu reste excellent.

D’autres particularités font que l’on apprécie le genre, avec la gestion des fruits et de Yoshi (celui-ci se montrera aussi précieux pour débloquer des lieux inaccessibles). Les courses sur les toits, la découverte des égouts, les étoiles cachées… Les 120 étoiles ne seront pas faciles à obtenir (et 240 pièces bleues pour les perfectionnistes) mais on se perd facilement sur l’île Delfino. Ses dix lieux principaux font preuve d’un grand charme et on se plaît à passer d’un environnement à un autre, à découvrir toutes les spécificités de l’environnement et à venir à bout de toutes les énigmes et séquences de plates-formes qu’il nous offre.

Un must-have pour tous les fans de Mario et toutes les graines de gamer en devenir.

Super Mario Galaxy, la cerise sur la compile

Nintendo a montré quelques années après Super Mario Sunshine qu’il savait innover avec Super Mario Galaxy. Si on regrette que le second opus soit aux abonnés absents, on se retrouve bien heureux de pouvoir relancer le premier opus dans Super Mario 3D All-Stars. Changement de direction artistique, changement de décor, des nouvelles mécaniques et un Mario qui garde tout de même son originalité. Je repars d’ailleurs avec l’impression que c’est celui-ci qui va déterminer la suite dans le développement des prochains jeux Mario.

La perspective change du tout au tout. Si nous étions baignés dans des perspectives classiques auparavant, Mario explorant toujours des environnements plats, réalistes lorsqu’ils gagnaient en altitude, avec des pouvoirs classiques. Dans celui-ci, explorer la galaxie permet à Mario de prendre une toute autre dimension, que ce soit dans sa progression que dans ses capacités. Le contrôle de la gravité est alors déterminant. Des problèmes de caméra disparaissent puisque l’on avance sur des planètes bien rondes. Les premiers moments du jeu seront révélateurs de ce qui nous attend ensuite.

Les décors gagnent en originalité, on passe d’un mur à un autre naturellement, on inverse la gravité, on nous permet de passer d’un plan à un autre en une fraction de seconde. Cela procure des sensations grisantes mais si cela demande un petit temps d’adaptation. Tout paraît nouveau et on aime explorer et découvrir toutes les nouvelles mécaniques. Ces dernières sont accompagnées par les costumes que revêt Mario. Très vite, on se déguise en abeille, ce qui nous permet de voler et de s’accrocher à diverses parois. En costume arc-en-ciel, on devient invincible. De la glace, du feu, un costume fantôme, ce sont autant de déguisements que de pouvoirs et de bonus qui nous attendent.

Ces costumes et ces pouvoirs ne sont pas gadgets dans la découverte de l’aventure. Ils permettront de venir à bout de certains boss et ennemis. D’ailleurs, ils restent simples à vaincre comme d’habitude, ce qui rend l’expérience plutôt agréable et jamais synonyme de frustration. Dans les autres jeux Mario, on pouvait se plaindre du contrôle de Mario qui rendait le jeu assez compliqué par moments. Dans Super Mario Galaxy, je n’ai jamais vécu cette amertume de devoir recommencer un niveau à cause de l’hyper précision qu’il demandait. Au contraire, on vit agréablement le moment, cette gestion ingénieuse de la gravité qui nous permet de maintenir un esprit de découverte permanent. Les déplacements, les pouvoirs, les accélérations, tout est intuitif et mené pour garder le joueur dans la surprise, la contemplation et la réactivité.

Dommage, certaines mécaniques ont été conservées dans Super Mario 3D All-Stars et brisent un peu cette fluidité dans le jeu. J’évoque ici les mécaniques avec le Wiimote (à l’époque) qui s’intègre aussi dans les spécificités des Joy-Con ou de la Pro Controller. Ainsi, il nous est parfois demandé de déplacer la manette d’une certaine façon pour atteindre la cible, ou de toucher l’écran. Ce que j’ai ressenti, c’est que cela restait gadget, que cela brisait quelque peu l’immersion dans le jeu et que cela ralentissait le rythme. Ce n’était simplement pas amusant pour ma part.

Super Mario 3D All-Stars permet de revivre avec une grande nostalgie les aventures de Mario si appréciées sur les consoles N64, GameCube et Wii. S’il n’affiche pas un énorme boulot sur Mario 64, que les problèmes de caméra n’ont pas été réglés, il n’en demeure pas moins agréable de revisiter ses classiques. Des jeux mémorables et essentiels dans une vie de joueur. On se remémore avec nostalgie les différents niveaux et séquences jouées jadis. On se replonge avec un tel plaisir dans cette collection que l’on a du mal à vous la déconseiller pour vous ou la nouvelle génération de joueurs.

Points forts

  • Toujours aussi mémorable
  • Les bandes-son intégrées à la collection
  • Un Mario 64 qui nous rend nostalgique malgré tout
  • Un Mario Sunshine bien ryhtmé
  • Un Mario Galaxy vivifiant !

Points faibles

  • La gestion de caméra aurait dû être travaillée (SM64 et SMS)
  • Absence de Super Mario Galaxy 2
  • La détection de mouvement dans Super Mario Galaxy
8

Great

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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