The Bradwell Conspiracy arrive comme un cheveu sur la soupe et se présente comme une expérience originale dans une sorte de escape game.
Version pour le test : PlayStation 4
Date de sortie : 8 octobre 2019
The Bradwell Conspiracy plonge le joueur dans une aventure narrative à la première personne mais ne vous attendez pas à la grande Aventure. Vous vous retrouvez piégé dans un musée qui vient de subir une explosion. Résultat, lorsque vous vous réveillez, il ne se présente devant vous aucune issue. La bonne nouvelle, c’est qu’une seconde personne se retrouve dans la même situation que vous et durant tout le jeu, son aide s’avérera très précieuse.
Comment je me sors de là ?
Les créateurs décrivent l’expérience comme narrative mais dans un premier temps, c’est surtout un grand escape game qui s’offre à vous. Il sera nécessaire de trouver le bon chemin, les bons mécanismes à activer et surtout, des énigmes à résoudre. C’est bien là le cœur du jeu et votre cerveau risque de fumer à multiples reprises. Rassurez-vous, nous sommes bien loin d’un The Witness qui a su traumatiser – ou du moins décourager – bon nombre de joueurs. En réalité, il faut être super attentif aux indices laissés et aux conseils donnés. Tout n’est pas évident mais rien n’est laissé au hasard même si nous ne sommes pas aidés par une interface de jeu brouillonne. Lorsque vous pouvez interagir avec un objet, ce n’est pas pour rien (sauf les tiroirs tous aussi inutiles les uns que les autres).

Les mécaniques demeurent donc originales mais surtout exigeantes. Malheureusement, le gameplay n’est pas toujours précis et souvent contraignant. Quelques bugs ternissent notre expérience de jeu et freinent ardemment notre progression mais on y reviendra.
Parlons plutôt de votre allié de choix, Amber. Elle est plutôt cool dans ses interactions mais avant tout indispensable dans ses actions. Votre personnage est muet suite à l’inhalation de gaz toxiques. Pour communiquer à distance avec Amber (car elle n’est jamais à côté de vous), vous êtes dotés d’une paire de lunettes Bradwell AR Smart. Hyper pratique puisque la jeune femme peut vous adresser ses consignes (heureusement elle n’est pas muette non plus, le jeu deviendrait impossible). Quant à vous, avec ce second gadget que vous portez sur votre nez, vous êtes en mesure de lui faire parvenir des photos.

Conspi-rassis
Au fur et à mesure que votre aventure progresse, vous réalisez que vous n’êtes pas au bout de vos peines. Au lieu de sortir du bâtiment, nous nous y enfonçons. Chaque porte en mène à une autre et nous plongeons au cœur d’un bâtiment qui nous livrera tous ses secrets.
Entre le manque total de cinématiques, un personnage principal muet, des antagonistes qui tardent à se manifester, notre esprit enfoui dans des énigmes parfois tordues, la narration connaît des difficultés à s’envoler. Seuls les mails et messages vocaux que vous lirez et écouterez ainsi que les propos d’Amber vous aident à comprendre ce qui se trame. On ne vous révélera pas la vérité ni le dénouement, notre intention n’est pas de vous gâcher l’aventure à cause de fâcheux spoils (cela dit, si vous traînez sur notre chaîne YouTube, notre expérience sur The Bradwell Conspiracy s’y trouve).
Néanmoins, ce que l’on peut vous dire, c’est que l’histoire n’était clairement pas passionnante, il en va de même pour les énigmes. Nous avons eu du mal à accrocher à l’intrigue du soft de A Brave Plan car nos actions n’étaient pas si intéressantes, que le gameplay manque de dynamique, nos mouvements sont limités et c’était un véritable casse-tête de se sortir de certaines séquences sans être aidé ni par l’interface ni par un gameplay parfois défaillant. Pour le coup, on peut dire qu’on se sentait presque dans la peau du héros qui ne veut que sortir de cette mouise dans laquelle Amber nous enfonce. Personnellement je n’ai pas éprouvé un grand intérêt à parcourir les différents niveaux, je ne me suis pas réellement attaché aux personnages, l’univers aurait peut-être été plus accrocheur s’il était aidé par les mécaniques de jeu, certes originales par moment, manquant de peps.

La seule chose qui m’a marqué à titre personnel, ce sont les petits bugs dans la maniabilité de l’ISM. A de trop nombreuses reprises, j’ai tenté de répliquer des objets (planches de bois notamment) à certains endroits sans qu’ils se posent automatiquement là où ils devaient se placer… Tentant pendant de longues secondes (atteignant même des minutes) de faire fonctionner cette technologie… Le fait qu’elle finisse comme par magie par m’écouter, c’était clairement ennuyeux malgré le soulagement. A la longue, cela m’a plus poussé à invoquer rapidement la fin du jeu plus qu’autre chose.
The Bradwell Conspiracy est un jeu que j’aurais adoré apprécier. Néanmoins, il se montre un peu trop fouillis et manque de profondeur. Si quelques énigmes s’avèrent originales et que l’ISM reste un concept bien pensé, ce sont des qualités qui ne cachent pas ses mécaniques contraignantes, un rythme en dents de scie et une histoire qui n’est jamais transcendée par un moment fort ni de grands rebondissements. Une expérience de jeu qui ne restera pas dans les Annales du jeu vidéo ni dans vos consoles de jeu.
