TEST – Thronebreaker: The Witcher Tales, quand une licence renaît des cartes

thronebreaker the witcher tales gwentLe mode solo était une promesse de longue date du jeu Gwent: The Witcher Card Game, et si les fans attendaient celui-ci de longue date, nul ne pensait finalement le voir débarquer en stand-alone et en format payant. Afin de justifier un tel choix, il était nécessaire que Thronebreaker soit suffisamment fourni en terme de contenu afin de ne pas décevoir son public. Est-ce le cas ? La réponse dans ce test.

• Genre : jeu de cartes à collectionner (JCC), point’n’click.
• Développeur / éditeur : CD Projekt RED.
• Disponible sur : PC (uniquement via gog.com). Disponible à partir du 4 décembre 2018 sur Xbox One et Playstation 4.
• Support de test : PC (i5 2500K – GTX 1060 6G – 8Go RAM – Windows 10).
• Version du jeu utilisée : version commerciale (GOG)

 

Encartez-vous, qu’ils disaient

Dans Thronebreaker, vous l’aurez déjà compris d’après les visuels officiels, ce n’est pas Geralt que vous contrôlez mais Meve, l’une des souveraines du Nord, reine de Lyrie et de Riv. De Riv, oui, et à celles et ceux n’ayant pas lu les romans d’Andrzej Sapkowski et qui se poseraient des questions au sujet du lien avec le nom de Geralt : rassurez-vous, le jeu répondra à cette question. Et aux autres qui se demanderont si le charisme de la reine Meve soutient l’histoire comme celui de Geralt le fit avec celle de The Witcher 3 : c’est un grand « oui » ! Qui s’accompagne de plein d’autres « oui », un par personnage secondaire, la majorité de ceux-ci se révélant vite attachants de par leur écriture et leur importance dans le récit.

Sans spoiler, nous résumerons donc le début de l’histoire ainsi : la reine Meve, revenant d’une rencontre entre souverains du Nord, doit faire face à l’invasion rampante du Nilfgaard, ainsi qu’à la vision parfois très différente que certains membres de son entourage ont de l’envahisseur. Dilemmes moraux, trahisons, espoirs déchus, alliances précaires et quêtes diverses seront ainsi le quotidien de la rayonnante souveraine qui se taillera rapidement la part du lion dans le coeur des joueurs qui prendront son destin en main. A noter que l’ajout continu de personnages secondaires (qui renforceront votre armée sous la forme de cartes d’unité or) rajoute constamment de la richesse à l’histoire en accompagnant de très belle manière les péripéties de Meve.

Remarquablement bien écrit, le scénario de Thronebreaker s’étale sur une durée qui couvre à la fois la période avant et après la bataille du pont de la Iaruga, à savoir quelques années avant le premier épisode de la trilogie des jeux vidéo, et entre les deux romans Le Baptême du Feu et La Dame du Lac. La narration s’organise de différentes manières, soit sous forme de récit audio pour conter certaines scènes, soit sous forme de dialogues avec des personnages fixes. La mise en scène assez simple de ces derniers ressemblent un peu à ceux des RPG rétro, mais avec une technique d’animation rajoutée aux faciès et aux corps des personnages pour donner vie aux dessins en haute définition. Les joueurs de Gwent: The Witcher Card Game reconnaîtront de suite le procédé artistique qui est, à peu de choses près, le même que celui utilisé pour les animations des cartes premium. L’ensemble est franchement de toute beauté pour un jeu du genre, et l’ajout de musiques inspirées de la BO de The Witcher 3 en rajoute à l’ambiance sombre et épique de l’univers du sorceleur. Vous l’aurez compris, on tombe assez rapidement sous le charme de la direction artistique de Thronebreaker.

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Le discours de la méthode

Plus concrètement, il semble que Thronebreaker se veut une vitrine du jeu Gwent:The Witcher Card Game, et plus particulièrement de sa mise à jour 1.0 nommée » Homecoming ». Si des critiques peuvent être émises concernant cette mise à jour dans le jeu de cartes gratuit de CD Projekt RED, force est de constater que dans Thronebreaker, les nouveaux rouages de jeu et autres modifications visuelles sont toute à fait adaptés.

Premièrement, la première partie nous montre que chaque côté du plateau n’est plus composé que de deux lignes par adversaire, au lieu de trois auparavant. Les nouveaux arrivants ne seront pas choqués, mais les anciens risquent d’être un peu désorientés au début. Pourtant, ce changement devient rapidement naturel, et même si on regrette parfois de ne pas avoir plus de place pour poser nos cartes en cas de decks axés sur la prolifération d’unités (2 x 9 cartes max par manche, désormais), on se rend vite compte que les stratégies disponibles s’accommodent aisément de cette nouvelle règle.

Ensuite, on remarque que la mise à jour Homecoming a complètement refondu une partie des règles, notamment au niveau des effets climatiques, allant jusqu’à en rajouter de nouvelles : les « ordres », par exemple, sont des sortes de compteurs permettant au joueur d’utiliser manuellement des capacités en sus de la pose de cartes (toujours limitée à une par tour, sauf capacité contraire). La loyauté, également, permet de déclencher des capacités dès qu’une autre carte – ou la capacité d’un héros – l’ordonne. L’ensemble tiens finalement assez bien la route, mais il est important de noter que Thronebreaker est une adaptation du Gwent officiel : les cartes utilisées ne sont pas les mêmes que celles de Gwent: The Witcher Card Game malgré des illustrations similaires, bien que les règles, elles, ne changent pas entre les deux jeux.

La composition de votre deck sera gérée par le biais d’un menu qui prendra la forme du camp mobile de Meve. Ce camp, constitué de plusieurs tentes, vous permettra de gérer non seulement vos cartes, mais également d’autres aspects du jeu, telles que les discussions avec vos camarades ou la consultation de missives et autres cartes au trésor. Notons qu’il sera possible d’améliorer lesdites tentes via un atelier qui vous demandera des ressources pour ce faire, les fameuses ressources étant principalement ramassées sur la carte du monde où évolue la protagoniste. Les améliorations pourront alors apporter des bonus à vos unités, en débloquer d’autres, etc.

Enfin, Thronebreaker ne se contente pas de vous faire enchaîner les parties de Gwent, et le jeu semble même avoir compris les enjeux de son propre format. Ainsi, Thronebreaker propose-t-il tout au long de l’histoire des parties différentes autant dans la forme que dans le fond. Dans la forme, par le biais de parties courtes à une seule manche, ce qui a le mérite de respecter le rythme de jeu sans casser celui-ci avec des parties trop longues à certains moments-clés de l’histoire/ Dans le fond, cela s’illustre par des challenges sous forme de défis/puzzles avec cartes imposées, ou par des parties plus traditionnelles mais imposant un objectif bien précis (tuer telle ou telle unité pour remporter la victoire, par exemple). Les défis/puzzles, si leur existence est clairement appréciable, sont hélas frappés d’une difficulté aléatoire, et si la plupart réussira à vous prendre le chou pendant de longues minutes, certains se révèlent d’une facilité déconcertante.

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Tête de pioche

Pétri de nombreuses qualités, Thronebreaker n’est pourtant pas démuni défauts, bien que mineurs. On notera par exemple la possibilité de trouver des trésors sur la carte du jeu par le biais de cartes au trésor qui, si elle part d’un bon principe, ne permet finalement que de débloquer des éléments pour Gwent: The Witcher Card Game… Le challenge de cette chasse aux trésors, s’il n’est pas insurmontable en soi, était pourtant une très bonne idée qui aurait pu motiver les joueurs à chercher des éléments supplémentaires pour améliorer leur jeu de carte. A la place, ce système nous rappelle que Thronebreaker, malgré sa qualité de stand-alone payant, demeure un mode solo rattaché au jeu de Gwent (chacun des deux jeux fait d’ailleurs référence à l’autre dans son menu principal), ce qui se révèle plus frustrant qu’autre chose, surtout pour les joueurs non-intéressés par le Gwent en ligne. On pourra heureusement se rattraper sur la recherche des fragments de cartes pour compenser.

Thronebeaker, que nous avons testé dans sa version 1.0, n’est pas exempt de bugs et de problèmes d’optimisation techniques. Si les bugs (graphiques, essentiellement) demeurent assez rares, les ralentissements sont par contre assez réguliers lors de certaines parties de carte, voire sur la carte de jeu à certains passages. Ces problèmes ne nuisent pas vraiment à l’expérience de jeu, mais rajouté à d’autres menus problèmes rencontrés, tels que des erreurs dans certains textes, des non-prises en compte de certains trophées dans GOG Galaxy, ou encore le fonctionnement parfois erratique de certaines cartes, cela donne un sentiment de mauvais polissage.

Heureusement, ces quelques soucis ne suffisent pas à ternir l’ensemble des qualités du jeu, Thronebreaker s’accompagnant qui plus est d’une durée de vie honnête pour un jeu placé à 25€ au lancement (environ une quarantaine d’heure en mode de difficulté normale). Durée de vie qui peut même s’allonger si l’envie vous prend de tester les différents embranchements de scénario qui interviennent selon vos choix. On regrette néanmoins l’impossibilité de passer les tutoriels en cas de nouvelle partie, voire l’absence d’un mode NG+ qui aurait pu être pertinent pour remotiver les joueurs à rempiler avec une nouvelle campagne.

Thronebreaker: The Witcher Tales est une très bonne surprise, capable de replonger le fan en manque de The Witcher 3 dans l’univers du sorceleur. Si on déplore malgré tout un léger manque de finition ainsi qu’un lien un peu trop marqué avec Gwent: The Witcher Card Game, Thronebreaker demeure un jeu aux qualités indéniables. Son histoire passionnante et captivante, associée à un jeu de carte simple mais malin, nous donne envie de savoir si CD Projekt RED a prévu d’autres épisodes de ce genre à l’avenir. On sait le studio principalement occupé sur le chantier colossal que représente CyberPunk 2077, mais s’il nous était possible de continuer à nous immerger dans l’univers du sorceleur via des projets hybrides comme Thronebreaker, on ne boudera pas notre plaisir.

Points forts

  • L'histoire passionnante de Meve, servie par une narration de qualité
  • Les choix multiples, qui s'accompagnent de réelles conséquences
  • Le charisme des personnages principaux
  • Les combats, diversifiés dans leurs objectifs et dans leurs mécaniques
  • La bande-son dérivée de The Witcher 3, toujours aussi épique
  • La durée de vie, plus qu'honnête
  • La direction artistique, qui possède beaucoup de charme

Points faibles

  • Le léger manque de finition
  • Le niveau de difficulté parfois aléatoire des défis
  • La frustration des cartes aux trésors, qui déverrouillent des récompenses... pour un autre jeu
8.5

Great

Co-fondateur de Try aGame, Søren est également le papa de cette satanée manette qui squatte chaque page du site avec son sourire niais. Quand il ne râle pas pour tout et n'importe quoi, il médite sous une cascade pour réfléchir aux idées de ses camarades.

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