TEST – God of War sur PS4 : Kratosphérique

God of War revient avec une toute nouvelle mythologie puisque Kratos va découvrir non pas les Dieux de l'Olympe mais le monde nordique de Thor. Mais ce n'est pas la seule donnée qui change dans la dernière production des studios Santa Monica et c'est ce que nous allons expliquer dans notre test.

Support de test : PS4. C’est une exclusivité.
Version du jeu testée fournie par l’éditeur.
Informations annexes : disponible sur le PS Store contre 69,99€ en édition Deluxe.

Santa Monica fait un travail remarquable avec la série God of War depuis quelques années mais commençait à tourner en rond. Ayant découpé en rondelles la majorité des Dieux grecs, Kratos a donc choisi de changer de cible. Après un long voyage digne d’une odyssée homérique, le fantôme de Sparte a quitté le port d’Athènes pour trouver la paix dans l’univers nordique. Mais ce n’est pas ce qu’on lui a servi et ce qui devait être un périple tranquille va se transformer en épopée truffée d’embûches et de créatures en tout genres. Revenons sur les tous les changements réalisés pour ce nouvel épisode de God of War sur PlayStation 4. Tous les paris ont-ils été gagnants ?

Je rêvais d’un autre monde…

Ce n’est un secret pour personne mais Kratos s’est éloigné des Dieux de l’Olympe de la mythologie grecque pour s’installer dans les lointaines contrées nordiques. Santa Monica n’est pas tombé dans le piège et n’a pas seulement réalisé un changement de façade, c’est un tout nouveau monde que le studio a façonné. Le fantôme de Sparte n’est plus seul, il est accompagné d’Atreus – dont nous détaillerons la relation plus bas – et très vite de Mimir qui ne sont pas de simples faire-valoir. Il rencontre aussi d’autres PNJ qui contribuent au lore et apportent de la profondeur à l’univers nordique de God of War.

De même, l’expatriation de Kratos vers Misgard s’accompagne d’un autre bouleversement dans la réalisation du jeu, l’angle de la caméra. Si elle prenait de la distance dans les précédents titres, ce qui favorisait le genre beat’em all de la série, elle propose un angle plus réaliste, plus proche dans ce nouveau God of War sur PlayStation 4. Ce changement offre une plus grande immersion et sert également les mécaniques du jeu tant il sera utile de regarder souvent partout pour voir si aucun coffre ne se cache, si aucune cloche magique n’est dans le coin. Aussi, au cours de certaines séquences, elle nous permet de bénéficier d’arrières-plans fulgurants, d’apparitions intrigantes et de panoramas comme la série ne nous en a jamais offert.

D’ailleurs les mécaniques de combat ont beaucoup évolué. Kratos garde en main une arme nordique, une grosse hache qui change des lames du chaos habituelles. Les coups sont moins rapides, moins beat’em all quand on y pense. Cependant, ils paraissent plus puissants, ils demandent plus de maîtrise et de justesse. Ils profitent également de plus d’options de combat, la hache est utile au corps à corps avec les combos mais aussi à distance puisqu’elle peut être lancée. Si les premières sessions de jeu risquent d’être déstabilisantes pour de nombreux fans de la série, elles parviennent tout de même à nous impressionner à de multiples reprises et s’aperçoit vite que le travail des développeurs a payé et amène un résultat diablement convaincant. Certains analyseront l’influence de Naughty Dog dans la réalisation mais le level-design paraît encore plus élaboré, traîne moins en longueur. Cela dit, contextualisons un peu plus ce God of War avant d’entrer dans les détails.

Atreus God of war

Entre père et fils

S’il existe une évolution notable dans la série avec ce God of War, elle lévite autour du personnage principal, Kratos. S’il pouvait être qualifié de monstre affamé de sang et guidé par sa soif de vengeance, on peut dire que le guerrier spartiate n’est plus habité par les mêmes motivations. Il adopte un tout autre rôle, celui de père et de mentor vis à vis de son fils, Atreus. Il doit le former au combat, à la survie, le protéger de tous les dangers qui rôdent. La dernière volonté de sa femme était de voir dispersées ses cendres au plus haut sommet de ce monde. Cette quête initiatique emmènera Kratos et Atreus dans un périple mouvementé, une odyssée homérique.

Ce qui est puissant, c’est que nous découvrons ce monde avec eux, nous écoutons l’enseignement de Kratos avec attention, ses vieux démons, ses contradictions, sa nouvelle histoire simplement, tout cela avec passion. On voit son gamin faire preuve d’énormément de personnalité, ce n’est pas une coquille vide et même si son caractère n’est pas le plus appréciable qui existe, le travail effectué sur ce second héros de l’histoire demeure remarquable. Ses propos et ses actes ont une réelle incidence sur le scénario, sur les PNJ. C’est le gamin qui est curieux de tout, qui a soif d’histoires et qui nous permet de découvrir tout le lore tandis que Kratos n’a qu’une idée en tête, arriver au bout de ce voyage.

Là où le travail du studio est fort, c’est que les deux personnages évoluent ensemble. L’attitude et les véhémences d’Atreus font changer Kratos, il adopte son comportement mais il devra aussi accepter que son gamin a ses propres aspirations. L’inverse est aussi vrai car le jeune garçon grandit, est en quête d’indépendance et de reconnaissance et God of War l’illustre parfaitement bien dans ses actions mais aussi à travers ses dialogues. Puis, Atreus connaît sa propre histoire et on devine déjà le potentiel autour de lui au niveau scénaristique.

De plus, il se montre bien utile lors des combats. Ses flèches ou ses incantations se montreront parfois indispensables lors d’un combat, permettront au joueur de souffler. Il épaule le guerrier spartiate remarquablement et n’a pas froid aux yeux. De ce point de vue là, cela constitue une franche réussite.

Une réalisation herculéenne !

L’objectif des développeurs était de nous offrir une grande immersion dans un nouvel univers et que la découverte fut agréable de bout en bout. Outre des panoramas du haut de montagnes, c’est aussi les environnements qui ont été soignés pour chaque royaume, chacun présente une identité propre et reste un plaisir pour les yeux. Colorés, animés, détaillés, les lieux de God of War nous empressent d’avancer autant par soif d’exploration que par soif de combat. Mieux encore, nous croiserons la route de nombreux acteurs, des PNJ qui existent tous dans la mythologie nordique et mettent ainsi leurs personnalités et leur « histoire » au service de God of War et d’une manière très cohérente.

Rappelons que c’était la grande interrogation chez de nombreux joueurs, à savoir la façon dont Kratos passerait d’une mythologie à une autre, scénaristiquement et dans l’identité du titre. Faire découvrir à Kratos une autre mythologie pour qu’il revienne tuer sans réfléchir tous les dieux qu’ils croisent… non. Tout est bien narré, orchestré et le lore gagne en complexité, ce qui est d’autant plus agréable. Les créatures mythiques se mêlent avec pertinence à la réalisation globale. Que ce soit les nains, la sorcière, Mimir ou le serpent, on reste ébahi par tant de justesse et d’élégance. Les cinématiques sont simplement remarquables, cela concerne tout autant les conversations entre Kratos et son fils ou les autres PNJ que pour les grandes scènes de combat. God of War nous avait déjà habitué une réalisation de haute volée dans les premiers épisodes mais en dehors des exécutions des boss, cela demeurait rare. Ici, c’est un florilège exceptionnel qui rythme énergiquement tout l’axe scénaristique de ce premier volet de la nouvelle mythologie God of War.

Mais tout n’est pas servi à la perfection dans God of War et c’est avec surprise que l’on découvre que ce sont les boss fight qui nous ont presque déçus parfois.

Grandeur et déception dans God of War

Les mécaniques de combat ont évolué comme je l’évoquais. Deux armes et un système de craft par attaques spéciales, améliorations/renforcements et runes, idem pour votre équipement à personnaliser selon votre style de combat. Ce système est vraiment bien pensé pour toute l’aventure ainsi que tous les défis et quêtes annexes qui nécessiteront plus d’investissement et de persévérance que l’histoire en elle-même. D’un côté, c’est bien là le problème. Si vous ne commencez pas God of War dans la difficulté la plus élevée, il existe de fortes chances que vous finissiez l’histoire principale sans trop de complications. Seuls les défis de Muspellheim ou la quête des Valkyries voire – à plus petite échelle – des dragons devraient vous coûter quelques nerfs. Par contre, on se réjouit du challenge et de la rejouabilité du titre si on recommence God of War sur PS4 dans le niveau max de difficulté.

Pour en revenir au challenge du scénario majeur, il a été assez surprenant de constater que tous les affrontements contre les boss ne se montraient pas si gigantesques. Pourtant, Baldur a élevé le niveau d’entrée de par sa rencontre colossale avec Kratos. Néanmoins, on ne pourra pas dire qu’affronter Magni et Modi fut passionnant. Leur duo aurait pu être original et difficile à aborder, or ce ne fut pas le cas et ils étaient dépourvus d’un pattern inspiré, même ne serait-ce que créatif. Personnellement, je pense que ce fut un mauvais choix de la part du studio en terme de mise en scène et de combat. Aussi, les géants se ressemblent un peu tous en terme d’animation, que ce soit les mini-boss que l’on rencontre ici et là ou des grands boss (cf Mattugr Helson), ce qui est dommage. Hormis cela, nous nous sommes régalés contre les Valkyries, Baldur ou d’autres apparitions que nous priverions bien de dévoiler pour ne pas évoquer l’intégralité de God of War.

Crafte-moi si tu peux

On se surprendra aussi d’apercevoir l’intégration intelligente de collectibles dans God of War, enfin dans sa grande globalité. En effet, les coffres ne sont plus utilisés seulement pour la vie, la rage et la magie mais pour acquérir de meilleures statistiques pour Kratos. Ainsi, en résolvant quelques petites énigmes ou puzzles et en ouvrant des coffres, nous améliorons nos personnages et sommes en mesure de personnaliser les héros à notre guise. Si Atreus ne profite que d’une tenue générale à choisir selon les attributs et les bonus que vous souhaitez lui faire acquérir, Kratos se bâtit une armure de légende au fur et à mesure de votre aventure. D’ailleurs, le suivi des quêtes annexes se poursuit principalement dans ce but, améliorer au maximum votre équipement. Si vous farmez à Niflheim de nombreuses heures, vous serez capables d’améliorer certaines tenues au maximum et d’ouvrir des coffres bien spécifiques. Si vous enchaînez les défis à Muspellheim, vous ouvrirez des trésors particuliers aussi. Chaque zone comporte son genre de stuff et les forgerons nains Sindri et Brok présentent même des ateliers avec des fournitures distinctes selon le lieu sur lequel vous vous trouvez.

Tous vos exploits sont récompensés par de l’argent ou de l’expérience. Ils représentent des monnaies vous donnant accès à de nouvelles techniques pour vos armes ou des ressources pour améliorer votre armure chez les nains. De nombreux éléments sont à optimiser dans God of War, que ce soit les attaques spéciales, les attaques runiques, l’armure ou l’arme et cela vous prendra un certain temps, vous forçant à faire des choix sur le secteur à parfaire.

Nous noterons que des cartes à trésor sont éparpillées dans les différentes villes, donnant accès directement à de nouvelles récompenses et des ressources rares. Hormis donc la quête du Platine, cela impactera les statistiques de Kratos. Par contre, là où on reprochera au studio affilé de Sony d’avoir simplement étendu la durée de vie avec des collectibles presque inutiles, ce sont les yeux d’Odin. Si cela apporte une dose supplémentaire de mythologie nordique, cela ne représente pas un grand intérêt de s’en débarrasser excepté pour ceux qui souhaitent obtenir le trophée PlayStation.

Le premier volet de God of War dans la mythologie nordique n’en demeure pas exceptionnel à de nombreux égards. Les développeurs ont su nous immerger dans un univers incroyable, avec des environnements soignés, le lore travaillé dans toutes les quêtes, ce qui offre une cohérence incontestable au titre. Même si certains boss se sont montrés décevants à affronter, la mise en scène de chaque cinématique les entourant s’est montrée captivante. Enfin, Kratos et Atreus entretiennent une relation père et fils compliquée, torturée entre le passé du père et l’avenir du second. L’aventure se montre époustouflante et les révélations concernant l’histoire ne présagent que du positif pour l’avenir de la série.

God of War nous offre une entrée en matière remarquable dans l’univers nordique. La licence n’a rien perdu de sa superbe et les changements effectués se sont montrés aussi pertinents qu’efficaces. La caméra change considérablement l’expérience de jeu et permet une immersion sans faille dans le périple de Kratos et Atreus. La cohérence du scénario aurait pu être mise à mal par le voyage de Kratos d’une mythologie à une autre mais il n’en est rien, la  façon dont il est expliqué s’emboîte avec intelligence. Le passé du fantôme de Sparte n’est pas oublié et participe continuellement à l’aventure des deux héros, un disciple et son mentor, un fils et son père, deux relations qui rendent parfois les rapports tendus et toujours bien écrits. God of War représente un grand titre, une œuvre avec un historique, une âme, tout ce qu’il faut pour éveiller notre passion et il est facile d’affirmer qu’il constitue incontestablement un des jeux de l’année. Chapeau !

Points forts

  • L'intégration de Kratos dans le monde nordique réussie
  • Toujours aussi jouissif d'incarner le fantôme de Sparte
  • Plusieurs axes scénaristiques bien menés
  • Une direction artistique dantesque
  • La personnalisation des armes et équipements
  • Des PNJ qui apportent de la profondeur au titre

Points faibles

  • Des boss fight pas toujours inspirés
  • Pas assez de challenge dans l'histoire principale
9

Amazing

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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