Mai est une adolescente qui part en randonnée avec sa mère et qui se retrouve, à l’issue d’une chute dans une crevasse, dans un monde de lapins anthropomorphiques, un monde qui s’est fascisé il y a peu.
Rabbit Hole
Dans les premiers instants, Mai va aider puis être aidée en retour par un chat rose qui parle. Une association qui, au fil de l’histoire, va devenir un véritable binôme. Un couple qui va grandir à la faveur du recrutement de 3 mousquetaires lapins et de Molly, qui apparait comme la figure de résistance. Une résistante à la prise de pouvoir apparemment récente de BOSS, une figure clairement fasciste, ayant moult robots pour surveiller tout le monde, mais aussi 3 lieutenants pour contrôler un royaume lapin tout en couleurs chatoyantes et une architecture à vous faire avoir une crise de diabète sucré.
Le BOSS n’a que trois règles : personne ne rentre, personne ne sort et personne ne pleure.
Une aventure qui va avoir deux enjeux : retourner dans le monde de la surface et mettre fin au despote. Mais surtout une aventure qui va, au long des 8 heures qu’elle propose, aborder des thèmes aussi variés que la trahison, l’abandon, la dépression, le perte de l’être cher à travers sa trame principale, mais aussi et surtout à travers les histoires personnelles des principaux protagonistes. Ou comment aborder des sujets graves et importants à travers une direction artistique que ne renierait pas un dessin animé pour les moins de 9 ans. D’autant plus qu’Apopia Sugar Coated Tale reprend des éléments, à mon sens, de contes pour enfants. L’adolescente qui tombe dans un trou pour arriver dans un royaume féérique (Alice), qui va se retrouver à combattre une menace nommée que personne ne voit (Oz) pour manger un haricot (Jack) qui va décupler ses pouvoirs.
Car voyez-vous, Mai a des pouvoirs mentaux qui lui permettent de se balader dans la part sombre des gens pour découvrir leurs secrets aux titres desquels : leurs angoisses et leurs causes.
Un fourre-tout bien organisé
Thématiques intéressantes qu’on ne trouve malheureusement que dans les jeux indépendants. Un univers qui semble être un mélange de plusieurs inspirations, et un mélange qu’on retrouve aussi dans le gameplay. Celui-ci est assez simple, assez linéaire, à tel point qu’on se dit que la cible doit être les plus jeunes, jusqu’à ce que la narration nous fasse comprendre qu’on ne va pas parler de lapins mousquetaires et de chat grognon. On fouille un peu le décor, on trouve des objets comme dans un Point & Click, et on discute histoire d’avoir quelques indices qui n’étaient pas vraiment nécessaires tant la difficulté était absente.
Puis, à la fin du premier chapitre, tout s’accélère, ou du moins on met les petits plats dans les grands. Jeu de rythme, de mémoire, de précision, voire jeu de rôle avec deux séquences clairement hommage aux RPG de la fin des années 80 comme Might and Magic premier du nom ou Wizardy. Les jeux sont plutôt sympas, les énigmes assez claires pour la plupart, à une ou deux exceptions, et mon seul énervement a été causé par les jeux de rythmes (2 au total).
Quand on passe dans le monde mental, la DA switche aussi et la différenciation est bien trouvée. Reste la musique qui, sans être inoubliable, sait accompagner agréablement narration et séquences de jeu.
Apopia Sugar Coated Tale est un jeu très sympathique aux thématiques fortes (dépression, sentiment d’abandon, perte des proches, et sur un plan plus explicite, la dictature). Le tout porté par des personnages très sympathiques et un gameplay fait de mini-jeux qui changent de tableaux en tableaux. Une chouette aventure à recommander.
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