TEST – Aragami 2, l’ombre d’un doute

Arrache-toi d’là t’es pas d’ma bande,
T’es un Aragami donc marche à l’ombre

Aragami 2

Développeur : Lince Works
Éditeur : Lince Works, Yooreka Studio
Genre : Action/Infiltration
Supports : PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series, Switch, PC
Support de test : PC (version commerciale)
Date de sortie : 28 juillet 2021

 

Aragami 2Le premier opus d’Aragami avait été pour moi une bonne surprise comme vous le confirmera son test (à lire par ici). Ses mécaniques et son style visuel entre autres lui avaient permis de s’attirer mes bonnes grâces. C’est tout logiquement que cet Aragami 2 figurait sur mes tablettes. Alors est-il à la hauteur de son aîné ? Le surpasse-t-il ? Après une dizaine d’heures de jeu, je suis en mesure de vous apporter des premières réponses.

Scénario

L’aventure commence par la mort de notre personnage embroché comme un poulet par la lame d’un ennemi mystérieux. Il se réveille pourtant au sein du village Kakurega et en rencontre le chef qui lui explique qu’il est désormais lui aussi un Aragami. Comme tous les habitants du village, il est atteint d’une malédiction qui lui confère certes l’immortalité mais aussi la perte du visage et de son âme. Par ailleurs, la vallée qui abrite le village est la proie d’une faction belliqueuse qui asservit ou massacre tout sur son passage. L’arrivée de notre héros, soldat d’élite, pourrait pourtant faire vaciller l’équilibre du pouvoir et aider les aragamis à lever la malédiction qui pèse sur eux.

Malheureusement le scénario n’est pas excessivement passionnant et surtout la narration qui ne se fait quasiment qu’au travers des boites de dialogue in-game n’est pas immersive pour un sou. On se surprend alors à finir par lire les conversations en diagonal tant on y porte de moins en moins d’intérêt. C’est d’ailleurs dommage puisque les rares cinématiques du jeu sont captivantes et le jeu aurait vraiment gagné à beaucoup plus les utiliser dans sa narration… ou alors à moins utiliser les boîtes de dialogue.

Technique

Visuellement, Aragami 2 a abandonné le style en cell shading du premier opus pour des graphismes plus « classiques ». Le choix ne s’avère malheureusement pas bien payant. Non pas que les graphismes soient désormais affreux mais ils ont grandement perdu en charme. Et même s’ils ne sont pas affreux donc, ils ne sont pas non plus à couper le souffle ce qui questionne d’autant plus sur ce changement de style.

Si le rendu visuel n’est pas vraiment convainquant, la copie sur le plan sonore ne l’est pas beaucoup plus. Il se dégage de manière générale une certaine pauvreté dans l’ambiance sonore. Outre quelques musiques quelconques (hormis celle dans le village qui est très bien), les bruitages sont réduits à leur portion la plus congrue si bien que lorsque l’on évolue au sein des niveaux, on aurait presque l’impression d’être dans le vide intersidéral. Le doublage des personnages est aussi très étrange avec des variations et des effets sonores sur les voix incompréhensibles.

On dénombre également des bugs dans les animations qui la plupart du temps ne sont heureusement pas gênants. En revanche certains peuvent vous faire rater le meurtre discret que vous aviez planifié et ainsi compromettre grandement la réussite de la mission. Après, ces bugs ne sont pas non plus légion et dans l’ensemble on progresse sans trop de pépins techniques.

En revanche, le vrai point noir de la partie technique reste l’IA des gardes qui laissent grandement à désirer. On ne sent pas une véritable pugnacité des ennemis pour nous trouver quand ils ont un soupçon plus ou moins net de notre présence. C’était déjà un défaut du premier Aragami, on constate donc que ce point n’a pas été travaillé.

Gameplay

Le gameplay d’Aragami 2 a connu quelques modifications par rapport à celui de son ainé. Avant toute chose, on reste tout de même dans un jeu d’infiltration où l’objectif sera de parcourir les niveaux avec le maximum de discrétion.  On peut bien sûr toujours se téléporter sur une courte distance soit pour se déplacer plus vite soit pour atteindre des corniches, ce qui est très classe. On peut effectuer des assassinats au katana, par derrière, par dessus, jeter des kunais, placer des pièges etc… Les bonnes bases du gameplay qui avaient su me convaincre à l’époque sont toujours là.

Pour autant, l’un des mécanismes centraux, voire LE mécanisme central du premier Aragami a été évincé. A l’époque, le protagoniste de l’époque se devait d’évoluer dans l’ombre car lorsqu’il traversait des zones lumineuses, il perdait très vite la faculté d’utiliser ses pouvoirs. Cela nous obligeait alors à une grande prudence et une toute aussi grande réflexion pour pouvoir atteindre les objectifs des missions. On se souvient que l’utilisation de la capacité d’assombrir temporairement des zones avant de s’y téléporter était une compétence à maitriser. Dans Aragami 2, rien de tout ça donc. L’ombre et la lumière n’ont plus guère d’importance hormis celle de nous rendre plus ou moins visible aux yeux des ennemis. Aucun autre malus ne viendra nous pénaliser. On perd grandement en stratégie ce qui est très dommage évidemment.

Autre bouleversement, les combats avec les ennemis. Dans le premier volet, ils étaient à bannir. La mort étant la seule issue possible si un garde nous prenait à fureter. Avec ce nouvel opus, le duel au katana est possible avec un système de frappes et contres. Tout à fait gérable en 1v1, la fuite reste cependant recommandée quand plus d’ennemis vous arrivent sur le râble. Toujours est-il que la punition encourue lorsqu’un vilain nous attrape n’est plus aussi rédhibitoire. Tout cela a aussi pour conséquence de faciliter grandement le jeu.

Le bon apport d’Aragami 2 se situe, lui, du côté des talents de notre personnage. Tout une panoplie de techniques pourront se débloquer au travers d’un arbre de compétences. Certaines seront utiles s’il l’on privilégie l’assassinat, tandis que les autres seront utiles si l’on souhaite ne tuer personne. Chacun y trouvera donc son bonheur en fonction de sa manière de jouer et c’est appréciable.

Les derniers points

L’un des problèmes majeurs du jeu sur la durée concerne les niveaux. Ils sont très monotones et sans véritables idées de level design pour épicer un peu le challenge. Les quelques maps présentes dans le jeu se ressemblent beaucoup et surtout nous sommes obligés de les visiter à de très nombreuses reprises puisque les missions se déroulent au mêmes endroits. Avec une quarantaine de missions, la durée est très correcte puisqu’elle atteindra la vingtaine d’heures mais on a vite une sensation de redondance. Même les différents types d’ennemis qui se rajoutent petit à petit n’apportent pas non de véritable variation, juste un tout petit peu plus de difficulté. Dommage encore une fois.

Outre le choix laissé pour remplir son arbre de compétences, Aragami 2 propose également de customiser notre héros. On peut ainsi personnaliser son épée, son masque ou encore sa tenue parmi toute une panoplie que l’on débloque en terminant les missions ou en dénichant des objets cachés dans les niveaux. Tout ça n’est que purement cosmétique, ces accessoires n’influant pas sur les caractéristiques du personnage. Seules les runes permettent de booster un trait du personnage tout en diminuant un autre, mais on peut n’équiper qu’une rune à la fois ce qui limite grandement l’optimisation. Au final, c’est surtout pour le style que l’on peut pimper notre Aragami.

Aragami 2Ce qui peut nous permettre de frimer en ligne. Hé oui, Aragami 2 est jouable en coopération en ligne. Lors de mes parties sur PC, je n’ai vu que très peu de salon ouvert mais si l’un de vos amis possède également le jeu, vous pourrez partager l’aventure, ce qui est tout de même appréciable. L’infiltration à deux est toujours très captivante puisqu’elle demande de réfléchir à l’approche en équipe.

 

A l’heure du verdict, force est de constater qu’Aragami 2 est en dessous de son ainé. Trop simplifié, vidé de son charme esthétique, sans nouvelles idées intéressantes, ce second opus arrive malgré tout à divertir quelques heures, puisque l’aspect infiltration repose quand même sur des bases de gameplay accrocheuses. Seulement par manque de variété dans les niveaux, le titre de Lince Work finira immanquablement par lasser. On attendait mieux de cette suite et on est donc en droit d’être déçu.

 

N’hésitez pas à partager votre avis sur le jeu via les commentaires ou sur l’un de nos réseaux sociaux que vous retrouverez sur notre Linktree.

Points forts

  • Des bases de gameplay qui fonctionnent
  • L'arbre de compétences
  • Durée de vie correcte

Points faibles

  • Des mécaniques du premier épisode qui manquent
  • Une ambiance sonore pauvre
  • Une IA qui laisse à désirer
  • Les niveaux monotones et redondants
  • Un scénario qui n'accroche pas
6

Fair

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