TEST – Black Mirror : Un teint blafard

Black Mirror : Un teint blafard

(testé sur PC à partir d’une version presse)

FICHE TECHNIQUE :
Supports : PC / PS4 / Xbox One / Mac / Linux
Développeur : King Art
Éditeur : THQ Nordic
Genre : Aventure point & click horrifique
Date de sortie : 28 novembre 2017

 

Black Mirror

Et il est important de commencer par préciser que le jeu n’a rien à voir (mais alors rien de rien) avec la série à succès du même nom. Mais une filiation existe bien, puisque Black Mirror est en fait le reboot d’une série de jeux d’aventure ayant vu le jour au début du siècle (oui du siècle … en 2003).

L’histoire de Black Mirror se déroule en 1926, vous incarnez David Gordon en visite, pour la première fois, dans le manoir familial situé dans un coin reculé de l’Écosse pour régler l’héritage de son père. Celui-ci ayant mis fin à ses jours en s’immolant par le feu en pleine nuit et rase campagne.

David, élevé dans les Indes britanniques, avait des relations distantes avec son père, il est pourtant en possession d’une lettre, au contenu pour le moins décousu, accompagnée d’un morceau de maquette envoyé par ce dernier. De bonnes raisons pour découvrir ses origines familiales et comprendre la mort de son géniteur.

De plus, petite cerise sur le gâteau , David est tourmenté par des visions, sortes de cauchemars éveillés, depuis son plus jeune âge.

Qu’est ce qui pourrait mal se passer ?

Black Mirror

Un cliché dans le miroir ?

Point crucial pour un jeu d’aventure, le scénario. Celui de Black Mirror empile les clichés dès la première minute , vous arrivez de nuit dans un manoir lugubre et êtes accueilli par des serviteurs et une grand mère qui semblent jouer au jeu du kikiSeraLePlusHostile : Majordome One Point !

Alors on se met à fouiller un manoir de nuit, à avoir des visions pile au moment où on s’y … attend et à continuer de se faire traiter comme un pestiféré alors que vous êtes le seul et unique héritier et donc propriétaire des lieux. Et là, on touche à deux clichés particulièrement courants et énervants dans la narration et ce quelque soit le média. Le premier consiste à inverser le rapport hiérarchique et faire en sorte que le dominant n’ait jamais droit de réponse ou du moins n’ose jamais exercer son autorité. Le second est celui du personnage qui laisse filer. Vous posez une question à un personnage qui vous répond un truc énigmatique ou apparemment hors contexte et sort de la pièce. Et vous, vous restez là en vous disant (et c’est exactement ce que se dit David) que vous auriez bien aimé avoir une réponse, ou que vous redemanderez plus tard.
Bref, vous êtes une victime.

Nous avons tous déjà vu ces deux clichés d’écriture à de très nombreuses reprises. Et justement, c’est bien là le problème. David a le droit d’être diplomate, patient voire introverti, mais une écriture des dialogues plus fouillée aurait été appréciable.

Le scénario est très dirigiste. Les objectifs doivent être remplis dans un certain ordre et vous empêcheront d’accéder à certaines parties du domaine s’ils ne sont pas terminés. Ce dirigisme va jusqu’à vous forcer à faire des choses qui n’ont pas forcément de sens. Comme vous faire fracturer le secrétaire de grand mamie à peine 3 minutes après votre arrivée. Pourquoi ? Une obsession des choses fermées ? Tous les personnages vous invitent à leur parler le lendemain, mais non, il faut ouvrir ce meuble. On ne sait pas ce qu’on cherche, on ne sait pas ce qu’il peut y avoir dedans, mais crochetons-le.

Autre exemple, vous trouverez facilement et rapidement le numéro de téléphone d’une psychiatre et David émet alors le souhait de lui parler. Vous tombez sur un téléphone mais impossible de l’utiliser (le jeu ne vous propose pas d’appeler le numéro en votre possession). Et lorsque la psychiatre arrive d’elle-même au manoir, David est méfiant et agressif à son égard. MEC TU VOULAIS LUI PARLER !

Enfin Black Mirror n’est pas aidé par son gameplay.

Un gameplay paradoxal

Black Mirror

Débutons par les dialogues. A l’inverse de nombreux titres du genre, n’ayez pas peur de parler de tout à tout le monde. Déjà car ça ne changera rien au scénario ou à leur attitude. Et ensuite car des sujets trop brûlants seront auto-censurés par le héros.

Un peu dans la même thématique vous ne pouvez pas interagir par anticipation. Pour ramasser quelque chose, il est nécessaire que le besoin s’en fasse sentir. Une caisse à outils devant vous ? Impossible de ramasser quoique ce soit (et pourtant vu l’état du domaine on le sait qu’un tournevis va être utile) mais non, on prend note de la boîte et on vous demandera d’y retourner une fois que la vis aura été trouvée. Frustrant de dirigisme.

Le gameplay dans son ensemble est d’une facilité déconcertante de prise en main. Des minis cercles apparaissent quand vous pouvez interagir avec un élément et vous ne tomberez pas dans l’écueil de cliquer partout à l’écran en espérant une réaction. Idem pour les interactions, vous ne pouvez pas tester des combinaisons, même farfelues, à l’infini. Quand un objet peut interagir avec un autre on vous le propose point.

Et votre inventaire se vide après chaque moment clé, quand les objets ne vous sont plus utiles, ils disparaissent.

Vous aurez compris l’effet négatif de tout ceci : la facilité. Les énigmes sont faciles. Si vous vous prenez la tête plus de 3 minutes sur une énigme, c’est que vous n’avez jamais fait de jeu d’aventure (ce qui n’est pas un défaut notez bien) ou que vous avez mal regardé. A ce sujet, la direction de la caméra est plutôt bonne. Finissons par quelques moments en QTE (Quick Time Event : appuyer au bon moment sur la bonne touche) pas forcément d’une facilité folle en revanche car bien positionner le personnage par rapport à l’élément avec lequel interagir peut se jouer au pixel prêt.

Une réalisation en demi teinte

Black Mirror

Autant aller droit au but, si les décors sont bien faits (en extérieur on peut voir au sol l’ombre des nuages passant dans le ciel) et que l’ambiance est souvent pesante et lourde comme on l’attend d’un tel titre, la réalisation est moyennasse.

Animations des personnages rigides (quasi-mécaniques), quelques bugs d’affichage (rien de très flagrant ceci dit), graphismes des mêmes personnages ayant quelques années de retard et des bugs qui vous bloqueront et vous obligeront à recharger votre partie. Heureusement vous pouvez sauvegarder à n’importe quel moment. Notons cependant, que ce bug peut venir de la version Bêta/Presse utilisée pour le test.

Enfin parlons des temps de chargement, et à l’inverse de ceux-ci soyons courts. Un chargement à chaque changement de pièce via un écran noir. C’est rébarbatif, coupe l’action et surtout la motivation et vous fera réfléchir à deux fois avant de quitter une pièce ou de prendre une décision sur l’endroit où aller ensuite.

Black Mirror

A qui s’adresse Black Mirror ?
Trop facile pour les amateurs d’énigmes.
Trop soft pour les amateurs d’horreur.
Trop cliché pour les amateurs d’histoires et d’aventures.
Restent les joueurs occasionnels ou débutants.

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Points forts

  • Le décor
  • L'ambiance

Points faibles

  • Les temps de chargement
  • Animation rigide des personnages
  • Trop dirigiste
  • Bugs qui ont bloqué le jeu durant le test
  • Trop facile
5.8

Average

Gameplay - 5
Ambiance - 7
Scénario - 5
Graphismes - 6

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