A force de dire qu’on travaillait dans un environnement toxique, il fallait bien que ça arrive. Les étages du siège social se sont remplis de créatures maléfiques, enfin pas forcément plus que d’habitude, mais surtout dangereuses et légèrement plus que d’habitude, du moins pour notre intégrité physique. Alors il n’y avait plus qu’une chose à faire : sortir les cartons et s’en faire une armure et une arme pour partir à l’assaut des différents services de l’entreprise.
Préférerais-je être craint ou aimé ? Facile. Les deux. Je veux que les monstres aiment combien ils ont à me craindre
C’est à dire que c’est mon premier jour. En tant que chargé des relations internes aux structures externalisées, je m’attendais à être accueilli par la RH, peut-être mon people manager, à minima mon chef d’équipe. Mais c’est bien le gars de l’entretien qui m’explique tout ce qu’il y a à savoir. Comme quoi l’entreprise a sa légende. Le chevalier boîte.
Je ne juge pas, toutes les boîtes (sans jeu de mot), ont leur légende. Mais c’est vrai que ma dernière était plutôt sur Jean-Eude qui avait réussi à vendre 3 expressions de besoin là où une seule aurait fait le boulot. Sacré Jean-Eude. Sacré tête de cøn.
Alors il a enchaîné, me parlant, le mec de l’entretien, pas Jean-Eude, de Trevor de la compta, d’Anton du marketing numérique et de Lauren du marketing respectivement Khar’ong The Obliterator chevalier de feu, Grungvad The Destroyer, chevalier de glace et Artmeitra The Soothing, chevalier de foudre.
Oui les différents services sont infestés et ça va être à moi de gérer apparemment. Parce que personne ne veut s’y coller, et qu’en tant que nouveau, j’ai pas trop le choix si je veux pas qu’on mette fin à ma période d’essai.
Alors je vais devoir m’équiper de cartons et défoncer tout ce qui passera à portée, et même hors de portée pour nettoyer tous les services, tous les étages.
J’aurais bien aimé un peu de polystyrène, mais l’ambiance est à la chevalerie, pas aux meccas. Et si j’échoue ? Je meurs. Sauf que la mort doit être manager N+2 car elle nous demande de faire des heures supplémentaires et d’y retourner le cœur joyeux.
Et dire que je trouvais ma dernière boîte toxique.
« On rate 100% des shoots qu’on ne prend pas. » « Wayne Gretzky » Michael Scott
Pour le gameplay, on retrouve les classiques du genre. On tape, on esquive, on saute, on charge, on fait donc des attaques sautées. En fin de tableau, notre performance est notée comme en entretien de fin d’année et on a le choix entre 1 et 3 bonus selon notre perf. Des fois on croise des collègues qui n’ont pas réussi à rejoindre la zone sécurisée et ils nous donnent le choix entre récupérer une potion de vie ou un bonus d’expérience.
Expérience qu’on dépensera dans des augmentations une fois de retour au départ. Pièces d’or (même pas une crypto) qu’on dépensera en équipements, toujours en carton. On augmentera ainsi notre renommée, ce qui nous permettra aussi de jouer avec des améliorations spéciales. Et si en plus, on a prêté allégeance a Khar’ong The Obliterator, Grungvad The Destroyer ou Artmeitra The Soothing, alors on commencera tout doucement à jouer avec les synergies.
Rien d’aussi poussé que d’autres dans le genre, Hades en tête, car tournant plus autour de votre personnage directement (vitesse de frappe, dégâts, vie, protection …). Un template qui marche bien, le full tanking si vous avez la chance de tomber sur la réduction de dégâts et augmentation de points de vie par salle finie.
Reste les ex collègues, les monstres. Chacun a sa spécialité, chacun a droit à sa description sarcastique piquant le monde réel de la vie en open space. Inattendu, des monstres trouvés après tel ou tel mini boss, apparaissent, à la run suivante bien plus tôt. Empêchant ainsi le jeu de devenir trop facile trop vite. On est vite submergé par les vagues dont il faut se défaire pour passer au tableau suivant.
Entretien de restitution
Box Knight est fun, nerveux, bien écrit pour être drôle et mordant pour toute personne ayant bossé dans un bureau une fois dans sa vie. J’aurais d’ailleurs pu illustrer cette critique avec uniquement les descriptifs des monstres et boss. Chaque run simule une semaine de boulot, au bout de 4, le salaire mensuel en fonction de vos résultats.
Les mini boss ont des patterns simples mais à ne pas ignorer particulièrement, la RH fan de yoga qui est inapprochable (sûrement une métaphore du monde pro) et quand je dis particulièrement c’est que tous les boss ont cet aspect qui rend peut-être les combats un peu longs : on passe énormément de temps à courir pour esquiver les zones. Cela vaut aussi pour certains combats si le tirage est en votre défaveur, car le facteur aléatoire est assez important. Peu importe la section, comme je l’écrivais plus haut, une fois les monstres découverts, leur emplacement n’est pas fixe, pas plus que les tableaux. Vous pouvez alors vous retrouver assailli voir submergé. Cet aléatoire fait que le jeu n’est pas forcément plus facile à mesure que vous améliorez votre chevalier. Un fois votre première run terminée, cette impression en sera renforcée.
3 armes à disposition mais aucune à distance et un système de combat peut-être un peu redondant, mais je pense que c’est plutôt la longueur de certains d’entre eux qui les rend redondants. Des armures à débloquer par dizaines, des artefacts. Il y a de quoi faire. Et c’est tant mieux car ce Box Knight est très agréable à avoir manette en main, même si certaines hitboxes sont un peu hasardeuses. Ainsi il n’est pas rare de taper un monstre sur une ligne pour soit taper un, sur une autre, soit le rater. Pas gravissime sauf pour les exécutions. Quand votre énergie est chargée (à force de frappes sans avoir été touché), vous pouvez infliger un coup très puissant à un boss ou tuer instantanément un ennemi de base. Le jeu ciblera souvent le monstre d’à côté. Et quand vous découvrirez le bestiaire, vous analyserez pourquoi c’est un problème ainsi qu’être plus stratégique dans vos frappes pour le contourner. Certains aspects négatifs seront gommés par des augmentations, mais il y a fort à parier que vous aurez fini le jeu avant de les débloquer.
On aurait aussi aimé que les attaques de zones soient plus différenciables, d’autant que les zones de combats peuvent être étroites et étriquées. Le décor aurait pu contenir plus d’éléments avec lesquels interagir.
Finissons pas le mode Horde, qui sera disponible une fois que vous aurez passé le niveau 15. Comme son nom l’indique, le but est de crouler sous les monstres avant, d’éventuellement, couler. Les récompenses sont importantes et après chaque mini-boss, on vous demandera si vous voulez arrêter sous peine de tout perdre si vous échouez. De nouveaux monstres apparaissent mais ce sont des swaps colors avec des pouvoirs différents. La Horde comme le mode Solo sont jouables en coop local.
Box Knight est un bon petit Rogue Lite qui a bien fait sourire l’office guy que je suis. Axer son développement sur le personnage plus que sur la synergie de pouvoirs donne une petite touche différente et rétro. Le jeu est nerveux et nous rendra nerveux par une cruauté dûe à un affichage qui aurait pu être meilleur et une part d’aléatoire parfois un peu cruelle ; une courbe de progression et de difficulté non-linéaire. Une démo est toujours disponible et le jeu est à moins de 15€.
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