TEST – Call of Cthulhu : enquête en eaux sombres

Call of Cthulhu, le dernier bébé de Cyanide et adaptation du jeu de rôle papier éponyme vient hanter cette fin d’année. Disponible pour Halloween (forcément), le jeu nous promet des heures de frisson et d’effroi. Pour les bonnes raisons ?

Call of Cthulhu

Développeur : Cyanide
Éditeur : Focus Home Interactive
Genre : RPG / Horreur / Enquête
Date de sortie : 30 octobre 2018
Supports : PS4, Xbox One et PC
Version pour le test : PS4 (fournie par l’éditeur)

Image de Call of Cthulhu

Une histoire de tentacule

Call of Cthulhu nous plonge dans la peau d’Edward Pierce, un ancien militaire reconverti en détective privé. Notre enquêteur, accro aux bonbons qui font dormir, est engagé pour lever le voile sur la disparition de la famille Hawkins. Sur la petite île côtière de Darkwater, Edward Pierce va mener l’enquête et découvrir que le mystère enveloppant la mort de la famille est plus compliqué qu’il n’y paraît.

Comme vous le savez sans doute, Call of Cthulhu prend place dans l’univers écrit par H.P Lovecraft et est basé sur le mythe de Cthulhu, la divinité cosmique aux tentacules. La première chose qui saute aux yeux quand on parcourt le jeu, c’est probablement la déclaration d’amour du studio pour l’univers torturé de l’écrivain américain. De l’écriture des personnages aux environnements parcourus, en passant pas le scénario global de l’aventure, le titre de Cyanide transpire le respect pour le matériau de base. Tout est pratiquement comme vous l’imaginiez quand vous lisiez une nouvelle de l’auteur. On est donc rapidement enjoué à l’idée de retrouver cette ambiance si particulière, mêlant avec habileté, culte, mystère, horreur et créatures repoussantes.

Image de Call of Cthulhu

Continue de parler, tu m’intéresses

Adapté du jeu de rôle éponyme sorti en 1981, Call of Chtulhu n’hésite donc pas à piocher dans les mécaniques de RPG classique. On se retrouve donc inévitablement avec un arbre de compétences à améliorer en fonction du type de personnage et d’expérience que vous souhaitez vivre. L’arbre vous propose de perfectionner votre force, votre éloquence, votre psychologie, vos talents d’investigation, la faculté à trouver des objets cachés, vos connaissances en occultisme ainsi qu’en médecine. C’est donc à vous de décider des capacités de votre personnage car évidemment, l’amélioration de chacune des compétences influera votre expérience de jeu. La force débloquera par exemple la possibilité d’intimider les personnes lors des discussions et de crocheter certaines serrures tandis que booster votre psychologie vous permettra de mieux comprendre les intentions cachées et l’état mental de votre interlocuteur. De nombreuses possibilités donc, qui permettent de forger une aventure à l’image de vos choix et de votre comportement. Bien entendu, ce dernier, au même titre que vos compétences et vos connaissances, influe la perception que vous avez du monde qui vous entoure et celle que le monde a de vous. Vos choix ont une incidence sur certains événements et l’artifice fonctionne à merveille puisqu’il est assez difficile (la plupart du temps) de savoir comment se seraient déroulées les choses si vous aviez agi autrement. Il y a également une bonne dose d’aléatoire lors de la première partie puisque logiquement, vous ne pouvez pas prévoir tout ce qui va arriver. De ce fait, suivant la façon que vous avez de jouer, certains événements seront forcément inévitables. Cet aspect ne fait que renforcer l’impression de participer à un jeu de rôle papier où le maitre du jeu est impitoyable (et un peu sadique, aussi).

Bien entendu, le jeu ne se résume pas qu’à des phases de dialogue. Ces dernières, clé de voute du gameplay, sont cependant ternies par la seconde facette du gameplay de Call of Cthulhu : l’exploration. En bon jeu d’aventure/horreur à la première personne, le titre nous offre un gameplay à base d’infiltration. Et comme vous vous en doutez, il ne faudra pas être claustrophobe puisque vous allez visiter pas mal de placards pour esquiver les ennemis. Enfin, qualifier les PNJ aux intentions peu louables « d’ennemis » est peut-être un peu galvaudé, tant la cécité et la débilité de ces derniers est impressionnante. Et tout cela est dû à une IA complétement foirée qui fait office de machine à remonter le temps vidéoludique. Vous me direz, cela va de pair avec l’aspect technique du jeu, mais nous y reviendrons.

Rien n’est donc vraiment difficile dans Call of Cthulhu. Que cela soit les phases d’infiltration ou encore celles de résolution d’énigmes, tout est à portée de main d’un enfant. De prime abord, le titre semble embarquer la même mécanique de perception et de résolution d’énigmes que « The Vanishing of Ethan Carter ». De nombreux passages nous demandent d’utiliser nos talents de déduction pour retracer les événements d’un lieu. Là où ça fonctionnait dans le titre de « The Astronauts », c’est que cette mécanique demandait un peu de jugeote pour replacer avec succès ces derniers dans le bon ordre. Ici, il s’agit juste de trouver toutes les « preuves » pour clôturer la séquence. Des moments peu plaisants et qui reviennent à longer tous les murs pour trouver tous les éléments cachés.

Et je ne parlerai pas des phases équipés d’une arme, puisque ces dernières n’apparaissent qu’à deux reprises lors de l’aventure. De plus, le jeu n’a pas vocation à être tourné vers l’action et les gunfights. On lui pardonnera donc cet égarement, dont on se serait tout de même volontiers passé.

Image de Call of Cthulhu

T’as pas une gueule de porte-bonheur

Les trailers annonçaient un jeu techniquement dépassé et que dire si ce n’est que celui-ci est conforme aux attentes. Cependant, comme dirait un petit garçon d’une célèbre série TV : « Je n’attendais rien, mais je suis quand même déçu ! ». Techniquement, Call of Cthulhu est tout simplement dépassé et accuse des années et des années de retard. Pour être honnête, je ne pense même pas que le jeu aurait pu être une vitrine technologique à la sortie de cette génération de consoles, il y a… cinq ans. Les animations sont d’un autre temps et les textures bavent dans tous les sens. Du côté de la technique, on se remontera le moral avec le jeu de lumières, qui sans casser trois pattes à un canard, est plutôt honnête.

Cependant, si on ne s’arrête pas au côté purement technique, on trouvera un jeu à la direction artistique plutôt réussi. Comme nous vous le disions précédemment, le jeu transpire l’amour pour l’univers de H.P Lovecraft. Et cette impression se fait ressentir principalement grâce aux environnements dans lesquels notre bon vieux Pierce déambule. C’est simple, ils sont à la fois flippants, mystérieux et attirants… Pour peu qu’on ne s’approche pas trop quand même. On notera également l’excellente idée de faire évoluer les détails de l’environnement (par exemple les tableaux) en les rendant plus effrayants au fur et à mesure que la santé mentale du personnage est affectée par l’aventure.

L’ambiance sonore est également plutôt convaincante avec de nombreux bruits bien flippants et surtout oppressants. Néanmoins, du côté de la musique, aucune création n’est vraiment marquante. Dommage.

Video Call of Cthulhu

Call of Cthulhu est un jeu pétri de bonnes intentions mais qui a de nombreux soucis d’exécutions. La technique est complètement dépassée et les séquences de gameplay sont pour la plupart ennuyantes. Le seul réconfort disponible se trouve dans la direction artistique et le respect pour l’ambiance de l’œuvre de Lovecraft. Au même titre, l’écriture (que ce soit du scénario, des personnages ou des dialogues) est plutôt réussie et arrivera à vous maintenir en haleine jusqu’à la fin du jeu. Mais pas sûr que vous ayez envie d’y revenir par la suite, tant les phases d’infiltration et de résolution d’énigmes sont sans saveur.

 

Points forts

  • L'ambiance
  • Le respect pour l'oeuvre originale
  • L'écriture
  • La personnalisation du personnage

Points faibles

  • Techniquement dépassé
  • Une IA aux fraises
  • Les phases d'infiltration et d'énigmes, sans saveur
  • Trop facile
5.5

Average

"The heart may be weak. And sometimes it may even give in. But I've learned that deep down, there's a light that never goes out !"

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