TEST – Chaos;Child, j’ai mal à ma localisation

Hello and Welcome ! Si vous avez déjà mal à la tête avec ces deux mots anglais, nul doute que ce test de Chaos;Child va vous mettre les nerfs en pelote.

Chaos;Child

(testé à partir d’une version PS4 fournie par l’éditeur)

chaos childLe genre du Visual Novel n’est pas le genre le plus présent sur nos consoles surtout en Occident. Il faut dire que le concept de ce genre est assez éloigné de l’idée du jeu vidéo que se fait la majorité des joueurs. Les Visual Novel tiennent d’ailleurs plus de la vidéo que du jeu tant l’interactivité est limitée à sa portion la plus congrue. Pour autant ce genre possède quelques licences bien établies comme Danganronpa ou Steins;Gate. Cette dernière est développée par 5pb. qui développe également le jeu qui va nous intéresser aujourd’hui : Chaos;Child. Je savais très bien que ma rencontre avec ce titre allait être studieuse et que j’allais devoir avaler beaucoup de mots mais mon expérience nouvelle avec le genre du Visual Novel ne pouvait pas me préparer à la mauvaise surprise qui m’attendait. Vous voulez savoir de quoi il s’agit ? Alors lançons nous dans ce test.

Livre ++

Comme je viens de le dire, quand on se lance dans un Visual Novel, on sait d’avance que l’on va passer le plus clair de son temps à lire. Il est d’ailleurs là tout le principe, on peut le voir comme un livre nous proposant déjà quelques dessins pour agrémenter le tout. De ce côté là, Chaos;Child offre de jolis artwork qui arrivent toujours à coller avec l’ambiance et qui arrivent même parfois à accentuer la sensation que la trame scénaristique nous procure. On pourra juste regretter un manque de diversité lors de certaines longues scènes où l’on se dit que l’on a passé trop de temps devant le même fond.

Le Visual Novel permet également d’avoir les voix des protagonistes ainsi que des petites musiques d’ambiance. Le soft s’en sort plutôt pas mal dans ce domaine. Le doublage japonais est de qualité et colle au physique et à la personnalité des différents protagonistes. Il y a très peu d’exagération typiquement japonaise que l’on peut retrouver parfois, notamment sur les petits cris féminins. Les musiques aussi s’accordent parfaitement avec l’action ou l’humeur du moment. Rien d’exceptionnel malgré tout, même si j’ai bien apprécié le thème de l’opening.

L’autre apport que permet le Visual Novel par rapport à un bouquin c’est la possibilité d’orienter le scénario plus ou moins implicitement (non je ne compte pas les livres dont on est le héros sinon ça fausse ma phrase). Là encore, Chaos;Child n’échappe pas à la règle et propose ainsi divers choix qui conduiront à l’une des multiples fins possibles venant conclure votre aventure selon les affinités que vous aurez nouées. Pour déterminer ces choix, le gameplay nous entraine dans le subconscient du héros de l’histoire. En effet, il arrive à celui-ci de divaguer durant ses conversations. Au joueur ensuite de le pousser dans l’une des trois voies possibles : la positive, la négative ou la neutre. La neutre ne déclenchera rien du tout, l’histoire continuera son bonhomme de chemin comme si de rien n’était. Si vous choisissez la positive, logiquement le personnage principal s’imaginera des choses qui tourneront à son avantage. Le loustic étant un poil pervers, il lui arrivera régulièrement d’en profiter pour avoir des fantasmes pas toujours très sains voire même de mauvais goût. Reste donc la solution négative qui, elle, finira souvent par la sanction de la grande faucheuse.

Au final, quel que soit votre choix, qu’il soit positif ou négatif, le héros finira par reprendre ses esprits et la conversation continuera comme si de rien était. Les conséquences de vos décisions n’auront pas de prise dans l’immédiat. Difficile dans ces conditions de bien comprendre ce que l’on a fait et même de bien savoir ce que l’on veut faire. L’option était de se laisser voguer au gré de nos humeurs et de voir où le vent nous portera. Le scénario s’écrira quoi qu’il arrive.

Au revoir Molière, bonjour Shakespeare

Vous l’avez remarqué, je ne me suis pas encore étendu sur le scénario. Ce n’est pas un oubli mais il va nous mener rapidement vers l’énorme problème de Chaos;Child alors je le gardais pour la fin. Avant toute chose rapide présentation !

L’histoire se déroule en 2015, soit 6 ans après un terrible tremblement de terre qui a ravagé l’arrondissement de Shibuya à Tokyo. Le jeu démarre en nous faisant suivre la tragique destinée de deux personnes, nous plongeant d’entrée dans une atmosphère glauque qui va imprégner le reste de la trame scénaristique. Après ce prélude, on rencontre le personnage principal Takuru Miyashiro, lycéen de son état, et qui gère également le journal de son établissement. Accompagné par sa petite bande d’apprentis reporters composée notamment de son amie d’enfance Serika, de sa sœur adoptive Nono et de son pote Shinji, Takura mène l’enquête sur les mystérieuses morts de l’introduction. Rapidement, il va relier ces morts à d’autres toutes aussi étranges s’étant produites il y a 6 ans, peu avant le fameux séisme.

Autant être clair, Chaos;Child nous entraine dans une histoire horrifique articulée autour de l’enquête de Takuru et sa bande. Une bande que l’on apprendra à connaitre au cours du jeu lors de longues phases de dialogue. La trame se perd d’ailleurs parfois un peu dans des digressions pas toujours très utiles. Rien d’étonnant donc à découvrir que Chaos;Child a une durée de vie de près de 60 heures. Hé oui, seulement il y a tout petit, un très léger problème à tout cela : la langue des textes.

Non, n’espérez pas voir un seul mot français. La traduction de Chaos;Child n’a été faite que du japonais vers l’anglais. Alors oui, de nombreux jeux ne se paient pas le luxe d’une localisation française digne de ce nom (il n’y a qu’à voir mon test de Yakuza Kiwami pour s’en convaincre), seulement le Visual Novel n’offre presque rien de plus que du texte en termes de gameplay. Logiquement, si l’on veut séduire un public d’une certaine langue avec un titre du genre, il faut lui donner dans sa langue sinon c’est perdu d’avance. Je vais me prendre pour exemple pour illustrer ce propos. Je n’ai, pour ma part, pas de réels problèmes avec l’anglais. Sans être bilingue, j’arrive à comprendre la quasi-totalité d’un texte dans la langue de Kate Middleton. Pour autant, me cogner 60 heures de lecture dans une langue qui n’est pas la mienne relève presque de la punition.

chaos childDès lors, suivre l’histoire, tout aussi bonne et prenante puisse-t-elle être, devient tellement fastidieux qu’il n’en reste presque plus de plaisir. Et je ne parle même pas des allergiques à l’anglais qui eux sont éliminés d’office (désolé les gens !). A partir de là tout est dit, et la conclusion qui va suivre s’écrit d’elle-même.

Malgré ses qualités concernant son ambiance, sa durée de vie et même son scénario, impossible d’éluder le fait que ce dernier nous est livré totalement en anglais. Inacceptable pour un jeu dont le principe repose quasi-intégralement sur la lecture. D’autant plus que le jeu est proposé à 55€ sur le PlayStation Store, le fameux argument du « ça coute cher de traduire » devenant dès lors difficilement entendable. Si vous maitrisez PARFAITEMENT l’anglais et cherchez un Visual Novel, vous pouvez vous laisser séduire par ce Chaos;Child. Dans le cas contraire, passez votre chemin, sans regrets. (Ma note prend bien sûr en compte l’absence de traduction)

1 1 voter
Évaluation de l'article

Points forts

  • Un scénario intéressant...
  • Une excellente durée de vie...
  • Doublages convaincants
  • Une ambiance générale glauque

Points faibles

  • ... mais en anglais
  • ... mais en anglais
  • Le système de choix trop implicite
  • Tous les textes en anglais
5.5

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Ma devise : "Raler, c'est utile uniquement si tu en profites pour apporter une solution... sinon ça reste juste un plaisir".
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Le Fio
Le Fio
1 année il y a

« Cé en anglais donc cé nul lol ». Toute la « critique » (et encore, c’est un bien grand mot de qualifier ce torchon mal écrit de critique) tourne UNIQUEMENT autour de ce point, qui se rapproche plus d’un manque de connaissance et de savoir de l’auteur, que d’un véritable défaut. Nul doute que de nombreuses personnes ne maitrisent pas l’anglais, ou du moins pas suffisamment pour jouer à un « roman interactif » écrit dans la langue de Shakespeare. Mais dire qu’un jeu en anglais, « cé nul » parce que tu es une tanche en Anglais, ça revient à ne pas aimer le chocolat, acheter… Lire la suite »

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