Test – Control : le retour gagnant de Remedy

Les créateurs d’Alan Wake reviennent avec Control, un tout nouveau titre sur PlayStation 4, Xbox One et PC. Une intrigue énigmatique au cœur d’un affrontement contre des forces obscures.

Développeur : Remedy
Éditeur : 505 Games
Genre : Action-Aventure
Prix : 59,99€
Version pour le test : PlayStation 4
Date de sortie : 27 août 2019

Depuis Max Payne et Alan Wake, Remedy Entertainment s’est taillé une réputation. C’est donc sans surprise que les projets du studio finlandais sont attendus au tournant. Révélé lors l’E3 2018, Control ne fait pas office d’exception. Il n’y aura pas Microsoft derrière (Quantum Break) mais 505 Games qui est bien en vue dans l’industrie ces derniers temps. Au programme, du surnaturel et des supers-pouvoirs pour une intrigue surprenante. Embarquez dans notre test sans spoil du scénar’ mais empreint d’une expérience certes imparfaite mais authentique.

Control orienté action

On ne s’attardera pas sur l’histoire de Control mais on vous la résume en quelques lignes et sans spoil sur les découvertes réalisées au cours de l’histoire. Celle-ci se déroule au sein d’un énorme complexe qui sert de base à notre agence secrète, le Bureau Fédéral de Contrôle. D’ailleurs, il définit aussi une partie de notre expérience de jeu que nous détaillerons davantage au moment d’évoquer la carte du jeu et ses complexités.

Vous incarnez Jesse Faden et vous cherchez votre frère. Mais dès votre entrée dans le bâtiment, vous vous trouvez mêlé à quelque chose de plutôt inattendue. Votre rôle sera ainsi de combattre le mal qui a envahi le complexe, le Hiss. C’est au fil de vos missions et de vos lectures que vous comprendrez réellement son identité. Au départ, vous réalisez simplement que c’est une entité surnaturelle qui prend possession des employés du Bureau et les transforme en grandes menaces prêtes à tout pour vous arrêter.

Le personnage de Jesse gagne en intérêt pour le joueur pour une raison principale. Remedy ne fait pas qu’interagir l’héroïne avec les alliés mais le studio nous transmet aussi ses pensées. A de multiples reprises, on l’entendra en pleine réflexion sur la situation qu’elle traverse. C’est fraîchement agréable qu’elle ne soit pas qu’un simple avatar à faire bouger ici et là.

Pour combattre le Hiss et ses marionnettes, nous bénéficions de multiples pouvoirs, là encore acquis au cours de l’histoire, et d’une arme à feu. La télékinésie nous permettra ainsi de faire léviter les objets du décor pour les renvoyer sur nos ennemis. Elle est bien pensée, elle nous apporte de bonnes sensations et reste intuitive. Control est un jeu à la 3e personne et il aurait été mal avisé de rendre la visée exigeante au niveau du gameplay. A la place, une simple pression sur un bouton et un objet est automatiquement sélectionné avec une visée quasi-automatique vers l’ennemi. Évidemment, vous pouvez toujours tourner la caméra pour faire en sorte de choisir un ennemi en particulier pour viser spécifiquement un adversaire de la même manière. Mais lorsque les combats sont plus intenses, que nous sommes entourés d’une dizaine d’ennemis, on souhaite simplement que les mouvements soient fluides et que nos armes fassent rapidement leurs effets.

Le titre a pensé ingénieusement la majorité de ses mécaniques et cela se ressent aussi sur la possibilité de modder ses armes, de débloquer diverses compétences et leurs utilités sur les ennemis. Ainsi, la façon de booster les capacités permettra d’acquérir plus de puissance et cela se ressent sur l’expérience de jeu. On garde cette impression que l’on gagne en force et que l’on est mieux armé pour taper les adversaires les plus coriaces. D’ailleurs, il existe diverses menaces du Hiss. Certains ont une armure qu’il faudra défaire avec des pouvoirs télékinésiques et il faut donc varier les attaques dans le feu de l’action. D’autres permettent de renforcer les capacités des ennemis, il sera donc nécessaire de s’en défaire en premier… Tout cela pour dire que les mécaniques de combat restent bien pensées et les affrontements parfois difficiles à gérer. On n’en demandait pas moins.

Et pour résumer le rythme de Control, on oscille entre combats, cinématiques, exploration, lectures, puzzles et dans une boucle qui sera agréable à reproduire tout le long du jeu.

Control de carte d’identité

Remedy a confié qu’ils ont tenté de travailler en premier sur la direction artistique et « un univers cohérent » autour de Control. Au-delà de ses problèmes techniques, la mission est réussie. La direction artistique est soignée et les composantes de sa carte font tout le charme d’un Metroidvania en 3D. Nous tournons parfois en rond, on peut se dire que l’on est parfois perdu mais l’exploration du complexe garde un côté captivant.

Vous vous appuyez sur différents niveau d’autorisations au niveau des accès au complexe. Vous partez donc de rien et ne pouvez que suivre au départ simplement l’histoire. Mais au fil du scénario, vous débloquez les grades d’autorisation (Niveau 2, 3, 4…) vous permettant d’explorer de nouveaux lieux. Vous êtes donc tentés de revenir en arrière pour ouvrir les précédentes portes bloquées et looter ce qui s’y trouve, collectibles et ressources.

Control

Le complexe se compose de plusieurs étages, tous comprenant des salles plus ou moins accessibles selon le niveau d’autorisation. On passe donc un certain temps lors des séquences d’exploration durant lesquelles les chances de tomber sur une horde de soldats du Hiss sont élevées. Double bonne idée pour faciliter nos déplacements, l’objectif est surligné en jaune sur la carte (on sait donc où se rendre) et les développeurs ont inséré un système de voyage rapide.

Pour cela, il est nécessaire de s’emparer de points de contrôle qui nous permet de choisir missions, mods, points de compétences et donc les voyages rapides. Cela aidera pas mal pour se rendre dans les divers endroits de la map et raccourcir les trajets. Surtout qu’ils seront nombreux notamment pour ceux qui voudront éclaircir les mystères et connaître tout le lore du jeu.

Artiste en plein Control… ou presque

Remedy fait le choix de glisser les éléments de son intrigue par différentes voies. Outre les quêtes principales et les interactions avec les PNJ que cela comprendra pour le fil rouge, on retrouve une multitudes d’archives à lire et collecter. Si certains restent pas franchement passionnants et n’apportent rien de neuf (ce qui y est dicté, on le sait déjà de par l’histoire de Control), d’autres apportent plus de détails et un fond au propos principal du jeu. Pour certains, ce ne sera peut-être pas passionnant de tout lire et ils zapperont rapidement une grande partie des notes (ou les oublieront). Pour les joueurs avares en détails scénaristiques et captivés par l’univers du jeu, ils se languiront de compter sur une encyclopédie d’éléments à découvrir (enregistrements, archives et documents…). Cela apporte plus de cohérence à l’univers surnaturel du soft.

control remedy

La science-fiction se ressent surtout au niveau du design du jeu qui garde une identité authentique de par ses environnements et son ambiance. Comme dirait l’autre, le décor se tisse aussi vite qu’il se dilapide. Changement brutal de plans, de dimensions, de séquence, on constate rapidement que l’on ne maîtrisera pas tout dans Control mais on s’y habitue. Nous ne profitons pas de zones de confort, pas de repères visuels tant tout évolue lorsque l’on s’y attend pas. Les sols laissent place au néant, les murs à l’horizon incertain, le réalisme à l’abstrait mais avec une cohérence bluffante.

Control mériterait une meilleure appréciation s’il ne butait pas sur certains aspects techniques. Pour faire simple, entre les freezes, l’aliasing et certains ralentissements sur ma PlayStation 4 non-Pro, on repart parfois avec une petite dose de frustration. Vous ferez buguer le jeu de petites secondes en pressant le bouton Start et en sortant du menu. C’est là qu’on se dit qu’ils ont été très prévenants en décidant d’implanter la carte du bâtiment à l’interface du jeu et non sur un menu pause. Pour l’aliasing, on s’en rend malheureusement compte dès les premières minutes du jeu. Il se montre laid sur de multiples séquences. Placez l’héroïne devant un tableau qui la représente et comparez, la qualité n’est pas du tout la même. Certaines pancartes ne représentent qu’un amas de pixels durant de longues secondes, du genre DOOM 64.

Sur des grandes séquences d’action, les ralentissements demeurent handicapants. Se faire attaquer et se déplacer sur un rythme saccadé, ce n’est pas du tout agréable. Et si on se souvient du doublage horrible des personnages tout le long du jeu, le contrôle technique n’est pas des plus reluisants.

Control demeure un jeu d’exception et il laisse une empreinte authentique dans l’univers du jeu vidéo. Malgré des difficultés à tourner parfaitement sur une PS4 classique, il parvient à imposer son univers ingénieusement pensé et d’une cohérence irréprochable. Ses mécaniques de combat couplées à un game design soigné permet au joueur de vivre une aventure marquante. Remedy a certes décidé de remplir un peu trop notre bide d’éléments collectibles et utiles pour la compréhension totale du lore mais le rythme imposé demeure bénéfique pour le joueur. Si jamais le doute vous avait envahi, dissipez-le, une expérience enrichissante vous attend.

Points forts

  • Des mécaniques de jeu sensationnelles
  • Une exploration captivante
  • Un univers qui l'est tout autant
  • Un game design de grande envergure
  • Une héroïne intéressante

Points faibles

  • Le doublage labial catastrophique
  • Des freezes récurrents
  • Aliasing et textures dégueus (sur PS4 classique)
  • Les collectibles pourront en rebuter plus d'un
8

Great

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