TEST – Devil May Cry 5 : pas un cheveu blanc

Après l’arrivée de deux titres japonais majeurs et très attendus en ce début d’année, c’est au tour de Devil May Cry 5. Cet épisode signe le retour du duo Dante (le vrai) et Nero, tout deux accompagnés par un mystérieux personnage surnommé V. Un retour payant pour la série de Capcom, qui a révolutionné il y a de cela 18 ans le genre du beat’em up ?

Développeur : Capcom
Éditeur : Capcom
Genre : Beat’em up
Date de sortie initiale : 9 mars 2019
Support : PlayStation 4, Xbox One, PC
Version pour le test : Version fournie par l’éditeur / Testée sur PlayStation 4 Pro

Image de Devil May Cry 5

 Une affaire de famille

L’histoire de Devil May Cry 5 prend place dans la ville de Red Grave, plusieurs années après les événements de Devil May Cry 4 (vous pouvez d’ailleurs vous y replonger grâce à sa musique, en découvrant son épisode de VGM dédié). Oui, si vous n’avez pas suivi, Capcom a récemment annoncé que Devil May Cry 2 n’était plus le dernier épisode de la chronologie, remplacé par le titre qui a introduit Nero. Un Nero qui a d’ailleurs bien changé, puisque le jeune freluquet a été obligé de remplacer son Devil Bringer (comprenez son bras démoniaque) par un bras robotique appelé Devil Breaker. Un changement qui aura son importance dans le gameplay, mais on y reviendra juste après. Ce Devil May Cry 5 signe également le retour de Dante qui, je l’espère, n’a plus besoin d’être présenté. Nos deux joyeux lurons seront cette fois-ci accompagnés du mystérieux V pour aller s’occuper du démon Urizen et du Qliphoth, un arbre démoniaque qui a subitement poussé au beau milieu de la ville.

Bon, on va tout de suite mettre les points sur les i. La série Devil May Cry n’a jamais vraiment brillé pour son scénario ou sa narration. Et une fois n’est pas coutume, le scénario de Devil May Cry 5 ne sera pas le moteur principal de jeu. Cependant, on ne va pas bouder notre plaisir. La trame se laisse suivre sans difficulté, les personnages sont toujours aussi attachants et la mise en scène déboîte pas mal. Au même titre, cet épisode signe le retour de pas mal de visages connus, même si tous ne sont malheureusement pas exploités à leur juste valeur (coucou Trish et Lady). Mais de toute façon, qui joue à Devil May Cry pour son scénario ?Image de Devil May Cry 5

Trois fois plus de SSStyle

Devil May Cry est une série qui a toujours orienté son expérience de jeu principalement autour de ses mécaniques de combat, plus que tout autre élément. Sans surprise, le gameplay de Devil May Cry 5 est une Image de Devil May Cry 5totale réussite et s’inscrit sans aucun mal dans les beat’em up les plus jouissifs à apprendre à maîtriser. Car oui, au premier abord, la jouabilité de ce DMC peut paraître lourde et pas franchement enivrante. En témoigne le retour que j’ai pu avoir de certains membres de la rédaction après l’essai de la démo jouable. Mais comme pour chaque épisode de la série, le gameplay vous demandera beaucoup de rigueur, d’entraînement et de mémoire pour apprendre et retenir les nombreux combos qui construisent le système de combat. De plus, est-il nécessaire de rappeler que le credo de Devil May Cry reste de dégommer du démon avec style ? Toujours grâce à son système de notation pendant les combats, le jeu vous poussera à obtenir la meilleure note possible à la fin de chaque escarmouche. Comment améliorer cette note me direz-vous ? Enchaînez les combos et débarrassez-vous des démons avec toute la grâce et le style qui vous caractérise, pour faire grimper votre note de « D » à « SSS ». Et n’oubliez pas, le jeu vous attribuera une note finale après chaque niveau, histoire de vous pousser à recommencer pour essayer d’obtenir le S tant convoité.

Comme dit précédemment, on retrouve, dans cet épisode, trois protagonistes qui ont chacun leurs éléments de gameplay caractéristiques : Nero a ses Devil Breaker, Dante ses styles de combat (hérités de DMC 3 et 4) et ses différentes armes. Puis on a V, qui se distingue de ses deux compères par le fait qu’il invoque trois familiers pour se battre à sa place.

En ce qui concerne le jeune Nero, son gameplay est toujours aussi réussi. Le fait de pouvoir s’équiper de bras mécaniques aux capacités très différentes et souvent bien originales (oui le bras rocket, c’est de toi que je parle) est un pur plaisir puisque cela propose d’établir différentes stratégies. En effet, vous pouvez par exemple vous équiper d’un bras qui ralentit le temps, d’un autre qui envoie une onde de choc ou de celui qui se transforme en foreuse. À noter que chaque bras dispose d’une compétence unique, beaucoup plus puissante, qui impliquera la destruction de ce dernier lors de son activation. Au final, la seule chose un peu déroutante est le fait qu’il est impossible de changer de bras à la volée, car au minimum trois peuvent être équipés au début d’un niveau. La solution pour changer ? Les détruire. Pas très écologique comme démarche !  De son côté, le gameplay avec Red Queen (son épée) est toujours aussi plaisant et les joueurs ayant parcouru DMC 4 ne seront pas vraiment dépaysés.

Passons maintenant au petit rookie de la bande. V a la particularité de faire appel à Griffon, Shadow et Nightmare, respectivement un oiseau, une panthère et un colosse démoniaque qui se battent à sa place. Ce jeuImage de Devil May Cry 5 de marionnettiste demandera donc d’appuyer sur la touche correspondante au familier pour le faire attaquer et de se tenir à bonne distance pour esquiver les assauts ennemis. Néanmoins, pour terminer un ennemi, c’est V qui doit s’en charger en exécutant la cible avec sa canne, demandant ainsi de se mettre un peu plus en danger par moments. Ne proposant pas forcément le gameplay le plus précis du jeu, V a au moins l’audace de rapporter une petite bouffée d’air frais et de subtilité (c’est peut-être un grand mot) dans ce Devil May Cry V.

Enfin, Dante apporte dans ses poches le gameplay le plus jouissif que la série ait connu. Donnant la possibilité d’alterner entre quatre armes de corps à corps et quatre armes à distance, tout en autorisant le changement des styles (Gunslinger pour se spécialiser dans les armes à feu, Swordmaster pour le corps à corps, RoyalGuard pour parer les attaques des ennemis et Trickster pour être beaucoup plus mobile) pendant les combats (comme dans DMC 4). Dante est tout simplement un régal à prendre en main et à apprendre à maîtriser. Quel que soit votre style de jeu, il y a fort à parier que Dante puisse vous apporter ce que vous rechercher.

Mais au final, ce qui fait la force de ce Devil May Cry 5, c’est bien la rigueur et l’implication que son système de jeu demande au joueur afin d’être pleinement maîtrisé. Et je ne vais pas vous mentir, votre premier run ne sera qu’un tutoriel géant. Et c’est justement quand vous aurez débloqué des modes de difficulté plus corsés et que vous allez y retourner, que le jeu délivrera son plein potentiel et vous obligera à une rigueur de maître pour arriver à atteindre la note ultime pour chaque mission.Image de Devil May Cry 5

 Beau comme un démon

Devil May Cry 5 va sans aucun doute vous en mettre plein les yeux. Tournant sur le RE Engine de Capcom (qu’on a pu voir à l’oeuvre sur Resident Evil 7 et Resident Evil 2), le moteur démontre encore une fois son incroyable puissance et propose des graphismes toujours aussi magnifiques. Mais là où ce DMC fait fort, c’est bien au niveau de sa mise en scène et de ses animations. Les cinématiques sont toutes très convaincantes et les personnages dégoulinent de classe et de style, proposant ainsi des moments déjà cultes dans la saga de par leur caractère complètement déjanté et impressionnant de violence. Néanmoins, le titre déçoit du côté de ses environnements, rarement inspirés. Il faut savoir que le titre comporte pas moins de 20 niveaux et qu’il ne propose au final que de deux types d’environnements : la ville en ruine et les enfers. Vous l’aurez compris : vous aurez très vite l’impression de tourner un peu toujours dans les mêmes niveaux et le level design n’est pas assez inventif pour briser cette sensation de parcourir encore et toujours les mêmes niveaux.

Enfin, la bande-son de Devil May Cry 5 alterne entre le très bon et le plus mitigé. Le sound design est de qualité, mais l’OST est un peu moins inspirée que les précédents épisodes. Et je ne vais pas vous mentir, la possibilité de télécharger les thèmes de combat des anciens épisodes via l’édition deluxe m’a été d’un grand secours, n’ayant pas trouvé de quoi me satisfaire du côté de Dante et V. Cependant, les musiques de boss sont assez réussies et rendent grâce aux moments les plus épiques de Devil May Cry 5 !

 

On ne va pas y aller par quatre chemins : Devil May Cry 5 est probablement le meilleur épisode de la série de Capcom. Bien qu’il soit parsemé de quelques petits défauts comme une direction artistique aux fraises et un level design assez… old school, ce nouvel épisode de la saga possède un gameplay absolument grisant et jouissif. Casser du démon avec style n’a jamais été aussi palpitant et les différents personnages se complètent avec brio, apportant chacun des mécaniques et un style de combat unique. Devil May Cry 5 en profite pour balancer son lot de scènes cultes et il est très difficile de résister à la tentation d’y retourner le plus rapidement possible, afin d’espérer devenir le Michael Jackson du cassage de démon. Jackpot !

Points forts

  • Un gameplay jouissif
  • Graphismes au top
  • Une envie incontrôlable d'y retourner
  • La mise en scène
  • L'humour
  • Dante

Points faibles

  • Une direction artistique fade
  • Un level design répétitif
  • Des musiques de combat inégales
  • La caméra, capricieuse dans les espaces confinés
7.5

Good

Que ton cœur soit la clé qui te guide.

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