TEST – Ghost of Yotei : Il était une fois dans l’Est

Il était une fois dans l’Est.

Éditeur : Sony IE
Support : PS5 et PC dans 18 mois
Version pour le test : PS5
Genre : Aventure 
Date de sortie : 2 octobre 2025

 

À l’extrémité nord du Japon, une nouvelle guerrière s’élève. En 1603, Atsu entreprend un voyage dans les terres entourant le mont Yōtei, une région de vastes prairies, de toundras enneigées et de dangers inattendus, avec comme ultime but de retrouver les 6, et de les faire tomber un par un. 

Lady Snowblood

Si Ghost of Yotei est un opus de plus dans ce qui pourrait devenir une licence, il n’est pas une suite. Les époques et donc les personnages sont très différents tout comme la construction de la narration.

Dans Ghost of Tsushima, on suivait un personnage qui luttait pour son royaume et se retrouvait à trahir son code moral et martial. C’était un roadtrip ou du moins une course-poursuite mêlant honneur, devoir, moralité et vengeance avec comme antagoniste un envahisseur étranger qui se moquait des traditions nippones.

Yotei est encore plus cinématographique dans sa mise en scène, on retrouve le bandeau du 16/9 quand on commence à galoper, les titres des régions ou quêtes en surimpression de manière encore plus marquée.

Les thématiques changent, un peu, avec le personnage. Atsu a vu sa famille mourir devant ses yeux avant de finir elle-même empalée à un arbre en feu. Survivant par miracle, elle va vouer sa vie à se venger en traquant le clan des 6 de Yotei. Une région jugée sauvage par ses propres habitants et un clan de hors-la-loi qui veut s’approprier la région en défiant l’autorité du shogun. En cela, Ghost of Yotei est un western mettant en scène une traque à l’homme.

Un genre qui saute aux yeux quand, dans l’introduction, notre héroïne arrive dans une ville dont les habitants fuient son passage et encore plus en entrant dans la première auberge. Il ne manque que les portes battantes du saloon.

Samouraï et western qui ont beaucoup de points communs, et qui s’entremêlent au fil des heures de jeu, entre primes des bandits du coin et entraînements avec des maîtres d’armes, le tout accompagné par des musiques entrainantes que ne renierait pas un Western Spaghetti. Mention spéciale pour la musique qui accompagne nos infiltrations, qui reprend des accords de mission impossible.

La région est donc sauvage mais surtout terriblement belle, surtout que Yotei n’attend pas pour nous en mettre plein la vue. Les premières minutes nous plongent déjà dans un océan de fleurs bleues, rouges et blanches. Ces derniers auront la particularité de nous faire accélérer, dessinant ainsi un chemin idéal. Dans notre test de Tsushima, j’écrivais que bien qu’open world, le jeu faisait un peu couloir dans son dirigisme. Un effet amplifié durant les premières heures où on avait l’impression d’être sur une île à une seule route n’invitant pas à prendre le large à l’ouest ou à l’est en raison de sa topographie. Cette impression est gommée, ici la région est construite pour que vous vous amusiez, que vous en preniez plein les yeux et que vous exploriez même seule dans une nature dont les couleurs ont été choisies pour bien passer sur un écran. Une qualité graphique des décors qui n’est pas homogène sur l’ensemble du titre, notamment sur les visages des PNJ de base, une grande disparité qui ‘accompagnera de l’habituel « les flaques d’eau sont des miroirs de verre ».

Une nature sauvage qui s’accompagnera de ses dangers, hérités de son prédécesseur : ours, bandits de grands chemins et mercenaires des 6 qui tendent des pièges. On trouvera aussi des renards et des oiseaux en quantité moindre que dans Tsushima et surtout des loups qui demanderont eux aussi à être vengés de la chasse organisée par les hommes de Saito.

Une nature et une région qu’on parcourra plus librement que dans l’opus précédent. En effet on nous fait miroiter le fait de planifier notre vengeance car nos 5 restants sont disséminés sur la région et il faudra les trouver et choisir dans quel ordre assouvir notre vengeance. Non la narration ne changera pas en fonction du chemin pris, mais elle pourra être plus prenante en fonction du choix. Prenez Saito en premier par exemple. Cette traque des hommes de main ouvrira d’autres parties de l’île, d’autres maîtres et armes, d’autres PNJ et missions.

Kill Bill Saito

Ce qui nous emmène très naturellement à parler des combats. Pas de révolution, il y a une licence à respecter. Katana, double sabre, arc, odashi, yari, kusarigama, système de compétences et  moult ressources à récupérer pour troquer, améliorer, personnaliser. Une personnalisation bien plus poussée qui va transformer notre Atsu, un peu pince sans rire et surtout désillusionnée en fashion vicitim.

Des combats sanglants reprenant le système de parade et esquive, proposant un mode difficulté où le premier qui touche tue. On retrouvera les affrontements en duel qui ont une portée supplémentaire avec cette construction en western. Mais des combats revisités grâce à la gestion des armes et objets (bombes, poudre aveuglante,…) et l’ajout du lancer d’armes qui clouera une ennemi de base sur place.

Atsu n’est pas qu’une combattante. Si son père lui a appris les bases du combat et de la forge, sa mère lui a enseigné l’art du Shamisen. Si Tsushima nous faisait écrire des haïku, ici on peindra des paysages ou on jouera des morceaux pour nous même ou des voyageurs croisés dans notre chasse. Le tout se jouant grâce au pad de la DualSense. Manette qui sera aussi mise à contribution pour nous faire simuler l’allumage d’un feu de camp ou la cuisson des aliments. Un élément de gameplay tout à fait optionnel, les séquences pouvant être passées.

Tout en étant dans la droite lignée de Tsushima, en en reprenant beaucoup d’activités, Ghost of Yotei va plus loin avec, principalement, une dynamique de narration différente. On a envie de se plonger dans la nature de Yotei et de juste se poser dans un champs de fleurs. Mais il y a fort à faire et peut-être, comme son prédécesseur, un peu trop. On descend très souvent de cheval pour aider le peuple, venger les loups, découvrir une source d’eau chaude ou prier à un autel.

Danse avec les loups

Les tutoriels sont intelligents, en cela qu’ils nous ramènent dans le passé de notre héroïne en nous faisant vivre son enfance et ses premiers pas dans les divers arts et artisanats qu’elle a pu approcher. En plus de donner de la cohérence, en ne lui faisant pas découvrir les bases du combat alors qu’elle a déjà guerroyé, ces scènes donnent de la profondeur et créent un attachement à Atsu et sa famille perdue et donc de l’immersion.

Immersion qui s’accompagne, comme souvent, de rencontres et bien loin d’être une louve solitaire, Atsu est cheffe d’une meute qui se compose de marchands, poètes, guerriers et animaux. Car dans Ghost of Yotei, on ne croise pas des marchands différents, on commerce toujours avec les mêmes qui seront présents dans les mêmes villes que vous, qui vous visiteront quand vous monterez un camp. On a donc l’impression de faire partie d’un groupe et un attachement se fait naturellement à ces personnages. On fera même équipe, de temps en temps, avec une louve. La vengeance que je mentionnais plus haut ouvre un template permettant d’accéder à une aide temporaire et situationnelle.

 

Ghost of Yotei est le digne successeur de Tsushima, peut-être parfois un peu trop en manquant de différences en profondeur. Mais comme le jeu est agréable ! La nature est belle, les combats sont intéressants. Oui l’infiltration n’a pas bougé d’un pouce et donne une sensation de journée portes ouvertes et le nombre d’à côtés est ridiculement élevé mais si vous aviez accroché à Tsushima alors les défauts que vous lui trouviez ont été gommés pour donner plus d’envies de rentrer dans l’écran.

Retrouvez aussi nos tests sur OpenCritic.

 

Points forts

  • La nature est belle
  • L'immersion aussi
  • Plus libre que dans Tsushima

Points faibles

  • Graphiquement inégal
  • Tsushima 1.5 ?
  • L'infiltration
8

Great

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