Accessible, poétique, émotionnel, minimaliste

Éditeur : DON’T NOD
Genre : Aventure
Support de test : PC (version fournie par l’éditeur)
Date de sortie : 1er avril 2025
Après Gerda: A Flame in Winter, DON’T NOD lance avec Koira un deuxième jeu en tant qu’éditeur tiers. Contrairement à Gerda, qui était développé par PortaPlay, ce nouveau titre est la toute première création du studio indépendant belge TOLIMA. Ce jeune studio s’est fixé un objectif clair : proposer des jeux accessibles, poétiques et émotionnels, en adoptant une approche minimaliste. Une ambition essentielle à garder à l’esprit pour bien comprendre ce que le jeu cherche à offrir. Vous voilà fin prêt pour entrer dans notre test. En avant !
Un bonhomme et son chien
L’histoire de Koira débute sans aucune fioriture. Notre personnage, un humanoïde à l’aspect mystérieux, se réveille en pleine forêt enneigée, sans que l’on sache ni pourquoi il est là, ni où il doit vraiment aller. Tandis qu’il avance dans ce décor hostile, il croise la route d’un chiot visiblement abandonné. Rapidement, un lien profond se tisse entre eux, et leur objectif devient alors précis : rejoindre la maison du protagoniste. Pour cela, ils devront traverser une forêt truffée d’embûches, parmi lesquelles des chasseurs particulièrement menaçants.
La narration de l’histoire adopte une approche minimaliste, laissant une large place à l’interprétation. Sans trop en révéler, ne vous attendez pas à des explications limpides sur les tenants et aboutissants du récit. Il n’y a pas de collectibles à glaner à droite à gauche pour approfondir le lore. C’est au joueur de comprendre ce qu’il veut bien comprendre en observant. Ce n’est parfois pas plus mal.
En tout cas, si le cadre hostile peut laisser présager une aventure semée d’épreuves, Koira n’a pas pour vocation d’offrir un challenge corsé. Le gameplay se veut accessible et repose sur des mécaniques simples. Hormis les phases de marche, les obstacles se résument à quelques simples énigmes et des séquences d’infiltration où il faut se cacher des chasseurs et de leurs chiens. Il suffit généralement de se dissimuler dans des buissons ou d’avancer sans s’arrêter pour surmonter ces « difficultés ». D’autres phases impliqueront la collecte d’objets disséminés dans le décor, mais ceux-ci sont rarement dissimulés de manière à vraiment mettre à l’épreuve notre sens de l’observation.
Ce minimalisme dans les mécaniques laissera sur leur faim ceux qui recherchent davantage de réflexion et de complexité. Toutefois, il s’inscrit parfaitement dans la philosophie du studio : Koira se veut un jeu très accessible… et il l’est.
Poésie à tous les étages
Les derniers éléments de gameplay sont là pour ajouter de la mignonitude à la relation entre nos deux compagnons. Il est possible de jouer à cache-cache avec le chiot, de lui lancer un bâton qu’il rapportera joyeusement ou encore de le nourrir lorsqu’il a faim. Ces moments renforcent l’attachement du joueur à ces deux compères de voyage qui s’aideront l’un et l’autre. Car oui, le toutou aura un rôle crucial dans l’évolution du protagoniste en l’aidant à affronter ses démons intérieurs, mais chut… on ne vous en dit pas plus.
L’ambition du studio Tolima de proposer des expériences émotionnelles poétiques repose ici en grande partie sur la direction artistique et l’ambiance sonore. En optant pour un style visuel minimaliste, TOLIMA propose une expérience qui pourra rappeler les illustrations de livres pour enfants. Les personnages et animaux rencontrés au fil du jeu sont représentés sous forme de silhouettes noires, ponctuées de quelques détails et surtout d’yeux expressifs. Cette approche épurée parvient, malgré son apparente simplicité, à transmettre une large palette d’émotions. Tout simplement parce que le trait est très joli et travaillé du premier au dernier plan.
Toutefois, ce choix artistique ne plaira pas à tout le monde. Contrairement à d’autres jeux narratifs qui misent sur des graphismes riches en textures et en couleurs, Koira assume son esthétique plus sobre. Ici dominent les nuances de noir, blanc et marron, avec seulement quelques touches colorées utilisées surtout pour des éléments clés. Ceux qui associent la poésie vidéoludique à des univers haut en couleurs pourraient donc être décontenancés par cette direction artistique bien moins chatoyante.
J’ai ouï, y a vraiment de quoi
Koira saura-t-il alors les séduire avec son ambiance sonore ? Une bonne bande-son est un élément crucial dans ce type d’expérience, et ici, elle joue pleinement son rôle. Les compositions musicales sont sublimes et s’intègrent parfaitement aux moments-clés du récit, créant de véritables moment de grâce. Certains passages forts m’auront ainsi procuré un plaisir auditif indéniable.
Pourtant, en y repensant, ces instants musicaux sont assez rares. La plupart du temps, lors des phases d’exploration, la musique se fait discrète, voire absente. Dans ces instants, c’est l’environnement qui prend vraiment le relais : on entend le vent siffler, les buissons frémir sous les pas du protagoniste et, bien sûr, le chiot qui ponctue le silence de petits sons hésitants, rappelant une trompette soufflée bien maladroitement. Ce n’est que dans les moments-clés du jeu que la musique s’élève et prend toute sa place, marquant l’importance narrative de ces phases.
Se pose alors la question de cet équilibre sonore. Bien sûr, inonder nos oreilles en permanence de superbes musiques aurait fini par leur faire perdre en impact. Dans Koira, elles sont justement distillées avec soin, destinées à sublimer les moments clés de l’aventure. Pour autant, en toute objectivité, quelques morceaux supplémentaires n’auraient pas été de trop, mais dans l’ensemble, l’expérience sonore reste cohérente et bien maîtrisée.
Koira appartient à cette catégorie de jeux qui privilégient la contemplation et l’émotion à la performance ou à la difficulté. Ce n’est pas un titre conçu pour proposer un véritable challenge, mais une aventure poétique. Même si sa direction artistique minimaliste pourra rebuter les joueurs qui aiment les profusions chromatiques, personnellement, cet aspect ne m’a pas dérangé. J’ai trouvé l’expérience aussi touchante qu’agréable pendant les 5 heures de durée de vie. Alors, faut-il se laisser tenter ? Si vous êtes en quête d’un moment poétique entre deux sessions de hardcore gaming, ou si vous aimez les jeux narratifs remplis de tendresse, Koira pourrait bien être l’escapade parfaite. Il ne révolutionne pas le genre, mais il réussit à faire ce qu’il ambitionne : offrir une aventure émotionnelle et accessible.
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