Quatrième, ou cinquième si on compte une expérience VR, jeu LEGO placé dans la licence Batman toujours développé par TT Games spécialiste des briques vidéoludiques. Un jeu qui, comme vous allez le voir, tire du côté Arkham Knight pour le gameplay.
On l’appelle le Chevalier Noir
Les moins de 45 ans auront du mal à comprendre.
Pour celles et ceux qui découvriraient le traitement LEGO, il faut préciser que ces jeux adaptent les œuvres (films, séries, comics) en flirtant toujours avec le second degré, le pastiche voire la parodie avec un nombre de références et d’easter-eggs qui flirtent avec le 1 par frame. Côté gameplay, le monde proposé est bien évidement construit de petites briques qui se démolissent pour donner des ressources qui serviront à acheter skins et autres éléments de décorations. Et puis, à des moments clefs, on détruit des éléments identifiés pour construire une machine pour passer l’étape. Une construction toujours automatique, Les jeux LEGO ne sont pas des jeux de construction mais bien des jeux Action Aventure.
Ce Batman ne fait pas exception. LEGO Batman : L’Héritage du Chevalier Noir va débuter son histoire en reprenant le premier opus de la trilogie Nolan. Puis, grâce à un découpage en chapitres qui laisse place à des ellipses de plusieurs semaines ou mois (voire années sans jamais le dire explicitement) entre chaque, il bifurque et va piocher gentiment du côté de Reeves (The Batman), de Burton, et de références à la toute première série TV, aux comics voire aux autres jeux de Rocksteady en reprenant la scène d’intro d’Arkham Asylum pour un de ses derniers chapitres. Il faut dire que les jeux ayant le même éditeur, ça doit faciliter pour les droits.
Et le tour de force c’est de réussir, en piochant à tant d’endroits différents, en ajoutant la couche LEGO, les clins d’œils et l’humour à faire un tout digeste, amusant et satisfaisant pour les yeux. Yeux qui seront doublement satisfaits par un montage et une mise en scène au top, notamment le chapitre 6 et sa course-poursuite directement tirée de The Dark Knight. Côté oreilles, on sera assez déçu par le doublage (même en VO) qui fait sans les voix historiques.
Finissons ce paragraphe en précisant que presque tous les vilains du chevalier noir sont présents, quitte à apparaitre pour quelques secondes ou un combat. Côté alliés on retrouvera Dick Grayson dans ses incarnations Nightwing et Robin, Catwowan, Gordon, Batgirl et Talia qui ont tous deux gadgets qui permettront de construire les niveaux de l’histoire autour de ceux-ci et de proposer des énigmes obligeant à passer de l’un à l’autre (par une simple touche). Un roster que certains auraient aimé plus fourni mais qui remplit parfaitement son rôle en donnant sa place à chacun(e). On aurait peut-être pu mettre Damian ou Jason en Robin ou laisser la place de Nightwing pour Redhood.
Arkham encore et toujours
C’est tellement Arkham que c’est à se demander si ce n’est pas Rocksteady qui a développé, à minima, la partie combat. On retrouve le système de parades, esquives, passer au dessus des ennemis à boucliers le tout avec un ralenti pour le dernier ennemi tombé, agrémenté d’une onomatopée qui ne peut être autre chose qu’une référence à la série d’Adam West. Et au-delà des combats, on retrouve l’open world. Conduite des véhicules de la bat-famille dans un Gotham ouvert, une foultitude de coffres à ouvrir, énigmes à résoudre. C’est bien simple, le jeu vous invite à trouver 170 trophées, 200 coffres, 23 briques rouges, 30 briques de compétences et, à acheter ou débloquer par succès, 101 costumes et 30 véhicules. Le tout affichable dans votre Batcave que vous pouvez décorer à votre goût, devenant ainsi le seul moment où l’on peut réellement construire. Ce à quoi il faut aussi ajouter les objets dans les missions et les 121 cubes de l’homme mystère via ses énigmes.
Énigmes de l’homme mystère qui là aussi semblent tout droit sortir de la licence Arkham, à tel point que certaines énigmes semblent être décalquées. Idem côté défi de vol plané, de conduite ou de combat.
Mais est-ce mal ? Le dernier Rocksteady date de 2015. Pardon on me dit qu’ils auraient sorti un certain Suicide Squad: Kill the Justice League, je ne vois absolument pas de quel jeu on parle. Bref le dernier Rocksteady date de 2015 et ce gameplay, revu dans certains Spider-Man, manquait. Le traitement brique rend les combats un peu moins dynamiques dans leur aspect visuel et moins lourds dans le ressenti physique. Mais la patte est clairement présente. C’est un peu moins vrai pour le côté infiltration. On peut se suspendre, passer d’une gargouille à une autre, attaquer furtivement, mais dès qu’on est repéré, c’est fini, il faut passer au combat, sans possibilité de reset, du moins durant les phases scénarisées en intérieur. Et en même temps, n’avons-nous pas ici les séquences d’infiltration les plus réalistes ? Si un garde vous repère, il ne va pas repartir comme si de rien n’était au bout de 12 secondes où vous seriez resté caché.
Restent les dernières activités de l’open-world à évoquer pour être complet : la récupération des animaux échappés du zoo, les récupérations de portraits robots et l’intervention en flagrant délit. Les officiers de police appelant à l’aide pour signaler cambriolages, agressions et autres larcins. Lego Batman : L’Héritage du Chevalier Noir nous bombarde littéralement de ces appels toutes les 10 secondes. De quoi fatiguer un peu au niveau acoustique. D’autant que le jeu n’a pas besoin de ça pour sa durée de vie : en quasi ligne droite, il m’aura fallu 14 heures pour finir l’histoire.
Bien évidement le jeu propose un système de template et d’améliorations. Autant faire court, ne rien améliorer ne rendra pas le jeu beaucoup plus difficile et nous conseillons d’axer le template sur le gain de ressources pour débloquer les costumes et autres éléments esthétiques plus rapidement.
Scènes iconiques reprises, humour ultra présent (il n’y a qu’à voir comment Harvey Dent devient Double Face), mise en scène quasi cinématographique et gameplay solide mais qui ne se démarque pas des production Rocksteady, LEGO Batman : L’Héritage du Chevalier Noir apportera beaucoup de plaisir même si le côté collectionnite aiguë et l’immensité des tâches à accomplir pourront fatiguer.












