La fille de Leila vient de lui offrir un appareil qui va lui permettre de revivre émotionnellement des étapes de sa vie. Il faut dire que nous sommes en 2047 et que l’IA a fait un peu de chemin. Celui-ci va nous permettre d’explorer l’univers d’une femme du quotidien (dixit Ubik Studios) qui prend son courage à deux mains pour affronter les « méandres de sa vie ».
Un puzzle game efficace
Leila va nous proposer de plonger dans ses petits traumas d’enfance jusqu’à ses jours de jeune maman à travers des mini jeux, des puzzles qui ont comme première qualité d’être tous différents : identification d’objets, reconstitution ou identification de formes, énigmes mot de passe et certains célèbres comme le fameux jeu des engrenages à déplacer où chacun doit être posé sur un plus grand que soi.
Tous collent à la narration du moment, notamment celui qui nous fera prendre conscience de la charge mentale d’une jeune maman enjouée et qui reviendra « quelques années plus tard » pour nous montrer les effets de cette charge mentale et physique dans le fait de tout gérer dans le foyer.
Sur la partie gameplay, pas grand chose de plus à dire. Une petit aide viendra attirer notre regard sur l’endroit où se trouve la solution ou donnera le départ de celle-ci, et tout s’enchainera plutôt agréablement. Ça se prend aisément en main, les énigmes sont assez simples, le plus compliqué sera parfois de comprendre ce qu’on attend de nous, mais cela fait partie du jeu donc tout va bien.
Où veux-tu en venir Leila ?
Encore une fois, les puzzles dans leur déroulement et solutions sont parfaitement choisis pour illustrer l’épisode de la vie raconté. La problématique de Leila va en fait se jouer sur deux aspects. Déjà la durée. 2h pour finir un jeu qui n’a pas de rejouabilité, c’est un peu la soupe à la grimace.
Et puis il y a le message, pour paraphraser un roi breton : on sent que le jeu tente de nous dire des trucs. Mais que ça manque délibérément ou non d’explicite ou que le temps de la narration ne permette pas d’approfondir, on ne sait pas trop où l’on va si ce n’est que de savoir que Leila a eu des soucis dans sa vie, qu’elle décide de les affronter et qu’à la fin ça ira mieux.
Message encourageant mais un peu culpabilisant pour les personnes ayant de vrais problèmes, pas un jeu à donner à toutes et tous en fonction de la situation.
Mais quels sont ces problèmes ? Sans vouloir trop spoiler : un père dans l’adultère, un petit ami m’en foutiste qui font de Leila une jalouse invétérée, un mère heureuse qui semble par moment cracher sur la vie de famille et par moment la chérir, une artiste a succès très superficiellement contrariée à la recherche de son identité.
Bref des thèmes intéressants, souvent absents de notre média vidéoludique mais traités en deux temps trois mouvements. Certes le budget ne permettait peut-être pas de faire plus, mais dans ce cas développer un des thèmes avec des jeux changeant à chaque partie aurait été plus apprécié.
Dubitatif je suis devant Leila. Si le jeu possède des énigmes sympathiques, celles-ci sont trop faciles pour challenger l’esprit du joueur, on sent qu’il tente de nous dire quelque chose mais sans savoir exactement quoi, comme si c’était à nous de faire notre propre chemin sur les 2 heures qu’il propose, comme dans la vie en somme. Chouette message mais pas sûr que ce soit celui véhiculé.




