TEST – Little Town Hero Big Idea Edition

Little Town Hero arrive enfin en Occident et ne profite pas d’une énorme visibilité dans l’Hexagone. Pourtant le titre de Game Freak, mondialement connu pour la franchise Pokémon, a des arguments à faire valoir, une charmante direction artistique et un concept original dans ses mécaniques. Grand bémol, aucune localisation en français encore, toujours un obstacle pour les productions éditées chez NIS America.

Développeur : Game Freak
Éditeur : NIS America
Genre : RPG
Prix : 39,99 € dans sa Big Idea Edition
Version pour le test : PS4 (aussi dispo sur Switch)
Date de sortie : 26 juin 2020

Little Town Hero s’inscrit donc loin de Pokémon dans ses mécaniques RPG mais dans un registre plus classique dans son format. Une histoire principale, quelques quêtes annexes par-ci par-là et un système d’expression à récolter plutôt bien introduit. Malgré une explication claire de ses particularités dans les phases de combat, il sera difficile de tout assimiler du fait de dialogues disponibles qu’en anglais et non en français, ce qui reste bien dommage. Mais avant de revenir plus en détail sur ce qui fait son originalité, évoquons la version physique disponible en Edition Big Idea. Et quand on vous dit Big, c’est assez fourni pour un titre qui est vendu 40 euros en magasin.

Un joli packaging pour la Big Idea Edition de Little Town Hero

Si l’édition Big Idea de Little Town Hero arrive fort heureusement avec le jeu intégré (on n’oublie pas que d’autres éditeurs offrent des collectors sans jeu…), ce ne sera pas son seul atout. Un artbook, un poster, un set de pins, la bande-son en CD et une boîte collector et voilà le prix fortement justifié. On pourrait vous les détailler mais c’est plus intéressant de vous la montrer en photo.

Du RPG avec des mécaniques neuves

Des attaques ? Non des Idées pour lancer les offensives. Chaque idée à une valeur d’Attaque et de Défense et certaines bénéficient même d’effets permettant de les combiner brillamment. Mais attention ! Chaque Idée coûte de l’énergie et lancer de grandes attaques avec imprudence nous fait clairement défaut.

Le tout est organisé plutôt bien au niveau de l’interface pendant les affrontements. On dispose d’une roue des Idées sur notre côté gauche et on aperçoit toujours celle de l’ennemi sur le côté droit. Cela nous permet ainsi d’anticiper les attaques adverses et de jouer en fonction de ce qu’il lui reste aussi. Cela paraît simple de prime abord mais le challenge se corse petit à petit et le niveau Difficile porte bien son nom. 

À côté de cela, on se retrouve donc avec du tour par tour. Puis, une seule raison de perdre des points de vie, être à court d’Idées… Ou en avoir eu des mauvaises et subir des impacts d’attaques adverses. On vous parlait de votre gestion d’énergie. Si vous avez dépensé tous vos points d’énergie de sorte que vous ne puissiez lancer que Lutte (coucou Pokémon) ou « Struggle » en anglais, alors vous perdez vos PV dans une bonne partie des cas mais vous rechargez vos Idées ! Et à moins qu’elles soient brisées, chaque camp conserve ses Idées pour la manche d’après.

 

Le fait que l’on ne dispose que peu d’énergie en début de partie oblige à défendre convenablement sans pour autant rester passif. Cela rallonge les combats en installant les patterns de base. Les premiers tours sont primordiaux dans le sens où si vous vous faites déborder en prenant les mauvaises décisions, vous aurez du mal à renverser la vapeur et les boss auront le temps de poser leurs idées . Au contraire, on vit une sensation agréable lorsque l’on sent que l’on tient l’adversaire et que l’on met à mal sa stratégie. La jauge d’énergie est aussi bien pensée dans le sens où l’on peut préparer ses coups futurs en débloquant des compétences ou des attaques que l’on réserve pour plus tard. Si vous avez préparé 3 Idées qui ne coûtent désormais plus rien, vous aurez des chances de prendre l’avantage… Mais l’ennemi peut avoir de quoi briser vos plans avec ses Idées. On se retrouve ainsi avec un jeu finement pensé et plus profond qu’on ne le pense.

Votre objectif en combat sera de casser toutes les Idées de votre adversaire lors d’un tour afin de lui asséner un coup fatal capable de lui faire perdre de la vie. C’est donc un duel permanent au tour par tour que vous lancerez chaque fois, avec gestion de vos Idées afin d’atteindre ce but. Pour cela, vous pouvez aussi profiter de vos amis qui seront sur le champ de bataille pour se joindre à vous, soit en vous apprenant des nouvelles Idées soit en attaquant directement l’adversaire. Ils apportent parfois un avantage du terrain crucial. Entre cela et les possibilités d’associer et fusionner les Idées, la dimension stratégique n’est pas plate du tout. Puis la progression est bien fichue avec une difficulté croissante des boss avec chacune leurs idées et leurs contraintes. Une belle surprise de ce côté aussi.

Une fois l’étape de la lecture des consignes en anglais passée, on s’y fait rapidement. On se concentre sur les valeurs d’attaque et de défense des deux champs, sur les effets des Idées et il faut avouer que le résultat est cohérent dans son ensemble. On se prend vite au jeu, on se déplace tour après tour mais les premiers obstacles qui se dressent devant nous demandent un temps d’adaptation pour être encore plus efficace au niveau des Idées. Il m’est arrivé de dépasser les 20 voire 30 tours avant de venir à bout d’un adversaire. Cela peut paraître long et lassant sur la longueur mais on peut passer en mode Facile pour écourter et rendre plus simple le combat.

Puis le rythme du jeu ne plaira peut-être pas à tous mais il n’est pas moins bon qu’un RPG classique. Les dessins par contre semblent un peu plus enfantins et c’est possible que ce chara-design en rebute d’autres.

Une direction artistique qui a du charme mais aussi des limites

Le monde de Little Town Hero s’accompagne d’une direction artistique séduisante mais sans non plus impressionner. Ce petit village éloigné de tout présente des traits mignons qui peuvent être associés à un dessin animé pour les plus jeunes. Si certains feront un petit rapprochement avec Dragon Quest, le titre de Game Freak parvient tout de même à se démarquer. 

Au niveau de son bestiaire, on est aussi loin des Pokémon, même si un simple mouton pourra en rappeler un autre. Mais lorsque vient les affrontements, on ne peut associer aucun ennemi aux créatures du Pokédex ni à ses personnages humains. Le trait est différent, l’illustrateur aussi certainement. D’ailleurs, s’ils ne marqueront pas les esprits en matière de design, ils restent cohérents et crédibles dans l’univers de Little Town Hero. C’est aussi peut-être cela qu’il faut souligner, l’univers est cohérent et les différents éléments sont en symbiose les uns avec les autres.

Malheureusement, tout n’est pas rose dans les décors de la production de Game Freak. Les environnements manquent souvent de profondeur, de simples lieux se résument à une image figée sans trop de vie (évoquons par exemple la Mine) et le tout manque parfois de finition. On aimerait en découvrir plus lors de nos escapades et l’exploration des bâtiments. Il faut avouer que nos allers-retours concernent surtout l’exploration des prairies. En cela, on accueille avec joie le système de voyage rapide qui ne demande pas de temps de chargement, ce qui favorise un rythme ni trop lent ni très soutenu. Pour tout vous dire, le rythme est en 2 temps, un pour les allers-retours, l’autre pour le combat contre les monstres, rien d’autre à se mettre sous les mains. On appréciera aussi l’humour dans les dialogues, la finesse des réparties et le système d’expressions nous permettant d’accomplir certaines quêtes.

 

Little Town Hero représente une belle entrée en matière pour la nouvelle franchise de Game Freak. Cette dernière est portée par des mécaniques de combat inspirées, une ambiance qui a du charme ainsi qu’une maîtrise dans sa progression et a de quoi séduire dès les premières heures. Malheureusement, quelques problèmes de rythme viennent entacher l’expérience de jeu ainsi que certaines limites bien visibles dans la modélisation de son environnement. Malgré cela, le titre est bourré de bonnes idées et profite d’une dose d’humour laissant ainsi place à une expérience de jeu agréable dans son ensemble.

Points forts

  • Un monde charmant...
  • Des mécaniques originales et inspirées
  • La bande-son
  • La montée en difficulté bien gérée

Points faibles

  • ...mais limité
  • Des objectifs de quête parfois flous
  • Un rythme en dents de scie
7

Good

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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