TEST – Mario et Sonic aux J.O: le cul entre deux chaises

Mario et Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 est disponible depuis quelques jours sur Nintendo Switch. L’objectif ? Faire renaître la flamme olympique une nouvelle fois parmi les joueurs.

Développeur : SEGA
Éditeur : SEGA/Nintendo
Genre : Sport
Prix : 59,99€
Version pour le test : N.Switch
Date de sortie : 8 novembre 2019

Mario et Sonic aux Jeux Olympiques commence à prendre de l’ancienneté du côté de Nintendo. Déjà au rendez-vous à Rio en 2016, Nintendo et SEGA ne pouvaient pas manquer la destination de choix pour les J.O de 2020, Tokyo ! Deuxième fois que les Olympiades atterrissent au Japon après une édition 1964 remarquée. C’est d’autant plus pertinent de le noter puisque les développeurs vont s’appuyer sur ces 56 ans d’écart pour intégrer les épreuves rétro dans les mécaniques de leur production. Pourtant, cela n’a pas suffi pour nous convaincre lors de nos multiples sessions de jeu. Revenons sur Mario et Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en quelques lignes.

La recette difficile de la simu et du party-game

La Nintendo Switch a donc droit à son premier Mario & Sonic et les bonnes mécaniques habituelles montrent plus rapidement leurs limites que les précédents opus sur Wii U et Nintendo 3DS. Le soft se montre toujours coincé entre ses velléités de proposer un party-game tout en gardant un aspect simulation important. Cela impacte souvent notre ressenti au moment des épreuves. Tantôt dubitatif sur les mécaniques de certaines épreuves, tantôt frustré par la courte durée d’autres disciplines, le titre ne sera pas destiné à tous les publics.

Les enfants sont forcément plus ciblés que les adultes mais il ne possède pas cette empreinte pour plaire à tous, à l’instar d’un Mario Party. En famille, ce sera compliqué de combler tout le monde. Ayant joué avec ma fille de 9 ans, aucun doute qu’elle s’amusait sur l’escalade et le 100m, mais qu’on testait sa patience sur la gymnastique artistique plus exigeante que la norme. Il n’a pas non plus été aisé d’ajuster la difficulté pour créer cette osmose entre différentes générations. Le niveau 1 étoile rend l’IA facile à battre mais ennuie forcément le joueur plus aguerri à la recherche d’un minimum de challenge.

Pour le coup, Mario & Sonic n’est ni le coup de cœur pour un public friand de party-game, ni pour celui qui est plus orienté simulation et qui trouvera clairement mieux ailleurs. Puis ça manque de peps, de folie, de ce qui caractérise justement un party-game. Même les épreuves Rêve (seulement 3 ! Il en fallait clairement plus) ne sont pas assez dynamiques. C’est dommage, ce sont les seules qui permettent aux développeurs de façonner une épreuve selon leur imagination, sans les limites du réalisme.

Néanmoins, tout n’a pas été négatif au cours de notre expérience de jeu. Revenons sur ce qui fait la force de cette édition 2020 car on garde de bons souvenirs.

La diversité plus que la quantité

Ce qui embellit l’expérience de Mario et Sonic, c’est avant tout la diversité de ses mécaniques de jeu. Au choix, vous pouvez vous y lancer avec les Joy-Con, un seul d’entre eux, ou une Pro Controller. Si vous n’êtes pas à l’aise avec la détection de mouvement, il existe également un gameplay aux boutons. Néanmoins, si celui-ci reste optimal, il n’est pas le plus amusant. Croyez-moi, vous serez bien plus impliqués dans les épreuves en pagayant devant votre télé plutôt qu’en pressant deux simples boutons.

De même, on s’amuse vraiment à courir le 100m en enchaînant les mouvements de bras plutôt qu’en mitraillant un seul bouton pendant 10 secondes. Cette diversité dans les mécaniques reste plaisante et s’adapte au public. De plus, elle montre les efforts réalisés par SEGA pour innover. C’était d’autant plus indispensable que l’on réalise les limites d’un jeu aux boutons dans Mario et Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Cette difficulté à concilier party-game et simulation se retrouve effectivement dans son gameplay. Si vous vous contentez de tout faire aux boutons, vous serez certes plus à l’aise mais vous aurez fait le tour en quelques parties. Puis, l’expérience se montre moins intéressante et amusante que lorsque vous gesticulez devant votre téléviseur. Néanmoins, si vous n’êtes pas du genre expressif ni à sortir du cocon offert par votre canapé, le titre n’est pas véritablement fait pour vous. Surtout que l’intérêt autour du jeu fluctue selon les épreuves dont l’inspiration est très inégale.

On regrettera que les épreuves modernes ne durent pas plus d’une minute (et encore !) pour la plupart, que nous n’avons ici ni tournoi ni compétition les rassemblant. Et si on apprécie le relais 4x100m, nous aurions aimé être pourvus de plus de natation, ou d’une plus grande distance à la nage. A côté de cela, le football ne se montre pas passionnant, le rugby est un tantinet mieux que ce dernier, le tir à l’arc est basique, le tennis de table à oublier (on ne bouge même pas notre personnage !), l’équitation n’est pas trop mal, le 110m haies aussi, et la boxe est bien pensée – comme le karaté ou l’escalade.

Nous aurions aimé les personnages plus nombreux. En progressant dans l’histoire, vous débloquerez des mini-jeux et des personnages disponibles… pour seulement une épreuve en particulier. Plutôt incompréhensible comme fonctionnement, voire frustrant.

Mario et Sonic au centre d’une histoire à dormir debout

Vous connaissez l’histoire de quatre personnages qui sont aspirés par une console de jeu les expédiant en 1964 lors des Jeux Olympiques de Tokyo ? Non, ce n’est pas le scénario d’un Jumanji japonais mais bien de Mario et Sonic. Et pendant toute l’histoire, ce sont leurs compagnons qui vont tenter d’analyser cette console rétro et de retrouver leurs amis. C’est bien trop simpliste pour que l’on s’y intéresse puisque l’on se coltine les mêmes rebondissements tout le long de l’aventure. Seule chose qui change vraiment : le type de clin d’œil à Sonic ou Mario lors des épreuves bonus.

Il faut retrouver tel personnage ici, puis un autre là et encore un autre… Tout cela pour réaliser les différentes épreuves de la compétition et accueillir mini-jeux et personnages secondaires dans son groupe. Ce que l’on retient surtout de nos escapades, c’est la modélisation très réussie des sites olympiques de Tokyo. Le fait que l’on puisse gambader (mais pas trop) nous permet d’apprécier la qualité des environnements. Ils paraissent ouverts et profitent d’une certaine profondeur au niveau du décor. Seul bémol : l’exploration reste tout de même très limitée. On ne se promène que dans une petite zone. On n’en tiendra pas rigueur, nous ne sommes pas non plus à Tokyo pour faire du tourisme intégral.

On apprécie la modélisation des édifices et la carte de la région, la façon dont on se déplace d’un endroit à un autre, rapide et sur un fond plutôt joli. Chaque site olympique est doté d’une icône sur la map, souvent la façade extérieure du building et en particulier une arène qui est dessinée à la perfection. Pour le coup, au niveau de la direction artistique, le travail a été soigneusement réalisé.

Nous aurions aussi aimé évoquer le multijoueur en ligne plus en détails. Néanmoins, les serveurs sont classés par épreuve, ce qui oblige le joueur à aller à la pêche aux parties disponibles lui-même. Nous avons fini par trouver des rivaux en se glissant dans un groupe déjà constitué. Pas de problème de connexion ni de cohésion pour le coup. Vous y choisissez alors chacun votre épreuve et un tirage au sort détermine la discipline sur laquelle vous allez vous pencher.

Mario et Sonic aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 représente une semi-déception. Malgré des mécaniques à trois étages (double joy-con, joy-con et boutons) et un site olympique grandeur nature, la collaboration entre SEGA et Nintendo déçoit tout de même par sa difficulté à se montrer amusante ou vraiment intéressante. Certes, le jeune public appréciera utiliser les joy-con pour réaliser différentes épreuves comme l’escalade et le 100m parmi d’autres, mais ils pourraient bien se lasser à la longue et rejoindre les plus grands sur un autre jeu. Le rendu reste donc insuffisant pour un titre qui reste le cul entre deux chaises, avec un party-game qui emprunte le terrain de la simulation sportive. Dommage, car on ne s’ennuie pas complètement.

Points forts

  • Certaines épreuves inspirées...
  • La grande touche nostalgie '1964' à tous les étages
  • Une modélisation des sites olympiques convaincante
  • Les petites anecdotes sont intéressantes

Points faibles

  • ...D'autres beaucoup moins
  • Cela manque souvent de fun
  • Les épreuves trop courtes pour apprécier l'aspect simu
  • Le mode Histoire pas hyper passionnant
6

Fair

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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