TEST – Pokémon Champions

On a lancé pour quelques heures Pokémon Champions et il est temps de lancer un premier verdict pour le nouveau jeu de combat de la licence. Sur le fond et la forme, on est clairement sur un jeu portable qui vise votre passion de l’univers Pokémon pour la transformer en addiction.

Développeur : Game Freak / The Pokémon Works
Éditeur : Nintendo / Pokémon Company
Support : Nintendo Switch 1 et 2 / smartphone
Version pour le test : Nintendo Switch 2
Genre : combat Pokémon, free-to-play
Date de sortie : 8 avril 2026

 

Pokémon Champions est désormais disponible dans le monde entier sur les consoles Nintendo Switch et sur smartphone. Important, il s’agit d’un titre free-to-play, c’est-à-dire téléchargeable gratuitement sur le Nintendo Store et ceux de vos appareils mobiles. Vous connaissez la chanson avec les éditeurs et développeurs de jeux vidéo. Si un jeu est proposé gratuitement, c’est qu’il cache des options payantes derrière. On se demande alors s’il est « pay-to-win« , donc si les plus dépensiers ne laissent aucune chance de victoire aux plus économes.

Mais il existe bien d’autres questions autour de ce Pokémon Champions, et il est donc temps de présenter le jeu à travers ce test.

Pokémon Stadium 3 Champions, c’est l’heure du duel !

Si vous êtes bien plus proches de la trentaine que la quarantaine (ou au-delà) ou que votre daron-ne vous a fait hériter d’une culture vidéoludique, ce Pokémon Champions vous rappellera sans aucun doute Pokémon Stadium. D’ailleurs, le jeu est proposé sur l’émulateur N64 de la Switch, n’hésitez pas à y jeter un oeil… Le principe est le même que les modes Palais Victoire, Coupes et Combat Libre. Vous composez une équipe et vous affrontez d’autres joueurs. On retrouve tout de même des différences au niveau du contenu et de l’accessibilité.

Pas le même contenu puisque Pokémon Stadium (1 et 2) offrait du contenu en local et des mini-jeux qui ont marqué toute une génération. Dans Pokémon Champions, on vous offre un tutoriel où l’on n’a aucune liberté d’action, à coups de « sélectionne cette attaque » et lis ce que je te dis… Puis vous êtes lancé dans le grand bain. On est ainsi invité à nous diriger dans des combats en ligne, compétitifs car classés ou amicaux car sans enjeu. Une fois dans l’arène, c’est vos choix et seulement vos choix qui seront déterminants.

Avant de démarrer le duel, vous devez ainsi désigner 3 Pokémon qui participeront au combat à suivre, et le choix le plus déterminant sera souvent l’identité du premier Pokémon ! Mais comment décider ? Chacun des joueurs bénéficiera d’un aperçu de l’équipe adverse, avec un visuel des 6 Pokémon en face. L’idée est alors double, déterminer une stratégie en fonction des Pokémon de l’adversaire, ou simplement foncer avec sa stratégie coûte que coûte.

L’aide apportée par Motisma est somme toute agréable. Il affiche à l’écran l’efficacité des attaques, de quoi diriger le joueur vers des choix judicieux, surtout ceux qui ne connaissent pas par coeur le tableau des types, et les particularités des Pokémon régionaux. On a perdu Jean-Claude Donda en doubleur et commentateur des combats dans Stadium, mais on a gagné en clarté et en fluidité dans les affrontements. La réalisation des attaques et l’environnement semblent mieux travaillés, nous offrant ainsi une immersion réussie, comme on en a l’habitude depuis quelques épisodes sur Nintendo Switch.

Le recrutement de l’escouade Carapuce

Si Cordy nous explique les bases du combat dans Pokémon Champions, il faudra se diriger vers Rucola et son ranch pour recruter son starter et les créatures suivantes. On ne s’interrogera pas longtemps sur la métaphore du bétail, sur les créatures que l’on recrute dans un ranch puis qu’on envoie dans une arène combattre d’autres créatures, en rappelant que ce système était critiqué entre les lignes d’un certain Pokopia… Mais autre jeu, autre ambiance… Oui on chipote, on ne soigne pas nos Pokémon empoisonnés dans Pokémon Vert Feuille et on se permet des leçons de morale…

Bref, dans Pokémon Champions, on se dirigera volontiers vers cet onglet Recrutement dans le menu du jeu, et on dépensera soit des tickets (1 ticket offert par jour) soit des points pour personnaliser notre avatar ou pour acquérir un nouveau Pokémon à placer dans notre équipe ou dans notre boîte de jeu. On soulignera l’effort de Nintendo de nous laisser le choix entre 10 créatures à chaque tirage, et de ne pas nous filer un Pokémon aléatoire parmi les 1025 existants (à peu près). Cela évite les doublons, et cela nous laisse un véritable choix entre les divers Pokémon qui apparaissent à l’écran.

Bien sûr, on aurait préféré choisir nos 6 Pokémon, composer notre équipe selon nos envies, nos préférences, notre expérience de joueur, même expérimenter les milliers de possibilités que l’on aurait pu avoir à notre disposition librement… mais dans la politique du, peut-être, moins pire, cela prendra plus de temps. Plus de temps, et plus d’argent vu la politique de Nintendo vis-à-vis de Pokémon Champions.

Encore un coup de la Team Racket

Pokémon Champions propose un Pack de démarrage, un abonnement et un Pass de combat Premium, et cet abonnement Premium se renouvellera de saison en saison… Ce sont des DLC déguisés qui permettent des bonus pour les joueurs prêts à y mettre les moyens, entendez par-là, les thunes. Et je ne parle pas de Pokédollars ni de monnaie virtuelle. 1 mois d’abonnement coûte 4,99€ et 1 an coûte 49,99€ (soit 2 mois offerts).

Avec l’abonnement Premium, on débloque des missions exclusives qui déclenchent alors des récompenses exclusives lorsque les conditions (plutôt simples) sont réunies. On déverrouille aussi des musiques de combat exclusives. Cela s’appelle rendre payante une bande-son d’un jeu, enfin une musique qui accompagne les combats… Heureusement, cette bande-son (les musiques originales de Pokémon RF+VF, Pokémon Or HG et Argent SS, Pokémon RO et SA) peut être débloquée avec les PdV (monnaie virtuelle), mais 5000 PdV reste un coût exorbitant. Il sera possible de débloquer les Méga-Gemmes pour faire méga-évoluer les Pokémon au prix de 2000 PdV. Oui, tout a un prix… Parce que si le mode solo n’est pas disponible, tous les objets possibles sont payants dans la boutique du jeu, en PdV…

En payant de notre réel argent, il sera possible d’augmenter le nombre d’Equipes Combat disponibles et la capacité maximale de la Boîte de stockage de Pokémon, limitée à 30 ! Autant dire qu’il faudra renouveler son effectif si vous n’êtes pas tenté par ces histoires de contenus Premium…

De mon côté, je ne pense pas craquer pour le Pass, à moins d’avoir une période d’essai gratuite comme ce fut le cas à Pokémon TCG Pocket. Passer au Premium, c’est se plonger dans une addiction et une série de combats qui n’apporte pas encore de grande satisfaction malgré les séries de victoires. Le contenu in-game est bien trop pauvre tout comme les modes de jeu actuellement. Et si ce n’est que pour acquérir de l’esthétique ou encore plus de Ticket de « recrutement » (ou rencontres, appelez ça comme vous voulez), ce serait m’enfermer dans un cercle vicieux auquel je ne veux plus être enchaîné.

Globalement, le titre ne présente pas une meilleure expérience de jeu que le Pokémon TCG pocket dans le sens où seule la forme évolue. On n’utilise plus des cartes pour mettre en scène un affrontement, mais une réalisation à la Pokémon Stadium, pour des combats dont les contours n’ont pas changé depuis 30 ans. Pour nous garder actif sur le jeu, on nous offre comme carotte un ticket offert au quotidien, des missions quotidiennes pour l’espoir de composer une équipe de rêve, sauf que tout se monnaye, de simples objets à équiper à l’entraînement en passant par le recrutement lui-même… Sauf que le temps du joueur, c’est de l’argent. Même sans dépenser un rond, on y consacrera une montagne de notre temps, pour des sensations de jeu auxquelles il manque énormément. A moins de vouloir participer aux Championnats du Monde des jeux Pokémon, il sera difficile d’éprouver des émotions gratifiantes sur le long terme, même en grimpant les échelons des rangs Pokémon. Bien sûr, ce pachinko jeu sera captivant le temps de créer son équipe et d’enchaîner des victoires dans l’espoir d’atteindre le rang suprême, mais les fans Pokémon méritent bien mieux en matière de contenu que ce que propose Pokémon Champions.

Le bilan de ce Pokémon Champions est plus que mitigé. Bien sûr, en tant que fan de l’univers Pokémon, ça fait plaisir de pouvoir se lancer dans des combats Pokémon de façon compétitive, comme ce fut le cas avec Pokémon TCG Pocket sur mobile. Le studio a fait en sorte de rendre le titre accessible via son tutoriel et un Motisma qui indique les forces et faiblesses à chaque capacité que vous lancez. De même, on ne crachera pas sur l’immersion en mode Arène et les 1001 stratégies qu’il est capable de mettre en place selon les Pokémon qui composeront votre équipe. Mais un jeu gratuit, il faut le financer et la Pokémon Company (et Nintendo) a employé la manière forte en proposant du contenu Premium en pagaille, en conditionnant la composition de votre équipe à l’obtention de tickets au quotidien. Bref, un jeu qui veut entrer sur la scène compétitive de la plus grande des manières, en laissant de côté une partie du public dont je ferai partie.

Retrouvez aussi nos tests sur OpenCritic.

Points forts

  • Un roster varié avec Méga-Evolutions etc.
  • Le tutoriel est idéal et récap tout en peu de temps
  • Les plus compétitifs apprécieront
  • Motisma représente une aide précieuse
  • Des options de personnalisation intéressantes (talent, attributs...)

Points faibles

  • ... mais on ne choisit pas son équipe librement
  • Tout a un prix, TOUT !
  • Un modèle économique à questionner
  • Pas un seul mode hors-ligne
7

Good

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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