TEST – Space Adventure Cobra The Awakening

Homme ou machine, nul n’imagine
Quel est son secret, nul ne le sait
Mais quand on l’appelle, il surgit du ciel
Puis il disparaît, toujours aux aguets

Développeur : Magic Pockets
Éditeur : Microids
Support : PC, PS5, Switch, Switch 2, XBox Series X/S
Version pour le test : PC
Genre : Plateforme / Shoot’em All
Date de sortie : 26 août 2025

 

1985, soit 40 ans. C’est l’année où nous avons vu la série d’animation Cobra arrivé dans notre beau pays. Une série de Akio Sugino (Astro Boy, Golgo 13) et Osamu Dezaki (Lady Oscar, Ashita no Joe) adaptant le manga de 1978 de Buichi Terasawa. Un manga qui cale son héros sur une figure de la culture populaire française : Jean-Paul Belmondo et dont l’aventure démarre un peu comme Total Recall : un citoyen apparemment lambda se rend dans une entreprise qui peut vous faire vivre vos rêves. Dans son rêve, il se retrouve à vivre une histoire de l’aventurier de l’espace annoncé comme mort 5 ans auparavant : Cobra.

Une adaptation de l’adaptation

Rêve que nous allons jouer en terme de prologue, pour apprécier la pleine puissance de notre héros. Puisque son retour à la réalité va s’accompagner d’une baisse en puissance, puissance qu’il faudra regagner au fil des niveaux.

Décidant de continuer sa soirée sur cette lancée, il se retrouve face aux pirates de l’espace et retrouve la mémoire incluant l’utilisation de son Psycho Gun (rayon Delta en VF) et tous les problèmes allant avec comme le fait d’être recherché à la fois par la police galactique et les Pirates de l’espace. Mais il retrouvera aussi Armanoïde, sa fidèle coéquipière androïde, sa voiture et son vaisseau spatial, le plus rapide de la galaxie bien évidemment.  

Pour m’être refaite l’intégrale de Cobra il n’y a pas si longtemps (3 ans je pense), il faut déjà dire que la série de 1982 (diffusée en 1985 donc) a plutôt bien vieilli, bien mieux que Saint Seya par exemple. Mais je peux surtout témoigner de la construction de la narration du jeu. Space Adventure Cobra The Awakening reprend le fil narratif en comblant ou développant certaines ellipses ou combats. Par exemple dans l’épisode 5 de l’anime, Cobra est en prise avec une snipeuse, il traverse alors des grottes. Le jeu nous met face à des ennemis présents dans ces grottes.

Les niveaux sont cohérents et agrémentés de scènes de la série de Akio Sugino et Osamu Dezaki. Scènes qui ont été redoublées avec un casting actuel, notamment Jérémy Bardeau que vous avez entendu dans tellement d’œuvres que rien que de le résumer serait trop long.

Mais surtout un casting voix qui a été fait intelligemment pour coller aux voix de l’époque. Idem côté réécriture, on retrouve la patte années 80 des dialogues et expressions. Ce re-doublage a trois buts, le premier est de ne pas créer de dissonance entre la voix originale durant les scènes animées et la nouvelle voix durant les écrans de transition et les phrases en jeux. Le deuxième est de permettre d’utiliser les extraits du manga sans créer des trous de scénars en ayant pris un raccourci. Le troisième est de rendre le jeu tout public avec des sorties qui sont plus grivoises dans le dessin animé que dans le jeu, même si Cobra (dragueur invétéré) est littéralement (du coup) à des années lumières de Nicky Larson.

Et une adaptation fidèle

Fidèle dans la narration et le doublage comme nous l’avons vu mais aussi et surtout, car c’est au moins aussi important, dans le gameplay. Dans les niveaux où Cobra est brun aux cheveux longs (le Cobra originel), on a un attitude héroïque, arrogante. Dans la version bouclé et blond, notre héros est plus fantasque, les animations plus clownesques et le ton suit ce mouvement général.

L’arsenal de notre héros est composé d’un revolver standard, permettant de passer les boucliers contrant les armes à énergies, de la bonne patate de forain pour les boucliers qui contrent tout, d’un grappin, de bottes magnétiques et bien évidemment, du fameux rayon delta. Un rayon qu’on peut charger pour exploser des parois ou faire de très gros dégâts mais qu’on peut aussi diriger, la partie Psycho du nom signifiant qu’on peut le diriger par la pensée, ou, dans notre cas, par les sticks pour atteindre des cibles inaccessibles autrement.

Car comme vous aurez pu le voir sur nos copies d’écran, Space Adventure Cobra The Awakening est un jeu qui combine plateformes et tirs frénétiques, les ennemis sont nombreux. Ce que vous ne voyez pas sur ces images c’est qu’ils viennent par vagues quand ils ne sont pas déjà présents et donnent de la voix (toujours VF) pour vous menacer ou acter de leur défaite. Les niveaux contiennent des passages masqués, il faudra donc un peu fouiller pour trouver certains bonus et surtout il faudra revenir dans les premiers niveaux à mesure que vous récupérerez votre arsenal d’origine. Entre autres originalités, un mode multijoueur local, des niveaux spéciaux à jouer avec d’autres personnages (Armanoïde) par exemple et d’autres qui offrent des perspectives nouvelles, comme le niveau sous-marin (qui traumatisera les joueurs de TMNT de la NES) ou celui où il faut éviter les tirs d’une snipeuse tout en gérant les ennemis habituels.

Ennemis qui, s’ils ont des skins différentes, auront peu ou prou les mêmes attributs : standard, mortel au corps à corps, grenadier, bouclier rouge, bouclier bleu et faune locale.

Du rythme, encore du rythme ?

Vous pourrez donc refaire les niveaux une fois terminés, que ce soit pour trouver des bonus oubliés ou inaccessibles en raison d’un manque d’équipement ou bien pour tenter de battre le chrono proposé. Et vu la différence entre mon premier passage et le temps demandé : il y a du boulot.

Les niveaux sont en général assez simples. Oui il y a des tirs guidés à faire pour activer tel interrupteur, vider une salle ou la jouer préventif, oui il y a tout un jeu de parkour avec des grappins et sauts à synchroniser correctement mais dans l’absolu, un tableau ne vous prendra pas plus de deux ou trois essais suivant l’adversité qui est souvent optionnelle. 95% des ennemis sont esquivables.

Parlons maintenant des boss. Lourd sujet. La série propose une galerie de boss potentiellement intéressants mais pas assez au gout des devs et surement des joueurs. Magic Pockets en a donc ajouté, des boss, des mini boss et on ne peut pas dire que l’inspiration fut au rendez-vous car les doublons et triplets sont bien présents. Et à chaque fois c’est un robot qui alterne les boucliers, le plus gros changement dans un doublon sera, peut-être l’arène.

Bon s’il n’y avait que ça. Mais nous ne sommes pas dans un jeu où faire sauter un bouclier donne un nombre de tirs fixe ou même un nombre de secondes fixes. Non, ici, quand un bouclier de boss saute, il peut revenir une demi seconde plus tard. Et on peut même généraliser le phénomène, au fait que les fenêtres de tirs sont assez courtes et que vous passerez beaucoup de temps à esquiver les attaques des ennemis les plus forts, boss inclus et pas vraiment à leur tirer dessus, frustration complémentaire.  Même notion d’aléatoire dans certains patterns : 5e tentative, vous avez tout enregistré, et bim une attaque au corps à corps venue de nulle part. Même notion aussi dans les loots. Entre deux tentatives, les ennemis lâcheront des soins, ou pas. Voici donc la grosse faiblesse de Space Adventure Cobra The Awakening : les boss.

Car pour le reste tout est là pour que les nostalgiques en aient pour leur temps de jeu : « cinématiques » directement issues de l’anime, fidélité du héros, scènes de l’anime pour gratifier un tir ultime ou au moins 3 cibles touchées avec le tir guidé, doublages au top, niveau qui ne font pas remplissage et surtout niveau dont l’arrière plan est aussi source de jeu et à minima vivant et donnant de la profondeur à un jeu 2D.

En résumé Cobra est un jeu sympathique, qui conquerra les cœurs des fans et pourrait intéresser de nouveaux venus mais qui a des aspects frustrants. C’est aussi un jeu qui a plus de richesse qu’escompté avec un temps de jeu global important même sans compter la rejouabilité des niveaux, le multijoueur local et le contre la montre.

En plus d’être fidèle dans sa narration et progression, Space Adventure Cobra The Awakening est fidèle dans son gameplay. Un jeu qui a plus de profondeur qu’attendu et une durée de vie très appréciable qui doit cependant ne pas nous faire oublier certains aspects frustrants. 

 

Points forts

  • Très fidèle
  • Les scènes directement issues de l'Anime
  • Le doublage

Points faibles

  • Les boss rajoutés
  • Un petit côté aléatoire frustrant
  • Des fenêtres de tir très courtes
7

Good

Personne ne lis jamais ces encarts (mais tu peux cliquer sur les liens)

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