TEST – Super Dragon Ball Heroes: World Mission

Super Dragon Ball Heroes World Mission guide 7 dragon balls

Sorti au Japon en 2010, le jeu d’arcade « Dragon Ball Heroes » a vite connu un franc succès pour ses bornes à deux écrans – dont un tactile – ainsi que son concept scénaristique qui permettait au joueur de découvrir tout un ensemble d’univers alternatifs à celui créé par Toriyama que nous connaissons en Occident. Par le biais de ce jeu, il était ainsi possible de découvrir de nouveaux personnages, mais également certains « what if » de protagonistes bien connus tels que Broly SSJ4 ou Vegetto SSJ3. Fort de ce concept accrocheur, Dragon Ball Heroes a ainsi connu un succès commercial dans les salles d’arcade japonaises depuis sa sortie, et Super Dragon Ball Heroes: World Mission en est aujourd’hui l’adaptation pour PC et Nintendo Switch.

• Genre : jeu de stratégie / jeu de cartes
• Développeur / éditeur : Dimps / Bandai Namco
Support de test : PC (AMD Ryzen 5 2600X – GTX 1060 6Go VRAM – 16Go RAM)
• Version du jeu utilisée : édition standard (Steam) fournie par l’éditeur
• Disponible sur : PC, Switch

Dragon Ball Videoludic Universe

En tant que fan de la licence Dragon Ball, difficile de ne pas être enthousiasmé d’office par l’idée de voir débarquer un jeu comme Super Dragon Ball Heroes: World Mission dans nos occidentales contrées. Mis à part à travers l’histoire de jeux tels que Dragon Ball Xenoverse et Xenoverse 2 qui en usent avec précaution, nous n’avons en effet eu que peu de contact avec cette sorte d’univers étendu qui se greffe sur l’œuvre de Toriyama en apportant son lot de personnages et d’histoires inédits. Le Xenoverse, tel est son nom, est ainsi un véritable vivier à fantasmes, envisageant presque toutes les possibilités imaginables pour nos personnages préférés. On y croise ainsi, pêle-mêle, des Dragon Balls sombres créées par des démons, des protagonistes et des ennemis adoptant de nouvelles transformations, voire des univers un peu plus loufoques comme celui où nos héros sont des employés d’entreprises concurrentes. Et au milieu de tout ça, une ancre immuable : la « Time Patrol », dirigée par la Kaïo Shin du temps, elle-même aidée par la version de Trunks adulte que l’on a déjà pu côtoyer dans les deux jeux de combat Dragon Ball Xenoverse.

C’est dans cette sorte de « multi-multivers » que se déroule le scénario de Super Dragon Ball Heroes: World Mission. Vous y incarnez un jeune garçon fan d’un jeu de cartes basé sur les héros de Dragon Ball, et habitant dans un monde où ceux-ci semblent n’être que des personnages fictifs. Au gré des rencontres, le héros découvre rapidement les enjeux d’une guerre qui se déroule en coulisse et qui menace de détruire l’univers du jeu. C’est ainsi que le protagoniste pourra utiliser ses cartes pour combattre ladite menace. L’une des premières choses que l’on remarque, donc, dès le début de la partie, est l’impossibilité de choisir le sexe de son personnage principal qui sera obligatoirement un jeune garçon. Peu de temps après, toutefois, le jeu nous invite à choisir un avatar qui représentera le protagoniste dans l’univers du jeu de cartes (et qui pourra être utilisé en tant que tel).

Mais si le choix d’avatar se veut assez vaste (Saiyan fille, Saiyan garçon, Kaio Shin, Majin, Cyborg, Race de Freezer, Namek, Démon, chaque type possédant 3 versions et 4 classes d’évolution), Super Dragon Ball Heroes: World Mission se révèle avare en explications à ce sujet. En plus de quelques explications évasives sur les spécificités de chaque type d’avatar, le jeu vous avertit en effet que le choix n’est pas définitif et peut être modifié plus tard… sans préciser qu’il faudra, pour ce faire, passer par du farm intensif pour récupérer les 7 Dragon Ball, et réinitialiser toute sa progression pour passer d’une race à l’autre. Ce détail, qui peut sembler trivial de prime abord, est pourtant représentatif du jeu en lui-même, bouffi de lourdeurs de gameplay sûrement prévues pour allonger artificiellement la durée de vie du jeu.

Car admettons que vous souhaitez tester la race des Démons avec votre avatar : vous jouez avec celui que vous avez choisi au départ, rassuré par le postulat de base du jeu, vous le faites monter en classe deux fois (chaque évolution nécessitant de réunir les 7 Dragon Balls), mais vous vous rendez rapidement compte que jouer un Saiyan fille ou garçon serait plus sympa. Si vous désirez changer de type d’avatar, il vous faudra alors réunir une première fois les 7 Dragon Balls pour changer de personnage, puis encore deux fois supplémentaires pour passer les deux classes d’évolution précédemment acquises car le changement d’avatar réinitialise complètement votre progression. Joueurs indécis, vous êtes prévenus : ce jeu va vous faire perdre quelques cheveux et beaucoup de temps…

Après cette séquence d’introduction, vient le moment des tutoriels qui, malgré une certaine lourdeur expliquent efficacement les bases du jeu sans pour autant entrer dans les détails. Pour approfondir les connaissances de mécaniques un peu plus pointues, il faudra obligatoirement passer par quelques missions annexes disponibles dans le laboratoire des personnages.

Super Dragon Ball Heroes World Mission Test

Quand le fun meurt plus souvent que Krilin

Le gameplay du jeu de cartes, une fois que l’on s’habitue à ses mécaniques de base, se veut simple à appréhender sans pour autant être simpliste. Chaque camp qui s’affronte dans Super Dragon Ball Heroes: World Mission possède jusqu’à 7 personnages, chacun possédant – à l’instar de vos avatars – une classe bien définie : héros (profil équilibré), élite (attaque l’endurance des adversaires), et berserker (attaque les PV adverses). Ces personnages sont ensuite à placer sur un terrain équipé de deux zones différentes, la zone de soutien (pour laisser récupérer les personnages ou déclencher leurs capacité de support) et la zone offensive (où sont positionnés les attaquants), et chaque début de manche calcule alors la puissance d’attaque combinée de chaque équipe en fonction des positionnements afin de déterminer qui attaque en premier.

Lors des phases d’attaque, les joueurs s’étant déjà essayés au jeu mobile Dragon Ball Legends (entre autres) reconnaîtront rapidement la mécanique de « l’impact de charge », cette jauge qui se remplit et se vide rapidement et qu’il faut stopper lorsque celle-ci est le plus proche possible du niveau de remplissage maximum pour remporter le duel avec la jauge de l’adversaire. Les affrontements nécessiteront ainsi un certain sens du rythme et de l’observation en plus des qualités stratégiques requises de base, car même avec une très bonne équipe dotée de synergies efficaces, rater trop souvent vos impacts de charge aura des conséquences majeures sur le déroulement de la partie, remporter ces affrontements étant par exemple nécessaire pour déclencher des attaques spéciales qui se rendent disponibles au fil du duel.

En soi, ces mécaniques de jeu sont efficaces et pourraient être agréables à enchaîner sur plusieurs parties à l’affilée si les choix d’interface n’étaient pas aussi lourds et datés. Chaque personnage possédant une à plusieurs capacités se déclenchant à divers moments de la partie, les développeurs ont eu la désagréable idée de vous flanquer un message informatif à chaque fois pour vous expliquer l’effet activé. Chaque début de partie déclenchant souvent une dizaine de capacités de chaque côté du plateau, c’est autant de messages qui s’enchaîneront avant de pouvoir faire quoi que ce soit, chacun d’entre eux s’affichant au minimum une seconde ou deux avant de pouvoir être passés en pressant le bouton ou la touche adéquat(e). Si on rajoute à cela des animations de combat parfois trop longues et impossible à raccourcir, certains QTE à rallonge (parfois très mal expliqués, les interfaces étant restées les mêmes que celles de la borne d’arcade et ne donnant pas le nom du bouton à appuyer), on obtient des combats inutilement longs, où frustration et agacement signent la mort de l’amusement.

Super Dragon Ball Heroes World Mission Test

Super Farming Simulator Heroes

Mais le tue-l’amour ne s’arrête pas là : Super Dragon Ball Heroes: World Mission s’articule autour d’une interface ergonomiquement trop lourde si on la compare aux standards actuels, ainsi que d’un gameplay doté de quelques mécanismes archaïques qui peuvent également être observés au sein de plusieurs productions récentes éditées par Bandai Namco (tels que Jump Force, ou encore Dragon Ball Xenoverse 1 et 2). Les fins de match sont systématiquement parsemés de trop nombreux écrans au point de marteler la touche pour espérer les faire passer plus rapidement, et – sûrement l’un des plus gros points noirs du jeu – le recours au farm est quasi-systématique pour la plupart des items, à l’instar des gains en zéni (la monnaie du jeu) qui sont risibles au vu du coût affiché des objets en boutique.

Et on se surprend à faire appel au farm plus que de raison, la progression au sein du scénario principal étant assez peu satisfaisante à ce sujet. Afin de récupérer les 7 Dragon Balls, on est ainsi encouragés à repérer les niveaux permettant d’en gagner, ce qui peut s’avérer très long si vous souhaitez changer d’avatar, puis lui faire passer la classe supérieure, ou encore débloquer des emplacements pour des items utilisables en combat. Fort heureusement, le mode création vous permet de créer à la fois des cartes mais surtout des missions personnalisées. Et après une rapide recherche dans le classement des plus jouées, il est assez facile de tomber sur des missions créées par des joueurs qui vous permettent de glaner des objets ou des Dragon Balls assez rapidement par le biais de combat contre des adversaires seuls et/ou faibles. Le farm s’en retrouve ainsi allégé en termes de temps investi, mais cela ne change en rien l’austérité d’un tel concept, qui risque de faire lâcher Super Dragon Ball Heroes: World Mission à beaucoup de joueurs peu habitués aux jeux centrés sur la répétitivité et qui devront en plus de cela se farcir les fameuses lourdeurs d’interface inhérentes à chaque partie déjà évoquées un peu plus haut dans ce test.

Et même avec ces astuces, farmer demeure un exercice long pour qui veut obtenir telle ou telle technique, ou acheter telle ou telle carte vierge pour le mode création. Pour vous donner un ordre d’idée, sachez qu’une carte vierge 4 étoiles (la plus forte pour créer des cartes personnalisées) coûte 20 millions de zeni l’unité. La mission qui vous en rapporte le plus vous permet d’en gagner 200 000 par match (sans possibilité d’utiliser des objets pour multiplier les gains). Si on fait un rapide calcul, il vous faudra donc enchaîner 100 fois la même mission pour acheter une malheureuse carte vierge d’une puissance assez potable pour en justifier l’usage dans l’un de vos decks. De la folie pure.

Ce choix des développeurs est d’autant plus regrettable que le mode création est sûrement la partie du jeu la plus à même de sauver Super Dragon Ball Heroes: World Mission du naufrage. La création de carte est un outil très complet qui permet de faire de n’importe quel personnage un monstre de puissance capable de rivaliser avec les cartes les plus fortes du jeu. Il est ainsi possible de choisir le personnage de la carte parmi plusieurs poses, de lui attribuer des éléments de fond, des effets spéciaux, sa technique de combat, ses compétences… les possibilités sont quasiment infinies, et rien ne vous empêche – pour citer un exemple volontairement farfelu – de créer un Jackie Choun connaissant le Big Bang Kaméhaméha et capable de se transformer en gorille géant SSJ au tour 2. Pour ce test, nous avons pu créer une équipe ultime entièrement composée de Kaïo Shin et qui n’avait rien à envier à des équipes hyper-testostéronées comme celles à base de Saiyans SSJ4 ou SSJ Blue. Il est donc dommage de se sentir trop souvent bloqué par le jeu et ne pas pouvoir profiter plus librement d’un mode aussi intéressant et addictif.

Au chapitre des éléments positifs, le mode arcade est également une très bonne surprise. Celui-ci permet de retracer les évènements propres au Xenoverse afin d’en apprendre plus sur ces itérations de personnages que nous ne connaissons pas par chez nous, tels que Cell X ou la version « Roi des Démons » de Buu. Chaque arc scénaristique du mode arcade est composé d’un nombre de missions ni trop nombreux ni trop court, et on se surprend à trouver cette catégorie bien plus accrocheuse en terme d’intérêt que le scénario principal qui enchaîne les dialogues plats et les intrigues sans surprise.

 

Jeu à fort potentiel mais qui se prend hélas les pieds dans le tapis d’un game-design archaïque, Super Dragon Ball Heroes: World Mission pèche par un travail d’adaptation et d’ergonomie trop paresseux. Doté d’un univers étendu encore peu exploité en Occident, le jeu avait pourtant tout pour plaire aux fans curieux d’explorer les possibilités du Xenoverse. Le gameplay et l’interface souffrent en effet de lourdeurs impardonnables pour un jeu de 2019, comme ces messages redondants qui s’enchaînent un par un en plein combat pour indiquer l’activation de chaque technique. Et si graphiquement le jeu aurait pu être facilement pardonné par son statut d’adaptation avec un prix adapté, le tarif de 60€ nous parait ici clairement excessif au vu du résultat. Si on ajoute à cela un scénario principal banal et sans intérêt, un large panel de cartes déséquilibré car doté d’un top-tier trop puissant, ainsi que la nécessité d’un farm intensif et sans saveur pour glaner quelques malheureux zénis et autres items, il ne reste pas grand-chose à Super Dragon Ball Heroes: World Mission pour briller auprès des joueurs. Le mode création, néanmoins, sauve quelque peu le jeu du naufrage en permettant aux joueurs de rééquilibrer un peu les mécaniques du jeu par eux-mêmes sans pour autant constituer la solution miracle.

0 0 voter
Évaluation de l'article

Points forts

  • La possibilité d'en apprendre plus sur le Xenoverse, notamment via le mode arcade
  • La possibilité de créer des cartes ultra-puissantes avec le personnage de son choix
  • Les missions personnalisées créées par les joueurs, extrêmement utiles pour raccourcir le temps de farm
  • Le design des cartes, à part dans de rares collections, est magnifique

Points faibles

  • Les lourdeurs impardonnables de l'interface qui multiplie les messages d'info en plein combat jusqu'à l'indigestion
  • Certains QTE et animations en plein combat, inutilement longs et impossibles à raccourcir
  • Le recours trop fréquent au farm, cette mécanique vite insupportable et qui s'impose pour quasiment tous les items
  • Le prix officiel de 60€, clairement trop élevé pour un travail d'adaptation aussi sommaire
  • Certaines mécaniques de jeu sont mal expliquées malgré l'existence de tutoriels
5

Average

Co-fondateur de Try aGame, pinailleur en chef, amateur de belles histoires et fier papa de cette espiègle petite manette qui squatte chaque page du site.
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Mot de passe oublié

0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
libero. velit, fringilla ultricies felis dolor dictum Lorem ipsum nunc mi, adipiscing