Mick Carter ne contrôle pas vraiment sa vie. Fauché, vivant souvent dans la rue, il enchaîne les petits boulots traversant les États-Unis. Mais un jour, il doit retourner dans sa ville natale pour l’enterrement de sa mère. Il saute alors dans un wagon à bestiaux où il assiste à un meurtre violent, perpétré par des soldats équipés de technologies de pointe. Et ce n’est que le début des problèmes de Mick et des vôtres puisque c’est à ce moment que vous allez prendre contrôle de sa vie qui en manque terriblement.
Drifter-Noir
Alors que sur Amazon Prime vous pouvez vous plongez dans une adaptation de Spider-Man dans un univers noir des années 30. Sur les consoles Nintendo, vous pourrez vivre une expérience dans un contexte similaire dans les années 90.
Très vite le ton est donné dans The Drifter. Votre personnage survit plus qu’il ne vit, il a quitté sa ville et sa famille pour des raisons que le jeu donnera au fil des chapitres. Loser, perdu, sans argent mais pas sans ressource, Mick va se retrouver dans une histoire bien noire, bien crasse qui mêle soldats, disparitions en série, hallucinations, meurtres et flics dont l’inspecteur en chef, qui sera vite à vos trousses, est un hommage à l’inspecteur Harry incarné par Clint Eastwood. Un ton qui ne laissera que très peu d’espace à l’humour et à l’espoir : ici votre survie est en jeu à chaque instant ou presque, celle de vos proches aussi et l’atmosphère pesante saura vous le faire comprendre tout au long des X heures de jeu.
Un ton porté par une direction artistique tout en pixel art qui se prête bien à l’aventure.
Un gameplay adapté aux Switchs
Nous sommes dans un point & click. Sauf qu’ici on ne pointe pas avec un des sticks, on se déplace et avec le second on parcourt les points d’interactions possibles dans le tableau. On peut alors juste avoir un descriptif, ou interagir avec (regarder plus en détail, parler dans le cas d’un PNJ, ou agir dessus). Vous pourrez aussi utiliser un objet sur l’élément de décor concerné, en l’ayant, suivant les cas, combiné avec un ou des objets de votre inventaire. Une des premières scènes vous demandera ainsi de confectionner un cocktail Molotov et le lancer pour vous échapper.
The Drifter se déroule dans votre ville natale dont les lieux vont s’ouvrir au fil des besoins donnant une impression de monde ouvert, même si on se téléporte de l’un à l’autre, pour une aventure découpée en chapitres qui donne l’impression de vivre une série courte. Une impression pas désagréable du tout, chaque chapitre se clôturant sur un cliffhanger ou une forte envie d’en savoir plus sur ce qu’on vient de vivre ou d’apprendre. Il permet au jeu de donner l’impression d’un rythme assez soutenu. Alors que le rythme sera fonction de votre jeu.
Le bémol est à mettre sur notre bon ami Mick, personnage principal, qui commente absolument TOUT ce qu’il fait. Il met une pièce dans une machine à café, car vous lui avez demandé de le faire, il déclame aussi tôt qu’il a mis une pièce dans une machine à café pour obtenir un café. Un peu rébarbatif mais comme on peut accélérer les dialogues, ça reste anecdotique.
Tellement anecdotique que The Drifter a remporté aux Australian Game Developer Awards le titre de jeu de l’année, ainsi que les prix d’excellence en art, narration et en conception sonore.
The Drifter a les deux qualités principales de son genre : offrir un scénario solide et ne pas proposer d’interaction capillotractées pour résoudre ses énigmes. Il est en plus porté par une direction artistique particulièrement bien travaillée pour l’aventure proposée.
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