TEST – Toejam & Earl : Back in the Groove

Toejam & Earl reviennent pour le plus grand bonheur des fans nostalgiques de la bonne vieille époque mais pas seulement. Ce qui reste agréable, ce sont toutes les nouveautés qu’ils embarquent avec eux et cette vibe qui définit si bien le titre.

Développeur : Human Nature Studios
Éditeur : Human Nature Studios
Genre : Rogue-Like / Indépendant
Date de sortie initiale : 1er mars 2019
Prix : 16,99€
Version pour le test : Code Xbox One fourni par l’éditeur

 

Toejam & Earl est sorti en 1991 sur Mega Drive et il avait su se trouver un public appréciant l’univers décalé imaginé par Johnson Voorsanger. Malgré des tentatives de suites les années suivantes, le premier épisode reste le plus populaire de la franchise. Vingt-huit ans après, c’est un remaster signé Human Nature Studios auquel nous avons le droit et ce sur PS4, Xbox One, PC et Nintendo Switch. Au programme quelques nouveautés et des graphismes améliorés pour des mécaniques de jeu assez similaires. Les deux compères se sont écrasés sur la Terre et leur vaisseau a explosé. Ils devront donc reconstruire leur engin en réunissant les dix pièces éparpillées sur les différents mondes. La question reste de savoir si le concept fonctionne toujours en 2019. Apportons quelques éléments de réponse.

Lentement mais sûrement

Toejam & Earl : Back in the Groove a évolué visuellement, a apporté quelques éléments à la formule originale mais le cœur de son gameplay reste le même. Nous sommes expédiés sur une planète inconnue sur laquelle il faudra trouver les ascenseurs de chaque niveau afin d’accéder au suivant. Deuxième objectif principal, retrouver les pièces du vaisseau afin de le reconstruire et repartir chez vous, à Funkotron. L’exploration de la planète ne se fera pas sans embûche, il existe de nombreux Terriens prêts à vous pourchasser en provoquer le Game Over le plus tôt possible. Sachant que vous partez sans arme, il sera donc nécessaire de les éviter afin de vous frayer un chemin vers l’ascenseur. Si le méchant PNJ vous touche, vous perdez de la vie et ça fait mal !

C’est là qu’interviennent l’essence même de Toejam & Earl, les cadeaux. Des présents sont posés aux recoins de chaque niveau et ils vous donnent des bonus spéciaux. Les uns vous permettent de vous déplacer plus sereinement (les pompes, les ressorts, les ailes, invisibilité…), d’autres vous donnent des munitions (jet de tomate, lance-tomate, pluie de tomates) et si vous êtes plus malchanceux, ce seront des malus qui se cachent dans les cadeaux empoisonnés (nuage pluvieux, dégradation, livre, terriens etc.). Qu’on se le dise clairement, ces cadeaux sont indispensables pour survivre et ce pour multiples raisons. Certaines zones sont infestées d’ennemis qui sont souvent plus rapides que vous et vous colleront le stress à la peau.

La coopération sera toujours de rigueur tant il est plus divertissant de se lancer dans le jeu à 2 plutôt que seul, par contre quelques nouvelles options s’offrent à nous. La première étant le jeu en ligne, n’importe qui peut s’inviter dans votre partie si vous activez le service, nous octroyant même la possibilité de jouer à 4 joueurs. Cela renvoie directement à la seconde nouveauté visible dès les premières minutes de la partie. Le nombre de personnages jouables augmente et passe de 3 à 6. Certes il existe deux Toejam et deux Earl mais ils possèdent chacun leurs caractéristiques de jeu. Ensuite, c’est deux autres persos qui viennent s’ajouter au roster tandis que quatre autres protagonistes seront à débloquer en terminant le jeu.

toejam & earl

Il existe de réels avantages à prendre l’un ou l’autre personnage puisque les statistiques varient en jauge de vie, en compétence de cadeau et de recherche, taille de l’inventaire et en chance. De même, tous ont deux capacités spéciales qui leur est propre. Lewanda peut par exemple utiliser les parcmètres gratuitement, repérer et changer un cadeau. Quant à Latisha, elle provoque bien plus de dommages avec ses tomates, ce qui peut s’avérer très utile dans certaines situations. Il ne faut pas omettre la diversité du bestiaire dont les membres adverses restent colporteurs d’anxiété à outrance. On passe de la satisfaction de trouver de la bonne bouffe (quand elle n’est pas avariée, elle nous donne des PV) au stress de croiser ce foutu dentiste cinglé ou ce puissant quater-back en passant par ces détestables poubelles vivantes et consorts.

Néanmoins, l’expérience de jeu est ponctuée de certaines lacunes qui ne nous permettent pas de l’apprécier complètement.

Fidèle mais parfois maladroit

Tout n’est pas parfait dans ce remaster et on se dit qu’il y a des choses qui auraient mérité quelques travaux. Le système de tir en premier lieu, il est tout sauf agréable et pratique. Il est possible de lancer des tomates mais le personnage ne reste pas immobile mais se déplace vers le personnage qu’il vise. Le risque que l’on percute l’adversaire que l’on assomme de tomates reste donc élevé, ce qui nous ferait perdre de la vie vu qu’il faut éviter tout contact avec l’ennemi. Malheureusement, cela nous maintient dans l’optique d’esquiver les ennemis plutôt que de s’en débarrasser. Mais c’est aussi cela qui contribue à la bonne recette de ce rogue-like. Heureusement, il existe une cantatrice viking qui permet d’éliminer les ennemis aux alentours contre 3 dollars.

De même, un aspect moins pratique nous force à utiliser les objets lorsqu’on les ouvre alors qu’on voudrait parfois les conserver pour plus tard. A moins que vous n’obteniez des cadeaux Identifier, vous devez profiter ou subir l’effet de l’offrande. Certes, cela participe au charme du jeu et à un certain stress parfois appréciable mais cela ne nous laisse pas toujours un ressenti agréable. On aimerait parfois simplement savoir des objets que l’on dispose. Après, c’est vrai que ce côté hasardeux fait également partie des ingrédients de Toejam & Earl et justifie la présence des objets Identifier ou Changer de cadeau, cela rend le monde d’autant plus dangereux.

Il serait dangereux de croire et d’affirmer que le soft ne s’adresse qu’aux fans du jeu sur MegaDrive, il propose simplement quelque chose d’original. Un univers décalé avec une bande-son entraînante, une grande part laissée à l’incertitude et au hasard, un petit côté chance avec les cadeaux mais un aspect stratégique certain. Des bonnes idées sur le côté coopération embellissent le tout, par exemple la possibilité de sacrifier une vie pour ressusciter son coéquipier ou le partage des cadeaux lorsque nous sommes regroupés. On se lance dans les mini-jeux simplistes mais qui demeurent appréciables sur le chemin. Tout n’est malheureusement pas clair ni très bien expliqué (il existe tout de même une partie tutorielle pour les novices) lors de la première plongée dans cet univers (les virées horizontales à la sauce Funko) mais à vrai dire on se plait tout de même à explorer chaque niveau. Comme l’objectif reste simple, on se dit que l’on peut aller au bout, mais ce sera bien plus difficile qu’il n’y paraît et la panique pourrait être une très bonne amie lorsque les dangers s’enchaînent.

Pour être totalement honnête, j’ai lancé des parties en coopération locale avec diverses personnes de mon entourage pour tester son succès. La première personne (16 ans, jamais joué à un seul épisode de Toejam & Earl) a apprécié l’expérience de jeu et malgré deux échecs en redemandait et a trouvé le jeu à son goût, « plutôt cool » pour être plus précis. Elle pestait contre la lenteur du personnage mais une fois Toejam en main, elle ne cachait pas son bonheur. Commencer avec un personnage rapide est apprécié par les novices et c’est peut-être en évitant de prendre Earl que vous apprécierez le jeu. La seconde personne (30 ans, avec qui j’avais déjà fini le jeu original mais qui ne l’avait pas apprécié pour autant…) a préféré ce remaster car plus beau, car plus de choix dans les persos et de variation dans le rythme et donc davantage de dynamisme. Pour le coup, c’est vrai que les petites nouveautés font leur effet sur les connaisseurs de la licence. Après, de là à dire que le titre fera l’unanimité auprès du public, il existe un gouffre. Le rythme peut paraître bien trop lent, les personnages et mouvements manquent de souplesse et il faut savoir entrer dans le monde décalé de Toejam & Earl.

toejam & earl

Enfin, on pestera légèrement sur le fait qu’aléatoirement ou pas, les niveaux restent les mêmes et que l’on aurait apprécié profiter de bien plus de mondes. Pour moins de 20 euros, le prix reste honnête pour une expérience qui peut varier selon vos désirs de vous y relancer. Une fois le jeu terminé, il existe tout de même une rejouabilité qui nous invite à débloquer tous les persos ainsi que le niveau de difficulté élevé mais cela reste limité si jamais vous n’avez aucune envie de vous y replonger. Après tout, à cause de certaines lacunes dans le gameplay, l’approche restera similaire. Au mieux, on se splitte et on part chacun de notre côté pour trouver ascenseur et pièces de vaisseau. On esquive soigneusement les ennemis, on va taper la bise à Mr La Carotte, on utilise quelques PNJ pour le fun tout comme les défis de danse mais on fait vite le tour. A l’heure où l’on passe rapidement d’un jeu à un autre, on se dit peut-être que Toejam & Earl : Back in the Groove représentera probablement un petit délire d’un soir ou d’une semaine puis sortira difficilement des tréfonds de votre bibliothèque de jeux.

Toejam & Earl : Back in the Groove reste une expérience agréable pour les fans du jeu original mais pas seulement, un nouveau public pourrait s’ouvrir et se plaire dans ce rogue-like à l’univers décalé. Malgré des lacunes dans certaines mécaniques de jeu et un rythme assez lent, le titre remis au goût du jour par Human Nature Studios reste facile à prendre en main et prenant. Les développeurs misent clairement sur la coopération car comme pour le premier épisode sur MegaDrive, il sera plus divertissant de s’y lancer à deux (ou quatre en ligne) que seul dans ce monde plus impitoyable que jamais. Néanmoins, si la recette fonctionne bien, elle montre tout de même des limites qui pourront en rebuter plus d’un et ne pas en convaincre d’autres après une partie. Au final, Toejam & Earl demeure un titre indépendant de qualité pour quiconque est prêt à faire fi de ses mécaniques vieillottes et s’y plonger en toute décontraction.

Points forts

  • Un monde bien plus dynamique que l'original
  • Les décors sont réussis
  • Stressant comme il faut
  • Des nouveautés qui font leur effet
  • Coop à 4 joueurs online

Points faibles

  • Quelques problèmes de stabilité en coop
  • Manque encore d'aide sur l'interface de jeu
  • La visée au tir de tomate est mal fichue
7

Good

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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