TEST – The Witch and The Hundred Knight 2, retour chez les sorcières

Nippon Ichi Software nous propose de retourner à la rencontre de vilaines sorcières avec The Witch and The Hundred Knight 2, préparez votre balai, je vous emmène à la découverte du jeu dans ce test.

The Witch and The Hundred Knight 2

(testé à partir d’une version PS4 fournie par l’éditeur)

Après un premier opus sorti en Europe sur PlayStation 3 en 2014, The Witch and The Hundred Knight avait succombé à la mode des remasters pour s’offrir une édition PS4 en 2016. Un galop d’essai sur la dernière console en date de Sony pour préparer le terrain à cette suite, sobrement intitulé The Witch and the Hundred Knight 2. Pour nous autres, européens, il aura en tout cas fallu se montrer patients pour pouvoir s’essayer à ce nouveau volet au pays des sorcières. En effet, le jeu, développé par Nippon Ichi Software, est sorti au Japon le 23 février 2017 et il n’arrive chez nous que ce 30 mars soit plus d’un an plus tard. C’est souvent le sort réservé aux petites productions nippones, le premier épisode et le remaster avaient connu le même traitement. Désormais, la question que l’on va se poser est la suivante : est-ce que cela valait la peine de se donner du mal pour faire le déplacement ? Un début de réponse vous sera apporté dans les quelques lignes qui vont suivre.

The Witch and The Hundred Knight 2Il était une fois…

Notre aventure débute dans un petit village où l’on vient de découvrir que la petite Milm est atteinte de la terrible maladie de la sorcière. Un mal qui transforme en sorcière toute personne qui en est atteinte. Alors que les villageois au grand cœur s’apprêtent à tuer Milm pour empêcher ce sort tragique, sa grande sœur Amalie s’interpose et choisit l’exil plutôt que de laisser sa cadette se faire massacrer. Un an plus tard, Amalie a intégré la WR, une organisation chargée de combattre les sorcières, tandis que Milm s’apprête à être opérée pour la guérir de sa maladie. Seulement l’intervention tourne mal et la petite meurt… c’est en tout cas ce qu’il semble paraitre mais quelques instant après, le corps de Milm se transforme pour prendre l’apparence de Chelka, une puissante et jeune sorcière. Dans le processus, sa poupée à l’effigie de Hundred Knight prend vie, c’est le personnage que l’on incarnera. Alors que la sorcière a semé le chaos dans le complexe où « elle » était traitée, Amalie, revenue de mission, se rend compte du malheur qui s’est abattu sur sa sœur. Elle la croit perdue pour de bon mais en fait, Milm partage le corps de Chelka, la jeune fille retrouvant parfois son apparence « humaine ». Amalie va alors tout faire pour tenter de guérir sa sœur, quitte à devoir aider indirectement Chelka, pourtant une sorcière.

Les bases du scénario sont ainsi posées et je dois dire que, même si l’histoire est un peu moins prenante que celle du premier opus, elle demeure très agréable à suivre. La trame va ainsi habilement jongler entre des moments humoristiques, cruels ou émouvants tout en proposant son petit lot de rebondissements. Tous les personnages que l’on va rencontrer sont, chacun à leur manière, très attachants. Aucun d’entre eux n’est creux et même si on a parfois quelques personnalités un peu clichées, l’ensemble s’articule tellement bien qu’on prête beaucoup moins attention à ce détail. L’excellent doublage aide également à s’immerger pleinement dans l’histoire. A savoir que les doublages anglais et japonais sont disponibles… mais il n’y malheureusement pas de français dans le jeu, ni dans les voix, ni dans les textes. C’est là l’un des défauts du jeu et c’est à chaque fois, selon moi, une faute impardonnable (cf. mon test de Chaos;Child ou de Yakuza Kiwami). The Witch and The Hundred Knight 2 se coupe ainsi d’une partie d’un public qui aurait pu s’y intéresser, les enfants.

Un air d’Halloween

En effet, sans être totalement enfantin, The Witch and the Hundred Knight 2 propose une ambiance capable de ravir petits et grands. Il faut dire que ce côté « Halloweenesque » est réussi tout comme pour le premier épisode d’ailleurs. On a un peu l’impression de se retrouver dans L’étrange Noël de Mr Jack ou Beetlejuice, ces univers où même si l’apparence du personnage est censé être effrayante, cela ne signifie pas forcement que l’on a affaire à un méchant. Il faut dire que le chara-design kawaï est superbe (certain(e)s pesteront contre quelques tenues que l’on pourra juger un peu trop affriolantes) et les couleurs sont extrêmement chatoyantes. Le jeu est ponctué de quelques artworks de toute beauté mais on pourra reprocher un manque de scènes animées. En effet les phases de dialogues se font, pour la plupart, à travers des écrans statiques où apparaissent des dessins en 2D des personnages. Hormis des déplacements des protagonistes de droite à gauche de l’écran, quelques expressions faciales et des effets lumineux, ces phases feront surtout appel à notre imagination pour comprendre ce qu’il se passe parfois. C’est un peu dommage de ne pas avoir proposé plus d’animations malgré la présence de quelques courtes scènes réalisées avec le moteur du jeu.

L’autre petit reproche que je ferai sur l’aspect visuel du jeu concerne les décors durant les phases de jeu. Alors oui, ils sont parfaitement cohérents avec l’univers, aucun doute là-dessus, seulement ils sont un peu trop monotones. Cette monotonie est accentué d’une part par le fait que The Witch and The Hundred Knight 2 ne casse pas trois pattes à un canard graphiquement parlant mais surtout car les environnements sont de véritables couloirs.

En revanche aucune fausse note sur l’aspect sonore. Les musiques, en plus de coller parfaitement à l’ambiance, sont très jolies. Je n’ai jamais eu l’impression d’une quelconque redondance dans les thèmes. Certains d’entre eux ont même réussi à exacerber certaines émotions procurées par l’histoire. Allez… si je voulais chipoter, je dirais que les cris de Hundred Knight pendant les phases de gameplay lorsqu’il porte des coups peuvent s’avérer légèrement agaçants à la longue. Fin du chipotage.

Copie carbone

Intéressons nous désormais au gameplay. Si vous avez déjà joué au premier opus, vous n’apprendrez pas grand chose voire rien du tout dans ce qui va suivre. Cette suite est en effet très similaire à son prédécesseur en matière de mécaniques de jeu et en a donc conservé les qualités… et les défauts. (une vidéo de gameplay est disponible au début de ce test)

Côté qualités, The Witch and The Hundred Knight 2 brille par son système d’équipement. Notre petit héros peut en effet équiper jusqu’à 5 armes à la fois. Lorsqu’il sera sur le terrain, chaque coup consécutif se fera avec chacune des armes. Le premier coup se fera avec la première arme, le deuxième coup avec la deuxième et ainsi de suite. Chaque type d’arme inflige des types de dégâts différents auxquels les ennemis ne seront pas toujours sensibles et il faudra bien choisir son set d’armes pour combattre tel ou tel monstre. Heureusement, on peut embarquer trois sets différents ce qui nous permet de nous préparer à tout type d’éventualité. Chaque set est d’ailleurs rattaché à un masque qui confère à notre personnage différents pouvoirs et différentes affinités avec les types d’armes. A nous de bien choisir le set qui donnera le plus de résultats en lien avec le masque et ses pouvoirs. Tout cela donne un aspect stratégique intéressant au jeu, surtout contre les boss. Les combats contre les boss sont d’ailleurs de vrais moments épiques qui demanderont d’être concentré et bien équipé côté matos et pouvoirs. Les armes peuvent être améliorées via du crafting d’objet qui nous demanderont de bien récupérer ce que les ennemis laissent tomber derrière eux.

En règle générale, les séquences contre des ennemis lambdas sont en revanche assez linéaires voire monotones, rappelons de plus que ça se déroule toujours dans de longs couloirs pour ne rien arranger. On se contente juste de taper comme des sourds dans le tas en essayant d’esquiver de temps à autre. Pas toujours évident tant l’action est souvent illisible. Un nombre incalculable d’informations s’affichent à l’écran autour de notre personnage ce qui rend l’anticipation assez compliquée. On finit par esquiver au hasard, surtout qu’un bonus vient récompenser les esquives parfaites. Ce défaut était également présent dans le premier opus, et The Witch and The Hundred Knight 2  n’a malheureusement pas été corrigé.

The Witch and The Hundred Knight 2Autre point de retour dans ce deuxième épisode : les GigaCalories. Non, il ne s’agit pas de surveiller sa ligne mais de surveiller son timer. En effet, lors de vos pérégrinations, un timer s’écoulera pour vous signifier que votre temps est compté. Cette jauge de temps se vide au fur et à mesure que le temps passe mais aussi lorsque vous esquivez ou lorsque vos pv sont réduits à zéro. Vous avez également la possibilité de vous soigner en sacrifiant du temps. La plupart du temps, ce timer ne posera pas de soucis. Il se réinitialise lorsque vous retournez à votre base, il y a des monstres qui redonne du temps sur votre chemin et il existe une attaque spéciale qui permet légèrement de remplir le timer. Encore une fois, c’est dans les combats contre les boss que cette jauge aura le plus de conséquences puisque les combats peuvent trainer et comme il faut se soigner régulièrement, les GigaCalories peuvent vite chuter. Décidément, les combats contre les boss sont vraiment les temps forts du jeu.

En résumé, The Witch and The Hundred Knight 2 est à l’image du premier opus, passionnant de par son univers, son ambiance, son scénario et ses personnages attachants. Son gameplay en revanche propose bien quelques idées intéressantes, offrant une certaine dose de stratégie mais qui ne s’exprimera surtout qu’au moment des boss. Les phases d’exploration seront, elles, plus monotones et se déroulent dans de véritables couloirs. Elles ne sont pas désagréables pour autant mais on aurait aimé un peu plus de liberté et de variété. En tout cas, le titre offre une bonne durée de vie et ses qualités permettent de passer un bon moment en compagnie de Hundred Knight et toute sa clique. Si vous avez aimé le premier opus, foncez. Dommage par contre de ne pas avoir, encore une fois, fait l’effort d’une traduction française.

Points forts

  • Un scénario intéressant
  • Des personnages attachants
  • Une ambiance générale réussie
  • Des combats de boss épiques
  • Une bonne durée de vie

Points faibles

  • Pas de traduction française !
  • Des environnements monotones
  • Une lecture de l'action compliquée
7

Good

Ma devise : "Raler, c'est utile uniquement si tu en profites pour apporter une solution... sinon ça reste juste un plaisir".

Mot de passe oublié

453734d2c5b9d1479a0b31cef1cc5f7exxxxxxxxxxxxxxxxxx