TEST – Ys X: Nordics, entre terre et mer

C’est l’homme et la femme qui prennent la mer

YS X: Nordics

Développeur : Nihon Falcom
Éditeur : NIS America
Genre : J-RPG
Supports : PS4, PS5, Nintendo Switch, PC
Support de test : PS5 (version fournie par l’éditeur)
Date de sortie : 25 octobre 2024

 

Presque quarante ans après ses débuts, la série Ys continue son bout de chemin de J-RPG, et c’est avec Ys X: Nordics que Nihon Falcom signe son retour en Europe. Comme à son habitude, la saga joue avec la chronologie : cet opus se situe entre Ys II et Ys IV, replongeant les joueurs au temps de la jeunesse d’Adol Christin, le légendaire explorateur à la chevelure rouge. Cette fois, l’aventure s’étend sur terre et en mer, proposant un voyage ponctué d’explorations et de combats. Alors est-ce que le jeu parvient à renouveler xa formule avec brio ? C’est ce que nous allons voir.

Adol, yes I Am

Avec Ys X: Nordics, revoilà donc d’Adol Le Rouge, au tout début de ses aventures puisqu’il n’est là âgé que de 17 ans alors qu’il en avait 24 dans Ys IX. Alors qu’il navigue à bord d’un navire de transport dans le Golfe d’Obélia, le vaisseau est pris d’assaut par les redoutables Normans, évoquant immanquablement les Vikings. Ces derniers arraisonnent (violemment) le bateau et le conduisent au port de Carnac, un village sous le contrôle des hommes du Nord.

C’est là qu’Adol acquiert un mystérieux pouvoir qui le lie de manière forcée à Karja, la fille du Jarl de la flotte de Balta, la force armée des Normans. Ce lien magique, qui les empêche de s’éloigner l’un de l’autre, les pousse à collaborer lorsque Carnac est attaqué par des créatures sensibles uniquement aux pouvoirs de mana qu’Adol et Karja partagent. Alors que les habitants de l’île ont inexplicablement disparu durant l’attaque, les deux compagnons se lancent dans une enquête à travers tout le Golfe d’Obélia pour résoudre ce mystère et affronter les Griegers, créatures qui infestent désormais la région.

L’histoire de Ys X: Nordics nous plonge dans une aventure qui, bien que plutôt classique, reste plaisante à suivre. Le scénario n’a rien de particulièrement palpitant ou novateur, mais il est suffisamment bien construit pour maintenir l’intérêt. Les personnages, assez stéréotypés pour un J-RPG, incarnent les archétypes habituels du genre, ce qui ne gêne pas vraiment l’expérience globale. Le rythme de la narration est quant à lui bien dosé, permettant de progresser sans longueur ni précipitation. On rechignera une nouvelle fois sur le fait qu’Adol se contente de n’être qu’un héros assez transparent dans le sens où contrairement aux autres personnages, il n’a que très peu de vraies lignes de dialogue et n’est même pas doublé.

Un point fort à noter en tout cas : le jeu bénéficie d’une traduction en français (même si quelques répliques en japonais ont été oubliées par-ci par-là). C’est un détail appréciable, surtout venant de NIS America, qui n’a pas toujours localisé ses titres, comme en témoigne l’absence de traduction française pour la saga Trails of qui pourtant mériterait tout autant que les Ys.

Un vieux loup de mer

Sur le plan technique, Ys X: Nordics montre bien des limites. Bien que les graphismes soient colorés et que le style animé confère un charme certain au jeu, il agit surtout comme un cache-misère pour masquer les limites du moteur graphique, utilisé par Nihon Falcom depuis plusieurs années maintenant. Les textures manquent parfois de finesse, et certains environnements font clairement datés, en particulier lorsqu’on les compare aux standards des meilleurs J-RPG actuels.

Les phases en bateau, qui devraient apporter un souffle épique à l’aventure, souffrent tout particulièrement d’une réalisation graphique assez décevante : les détails y sont rares, et les animations manquent de fluidité, ce qui ternit quelque peu l’immersion. C’est bien dommage lorsque l’on sait que c’est un des points centraux du gameplay de Ys X: Nordics.

Côté ambiance sonore, les musiques d’Ys X: Nordics sont sympathiques et collent assez bien à l’ambiance du jeu. Cependant, elles peinent à se démarquer et manquent un peu de peps pour les rendre vraiment mémorables. Elles font donc le travail, sans pour autant marquer les esprits. Mentionnons tant que nous y sommes que les voix sont disponibles en japonais et en anglais. Le doublage japonais, avec lequel j’ai joué est particulièrement réussi.

Ô mon bateau !

Sur son gameplay. Ys X: Nordics propose un système de jeu divisé en deux grandes parties distinctes : les phases à pied et celles de navigation en bateau. Chacune de ces parties apportera son lot d’exploration et de combats.

Dans les phases à pied, le jeu revient à un système de combat à seulement deux combattants jouables que sont Adol et Karja. Chacun possède son propre style de combat, Adol étant plus axé sur la vitesse et l’agilité, tandis que Karja privilégie la puissance brute. Le joueur peut alterner librement entre les deux personnages, sans que l’un ou l’autre soit vraiment plus adapté de manière significative. Il y a un petit manque d’un apport stratégique de ce coté-là, en tout cas, il n’est pas aussi évident qu’il aurait pu l’être.

Ys X: NordicsL’une des nouveautés du système, est le Mana Link, permettant à Adol et Karja d’attaquer simultanément. Ce lien magique leur permet d’exécuter des attaques combinées puissantes. Comme sur ton bon A-RPG qui se respecte,  on retrouve également un système d’esquive et de contre rendant les combats plutôt dynamiques et nerveux. Les contres étant d’autant plus essentiels que chaque parade réussit remplit une jauge qui multiplient les dégâts provoqués par les attaques combinés. Le gameplay repose encore largement sur les bases établies par les précédents opus de la série, ce qui peut donner une impression de déjà-vu pour les joueurs ayant trainé leur guêtres sur la saga. Notons au passage que le mapping des touches manque d’intuitivité, j’ai eu beaucoup de mal à m’y adapter.

Les phases en bateau, quant à elles, nous permettent de sillonner les eaux du golfe d’Obelia. Le système de combat naval reste relativement simple, mais il fonctionne de manière efficace. Les affrontements en mer se déroulent de façon plus tactique que sur terre, puisqu’il conviendra de gérer la position du navire, anticiper les mouvements ennemis et gérer la quantité des armes spéciales en stock. La navigation est toutefois un peu rigide et on a pas une sensation d’immersion de la lutte en haute mer, c’est plus une navigation arcade dirons-nous.

Ys X: NordicsLes phases à pied et en bateau ne se limite pas aux combats. Elle comprennent aussi diverses activités annexes qui enrichissent l’expérience de jeu. Les quêtes secondaires sont nombreuses et, bien que souvent classiques dans leurs objectifs, elles permettent de mieux connaître les personnages secondaires et d’approfondir l’univers du jeu. Ces missions ajoute ainsi une touche narrative pour les joueurs qui aiment s’immerger dans tous les détails d’un univers.

On se tire vers le haut

L’exploration, qu’elle soit terrestre ou maritime, essaye de ne pas être trop linéaire avec l’apport régulièrement de nouveaux items qui ajouteront de nouvelles possibilités. Un grappin pour passer les gouffres, un surf pour glisser sur les eaux profondes, un bouclier magique sur le navire pour ne pas s’écraser contre des récifs sont d’autant de moyens de briser la monotonie de la marche et de la navigation. Surtout que l’exploration sera l’occasion de renforcer les différentes statistiques. Adol et Karja vont notamment gagner de nouvelles capacités et des boosts de combat, via la présence d’un arbre de compétences, une sorte de sphèrier dans lequel on déposera des sphères augmentant la vitesse, l’attaque, la défense. Il existent plusieurs catégorie de sphères et en les combinant bien, cela booste encore plus les statistiques. Sans être totalement novateur, le système est intéressant à travailler pour tirer le meilleur parti de nos personnages.

Leur équipement pourra d’ailleurs lui aussi être amélioré à la forge pour augmenter leur efficacité. Le bateau bénéficiera également de divers axes de progression : l’amélioration de son arsenal, de sa coque, et de ses manœuvres permet de se préparer aux affrontements navals qui deviendront de plus en plus ardus.

Toutes ces mécaniques de progression apporteront satisfaction aux amateurs de RPG, toujours friands de ce genre de systèmes. Trouver des objets rares, farmer les composants pour le crafting, explorer toutes les zones annexes font partie du pain quotidien des fans du genre. Le jeu exploite tout cela plutôt bien. La navigation en bateau dans le golfe d’Obélia donne d’ailleurs une petite sensation de liberté plutôt appréciable. Surtout si ça vous avez été frustrés par le côté claustrophobie de Ys IX. Il faudra toutefois attendre quelques heures de jeu avant que Ys X: Nordics nous lâche vraiment la bride de ce côté-là.

Ys X: NordicsFinissons avec la durée de vie. Si une grosse vingtaine d’heures suffira pour boucler l’histoire principale, l’exploration de fond en comble de l’univers de Ys X propulsera le joueur au alentours des 50 heures. Ce qui est très raisonnable à ce niveau-là.

En résumé, même s’il n’est pas exempt de défauts, Ys X arrive parfaitement à s’inscrire dans la lignée de ses ainés. Les fans de la saga trouveront largement leur bonheur grâce à son système de combat fidèle à ses traditions, son histoire assez intéressante et les phases en bateau qui amène de la nouveauté. Les néophytes pourraient quant à eux être rebutés par une partie technique qui laisse clairement à désirer et qui par conséquent se montre peu attrayante. Si vous arrivez à faire abstraction de ça et que vous chercher un bon petit JRPG, et un nouvel univers à découvrir, vous pouvez tout à fait tenter l’aventure, vous pourriez vous y attacher.

 

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Points forts

  • Un système de combat dynamique mais...
  • Un scénario et un univers plaisants
  • Les multiples systèmes de progression
  • Une durée de vie très raisonnable

Points faibles

  • ... qui manque un peu de stratégie
  • Techniquement depassé
7.5

Good

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