Cinq ans… C’est le temps qu’il nous a fallu attendre depuis son officialisation à l’E3 2015 avant de pouvoir poser les mains sur Final Fantasy VII Remake. 23 ans après sa sortie sur PlayStation, FFVII revient entre nos mains dans une version à la fois sublimée, mais également profondément modifiée. Un pari gagné pour Square Enix ?
FINAL FANTASY VII REMAKE
Une Fantaisie pas si Finale
Fallout, GoldenEye, Age of Empires, Symphony of the Night… Affirmer que 1997 est une année importante pour le jeu vidéo est peu dire. Cette année a également marqué une étape importante pour la société SquareSoft (aujourd’hui Square Enix), créatrice de Final Fantasy, l’une des séries de jeux les plus connus au monde. En effet, c’est cette année qu’a vu naître ce qui est encore aujourd’hui l’épisode le plus populaire de la franchise : un certain Final Fantasy VII. Ce titre, premier réalisé en 3D est probablement le jeu qui a fait découvrir la série (et par extension le J-RPG) à des millions de joueurs. Surtout en Europe, où la licence était encore assez méconnue comparativement au Japon ou encore aux États-Unis.
23 ans plus tard, après des années d’attente, des reports et un développement complexe, le Remake de l’un des jeux les plus populaires de l’époque PlayStation est enfin entre nos mains. À la baguette du projet ? Une dream team composée de Yoshinori Kitase, Kazushige Nojima et Tetsuya Nomura, trois personnalités phares de Square Enix qui étaient la tête de proue de Final Fantasy VII. Une team qui ne va pas se gêner pour réinterpréter le mythe Final Fantasy VII, entre tradition et modernité.
L’Avalanche de détails
Si vous avez suivi ces longues années de communication et de dramas, vous n’êtes pas sans savoir que Final Fantasy VII Remake ne couvre pas toute l’aventure originale. Pour cette première partie, le titre ne se concentre que sur le début de l’aventure, à savoir les pérégrinations de Cloud Strife (protagoniste principal) 
Pour justifier le choix de faire d’un seul jeu la partie centrée sur Midgar, Final Fantasy VII Remake donne beaucoup plus d’importance à chaque événement que l’on connait déjà. L’histoire se focalise nettement plus sur la bataille du groupe Avalanche contre la société Shinra, à qui appartient la ville de Midgar. Cette entreprise pompe en effet l’énergie vitale de la planète (appelée énergie Mako), pour la convertir en électricité, épuisant ainsi la durée de vie de l’astre. L’histoire et le squelette de l’aventure restent donc globalement les mêmes, mais la plupart des événements prend beaucoup plus d’importance qu’à l’époque. De ce fait, la narration, au même titre que les relations entre les différents personnages sont beaucoup plus développées. Manette en mains, le développement des multiples 
Dans Final Fantasy VII, l’accès à la World Map se faisait justement après que le groupe ait quitté la ville. Cependant, tout ce qui se passait à Midgar était finalement très couloir et dirigiste. Et sans surprise, ce Remake est à l’image de la ville de Midgar : un couloir. Un bon gros couloir qui n’est pas sans rappeler un certain Final Fantasy XIII, vivement critiqué à l’époque pour cette même structure. On se rend vite compte que tout comme ce premier épisode, le joueur est prisonnier de Midgar et de sa structure ultra linéaire. Certaines séquences, artificiellement allongées sont pénibles à parcourir et s’étendent beaucoup trop en longueur. Comme on dit, « le plus est souvent l’ennemi du bien ». Bien sûr, toutes les zones n’ont pas droit à ce même traitement et certaines ont été agrandies pour en faire des hubs, où vous allez par exemple pouvoir accomplir des quêtes secondaires. Mais ces dernières, pour la plupart scénarisées de manière assez fainéantes, ne sont qu’un prétexte à affronter des ennemis un peu plus costauds, nous donnant malgré tout l’occasion de profiter de l’incroyable système de combat de ce Final Fantasy VII Remake.
Qui s’y frotte, s’y pique
Au-delà sa mise en scène léchée, de son univers envoutant et de ses personnages profonds et attachants, c’est bien le système de jeu qui tient le joueur le plus en haleine. Le mix opéré entre le côté stratégique du tour par tour des anciens volets et le côté plus action de Final Fantasy XV se révèle ultra convaincant. Rajoutez également la possibilité de switcher en temps réel entre les trois personnages qui composent votre équipe et vous obtenez un cocktail de dynamisme ! Au final, le système de combat se calque énormément sur celui de Final Fantasy XV et de la série Kingdom Hearts, mais ajoute le système de « pause active » qui 
Le système de Materia fait également son retour. Bien que moins complet que ce que pouvait proposer le jeu original (dû notamment à une diversité de Matérias moins grande), il faut admettre que la mécanique n’a pas pris une ride. Pour vous la faire simple, c’est en fait les Materias (que vous devez fixer à votre équipement) qui donnent leurs capacités à un personnage. En gros, si vous mettez une Materia de feu à Cloud, il pourra alors lancer un sort de Feu. Mais attention, petite subtilité puisque ces dernières peuvent être associées. Par exemple, si vous prenez une Matéria « Attaque Élémentaire » et que vous l’associez à une Matéria de Glace, votre personnage pourra non seulement lancer des sorts de Glace, mais ses attaques de base feront également des dommages liés à cet
Malheureusement, il se trouve que le jeu est un peu trop facile. Et ce n’est qu’en le parcourant à nouveau en mode Hard qu’on se rend compte de la rigueur nécessaire ainsi que de toutes les subtilités auxquelles il faut faire attention. Le problème ? Ce mode de jeu ne se débloque qu’après une première run et il ne peut être parcouru qu’en New Game+. Cela sera d’ailleurs la seule carotte qui vous fera surement continuer à jouer après avoir terminé le jeu, car il faut admettre que le contenu post-game est pauvre, si on ne refait pas l’aventure dans le mode de difficulté le plus élevé. Néanmoins, ce dernier vous donne l’occasion d’accéder à des combats exclusifs, vraiment jouissifs, qui mettent à profit tout ce que vous avez appris pendant ces longues heures de jeu (comptez une trentaine d’heures pour finir le jeu une première fois et une quarantaine de plus pour farmer suffisamment et reparcourir le jeu en participant à tous les combats possibles.
Loin d’être Crade
Doté d’une fluidité à toute épreuve et d’une plastique très solide, ce Final Fantasy VII Remake est beau, cela est indéniable. Néanmoins, il faut admettre qu’on peut être choqué par bon nombre de textures, qui piquent vraiment les yeux. Et pourtant, le titre arrive quand même à être éblouissant. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il possède une direction artistique à couper le souffle. Tout comme il y a 23 ans, Midgar s’affirme comme une des villes les plus cultes du jeu vidéo et l’immersion dans ses rues ainsi que dans ses taudis est totale. Finalement, tout ce qu’on veut, c’est pouvoir l’explorer librement et découvrir chaque détail, chaque secteur. Un rêve qui ne deviendra jamais réalité, comme vous vous en doutez. Au même titre, la mise en scène est ébouriffante, pour peu que vous n’ayez rien contre la surenchère et le non respect des règles de la gravité. Jouer à Final Fantasy VII Remake, c’est un peu réaliser ce rêve de gosse qui fantasmait l’idée de pouvoir jouer à Advent Children (le film d’animation qui fait suite à Final Fantasy VII). Aujour’hui, le joueur que je suis est heureux de pouvoir se dire que ce rêve d’enfant est enfin réalisé.
Pour conclure, comment ne pas s’attarder sur la musique. Vous n’êtes pas sans savoir que la série Final Fantasy a toujours brillé par ses compositions musicales et peu de sagas peuvent se vanter d’avoir marqué l’histoire de la musique de jeu vidéo comme l’a fait
Un Final Fantasy pour les fans et les nouveaux venus ?
Mais la question la plus pertinente que l’on peut poser à propos de Final Fantasy VII Remake est la suivante : « Si je n’ai jamais joué à Final Fantasy VII, est-ce que je peux quand même profiter de ce Remake ? »
La réponse par l’affirmatif est tentante, mais il faut admettre qu’il est impossible, quand on a déjà parcouru Final Fantasy VII, de se mettre à la place de quelqu’un qui ne l’a jamais fait. Ce jeu a tellement marqué une génération et m’a tellement marqué, qu’il est impossible de se poser et de dire « Comment j’aurais vécu l’expérience si je n’avais jamais parcouru Final Fantasy VII ? » Une chose est sûre, toute personne attirée par l’univers et le gameplay prendra plaisir pendant 90% de l’aventure. C’est à la fin que les choses se compliquent pour les néophytes, puisque des éléments (tout simplement incompréhensibles pour quiconque n’ayant jamais parcouru le jeu de base) viennent se glisser. Il est difficile d’en parler sans spoiler, mais sachez que la fin risque de décevoir de nombreuses personnes car à la limite du compréhensible. Et finir sur des éléments incompréhensibles, en ayant l’impression que les développeurs vous mettent sur la touche pour s’adresser uniquement aux fans, doit être extrêmement frustrant.
Pour ceux ayant déjà parcouru le jeu de base, 2 options : la rage ou l’impatience totale.
Loin d’être parfait, Final Fantasy VII Remake n’en demeure pas moins une aventure incroyable. Malgré quelques défauts de structure, certaines phases trop longues et une fin qui perdra les personnes qui n’ont jamais joué à l’épisode original, le plaisir manette en mains est juste monstrueux. Mix parfait entre le gameplay action et le traditionnel aspect stratégique des anciens volets, Final Fantasy VII Remake propose probablement la jouabilité la plus grisante de la série. Rajoutez à cela une mise en scène, un scénario, des personnages et une musique de haute volée et vous obtenez un Remake de grande qualité. Un jeu qui divisera, comme chaque épisode, mais qui a été réalisé avec un certain respect pour le matériau d’origine et surtout, contre toute attente, avec le cœur.
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