TEST – Civilization VI : Gathering Storm

Civilization VI 6 gathering storm sid meier firaxis 2K 4X

Avec cette nouvelle extension nommée Gathering Storm, Firaxis souhaite apporter à Civilization VI du contenu lié aux thèmes du réchauffement climatique, des catastrophes naturelles, et de la cohabitation entre les dirigeants du monde. Autant de sujets fort intéressants dont nous allons pouvoir juger du traitement dans ce test.

– Support de test : PC (i5 2500K – GTX 1060 6G – 8Go RAM).
– Version du jeu utilisée : version commerciale (clé Steam) fournie par l’éditeur (2K).
– Lien vers le test du jeu de base et du 1er DLC Rise & Fall : cliquer ici et ici.

Bérangère grief

L’une des premières choses que l’on remarque en démarrant une nouvelle partie avec Gathering Storm activé, c’est sans conteste la semi-refonte du système diplomatique. Celui-ci est désormais plus clair et plus cohérent dans vos relations avec l’IA, et incorpore désormais des « griefs » et des « faveurs diplomatiques ».

Les griefs consistent en une forme de ressources dont la valeur augmente lorsque d’autres dirigeants ne respectent pas leurs promesses ou adoptent une attitude négative à votre encontre. Vous posséderez ainsi un taux de grief pour chaque autre dirigeant, et leur valeur vous permet ainsi d’adopter des positions plus fermes vis-à-vis de l’un d’entre eux sans risquer de subir le courroux des autres. Concrètement, cela peut se traduire par une dénonciation voire une déclaration de guerre sans aucune incidence diplomatique avec vos alliés. A cela se rajoutent des casus belli adaptés à certaines situations, comme celui autorisant une déclaration de guerre après moult promesses brisées. Avant Gathering Storm, une guerre punitive avait pour conséquence d’énerver jusqu’à vos plus proches alliés qui considéraient le moindre mouvement militaire comme un trait belliqueux de votre part. Un bon rééquilibrage de la diplomatie, donc.

Les faveurs diplomatiques, elles, sont une ressource un peu plus traditionnelle dans le sens où celle-ci s’accumule chaque tour. Ces faveurs diplomatiques peuvent servir à être échangées avec d’autres dirigeants, mais servent avant tout à acheter des votes lors du congrès mondial, une nouvelle fonctionnalité rajoutée par Gathering Storm. Le congrès vous permet de voter pour des résolutions diverses et variées (augmenter le rendement des voies commerciales de tel ou tel joueur, réduire la production d’unités militaires d’un autre…) mais introduit également un système de concours mondiaux sur des thèmes divers là aussi (jeux mondiaux, prix Nobel…). Cette partie rend le retour de la victoire diplomatique plus qu’intéressante au vu des outils mis à disposition du joueur pour influer sur les autres dirigeants. On regrettera juste deux points à ce nouveau système : l’activation automatique du congrès au moyen-âge et ce, peu importe si vous n’avez pas encore découvert les autres membres sur la carte, ainsi que l’organisation du prix Nobel, conditionnée à la présence de la Suède dans la partie.

Civilization VI gathering storm DLC 2

Le Prince de belle ère

Autre nouveauté apportée par Gathering Storm : la nouvelle ère. Celle-ci se traduit par l’ajout d’un nouvel arbre technologique mais également culturel. Au niveau technologique, l’ère futuriste n’apporte hélas pas grand-chose à se mettre sous la dent. Bien que certaines technologies soient ajoutées dans les ères précédentes (parc éolien, barrage contre la montée des eaux…), la nouvelle ère n’est finalement notable que par l’ajout d’une « nouvelle » unité militaire : le robot géant de la mort (déjà présent dans la version complète de Civilization V mais non-disponible de base dans Civilization VI…), ainsi que par l’existence d’une technologie permettant de créer des aménagements de ville sur une case d’eau. Le reste, quant à lui, concerne principalement des améliorations dudit robot. Un peu léger, donc, surtout que quitte à ajouter des unités déjà existantes dans un opus précédent, il aurait été sympathique de retrouver le commando XCOM – également présent dans la version complète de Civilization V, mais absent de cette extension.

Sur le plan culturel, toutefois, on note quelques nouveautés intéressantes, tels qu’une ribambelle de nouveaux dogmes et trois nouveaux gouvernements. Ces derniers sont d’ailleurs intéressants dans le sens où ils proposent chacun une capacité principale très puissante, au prix d’une capacité secondaire qui se présente sous la forme d’un malus. Ces gouvernements représentent un moyen de pousser encore plus votre civilisation vers une orientation bien précise, quitte à sacrifier quelque chose qui vous parait peu utile à l’approche de la victoire.

Civilization VI gathering storm DLC 2

Aliénor vs Predator

Mais Gathering Storm apporte également de nouvelles têtes à incarner et à affronter. L’extension vous propose ainsi pas moins de dix nouveaux dirigeants (ou neuf, selon si vous comptez les deux itérations d’Aliénor d’Aquitaine comme un seul dirigeant). Il sera ainsi possible de jouer avec Matthias Corvin (Hongrie), Dido (Phénicie), Kupe (tribu Maori), Kristina (Suède), Pachacuti (Incas), Mansa Musa (Mali), Wilfrid Laurier (Canada), et Aliénor d’Aquitaine (en deux exemplaires, donc : une pour l’Angleterre et une pour la France, avec des compétences différentes). Ces nouveaux dirigeants s’avèrent plutôt bien équilibrés et certains innovent même à leur manière (Kupe commence directement sur une case d’eau, par exemple).

On notera également que Gathering Storm apporte enfin une fonctionnalité réclamée par les fans depuis la sortie de Civilization VI : les chemins de fer, qui se construisent par le biais des ingénieurs. Hélas, on aurait aimé une option d’automatisation (comme pour les routes créées par les marchands) afin de soulager la charge des choses à gérer pendant un tour de seconde moitié de partie. A la place, on se contentera d’en ordonner la construction parcelle par parcelle, tour par tour… Autre nouveauté : les ingénieurs vous permettront également de créer des tunnels à travers les montagnes afin de permettre aux routes de passer afin de ne plus avoir à les contourner. Un ajout stratégique appréciable sur certaines cartes.

A ces petites nouveautés s’ajoutent les traditionnelles nouvelles merveilles (sept mondiales et sept naturelles), dix-huit nouvelles unités, quinze nouveaux aménagements (dont les fameux barrages contre la montée des eaux évoqués plus haut dans cet article), neuf bâtiments, deux organisations urbaines, et deux nouveaux scénarios (« La peste noire » et « Machines de guerre »). Parmi les nouvelles unités, précisons que le groupe de rock (dont l’obtention se fait étrangement avec de la foi) est certainement l’une des plus intéressantes, celui-ci permettant des gains non-négligeables en tourisme (voire en or selon les promotions gagnées par l’unité) lorsqu’il est envoyé en tournée dans des civilisations étrangères possédant des points d’intérêt culturel.

Comme un ouuuuragan ♪ Qui passaaaait sur moi ♫

Impossible de clore ce test sans parler de l’une des fonctions majeures apportée par Gathering Storm : les catastrophes naturelles. Celles-ci, réglables en début de partie, permettent de rajouter un petit côté SimCity à vos parties, l’aspect gestion en plus. Il sera ainsi possible d’observer la formation d’ouragans, de crues, ou encore d’éruptions volcaniques à certains endroits de la carte. Certaines catastrophes pourront même être exploitées, à l’instar des volcans dont les éruptions augmentent la fertilité des zones avoisinantes. Plutôt anecdotiques en réglage standard, il faudra en augmenter la fréquence lors de la création d’une partie pour espérer un véritable impact des catastrophes, spécialement sur de grandes cartes.

Le thème de Gathering Storm étant centré sur les changements climatiques, il est intéressant de noter que cette orientation modifie avec une certaine pertinence la gestion des ressources naturelles, bonus, et stratégiques. Au lieu d’une valeur fixe attribuée par le nombre de points de ressources possédés, les ressources sont désormais cumulables, et lesdits points de ressources vous en fournissent désormais un certain montant par tour. Concernant les ressources stratégiques, il est ainsi impératif de prendre en compte le montant maximal cumulable ainsi que le gain par tour avant de produire des unités militaires à tout va, afin de ne pas épuiser vos ressources trop rapidement, certaines unités – comme les sous-marins nucléaires ou les robots géants de la mort avec l’uranium – consommant des ressources chaque tour. Les échanges commerciaux avec les dirigeants y gagnent d’ailleurs en intérêt, avec des échanges de ressources désormais basées sur la quantité.

Enfin, ajoutons qu’une nouvelle fait son apparition, et dont la gestion est propre à chacune de vos villes : l’énergie. Selon votre avancement technologique, il sera possible de créer différents types de centrales afin de fournir de l’énergie à vos villes, le niveau d’énergie étant essentiel pour profiter des avantages bonus de certaines constructions de quartier avancées. A ce sujet, on déplore cependant la gestion assez floue et peu ergonomique des centrales nucléaires. Si celles-ci sont moins polluantes, elles comportent – comme dans la vraie vie – un grand risque de défaillance sur le moyen terme, pouvant entraîner des catastrophes nucléaires qui irradient les cases avoisinantes. Si le concept en lui-même est intéressant du point de vue de l’immersion, la maintenance des centrales en question est assez laborieuse car l’option est cachée au fin fond de la liste des projets, tout en bas de la liste des constructions. Et au bout de 15 ou 20 villes à gérer sur de grandes cartes, il devient assez compliqué de se rappeler quelles centrales nécessitent une mise à jour, le jeu n’ayant prévu aucun indice visuel, ni liste consultable, ni notifications pour aider le joueur à gérer plus efficacement cet aspect du jeu…

Plutôt complet, Gathering Storm améliore Civilization VI en exploitant des sujets géopolitiques et écologiques plus qu’intéressants. Toutefois, ces améliorations sont assez inégales selon les aspects du jeu concernés, et si une telle extension aurait été acceptable aux alentours de 25/30€, le prix demandé de 40€ parait un peu excessif. Pour cette raison, nous pensons que Gathering Storm représentera un meilleur deal pour les plus passionnés des joueurs de Civilization qui sauront exploiter et tirer profit de la moindre des nouveautés apportées par cette extension.

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Évaluation de l'article

Points forts

  • Les nouveaux dirigeants
  • La semi-refonte du système diplomatique
  • Les bonnes idées apportées par le système de congrès mondial
  • Le retour de la victoire diplomatique

Points faibles

  • Le prix (40€)
  • La gestion illogique des congrès mondiaux
  • L'impact parfois limité des catastrophes
  • La nouvelle ère qui n'apporte finalement pas grand-chose
7.5

Good

Co-fondateur de Try aGame, pinailleur en chef, amateur de belles histoires et fier papa de cette espiègle petite manette qui squatte chaque page du site.
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