TEST – Dissidia Final Fantasy NT : un ange qui bat de l’aile

Dissidia Final Fantasy NT arrive sur PlayStation 4, pour le plus grand bonheur des amateurs de Final Fantasy. Mais cette fois-ci, le fan-service sera-t-il suffisant ? Réponse dans les lignes suivantes.

Dissidia Final Fantasy, c’est avant tout le rêve de tous les fans de la série initiée par Hironobu Sakaguchi. Et pour cause, qui n’a jamais rêvé d’incarner Sephiroth pour aller défoncer la face de cet insupportable Vaan ? Ou encore de participer à l’affrontement entre deux figures mythiques de la série comme Le Chevalier de Lumière et Djidane ? Après deux épisodes ayant vu le jour sur la première console portable de Sony, la série Dissidia a fait un crochet par les bornes d’arcade pour finalement débarquer, plus belle que jamais, sur la console de salon de Sony avec Dissidia Final Fantasy NT. Mais cette fois-ci, exit le duel. C’est bien en 3 vs 3 que les comptes vont se régler. 3 fois plus de combattants dans l’arène pour 3 fois plus de plaisir ? Rien n’est moins sûr.

Le test de Dissidia Final Fantasy NT est réalisé à partir d’une version PS4 fournie par l’éditeur.

[CONCOURS – Dissidia Final Fantasy NT à gagner ICI]

Image de Dissidia Final Fantasy NT

Je vais t’offrir le désespoir

Disponible sur borne d’arcade depuis maintenant plus de deux ans, Dissidia Final Fantasy NT n’a plus rien à prouver au pays du soleil levant. Fort d’un Image de Dissidia Final Fantasy NTsuccès qui ne faiblit pas au fil du temps, Square Enix a bien senti le filon et a décidé de donner une seconde jeunesse au soft en le proposant aux joueurs PlayStation 4. La recette, quant à elle, est plutôt simple. 6 joueurs, contrôlant chacun un personnage de la célèbre franchise, s’affrontent en équipe de 3 pour terrasser l’équipe adverse, le tout dans des escarmouches endiablées. La condition de victoire est simple : faire perdre trois vies à l’équipe adverse. Les combats se déroulent dans une arène et chaque personnage possède son panel de coup, dont la portée, la puissance et la rapidité varient en fonction du combo de touches effectué. Les invocations emblématiques de la série sont aussi de la partie, peuvent être appelées sous réserve de détruire les cristaux qui apparaissent périodiquement sur la carte. Réaliser une invocation est donc un objectif secondaire mais qui peut s’avérer un atout de taille pour aller chercher la victoire (ça fait toujours plaisir d’avoir Bahamut qui vient filer un coup de main, on ne va pas se mentir).

Comme nous le disait l’ami Svpl4y, le système repose sur un principe de pierre-feuille-ciseaux. Chaque personnage est affilié à une classe (Tireur, Combattant, Assassin et Spécialiste) et possède donc ses faiblesses contre un type de personnage, mais aussi ses forces face à un autre. À vous de former une équipe complémentaire pour mettre toutes les chances de votre côté et aller chercher la victoire.

Malgré un principe des plus simplistes et un concept qui n’a plus rien à prouver après 2 épisodes PSP plutôt réussis, ce Dissidia Final Fantasy NT ne semble pas à sa place. N’ayant pas grand-chose d’autres à offrir que son mode online en 3v3, le soft donne un peu l’impression de s’être perdu en arrivant sur la console de Sony. Et pour cause, le concept de partie rapide et addictive semble tout désigné pour rencontrer le succès en arcade. Mais il parait tout de suite un peu moins taillé pour le marché des consoles. Avec un mode histoire véritablement mal foutu, anecdotique et rarement passionnant, le titre de Square Enix n’a malheureusement qu’un seul argument : son mode en ligne. À une condition majeure.

Image de Dissidia Final Fantasy NT

Searching for Friends

Outre le fait que le morceau « Searching for Friends » soit mon préféré du répertoire de Final Fantasy VI, jamais une citation comme celle-ci n’aura été plus vrai pour un jeu vidéo. Le problème majeur réside dans son principe de base et le 3v3 Image de Dissidia Final Fantasy NTn’est pas gênant en soi. Cependant, le fait de créer un jeu en équipe amène vite à être dépendant de ses coéquipiers pour aller décrocher la victoire. Jouer en solo – comprenez avec des inconnus en ligne – montre vite ses faiblesses tellement la victoire dépend de votre teamplay. Malheureusement, comme tout jeu en équipe, c’est le travail de groupe qui prime. Et il est presque impossible de porter son équipe à la victoire si vous trainez un boulet à chaque jambe. Assez frustrant donc, surtout si vos coéquipiers n’arrivent pas à tenir leur adversaire et que ce dernier vient filer un coup de main à son pote que vous êtes en train d’acculer. Car dans Dissidia Final Fantasy NT, il est mine de rien assez compliqué de gérer un 2v1, et des adversaires qui vous prennent en sandwich, c’est généralement une mort rapide qui s’annonce. Une dépendance à ses coéquipiers donc, qui est vraiment handicapante quand vous jouez en solo.

Cependant, le titre devient vraiment jouissif à partir du moment où vous chauffez deux potes pour jouer, former une équipe complémentaire et vous jeter, ensemble, à corps perdu dans la bataille. Car le 3v3 apparaît comme la plus grosse faiblesse du jeu, mais ausImage de Dissidia Final Fantasy NTsi sa plus grande force. Le soft prend en effet tout son sens quand vous établissez vos stratégies et pouvez rapidement alerter vos compagnons qu’un ennemi lui arrive dessus. Car mine de rien, le gameplay de ce Dissidia Final Fantasy NT est plutôt exigeant. Grandement basé sur les esquives, la garde et l’anticipation, le titre s’apprivoise après plusieurs heures de jeu, ce qui pourra rapidement en décourager certains. Mais une fois maitrisé, le plaisir de jeu est bien là. Surtout quand on commence à gravir les échelons, et que les adversaires jouent de mieux en mieux. La satisfaction à la fin d’un combat gagné sur le fil est bien là et procure un sentiment d’accomplissement tout à fait appréciable. Par contre, attention au revers de la médaille, car le jeu peut très rapidement faire rager, et un cassage de manette – parce que vos coéquipiers se font maitriser – peut très vite arriver. Mais au moins, cela veut dire que ce Dissidia Final Fantasy NT arrive à impliquer le joueur. Et ce n’est pas cela le plus important finalement ?

Image de Dissidia Final Fantasy NT

Un mode histoire ajouté au chausse-pied

Mis à part la montée à travers les différents paliers du mode en ligne (bronze, argent, or, etc.), les carottes pour pousser à s’investir sont finalement assez Image de Dissidia Final Fantasy NTpeu nombreuses. Heureusement, la Team Ninja et Square Enix ont eu la bonne idée d’incorporer un espace boutique, dans lequel vous pourrez dépenser vos gils (la monnaie de l’univers Final Fantasy) très durement gagnés. Beaucoup trop durement d’ailleurs puisque le système de récupération d’argent est probablement un des plus lents de l’histoire du jeu vidéo. Pour vous donner un ordre d’idées, une partie vous rapporte entre 60 et 150 Gils (environ) et il faudra en économiser environ 7000 pour pouvoir espérer acheter un costume pour un personnage. Vous aurez également la possibilité d’acheter des armes différentes pour vous la péter dans le lobby. Mais ici, aucune amélioration statistique puisqu’il s’agit purement d’une personnalisation cosmétique. Libre à vous donc, d’essayer de débloquer Image de Dissidia Final Fantasy NTtoutes les armes et toutes les tenues de chaque personnage. Avec un peu de chance, vous aurez terminé avant que Final Fantasy VII Remake ne sorte.

Enfin, la grosse déception de ce Dissidia Final Fantasy NT vient du mode histoire. Logiquement absent des versions arcades, l’aventure solo a été rajoutée spécialement pour la sortie du soft sur PlayStation 4. Et quel ratage. Le système de grinding, qui vous oblige à farmer les combats (offline et online) pour gagner des “Memorias” (une sorte de monnaie qui vous permet d’avancer sur le sphérier du mode histoire), est une aberration pure et simple, qui n’est là que pour allonger artificiellement la durée de vie du soft. Les combats, tous programmés à l’avance, vous forcent à jouer des personnages prédéfinis et la seule source de réconfort vient des affrontements contre les invocations, qui arrivent à donner un peu de piquant à une aventure solo globalement soporifique.

Dissidia Final Fantasy NT n’est pas un mauvais jeu en soi. Cependant, on a du mal à comprendre pourquoi il est arrivé sur PlayStation 4. Loin d’être indispensable à la série, et finalement un peu moins travaillé que ses prédécesseurs, le soft peine à accrocher le joueur solitaire. Heureusement, le fait de jouer avec ses amis fans de la franchise peut très rapidement donner une autre dimension au jeu, nettement plus agréable. Malheureusement dénué de contenu vraiment intéressant à part son mode 3v3 en ligne, le titre de la Team Ninja peine à convaincre sur la durée. Si vous êtes un fan de la série et que vous savez avec qui jouer, vous pourrez y trouver votre bonheur. Dans le cas contraire, il vous sera difficile d’accrocher au soft et de lui pardonner ses défauts.

 

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Email this to someone

Points forts

  • Le casting
  • Les musiques originales de la série et les remix
  • Un gameplay par personnage
  • Un gameplay exigeant
  • Des invocations sublimes
  • Jouer avec ses amis donne une autre dimension au jeu

Points faibles

  • Une lisibilité parfois difficile
  • Un matchmaking un peu bancal
  • On s'ennuie vite tout seul
  • Un mode histoire anecdotique
  • ... mais qui viennent mettre un bazar monstre sur la carte
  • Un poil radin sur les récompenses
6.5

Fair

"Selon toi, les universaux existent-ils en tant qu'entités palpables, ou seulement comme constructions mentales ?"

Mot de passe oublié

9b4b8be8d999c7f9a17020d6e22b42eeUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU