TEST – Nights of Azure 2: Bride of The New Moon, une suite pas à la noce

Tout le monde le sait, dans la chaleur de la nuit, le crime est toujours puni... mais avec ce Nights of Azure 2, mes espérances l'ont été aussi.

Nights of Azure 2: Bride of The New Moon

(Testé à partir d’une version PS4 fournie par l’éditeur)

Nights of Azure 2Il y a approximativement un an et demi (le 1er avril 2016 pour les fanas de précision) sortait Nights of Azure. Le jeu développé par le studio nippon Gust avait su s’attirer mes faveurs grâce notamment à un gameplay agréable et à ses personnages attachants. Mon test de l’époque (à lire par ailleurs) vous permettra d’en savoir un peu plus au sujet de cet opus initial. Aujourd’hui, c’est sa suite qui nous intéresse et qui va passer à l’épreuve de mon jugement. Arrivé le 20 octobre dernier sous le titre complet de Nights of Azure 2: Bride of the New Moon, le jeu a atterri en Europe sur PS4, Switch et PC, perdant au passage la version Vita uniquement sortie au Japon. Après ces quelques petites informations, lançons nous désormais dans le test.

On ne prend pas les mêmes et on recommence

Nights of Azure 2 abandonne l’héroïne du premier volet pour se concentrer sur Aluche (Al pour les intimes), une agente de la Curia, une organisation chargée de protéger la population des monstres qui errent en ce bas monde. Pour sa prochaine mission, Al se voit confier la protection de Liliana, une amie d’enfance pour laquelle elle nourrit des sentiments très profonds. Peu après leurs retrouvailles, les deux jeunes filles apprennent que Lili est destinée à être sacrifiée à la Reine de la Lune pour empêcher cette dernière de détruire le monde. Si la future sacrifiée accepte son sort, Aluche est beaucoup moins enthousiaste et c’est pourquoi, au moment du sacrifice, elle préfère défier le démon plutôt que de consentir à la mort de son amie. Malheureusement le combat tourne court et Al est tuée… Rassurez-vous, le jeu ne s’arrête pas là puisque Aluche est ressuscitée grâce à du sang de démon par un médecin de la Curia. Désormais mi-humaine et mi-démon, Al apprend que Lili n’a pas encore été sacrifiée et qu’elle a disparu. Les recherches commencent alors.

Si vous avez joué au premier opus, nul doute que les bases de ce Nights of Azure 2 vous donneront rapidement une impression de copier/coller d’un étudiant qui a pompé Wikipédia en changeant juste les noms. Surpris au début, je me suis laissé bercer par la douce illusion que tout ça avait un but bien précis, un peu à la manière d’un MGS 2. Hé bien non. D’ailleurs à l’orée du générique de fin, la pauvreté scénaristique du jeu a fini par s’imposer à moi.

Le premier Nights of Azure n’avait pas forcement briller de ce côté là non plus mais il avait su se montrer convaincant sur la relation entre les deux protagonistes principales. Ici ce n’est même plus le cas. Nights of Azure 2 a multiplié les jeunes filles et les sous-intrigues propres à chacune d’elles. Du coup, on se perd au milieu de tout ça et rien ne se met vraiment en place. D’autant plus que le développement de ces relations est facultatif mais on y reviendra.

Non vraiment, le jeu laisse un goût d’inachevé voire même de bâclage scénaristique. La trame principale lance plusieurs pistes sans jamais vraiment les conclure. Ajoutons à cela que le jeu n’a pas été traduit en français et on a le combo total.

Nuits magiques

Alors si le scénario ne convainc pas, le gameplay relève-t-il le niveau ? Pas vraiment. Le principe de base reste cependant le même que son ainé, un beat them up où l’on parcourt des zones en tapant du monstre. Un coup normal, un coup puissant et la possibilité de faire des combos. Seulement, ces combos ne sont pas très élaborés et trop peu nombreux pour se révéler plaisants. On a vite l’impression de toujours taper de la même façon. Le constat était cependant à peu près le même dans le premier opus.

Le concept intéressant du Nights of Azure originel était celui des Servan. De petites bestioles que l’on pouvait emmener au combat pour nous aider. Ici le principe est repris et même amélioré. Outre les Servan qui sont toujours là et dont certains pourront même se transformer en arme, on peut désormais embrigader une des protagonistes de l’histoire. Chacune des filles possède ses propres caractéristiques et ses attaques spéciales. Des attaques spéciales qui se déclencheront lorsque certaines conditions auront été remplies. Ce système apporte un peu de variété au gameplay, ce qui n’est franchement pas un luxe.

Nights of Azure 2A noter que des missions annexes permettent de développer les liens qui nous unissent avec les autres filles, ce qui, vous vous en doutez, permet de booster leurs compétences et donc leur efficacité au combat. D’ailleurs pendant que l’on parle des annexes, les quelques quêtes secondaires seront la seule distraction offerte. Il n’y a rien qui vienne compléter l’expérience de jeu.

Dès lors, le jeu va très vite devenir redondant. Le nombre de zones disponibles est famélique et il faudra y retourner en boucle pour accomplir les missions annexes et pour prendre quelques niveaux supplémentaires. La sensation de tourner en rond pointera inévitablement le bout de son nez. A plus forte raison parce que chacune des zones n’est pas très entendue et ne consiste qu’en une enfilade de couloir. Là aussi, c’était un défaut du premier opus.

L’autre particularité qui fait son retour concerne la course contre la montre permanente. En effet, la quasi-totalité de nos actions dans le jeu est soumise à un timer. D’une part, lors des virées nocturnes sur les maps, un compte à rebours indique le temps qu’il reste pour progresser dans la zone. Une fois celui-ci arrivé à zéro, c’est retour au bercail obligé. De prime abord, cela ne semble pas si grave, sauf que pour repartir en mission, il faut du repos et chaque tour au plumard fait avancer le temps d’une journée. Chaque jour qui passe nous rapproche quant à lui du Game Over. Dans le jeu, ce compte à rebours virtuel est symbolisé par la lune qui perd un petit quartier avant de complètement disparaître pour laisser place aux ténèbres éternels.

Ainsi chaque chapitre donne une petite dizaine de virées pour remplir les objectifs principaux et annexes. Si vous traînez trop, la sanction est immédiate, il faudra recommencer le chapitre du début. Cruel. Le concept est plutôt sympathique sauf que quelque soit la durée de l’expédition nocturne, il faut obligatoirement faire passer une journée. Si l’on reste 30 secondes ou 10 minutes sur la map, la sanction est la même, ce qui s’avère parfois très frustrant.

Une ambiance cohérente mais…

Dernier point à aborder : l’ambiance globale du titre. Visuellement d’abord, Night of Azure 2 souffle le chaud et le froid. Les graphismes sont tout juste corrects, assez inégaux et surtout bien loin de ce qu’une console actuelle peut offrir (je ne parle même pas du PC). Alors non, les graphismes ne font pas tout, certes, mais les animations ne sont pas au niveau non plus, notamment au cours des phases de dialogues et des cinématiques. Le manque à ce niveau-là est tel que certains passages utilisent le hors-champs en guise de cache-misère. Pour autant, le chara-design est réussi, on reconnait la patte du studio Gust (à qui l’on doit la série des Atelier) si l’on excepte l’exagération mammaire des personnages. L’occasion de dire que j’ai trouvé NOA 2 bien plus racoleur que son ainé. Alors oui, le premier volet jouait aussi sur les plastiques hors-normes des protagonistes mais il tempérait ce point avec une romance habilement mise en place. Cette suite ayant expurgé toute narration posée, ne reste donc que des poitrines sur pattes. La présence d’une piscine dans le camp de base de nos héroïnes dont le seul but est de les voir se trémousser en maillot de bain finit d’achever mon argumentaire.

Outre le chara-design, les décors sont également plutôt soignés. Même si l’on pourra reprocher un manque de diversité des environnements, l’ambiance gothique voulue par le titre est parfaitement retranscrite. Une ambiance prolongée sur le plan musical. Les pistes sonores du jeu, sans être exceptionnelles, nous plongent parfaitement dans un mix de gothique, de romantisme et de mélancolie. En revanche, comment ne pas citer les effets sonores qui finissent par être une vraie nuisance. Durant les phases d’exploration, les cris des ennemis, ceux de votre héroïne qui geint à chaque coup d’épée et les phrases en boucle du personnage qui vous accompagne donnent un cocktail désagréable. J’ai dû baisser le volume des effets sonores assez rapidement, c’est dire.

Je ne le cacherai pas, Nights of Azure 2: Bride of The New Moon est une véritable déception. Le premier volet m’avait plu et j’espérais que cette suite soit de la même trempe. Il n’en est rien. En conservant les défauts de son prédécesseur et en perdant toute trace d’une trame scénaristique posée et de personnages attachants, Nights of Azure 2 ne peut pas prétendre à une pluie d’éloges. Ajoutons à cela une durée de vie bien trop courte pour un prix de lancement de 60 euros, l’absence (encore) de traduction et la note se révèle alors salée. Il y a bien quelques qualités qui permettront malgré tout de s’amuser un temps… sans plus. Un jeu oubliable, malheureusement.

Points forts

  • L'apport des personnages secondaires au combat
  • Une ambiance réussie

Points faibles

  • Un scénario sans saveur
  • Des personnages creux
  • Rapidement monotone
  • Des graphismes et des animations laissant à désirer
  • Pas de traduction française
4.5

Poor

Ma devise : "Raler, c'est utile uniquement si tu en profites pour apporter une solution... sinon ça reste juste un plaisir".

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