TEST – 007 First Light

Et si je vous disais qu’il y a eu plus de jeux vidéo James Bond que de films ?

Développeur : IO Interactive A/S
Version pour le test : PC
Genre : Action
Date de sortie : 26 mai 2026

 

27 contre 26 pour répondre à la question rhétorique en accroche, si on compte uniquement ceux dans la continuité mais un de plus si on compte aussi les films avec Barry Nelson et David Niven. On se souvient de GoldenEye 007 (N64) et c’est à peu près tout, tant la licence n’a pas été gâtée dans ses adaptations vidéoludiques.

Plutôt que de vous présenter un personnage que vous connaissez, ne serait-ce qu’en partie, je préfère paraphraser David Graeber, anthropologue de son état, qui analyse l’agent 007 comme l’anti Sherlock Holmes. S’ils sont tous deux des héros charismatiques et opérant, la majeure partie du temps, pour ou avec les services anglais officiels, et si nous pourrions leur attribuer une sociopathie plus ou moins prononcée, il faut noter que l’un intervient avant que le mal ne soit fait et le second généralement après. L’un est hypersexué et l’autre est asexué. L’un donne l’impression de mettre sa mission au second plan pour profiter de la vie via les avantages de sa fonction, l’autre n’a pas de vie en dehors de sa mission.

Dans les deux cas, deux grands adolescents chacun à un extrême du scope. Et puisque nous parlons « adolescence » :

La première mission de James

Nous découvrons un James Bond (son véritable nom) membre de la Royal Navy, envoyée pour sa première mission d’extraction. Une mission qui ne va pas vraiment se passer comme prévu et qui va déboucher sur son intégration au MI-6 après un entrainement adéquat qui servira de tuto. Une séquence qui restera une des meilleures du jeu car montée comme un film ou une série : tuto, ellipse, entrainement, scène de vie, tuto, ellipse et ainsi de suite jusqu’à la première mission. Toute une séquence introductive qui permet de faire connaissance avec son trinôme, Greenway, Q, M, et Moneypenny. Car bien plus que dans les films, Bond est accompagné, par ses collègues de formation 00 et par le reste du MI-6. On fait équipe temporairement avec l’un ou l’autre donnant le sentiment qu’on travaille bien pour une agence gouvernementale.

Si cette différence de travail d’équipe peut être débattue au regard des films de D.Craig qui est bien accompagné dans Casino Royal par exemple, il est une autre différence de narration qui ne peut l’être. Les Bond ont la même structure qu’un épisode de Columbo : on sait qui est l’antagoniste et son but final dès le début. Les différences résident dans la méconnaissance des moyens de celui-ci, alliés inclus qui vont trahir l’agent du MI-6 ou son opposant ainsi que dans la place prise par un ou des hommes de main menaçants, dangereux et fascinants (Oddjob, Requin, …). Dans 007 First Light, l’antagoniste est révélé dans le dernier tiers (même si une référence vous laisse peu de doute en tout début d’aventure, mais comme celle-ci est à trouver et non exposée…), son but vers la fin et encore… un twist est tenté. Mais qui tombe un peu à plat tant la narration n’a pas pris le temps de mettre en scène et d’installer les acteurs concernés.

Mais la narration est bonne, les personnages charismatiques, et le message que tente de faire passer le jeu est d’actualité. Bien que passés dans les mains de moult scénaristes, dialoguistes et acteurs, les traits de James Bond sont reconnaissables et le travail d’adaptation est bon. On a même les Bond Girl qui ne sont pas de simples potiches mais des actrices actives de l’aventure.

Jambes Bond 47

Nous sommes obligé de parler d’Hitman quand on parle d’un jeu d’aventure réalisé par IO Interactive car les similitudes sont bien présentes. Les deux jeux sont en environnements fermés : pas d’open world, pas de lien entre les niveaux. Ils sont découpés en zones : libres d’accès ou interdites. Vous aurez des codes à trouver, la possibilité de voir les PNJ à travers les murs, des PNJ à distraire ou à mettre hors-jeu, des discussions à écouter discrètement pour ouvrir un des chemins vers votre but et des gadgets issus du département de Q, dont un téléphone à fléchettes qui est une référence, ou un emprunt direct, à l’agent 47, qui donne à vos cibles une petite envie de vomir momentanée.

Mais les similitudes s’arrêtent ici, pas de changement de costume, pas la même liberté d’exploration, pas de déplacement de corps et des interactions limitées. A la différence d’Hitman, 007 n’est pas un escape game. En plus Bond parle, lui ! Certes les cinématiques mettent en scène son charisme et sa capacité à séduire même momentanément, ses ennemis, mais surtout Bond a la possibilité de parler aux gardes pour tenter de les embrouiller soit en feignant la reddition soit en leur faisant croire que sa présence en un lieu interdit est normal. Il vous en coutera des points d’énergie, qui serviront aussi à stopper le temps dans les gunfights et qui se regagnera en éliminant les cibles. Ces coups de bluffs sont chronométrés, vous devrez donc vite trouver ce que vous cherchiez.

Autre différence d’importance, les scènes d’actions sont beaucoup plus présentes car obligatoires : on se bat, on tire, on utilise des véhicules dans des séquences scriptées. En effet si la partie aventure est assez libre et offre plusieurs solutions, la balade dans les zones infiltrées est plus linéaire. Impossible de sortir votre arme quand bon vous semble. Pour partir en gunfight, il faut que l’ennemi commence par vous tirer dessus. Vous obtiendrez alors votre permis de tuer. Ces scènes sont assez intenses et spectaculaires, permettent de jouer avec l’environnement (les bons vieux barils d’essence ou les chandeliers de 80 kg) mais ont aussi un défaut : une fois la scène terminée, le jeu vous confisque vos armes. Défaut sur les combats au corps à corps aussi : la caméra est une tannée quand les combattants se retrouvent à tourner l’un autour de l’autre, la faute à l’absence d’un système de ciblage. Et enfin défaut sur les scènes en voiture qui sont, à l’exception de la vraie première séquence, des lignes droites.

Et puisqu’on parle d’adversité, parlons de l’intelligence des ennemis : aucune ou presque. Quand un garde voit un collègue assommé, il entre en mode alerte, cherche et s’il ne vous trouve pas, retourne à son poste. Les ennemis assommés ne se réveillent pas et le mode alerte s’estompe vite. En combat ouvert, pas de contournement, de fumigènes ou autres gadgets, juste une force brute qui vient de face. Alors pour rendre le tout un peu plus difficile, on vous empêche d’interagir avec le but de la zone (objet à prendre ou porte à ouvrir) si des ennemis sont proches ou en mode recherche. Et surtout on vous met en face de plusieurs types d’ennemis différents mais habituels pour ce genre de jeux. Enfin les scènes en voiture sont elles aussi rythmées mais la conduite n’est pas le point fort du jeu.

007 Réussir et laisser échouer

Il y a des choses à reprocher à ce 007 First Light en plus des défauts précédemment cités : un certain manque de liberté ou d’options, une aventure assez peu originale en matière de gameplay mais un gameplay varié qui alterne les séquences d’exploration, d’infiltration et de combat de manière très équilibrée. Les environnements rappellent forcément Hitman mais l’Agent 47 avait son inspiration bondienne.

D’ailleurs le moteur de jeu est identique, ce qui permet à 007 de se mouvoir dans de grandes foules, le truc étant que ces foules ne sont pas composées que de PNJ mais de facsimilés.

Reste les à-cotés. Le MI-6 vous permet de rejouer les chapitres désirés et surtout met à votre disposition un simulateur de mission visant à améliorer votre maitrise du combat et de l’infiltration, et vous donne moult défis à relever. Chacun viendra avec un scoring, un classement et des récompenses permettant d’acheter costumes, armement, gadgets et cosmétiques pour améliorer vos chances de réussite dans le dit simulateur. On connait IO Interactive, ce n’est que le début.

Sur PC, on aimerait un patch réglant définitivement les retours Windows inopinés.

 

007 First Light est très agréable à jouer, très spectaculaire même s’il à tendance à nous mettre dans un siège de spectateur. Une adaptation en forme d’origin story où les personnages charismatiques et les ingrédients, qui font de la licence ce qu’elle est, sont respectés. Nous sommes curieux de voir ce que la suite va proposer pour cette version de 007.

Retrouvez aussi nos tests sur OpenCritic.

 

Points forts

  • Fun et spectaculaire
  • Respect du matériau de base
  • Pas mal de défis pour continuer l'expérience
  • Une roadmap à venir
  • Personnages charismatiques

Points faibles

  • Un manque de liberté
  • Les passages en véhicule
  • La caméra pour le corps à corps
  • Toujours des ennemis idiots
7.5

Good

Personne ne lis jamais ces encarts (mais tu peux cliquer sur les liens)

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