TEST – Erica : un thriller réussi mais…

Sony propose aux joueurs une expérience interactive avec Erica. Bien plus qu’un simple jeu d’enquête, il offre un thriller immersif qui n’est pas exempt de défauts.

Développeur : Flavourworks
Éditeur : Sony
Genre : film interactif
Prix : 9,99€
Version pour le test : PlayStation 4
Date de sortie : 21 août 2019

Erica trace donc sa voie dans la gamme des jeux interactifs qui n’ont jamais été aussi populaires. Imaginer plusieurs conséquences à nos choix et nos actes, c’est un axe de développement que les créateurs tentent bien que mal d’exploiter. Quantic Dream a plongé tête la première et a récolté pas mal de succès avec des titres tels que Heavy Rain, Beyond Two Souls ou l’excellent Detroit Become Human. Puis d’autres ont suivi, nous donnant des pépites émouvantes et chargées de rebondissements, évoquons notamment les Telltale et Life is Strange parmi d’autres.

Erica s’inscrit dans la veine des jeux PlayLink avec des mécaniques qui s’appuieront, de préférence, sur votre smartphone. Mais précisons qu’il n’est pas relié au programme PlayLink quelque peu laissé à l’abandon depuis plusieurs mois. A l’aide de votre mobile, vous devrez donc réaliser des choix qui influeront sur le scénario et votre expérience de jeu. Revenons plus en détail sur la production des studios Flavourworks.

  Erica mystère et compagnie

Erica met en place un fil scénaristique aux différentes interprétations. Après deux ou trois runs, il n’est même pas certain que vous ayez démêlé tous les nœuds de l’intrigue. Mieux encore, recommencer le jeu avec des choix complètement différents vous plonge dans une lecture opposée de l’intrigue au point de vous emmêler l’esprit quant à la résolution de l’enquête.

Avant d’expliquer plus en détail ce point, attardons-nous sur le personnage principal. Erica demeure réussie sur bien des aspects, de son doublage à son jeu d’acteur sur les diverses scènes. Elle parvient à nous intriguer et nous donner envie d’en connaître davantage sur elle, son père et l’enquête qu’elle semble mener. Enfin, l’enquête n’est pas réellement dans nos mains puisque l’on passe d’une scène à une autre, d’un lieu à un autre sans le décider. On suit les pas de la jeune femme mais on est « seulement » responsable de choix importants pour les uns, anodins pour les autres.

Au niveau des thématiques, on retrouve logiquement l’Effet Papillon. Vos choix impliquent des changements dans le cours des choses. En cela, le jeu est réussi. Selon les options, vous ouvrez une scène ou une autre, sur le court ou le moyen terme. Ce qui est dommage, c’est qu’on retrouve tout de même globalement le même cheminement. Même si les voies sont différentes, elles restent voisines. Même si l’angle et la perception varient, que cela nous force à relever tous les détails, on garde l’impression que le concept aurait pu être plus abouti.

Puis, devoir se retaper un run pour choisir une photo ou une autre, cela ne semble pas forcément des plus agréables. Certains choix sont ainsi plus intéressants que d’autres. Les objets le sont moins, les décisions et directions à prendre, bien plus.

Ce qui est dommage, c’est que certains choix sont inutiles. En prenant un chemin ou un autre, on termine parfois par la même conséquence, les mêmes répliques, simplement la même chose. Cela reste donc dommage, parfois décevant. Faire ou ne pas faire certaines actions, la conséquence amène à zapper une scène mais sans réelle conséquence sur la suite. De ce côté, c’est donc loupé. L’envie de connaître toutes les fins est là, pas celle de se retaper tout le cheminement répétitif à souhait.

Jeu d’une main, jeu vilain ?

Si Erica n’est pas catalogué PlayLink, il en garde tout de même des mécaniques par le biais de votre smartphone. Vous pourriez bien tenter de rester sur le pad PS4 mais l’utilisation reste horrible. Ce n’est pas anodin si un écran vous recommande dès le départ d’allumer votre mobile. Suivez leur conseil ou vous risquez de gâcher votre expérience de jeu.

Le mode opératoire avec l’application n’est pas forcément le plus intéressant mais cela reste intuitif. Certains usages restent compliqués (pour ne pas dire chiants), en témoigne leur faculté à vous faire nettoyer une plaque commémorative de trop longues secondes.

On se dit parfois que le gameplay à la manette aurait suffi s’ils avaient pensé aux interactions via les boutons et/ou les joysticks. A force de répéter les mêmes actions sur le mini-écran, on a juste envie de terminer au plus vite afin de découvrir les différents fils de l’histoire. Et ce gameplay est juste un frein à nos envies, ralentit le rythme auquel on voudrait que le jeu soit. Alors qu’on souhaite enchaîner sur une nouvelle session, on finit par accumuler de la frustration.

 

Erica demeure un thriller interactif intéressant à bien des égards. Le jeu d’acteur du personnage principal reste de qualité, sa tentative de dénouer la vérité autour de la mort de son père et du lieu dans lequel elle se trouve conserve tout notre intérêt. Néanmoins, alors que l’on désire toujours enchaîner les runs dans les titres du genre pour comprendre toutes les trames scénaristiques, le faire avec Erica fait naître de la frustration. Le cheminement reste quasi-similaire, certaines scènes demeurent malgré des choix multiples, diminuant notre intérêt de relancer le soft. De même, ce manque fait naître des réserves quant au gameplay qui s’appuie sur une application smartphone. Les différentes actions qui pourraient gagner en fluidité (ouvrir une commode, des serrures etc.) s’avèrent de plus en plus saumâtres au fil des runs.

Points forts

  • Erica, une héroïne réussie
  • L'histoire reste intrigante
  • On doute encore sur notre interprétation des faits après 3 runs

Points faibles

  • Des choix parfois sans conséquence sur la suite
  • Répétition frustrante de certaines scènes
  • Les interactions avec le smartphone contraignantes au fil des runs
6.5

Fair

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

Mot de passe oublié

commodo Nullam libero dapibus neque. non sed